Visite dans le gouvernorat de Médenine

Les 20 et 21 juin 2012, l’Ambassadeur de France s’est rendu dans le gouvernorat de Médenine, dans le sud du pays. Avec les autorités locales et les acteurs du monde économique il a fait un point sur la situation sociale, l’avenir du secteur touristique et sur les différents projets de coopération.

Il est aussi allé à la rencontre de jeunes entrepreneurs, de ramasseuses de coquillages ou encore d’artisans de l’île de Djerba. L’occasion de voir concrètement comment les projets de coopération se réalisent sur le terrain.

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Boris Boillon avec un artisan d’Houmt Souk, sur l’île de Djerba

Dynamiser l’économie et lutter contre le chômage.

La région de Médenine est particulièrement touchée par le chômage. L’intérieur des terres ne bénéficie que très peu de la manne touristique des régions côtières de Djerba et Zarzis.

Agir sur la formation professionnelle

Dans ce contexte, les fonds du développement solidaire mobilisés par la France sont particulièrement tournés vers l’emploi dans la région. L’idée consiste à rapprocher la formation des jeunes des besoins réels des entreprises implantées sur place et à créer des filières d’excellence. Tel est le but du futur centre de formation aux métiers de la soudure et de la construction métallique, qui ouvrira ses portes en 2013, à quelques kilomètres au nord de Médenine.

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Au centre de formation aux métiers de la soudure et de la construction métallique, entre Médenine et Djerba

Financé en partie par un don de 2,1 M€ de l’État français, le centre a été pensé en étroite collaboration avec les entrepreneurs de la région. Sa localisation est stratégique, à proximité du marché libyen, dans un gouvernorat où le secteur du bâtiment tient une importance croissante. Il devrait former chaque année entre 400 et 500 jeunes techniciens et répondre aux besoins du marché du travail.

À travers l’Accord cadre relatif à la gestion concertée des migrations et au développement solidaire, la France a injecté près de 20M€ (40MD) dans les projets de formation professionnelle et d’aide à la création d’entreprises en Tunisie, des projets pour la plupart pilotés par l’Agence française de développement (AFD). D’autres centres de formation sont déjà opérationnels ou en cours de finalisation.

Favoriser l’initiative et l’entrepreneuriat

Aux côté des autorités de la région, Boris Boillon a participé à l’inauguration de l’atelierde Moussa Adala, dans la cité Erouki Chrayha, à Médenine. Diplômé en maintenance énergétique et expérimenté dans le secteur, cet entrepreneur de 29 ans vient d’ouvrir son atelier avec l’appui financier de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Deux personnes travaillent avec lui. L’aide lui a permis d’aménager son local et d’acquérir les équipements nécessaires à son travail. Après un passage par la France, Moussa Adala a choisi de revenir s’installer dans sa région. Ce coup de pouce financier vient valider la qualité de son projet d’entreprise.

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Inauguration de l’atelier de Moussa Adala, en présence du gouverneur de Médenine. Un microprojet soutenu par l’OFII.

Le gouvernorat de Médenine est la zone d’émigration la plus forte en Tunisie, un véritable défi pour les autorités locales. Le partenariat entre l’OFII et les associations de la région doit précisément répondre à ce problème, en favorisant l’emploi sur place et le retour des migrants. Depuis début 2012, 10 microprojets ont été retenus pour bénéficier des financements français.

Durant son déplacement, l’ambassadeur a également visité un cybercafé récemment ouvert ou encore une pizzeria employant près d’une dizaine de personnes. Enfin, sur la plage de Zarzis, la délégation française à pu échanger avec un jeune pêcheur dont la barque et le moteur viennent d’être financés par les crédits de l’OFII.

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L’Ambassadeur avec un jeune pêcheur de Zarzis aidé par l’OFII.

Encourager l’autonomie financière des femmes

Dynamiser l’économie c’est aussi aider certaines filières informelles à se structurer, à viabiliser leurs activités et à assurer des revenus réguliers pour les travailleurs. Dans la région, le projet de développement solidaire Hérault-Médenine apporte un appui technique et financier aux acteurs de la pêche côtière. Grâce au fonds du développement solidaire et du département de l’Hérault, près de 150.000€ ont été versés chaque année, depuis 2008, pour aider les groupements de pêcheurs du gouvernorat.

Parmi ces groupements, les ramasseuses de palourdes d’Ajime, au sud de l’île de Djerba, exercent leur activité dans des conditions particulièrement dures, au sein d’une zone côtière qui ne bénéficie pas des retombées économiques du tourisme.

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Des ramasseuses de palourdes de la région de Djerba/Zarzis

Sur place, la délégation française a pu mesurer ce que le groupement et l’aide technique et financière ont changé pour ces travailleuses :
d’abord, la structure les appuie dans leurs démarches administratives, aidant à régulariser leur situation en obtenant des permis de pêche. Le groupement fédère aussi ces ramasseuses et leur fait gagner un véritable pouvoir de négociation dans leur rapport de force avec les acheteurs. Le groupement a également investi dans des équipements, comme du matériel frigorifique qui leur permet de conserver le produit de leur pêche et réduit ainsi leurs dépendance aux acheteurs.

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Le groupement participe à l’obtention de permis de pêche pour les ramasseuses de palourdes

Abdel Bouslama, responsable du projet sur place, mesure la réussite du groupement à l’attractivité que ce dernier exerce sur les ramasseuses : « Nous avons commencé il y a deux ans avec moins d’une dizaine de ramasseuses. Le groupement en compte plus d’une centaine aujourd’hui ».

Enfin, le groupement a accordé des microcrédits et des aides techniques pour que les ramasseuses développent des activités économiques complémentaires. La pêche à la palourde n’a lieu que six mois par an. Ces crédits leur ont permis de se lancer dans l’artisanat et l’élevage, assurant ainsi leur autonomie financière tout au long de l’année .


Valoriser la culture et le patrimoine d’une région a fort potentiel touristique

Pendant son déplacement, l’ambassadeur de France a pu mesurer tout le potentiel touristique de la région. Bien connue pour son tourisme balnéaire, elle développe peu à peu un tourisme complémentaire, basé sur son patrimoine, sa culture, son artisanat et davantage tourné vers l’intérieur des terres.

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Un tisserand, sur l’île de Djerba

À Houmt Souk, ville principale de l’île de Djerba, l’Ambassadeur a visité le nouveau centre culturel ouvert à deux pas de la médina, une structure qui collabore régulièrement avec l’Institut français de Tunisie (IFT). Une exposition photo met en lumière le travail des artisans locaux et revient sur le pèlerinage juif de la Ghriba, une composante forte de l’identité de l’île. Ce travail autour du dialogue des cultures souligne la tradition de coexistence pacifique entre les communautés dans cette région particulièrement appréciée des touristes.

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Visite d’un centre culturel à Houmt Souk, avec les membres du club photo de la région

Dans le souk, situé à quelques mètres du centre culturel, les visiteurs ont pu mesurer le travail d’artisans traditionnels, travaillant sur le tressage des nattes, le tissage de la laine ou encore la confection de bijoux. Leur clientèle ? Les touristes bien sûr, mais aussi les visiteurs tunisiens, pour qui ces productions de qualité tiennent une grande place dans les étapes importantes de la vie, notamment les mariages.

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Boris Boillon avec les artisans d’Houmt Souk

En échangeant avec les opérateurs touristiques locaux, mais aussi les acteurs du monde associatif (protection de l’environnement, mise en valeur du patrimoine,soutien à l’artisanat), la délégation a encouragé les initiatives de chacun et appelé ces acteurs à se fédérer pour gagner en visibilité au niveau international. Reste à effectuer un travail de lobbying auprès des voyagistes pour faire connaitre la région, y compris l’intérieur des terres.

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Les Ksours, villages berbères fortifiés, font parti du patrimoine de la région (ici à Métameur, à proximité de Médenine)

L’agriculture et l’artisanat de montagne, les villages fortifiés, la beauté des paysages sont susceptible d’attirer une nouvelle clientèle, tournée vers le « tourisme vert », la randonnée, la culture.
Dans cette perspective, des missions d’expertise et des programmes de formation auprès des acteurs locaux sont envisagés. Ils passeront par la coopération décentralisée (comme entre l’Hérault et Médenine) ou les échanges entre associations françaises et tunisiennes.

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Mohamed Khacha, devant son atelier de tressage de nattes, à Houmt Souk

Lire aussi

L’Ambassadeur en visite dans les gouvernorats de Bizerte, Sfax, Sousse, Kairouan, Nabeul.

Soutien à l’artisanat dans les régions :
- "Artisanat, savoir faire et solidarité"
- Rencontre avec les artisanes de Menzel Bourguiba

Formation professionnelle : voir le centre de Kabaria - Ibn Sina (secteur du bâtiment), un centre dans le domaine de la mode, le soutien apporté par l’AFD, ainsi que les six projets conduits par l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA).

Dernière modification : 30/06/2016

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