Bernard Cazeneuve en Tunisie, suite à l’attentat de Sousse

Le lundi 29 juin 2015, le ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, son homologue britannique Theresa May et son homologue allemand Thomas de Maizière sont venus se recueillir en Tunisie à la mémoire des victimes de l’attentat de Sousse.

À l’aéroport de Monastir, ils ont été accueillis par le ministre tunisien de l’Intérieur Najem Gharsalli. Les quatre ministres se rendus ensemble sur les lieux de l’attentat commis le 26 juin 2015, à l’hôtel Riu Imperial Marhaba de Sousse, pour un hommage aux victimes (photos).

Ils ont ensuite donné une conférence de presse commune. "Nous sommes ensemble et notre détermination est absolue pour aider la Tunisie à différents niveaux dans cette guerre contre la barbarie, particulièrement dans le développement de l’économie tunisienne et en mettant au point une meilleure coopération en matière de renseignement, de sécurisation des frontières et des aéroports. La détermination est la clé du succès dans cette guerre contre le terrorisme et nous la gagnerons ensemble", a déclaré Bernard Cazeneuve (voir ci-dessous le texte intégral).

JPEG

Conférence de presse conjointe des ministres de l’Intérieur tunisien, français, britannique et allemand
Propos de M. Bernard Cazeneuve

29 juin 2015 - Hôtel Riù Marhaba de Sousse

« Madame la ministre, Messieurs les ministres, nous sommes quatre aujourd’hui rassemblés ici, en Tunisie. Quatre ministres de l’Intérieur de quatre démocraties qui sont ensemble dans la lutte contre le terrorisme. Nous sommes quatre ici sur le lieu d’une tragédie, d’un drame, pour témoigner de notre émotion, dire notre recueillement et être ensemble dans la pensée de ceux qui ont tragiquement perdu la vie ici, vendredi dernier.

Vendredi a été une journée particulièrement dure, celle d’un évènement épouvantable en Tunisie, par la barbarie, par les instincts de haine et de violence qui ont conduit au crime que l’on sait. Journée singulière puisque la France elle aussi a été frappée et journée tragique également au Koweït. Il est important de dire que nous sommes ensemble lorsque des évènements de cette nature se produisent et renvoient à l’essentiel, c’est-à-dire aux valeurs universelles que nous défendons face à ceux qui veulent les saper par le crime. C’est le sens de notre rencontre aujourd’hui : le recueillement et la détermination à lutter résolument contre le terrorisme.

Dans ces circonstances, la France est, pour de multiples raisons qui tiennent à l’histoire, à l’amitié et à la confiance, tout près de la Tunisie. Elle est également tout près des pays qui comptent de nombreuses victimes. Je veux dire à mes homologues britannique et allemand la totale solidarité de la France et présenter aux trois ministres nos condoléances pour le drame de vendredi.

JPEG

Je voudrais également dire la détermination absolue qui est la nôtre à renforcer notre coopération dans la lutte contre le terrorisme. D’abord, assurer le développement économique de la jeune démocratie tunisienne et faire en sorte que nous puissions, par notre coopération, créer les conditions de la sécurité dans ce pays : travail entre les services de renseignement, travail entre nos directions centrales de la police de l’air et des frontières, lutte contre la fraude documentaire, sécurisation des aéroports et sécurisation des lieux touristiques. Nous allons profiter de nos échanges dans ce contexte particulier pour dire notre détermination à agir ensemble. Puis nous aurons dans les semaines qui viennent d’autres rendez-vous, d’autres moments d’expertise partagée car, face à cette terreur que l’on cherche à imposer à la Tunisie et à nos pays, il nous faut être capables d’agir vite, avec efficacité, et nous sommes absolument déterminés à le faire.

Enfin, je voudrais conclure en disant comme mes collègues que, dans ce combat que nous menons contre le terrorisme, la détermination est la clé des succès que nous remporterons à l’égard de ceux qui s’organisent pour nous atteindre. Cette guerre contre le terrorisme, comme le disait ma collègue Theresa May à l’instant, nous la gagnerons. Nous sommes déterminés à la gagner et nos pays n’ont cessé de s’adapter à cette menace mouvante en renforçant les moyens des services de renseignement, en prenant des dispositions législatives pour lutter notamment contre la propagande qui nait sur internet, en développant les incriminations pénales permettant la judiciarisation de ceux qui sont à l’origine de ces actes. Et nous continuerons sans trêve ni pause à faire ce travail qui nous permettra de triompher de ceux qui, avec barbarie et violence, s’en prennent aux valeurs universelles que nous représentons tous les quatre, aujourd’hui en Tunisie.

JPEG

Question : Vous dites que vous voulez renforcer votre coopération avec la Tunisie. On sait déjà que nos deux pays coopèrent notamment en matière de renseignement. Concrètement, comment s’exprime aujourd’hui cette coopération en matière de renseignement ?

M. Cazeneuve : Ce qui caractérise la coopération en matière de renseignement c’est qu’elle n’a pas vocation à être décrite dans ses détails à l’occasion d’une conférence de presse comme celle-ci. Mais notre objectif est de faire en sorte que la coopération entre nos services de renseignement et la coopération entre tous nos services de police, qu’il s’agisse de la direction centrale de la police de l’air et des frontières avec ses correspondants locaux, qu’il s’agisse des services de déminage, qu’il s’agisse bien entendu de renseignement ou des actions que nous conduisons en matière de formation en mobilisant nos services et nos écoles de formation pour permettre à la police tunisienne de bénéficier de notre expérience en matière de lutte antiterroriste, comme nous bénéficions d’ailleurs de la sienne dans d’autres domaines.

Tout cela, ce sont des sujets que nous avons mis sur le métier il y a de nombreuses années, dès 2008. Cela a été renforcé à l’occasion de la visite que j’ai effectuée après l’attentat du musée du Bardo et nous mettons désormais en œuvre ce que nous avons décidé de faire ensemble. Et nous ne le faisons pas seuls. Nous le faisons avec nos partenaires de l’Union européenne comme dans les domaines de la lutte contre la fraude documentaire, des contrôles aux frontières et de la sécurité dans les aéroports. Nous travaillons aussi dans le cadre de programmes européens. Je pense au [programme Umbrella et au programme RSS sur lesquels nous travaillons avec nos partenaires de l’Union européenne, notamment, nos partenaires allemand et britannique.

Il y a donc une dimension bilatérale et une dimension européenne sur tous ces sujets qui concernent la sécurité des infrastructures, la sécurité des sites touristiques, le contrôle aux frontières, la lutte contre le crime organisé, la lutte contre le trafic des stupéfiants, la lutte contre la traire des être humains - parce que ces organisations terroristes sont en lien avec le crime organisé - que nous traitons ensemble dans le cadre d’une coopération renforcée parce que la lutte contre le terrorisme implique que chaque pays s’adapte chaque jour et que nous renforcions, chaque jour aussi, ensemble, le dispositif de coopération. C’est aussi le sens de la visite d’aujourd’hui. »

Lire aussi :
- Visite de Bernard Cazeneuve en Tunisie, après l’attentat du Bardo
- Déclarations de Bernard Cazeneuve à Tunis, le 20 mars 2015.
- Visite de Bernard Cazeneuve à Tunis, le 10 novembre 2014.

Dernière modification : 03/02/2016

Haut de page