Beity, ma maison

Lors de son déplacement en Tunisie, les 17 et 18 septembre 2015, la ministre de la Justice s’est intéressée à la condition des femmes. Elle a notamment rencontré des figures féminines actives dans la société civile ou sur la scène politique.

Christiane Taubira a aussi rendu visite à l’association "Beity", créée en 2012 et présidée par l’universitaire Sana Ben Achour, militante historique de la cause des femmes.

L’association Beity veut servir les objectifs de dignité, d’égalité, de liberté et de justice sociale portés par la révolution tunisienne en luttant contre les discriminations et la vulnérabilité économique et sociale qui frappe de manière spécifique les femmes livrées à la précarité, comme les mères célibataires.

Beity allie des actions d’accueil, d’écoute, d’accompagnement et d’hébergement des femmes victimes de discriminations, de violence et d’exclusion. Elle conduit aussi une action de plaidoyer en faveur du changement social et du respect des droits humains, en compagnie d’autres associations tunisiennes,

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Merci de frapper avant d’entrer (écriteau placé sur la porte d’une chambre du refuge)

Accueil et hébergement

L’équipe de Beity est composée de personnes engagées venant de différents horizons : sociologues, militantes féministes, historiennes, juristes. Elle gère un "refuge" disposant de quatre chambres ainsi qu’un centre d’information et d’orientation, rue Kheireddine Pacha à Tunis.

En 2013-2014, ce centre a reçu 200 femmes. Dans 90 % des cas, elles sont seules à élever leurs enfants pour cause de célibat, de veuvage, de divorce, d’un handicap, d’un abandon de famille, ou encore de la détention ou de l’émigration clandestine de leur conjoint.
75% d’entre elles sont dépourvues de revenus stables ou réguliers. Celles qui travaillent occupent des emplois précaires et vulnérables, sans contrat ni couverture sociale. Certaines ont été poussées à la mendicité ou à la prostitution occasionnelle.
25% sont sans domicile fixe et 80% déclarent avoir subi diverses formes de violences de la part de proches (conjoint, père, frère, mère…).

Ces femmes ont de nombreux besoins en termes d’accès au logement, d’assistance juridique et judiciaire, de soins médicaux, d’accompagnement social et administratif. L’équipe de Beity s’efforce de les aider par une intervention globale (accueil, écoute, entretien, conseils, information, orientation, accompagnement, suivi...).

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Spot de l’association Beity contre la violence conjugale

Changer les lois et les mentalités

Avec l’association Amal pour la famille et l’enfant, l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), l’Association de formation à la psychanalyse et d’échanges cliniques (AFPEC) et la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), Beity a organisé de nombreux séminaires :

- Figures de la précarité et de la marginalité au féminin
- Séminaire international sur les centres sociaux d’hébergement : quel modèle de solidarité ?
- Séminaire sur les bonnes pratiques de lutte contre les violences faites aux femmes dans la région maghrébine et arabe
- Séminaire national sur le référentiel des meilleures pratiques de protection des femmes victimes de discriminations et de violences

Beity diffuse également des produits de communication à des fins de sensibilisation de l’opinion publique, comme ces spots visant à lutter contre la violence domestique ou à promouvoir la parité énoncée dans la Constitution, sous la forme de sketches sous-titrés en français :

- "Coups à la maison, pardon à la télévision" (2’40)
- "Enregistrement à la conservation foncière" (sur la notion d’intégrité physique et morale, 2’38)
- "L’héritage" (sur l’inégalité en matière de succession, 1’45)
- "Inégalité des salaires" (2’04)

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Christiane Taubira en visite au "refuge" de l’association Beity, à Tunis.

Soutien de la France

Beity est accompagnée par le Laboratoire d’économie sociale et solidaire (Lab’Ess, DSF Tunisie), lui-même financé par l’Agence française de développement (AFD), pour la réalisation d’un Centre social de femmes dans la Médina de Tunis. L’objectif consiste à renforcer les capacités des personnes accueillies par le biais de la formation, afin de leur permettre d’accéder à l’autonomie en générant leurs propres revenus.

L’Institut français de Tunisie, qui a fait de la coopération avec la société civile l’une de ses priorités, s’est engagé à soutenir financièrement les activités de ce nouveau complexe social ainsi que le réaménagement de la salle d’accueil du centre d’écoute de Beity, pour un montant de 40.000 euros sur deux ans.

Dernière modification : 30/06/2016

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