Boris Boillon chez Total Tunisie

Les navires gaziers arrivent d’Algérie et de France. Un par semaine environ. Depuis le quai, un pipeline canalise leur chargement vers une cuve de 4000 m3. C’est elle qui surplombe les installations du site Total de Radès, dans la baie de Carthage. 4000 m3, de quoi alimenter la chaîne d’embouteillage de bonbonnes jusqu’à l’arrivée du bateau suivant. Total en Tunisie, c’est plus d‘un million de bouteilles de gaz en circulation, 18% du marché du pays.

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A l’arrière plan la cuve dédiée au stockage du gaz

Investissement et sécurité

Total est la seule major énergétique internationale à avoir parié massivement sur le marché tunisien. Aujourd’hui, l’entreprise renforce son implantation : son plan d’investissement, prévu sur dix ans, doit finalement être mis en œuvre en cinq ans. Surtout, la firme réinvestit en Tunisie l’intégralité des profits qu’elle y réalise. C’est cette confiance et ce dynamisme que l’Ambassadeur de France, Boris Boillon, est venu saluer. Le 6 avril 2012, il a visité le site de Radès et s’est entretenu avec les employés du groupe.

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« L’énergie est un secteur nécessitant des investissements lourds, qui s’amortissent sur le long terme » débute Maurizio Libutti, le directeur général de Total en Tunisie. En parcourant le vaste site qui fait face à la mer, il explique qu’une large partie des sommes investies servent en fait aux procédures de sécurisation. « Le site est l’équivalent d’un site "Seveso" français, un site sensible, nécessitant des précautions particulières. À Radès nous avons obtenu les certifications ISO 9001 et ISO 14001. Le site est souvent cité en exemple au sein du groupe ».

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Lors de la visite, avec le directeur du groupe et le directeur du site de production

En passant devant les chaines de remplissage des bonbonnes de gaz, le directeur technique du site, Mehdi Ben Soltan complète : « Parmi toutes ces machines une seule est dédiée au remplissage, toutes les autres sont des appareils de contrôle ».


Protéger les distributeurs

Au siège du groupe, aux Berges du Lac, Maurizio Libutti et ses employés livrent davantage d’éléments sur le positionnement de la major sur le marché tunisien. En Tunisie pas de forage pétrolier, Total se concentre sur la distribution : essence, lubrifiants, gaz. Ces produits sont destinés aux industriels et aux particuliers. « Nous gagnons des parts de marché en pariant sur la qualité » explique le directeur. « Total est une marque reconnue, le consommateur doit savoir à quoi s’attendre, c’est pourquoi nous investissons en priorité à l’amélioration des performances de nos produits et à la qualité de nos services ». Après avoir investi 10 MD en 2011, entre 15 MD et 20 MD devraient être investis en 2012, notamment dans le réseau de stations service.

La bonne distribution des produits du groupe est aujourd’hui la priorité pour les cadres de l’entreprise. Depuis quelques mois, la prolifération des revendeurs parallèles est devenue un motif d’inquiétude, notamment pour le responsable des points de vente : « Ces revendeurs illégaux mettent nos stations services en difficulté. Plusieurs de nos concessionnaires font face à de gros problèmes financiers. Mais la question se pose aussi en terme de qualité et de sécurité pour le consommateur ». L’Ambassadeur écoute les doléances et appuie : « Ces circuits parallèles privent également l’État des taxes qu’il doit percevoir sur les carburants. Chacun des acteurs a intérêt à agir pour que le droit soit respecté ».

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Boris Boillon au côté du responsable des point de vente Total et de Maurizio Libutti (à dr.) directeur du groupe en Tunisie

Politique sociale

En Tunisie, Total est la première société française en chiffre d’affaire. L’équilibre du groupe est important pour l’économie du pays. Son impact sur l’emploi est significatif. Outre ses 400 salariés, on estime à 2.100 le nombre d’emplois indirects générés par l’entreprise. Au-delà du nombre, la question de l’emploi se pose aussi en termes de qualité, de niveau de compétence et de couverture sociale.

La politique sociale est précisément l’un des motifs de fierté de Maurizio Libutti. En matière de sécurité, le professionnalisme du groupe suscite l’adhésion des ouvriers. Il se double d’une politique salariale plus incitative que chez la plupart des autres employeurs du secteur. « Cette politique a permis aux équipes de faire corps pendant les évènements de 2011. Alors que beaucoup de groupes concurrents connaissent encore aujourd’hui des épisodes de grèves et de blocage, Total a été épargné et les clients ont toujours été livrés en temps et en heure » assure le directeur. Autour de lui, les employés approuvent d’un hochement de tête. Pour eux, c’est cette politique sociale qui leur a permis de gagner du terrain sur la concurrence : un véritable avantage compétitif. Le directeur poursuit : « Si, depuis 2002, nous sommes passé de 12% à 18% de part de marché, c’est parce que nos performance s’appuient sur cette base solide ».

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L’Ambassadeur devant les ouvriers du site de Radès

Claire Le Louët, directrice commerciale, appuie le discours de Maurizio Libutti en expliquant le principe du programme "Jeunes gérants", emblématique selon elle de cette politique sociale. Pour de jeunes diplômés, repérés par Total en fonction de leur fibre commerciale, le groupe avance les sommes nécessaires au rachat d’une station service. Beaucoup des points de vente Total sont en fait des franchises, dans lesquels le gestionnaire garde toute son autonomie. Le groupe accompagne le jeune gérant dans la mise à niveau de la station et le développement d’activités commerciales parallèles (boutique, lavage…). La maison mère et le jeune entrepreneur définissent ensemble un échéancier adapté pour le remboursement des sommes avancées par Total. In fine, le gérant devient propriétaire de la station.

« C’est pour appuyer ce genre d’initiatives que la France peut apporter son concours » rebondit l’Ambassadeur, invitant notamment les jeunes gérants à s’intéresser aux lignes de crédits PME-PMI mises à disposition des structures tunisiennes par le Service économique régional de l’Ambassade de France. « D’un point de vue politique, il appartient aussi à la France de protéger ces distributeurs, garants de la marque française. Nous allons notamment travailler à sensibiliser les autorités tunisiennes aux questions de la qualité des carburants et de la prolifération des revendeurs illégaux ».


Lire aussi

Précédentes visites de l’ambassadeur Boris Boillon dans des entreprises :

- Entreprises françaises dans la ZI de M’ghira
- Élevage : synergie entre le tunisien Poulina et le français Ceva
- Hammam Zriba : des entreprises françaises qui embauchent
- Boris Boillon visite une boulangerie industrielle

Dernière modification : 07/11/2013

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