Visite dans le gouvernorat de Nabeul

Le 16 avril l’ambassadeur de France Boris Boillon s’est rendu à Nabeul, capitale du Cap Bon, dans le nord-est de la Tunisie. Son déplacement s’est divisé en trois étapes :

- visite de l’entreprise d’insertion DSI, spécialisée dans l’embauche et l’intégration de travailleurs handicapés. Structure française, DSI a choisi la commune côtière de Chaabane Elfehri pour implanter sa filiale en Tunisie. Elle cherche aujourd’hui a étendre ses activités avec d’autres entreprises partenaires.

- entretien avec le gouverneur de la région, accompagné du maire de Nabeul. Les responsables locaux et la délégation de l’Ambassade ont fait un tour d’horizon des partenariats en cours et à venir.

- moment de dialogue avec des représentants de la communauté française, particulièrement nombreuse sur cette partie du littoral tunisien.

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DSI, entreprise sociale et solidaire

Le français "Distribution services industriels" (DSI) œuvre dans le domaine du handicap. Son crédo : aider d’autres entreprises à embaucher des travailleurs atteints de handicap, en participant à la sensibilisation des recruteurs et à la formations des personnes recrutées. L’entreprise propose ses services à des structures souhaitant externaliser une partie de leurs activités. Elle emploie en propre plus de 250 personnes, dont 80% sont des travailleurs handicapés.

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Boris Boillon discute avec les employés de DSI

Depuis peu, l’entreprise a créé une filiale en Tunisie, à proximité de Nabeul. Sur 15 employés, 14 sont handicapés, un signal fort dans un pays où la législation impose seulement un travailleur handicapé pour 100 employés.

« L’économie solidaire doit être au service de l’homme » rappelle le directeur de DSI en Tunisie, Tony Cassarino, lors de son discours d’accueil à l’Ambassadeur. Son objectif : lier développement économique, rentabilité et démarche humaniste. « Ici, le principe, c’est de ne laisser personne au bord de la route ».

DSI Tunisie prend en charge une partie des tâches administratives de sociétés et d’administrations françaises. Dans les bureaux de l’entreprise, les employés expliquent aux visiteurs leurs différentes activités : saisie de données, numérisation… Boris Boillon salue le travail des équipes. Il assure le plein soutien de l’ambassade aux entreprises de l’économie sociale et solidaire. « DSI a mis l’humain au cœur de ses valeurs. Ce genre d’exemple doit servir de modèle à notre relation bilatérale ».

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Aujourd’hui, DSI cherche à stimuler le recrutement de personnels handicapés par les entreprises basées en Tunisie. Cette démarche pourrait être appuyée par l’ambassade de France, à travers le Service économique régional (SER) et Ubifrance. Dans les prochains mois il s’agira de renforcer la visibilité de DSI auprès des 1300 entreprises françaises implantées sur le sol tunisien, mais aussi de sensibiliser à la question du handicap les organisations patronales locales, notamment l’UTICAet CONECT.


Des projets menés avec les autorités locales

« Notre région n’a pas de connu de problèmes majeurs ces derniers mois. Sa force ? Un climat social globalement calme et une économie diversifiée ». Recevant l’Ambassadeur, le gouverneur de Nabeul, Mahmoud Jaballah, se veut relativement optimiste sur la situation de sa région, l’un des plus importants pôles industriels, agricoles et surtout touristiques du pays.
Avec 45.000 lits, la province concentre près d’un quart de la capacité d’accueil hôtelière de la Tunisie. Pour Nabeul, la relance de l’activité touristique est une question cruciale pour le développement social et économique.

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L’ambassadeur de France avec le gouverneur (au centre) et le maire de Nabeul (à gauche)

Avec les services de l’ambassade, les responsables de la province ont identifié des axes de travail communs pour améliorer l’offre touristique. L’une des priorités est le développement du tourisme vert et culturel. Dans cette perspective, les activités de l’Institut français de Tunisie (IFT), de plus en plus tournées vers les régions, pourraient participer à la dynamique. En 2011, le passage à Nabeul de la Route du Cinéma et le soutien au Festival du film maghrébin de Nabeul en sont deux exemples.

Pour la région du Cap Bon, il s’agit également de mettre en valeur un patrimoine très riche, en particulier du point de vue historique. Là aussi, l’ambassade peut apporter son concours. Présent lors du déplacement, le directeur adjoint de l’IFT explique qu’en 2012, le ministère français des Affaires Étrangères finance une mission de fouilles archéologiques sur le site de Pupput au cœur de la zone touristique d’Hammamet.

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Les actions lancées par l’Ambassade dans le domaine du développement de l’artisanat traditionnel ou encore son soutien aux associations de défense de l’environnement participent également à l’attractivité de la région, tant pour pour les visiteurs que pour les habitants. Dans l’arrière-pays et dans les quartiers populaires, des actions de réhabilitation et d’accès à l’eau sont financées par l’Agence française de développement (voir un exemple ici).

Enfin, Ambassadeur et autorités locales se sont accordés sur l’importance de relancer la coopération décentralisée. Jumelage avec la région Limousin, partenariat avec la ville de Montélimar : les liens existants doivent être renforcés. Un fond de soutien à la coopération décentraliséede 200.000 € vient d’être lancé par la France. Sa vocation est précisément de financer des projets de partenariat entre municipalités françaises et tunisiennes. La région de Nabeul pourrait en capter une partie.


À la rencontre des Français de Nabeul

Éleveurs de chèvres, experts immobiliers, créateurs de bijoux, peintres, retraités, créateurs de meubles : autant de profils variés pour les expatriés français installés dans la région de Nabeul. Les échanges ont permis à chacun d’expliquer ses activités et de faire remonter les problèmes auxquels il est parfois confronté.

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La question de l’achat des terrains et les démarches administratives et consulaires ont figuré en bonne place parmi les doléances. « C’est souvent à travers ce type d’échanges informels que l’information nous parvient rapidement et que l’on peut agir en conséquence » a souligné l’Ambassadeur, en poussant chacun à garder son dynamisme et à rester fidèle à la Tunisie.

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Dernière modification : 30/06/2016

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