Aide d’urgence aux bibliothèques tunisiennes

Le 9 février 2012, l’ambassadeur de France et le ministre tunisien de la Culture se sont retrouvé à la médiathèque de l’Ariana, dans le Grand Tunis, où étaient entreposés près de 40 000 ouvrages en langue française, dons français aux bibliothèques publiques tunisiennes.

Les piles de carton occupaient deux salles de la médiathèques, du sol au plafond : un stock impressionnant d’essais, de beaux livres, d’ouvrages éducatifs et scolaires, de littérature pour la jeunesse. Dans les prochaines semaines ces livres seront distribués à travers tout le pays. Objectif de l’opération : venir en aide aux collections publiques tunisiennes, durement touchées par les évènements de janvier 2011.

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Mehdi Mabrouk et Boris Boillon

Une collaboration active

La collaboration entre de la Direction de la lecture publique tunisienne et l’ambassade de France est ancienne. Ces dernières années, elle s’est principalement matérialisée à travers le Fonds de solidarité prioritaire. 1,3 M€ ont été utilisés entre 2005 et 2009, avec quatre objectifs :

- informatiser progressivement le réseau des bibliothèques publiques ;
- renforcer les fonds documentaires en langue française ;
- renforcer les compétences des agents ;
- appuyer l’édition de livres de jeunesse.

Si le secteur du livre connait un dynamisme sans précédent depuis la révolution, le réseau de la lecture publique a souffert des évènements de l’hiver 2011. Une quarantaine de bibliothèques ont subi de grave dommages, notamment dans les régions. Elles bénéficient aujourd’hui de la solidarité française.


Mobilisation d’urgence

En février 2011, l’ambassade de France s’est mobilisée pour répondre à l’appel de la Fédération nationale des associations des amis de la bibliothèque et du livre, une association tunisienne.

Le Centre national du livre (CNL) a été l’un des premiers acteurs français à lancer une action d’envergure. Dès le mois de juin, son président Jean-François Colosimo a signé une convention de coopération de trois ans avec la Direction générale du livre tunisien. Une première aide de 100.000€ a été versée pour reconstituer les collections en français dans les bibliothèques endommagées.

Dans le même temps plusieurs associations soutenues par le ministère français de la Culture se sont mobilisées d’urgence. En quelques mois, Adiflor, Bibliothèques sans frontières et Biblionef sont parvenues à rassembler près de 40.000 ouvrages. Une partie a été acquise directement auprès de libraires tunisiens.


Le livre garde toute son importance

L’ambassadeur Boris Boillon et le ministre Mehdi Mabrouk ont symboliquement tamponné le nom de ces associations sur les pages de garde de quelques ouvrages, en présence du directeur de la lecture publique et du directeur de l’Institut français de Tunisie, les deux partenaires opérationnels.

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Dans son discours, Boris Boillon a salué une mobilisation exemplaire, tant par le volume des dons que par la rapidité avec laquelle elle a été menée à bien. Dans les prochains jours des caravanes partiront livrer les ouvrages dans les différentes régions du pays.

Mehdi Mabrouk est revenu sur l’importance des liens culturels et linguistiques qui unissent les deux nations. « Le livre est historiquement au cœur de cette relation » a-t-il rappelé. Invoquant Hugo, Montesquieu ou encore Sartre, il a expliqué que « la place qu’ont prises les nouvelles technologies pendant la révolution ne doit pas faire oublier l’importance du livre comme outil de culture et de lutte contre l’obscurantisme ».

Tout comme Boris Boillon, il a souligné le rôle moteur joué par la société civile des deux côté de la Méditerranée. Ce sont précisément ces partenariats directs entre associations que le ministère tunisien et l’ambassade de France chercheront à stimuler dans les prochaines années.

Dernière modification : 08/05/2014

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