14 juillet 2012

En 2011, en hommage à la Révolution tunisienne, la célébration du 14 juillet 2011 avait été ramenée à une dimension symbolique et la somme économisée avait été attribuée à deux associations.

En 2012, l’ambassade de France a renoué avec la tradition en ouvrant largement ses portes, pour une réception à laquelle étaient conviés les nombreux acteurs qui font l’étendue et la qualité des relations entre la France et la Tunisie.

La résidence de France pavoisée pour la fête nationale.
L'ambassadeur de France et Mme Boris Boillon prêts à accueillir leurs hôtes.

Discours de l’ambassadeur Boris Boillon

Monsieur le chef du Gouvernement,
Madame et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les députés,
Mesdames et Messieurs les responsables et représentants des forces vives,
Mesdames les conseillères de l’Assemblée des Français de l’étranger,
Mes chers compatriotes,
Chers amis,

Je suis heureux de vous accueillir dans les jardins de la résidence, transfigurée par la magie des lumières à l’occasion de la fête nationale française. Vous êtes si nombreux cette année que je n’ai pu serrer la main de tous, comme je l’aurais souhaité.

Relations politiques

C’est un honneur de recevoir les plus hauts représentants des institutions de la République tunisienne, mises en place au lendemain des élections historiques du 23 octobre 2011. Ce premier scrutin libre de l’histoire de la Tunisie moderne, salué par les observateurs du monde entier, a constitué une première étape essentielle dans la construction de la démocratie tunisienne.

Depuis cette date, l’Assemblée constituante rédige le texte qui servira de colonne vertébrale au nouveau régime politique. Au nom de la France, je voudrais vous exprimer notre confiance et notre soutien dans cette mission si importante. Nous sommes sûrs que vous parviendrez à un texte qui empêchera tout retour en arrière et qui consacrera les aspirations du peuple tunisien à la liberté et à la dignité.

D’une manière générale, la France regarde avec confiance et lucidité les changements dans le monde arabe. La démocratie est toujours préférable au statu quo. Les Tunisiens, les Égyptiens, les Libyens et les Syriens se battent avec courage pour des valeurs universelles – la liberté, la justice, la dignité, la démocratie – qui sont aussi naturellement les nôtres. Consciente de ses responsabilités, sans s’ingérer dans les affaires intérieures de pays amis, la France veut contribuer activement sur le plan bilatéral et multilatéral à la réussite des transitions démocratiques en cours.

C’est ainsi que dans cette étape essentielle, la France se tient plus que jamais aux côtés de la Tunisie. Elle aura d’ailleurs l’occasion de le dire solennellement au président de la République tunisienne qui effectuera sa première visite officielle en France dans quelques jours. Le 29 juin dernier, Monsieur le chef du gouvernement, vous aviez inauguré cette destination, signe de la vitalité de la relation bilatérale. J’ajoute que le Président de l’Assemblée nationale constituante est actuellement à Paris pour prendre part aux festivités officielles du 14 juillet.

Arrivée du chef du gouvernement, M. Hammadi Jebali (Photo Lotfi Dahmen).
Photo Lotfi Dahmen
Arrivée du maire de Bizerte, M. Mohamed Salah Fliss (photo Lotfi Dahmen).
Le chef du gouvernement en conversation avec le chef de la Délégation européenne en Tunisie, M. Adrianus Koetsenruijter (photo Lotfi Dahmen).
À gauche, M. Houcine Jaziri, secrétaire d'État chargé de l'Immigration et des Tunisiens de l'étranger (photo Lotfi Dahmen).
À gauche, Mme Sihem Badi, ministre de la Femme (photo Lotfi Dahmen).
Au centre, M. Elyes Fakhfekh, ministre du Tourisme (photo Lotfi Dahmen).
Départ du chef du gouvernement, M. Hammadi Jebali (photo Lotfi Dahmen).
La résidence de France pavoisée pour la fête nationale.

Liens économiques

La France est aux côtés de la Tunisie sur le plan économique tout d’abord. Le partenariat qui se renforce au quotidien entre nos deux pays se veut équilibré, global et mutuellement bénéfique.

- C’est vrai des échanges commerciaux : si la France est le premier fournisseur commercial de la Tunisie, on oublie souvent qu’elle est aussi son premier client, avec plus du 1/3 des exportations tunisiennes qui se dirigent chaque année vers notre sol.

- C’est vrai des investissements : les presque 1300 entreprises françaises implantées en Tunisie représentent plus de 115.000 emplois et s’engagent de plus en plus dans un partenariat stratégique, qui inclut des volets formation, maintenance ou développement de l’économie locale, dans une perspective de très long terme. Cet effort pour répondre au premier défi de la Tunisie ne s’est absolument pas tari depuis la révolution, avec l’arrivée de grands groupes.

- C’est vrai de l’expertise technique mobilisée pour répondre aux besoins de l’administration ou du secteur privé tunisiens : cela ne concerne pas seulement la vingtaine d’experts français mobilisés au sein des ministères ; cela inclut, de manière plus nouvelle, les échanges d’expérience qui se renforcent entre les collectivités locales des deux pays, dans le cadre de la coopération décentralisée ; cela concerne aussi les partenariats croissants entre les pôles de compétitivité français et les technopoles tunisiennes.

- C’est vrai, bien sûr, aussi de l’aide financière accordée à la Tunisie, qui mobilise toute la panoplie des instruments d’appui français, au premier rang desquels les financements accordés par l’Agence française de Développement (AFD) mais aussi des lignes d’appui aux PME tunisiennes ou à la préparation de grands projets d’infrastructures.

Photo Lotfi Dahmen
Photo Lotfi Dahmen
Photo Lotfi Dahmen
Photo Lotfi Dahmen
Photo Lotfi Dahmen
Photo Lotfi Dahmen
18h30 : les différents sponseurs ont dressé des buffets qui n'attendent plus que les invités (photo Lotfi Dahmen).

Soutien à la société civile

Par ailleurs, la France a fait de la relation avec la société civile tunisienne une priorité. Une société dynamique et diverse est une condition de tout processus démocratique.

Je suis heureux d’accueillir ce soir un grand nombre de représentants de ces associations qui, sur tout le territoire tunisien, contribuent à bâtir cette Tunisie nouvelle, moderne et plurielle. Depuis le premier Forum tuniso-français de la société civile, en mai 2011,
cette ambassade s’est pleinement engagée aux côtés de chacun d’entre vous. La deuxième édition de ce forum, qui s’est tenue en mars dernier à Tunis, a montré, en rassemblant mille participants, combien ce rendez-vous, lieu de rencontre, de débat, de construction de projets concrets, était essentiel non seulement au rapprochement entre sociétés civiles française et tunisienne, mais aux Tunisiens eux-mêmes. Nous allons bientôt nous atteler à préparer l’édition 2013 !

Plus généralement, cette ambassade a soutenu une centaine de projets associatifs dans les domaines de la citoyenneté, de l’environnement, des droits et de la santé des femmes et du micro-crédit, pour un montant de plus de 1.5 M€. Nous avons aussi mis en place, avec des associations tunisiennes que je salue amicalement (Sawty, le Randet, Amal, Enda Interarabe, Esmaani) et des partenaires français (Agence du service civique, Groupe SOS), un programme d’échange de jeunes volontaires du service civique français et tunisiens : ils sont près de 50, déjà, à avoir pu bénéficier d’une expérience de 6 à 9 mois en milieu associatif, en France pour les Tunisiens, en Tunisie pour les Français. Parmi eux, certains ont rejoint le Bureau associations conseil (BAC), que nous avons créé à El Omrane et qui, depuis près d’un an maintenant, reçoit les associations tunisiennes qui le souhaitent pour les conseiller, les aider dans leurs démarches ou encore développer des formations.

Ce soutien à la société civile, nous essayons de le bâtir dans toute la Tunisie. C’est ainsi qu’à Sfax, la Maison de France a créé une Maison des associations, qui fait un travail remarquable. J’étais récemment à Kairouan, Bizerte, Médenine, Zarzis, Sousse, Djerba ou encore Kelibia : chaque fois, j’ai pu mesurer, sur le terrain, la force de l’engagement de chacun, et la pertinence de notre démarche collective.

La musique de l'armée tunisienne joue les hymnes nationaux (photo Lotfi Dahmen).
Photo Lotfi Dahmen
Recueillement des invités officiels (photo Lotfi Dahmen).
Discours de l'ambassadeur. À droite de Boris Boillon : Hammadi Jebali, chef du gouvernement ; Sihem Badi, ministre de la Femme, Hédi Ben Abbes, secrétaire d'État chargé des Affaires de l'Amérique et de l'Asie et Khalil Zaouia, ministre des Affaires sociales.
À gauche de l'ambassadeur : Madeleine Ben Naceur, conseillère à l'Assemblée des Français de l'étranger ; Martine Gambard Trébucien, consule générale de France à Tunis, et Samir Dilou, ministre des Droits de l'homme et de la Justice transitoire, porte-parole du gouvernement.
Les invités, attentifs au discours (photo Lotfi Dahmen).

Action culturelle

Je veux également souligner l’importance du rôle que jouent les artistes tunisiens dans la construction de cette Tunisie nouvelle, libre et démocratique.

Nous nous efforçons, chaque fois que nous le pouvons, d’être à leurs côtés, en soutenant leurs démarches artistiques ou en faisant mieux connaître leur création en Tunisie comme en France, à travers des bourses, des aides à la création, des rencontres, des formations, des expositions, comme "Art Tunis Paris", que nous avons accueillie ici-même en octobre dernier.

Tout au long de ces derniers mois, nous avons ainsi eu pour objectif, non seulement de promouvoir la création française en Tunisie – illustrée notamment par le succès rencontré récemment à Tunis et Sousse par ce grand poète slameur qu’est Grand Corps malade - sans doute aujourd’hui l’un des meilleurs avocats de la francophonie - mais aussi de soutenir le foisonnement artistique que connaît la Tunisie, de la caricature aux arts plastiques, en passant par la danse, le cinéma, la littérature, mais aussi la breakdance, comme nous le découvrirons ce soir.

État de droit

La France est également aux côtés des autorités tunisiennes dans leur volonté d’affermir l’État de droit. Chaque année, nous contribuons ainsi à la formation, à travers des stages dans des écoles françaises comme l’ENA, d’une centaine de fonctionnaires tunisiens. Depuis la révolution, nous développons également les échanges et les formations dans le domaine de la justice, de la lutte contre la corruption, et appuyons toutes les initiatives visant à développer la coopération décentralisée. Je vous annonce la tenue, les 8 et 9 novembre prochain en Tunisie, des premières Rencontres tuniso-françaises de la coopération décentralisée, en présence de nombreux élus locaux.

Forces armées

La coopération avec les forces armées tunisiennes, en particulier dans les domaines de la formation des officiers, de la formation professionnelle et de la coopération médicale est également exemplaire. Je remercie à cet égard la musique de l’armée tunisienne dont la présence ce soir concrétise de manière symbolique les liens qui unissent nos deux armées.

La musique de l'armée tunisienne joue les hymnes nationaux (photo Lotfi Dahmen).
L'hymne tunisien retentit, puis l'hymne français (photo Lotfi Dahmen).
Boris Boillon exprime sa reconnaissance par un cadeau (photo Lotfi Dahmen).
Photo souvenir, avec l'ambassadeur de France et le Premier ministre (photo Lotfi Dahmen).

Médias

Nous avons aussi lancé, avec de nombreux partenaires francophones, comme France 24, RFI, Canal France international, TV5 monde, Le Monde, Paris-Match ou Les Échos, des formations dans le domaine du journalisme qui ont accueilli plus de 150 participants en Tunisie et 65 en France.

Formation

Enfin, la formation est une clé de la réussite économique. La France y apporte toute sa contribution. Nous accueillons ainsi actuellement en France 15.000 étudiants tunisiens, à raison de 4.000 nouveaux par an. Et cette Ambassade délivre chaque année 175 bourses de longue durée et 800 de courte durée, à destination d’étudiants et de jeunes professionnels.

Construire pour l’avenir

Parce que la France a confiance en l’avenir de la Tunisie, nous investissons en Tunisie afin de renforcer les liens culturels, scientifiques, éducatifs, universitaires, bref, les liens humains, entre nos deux pays. À l’automne, nous allons engager les travaux de réhabilitation du Petit Lycée Carnot, pour en faire un grand centre culturel en 2014.

L’Agence de l’enseignement français à l’étranger est également pleinement engagée en Tunisie : elle vient d’achever les transformations de l’annexe de l’école primaire de La Soukra, l’agrandissement du Lycée Pierre Mendès France sera terminé à l’été, et elle est en train d’acquérir un terrain à Sousse pour construire un nouveau collège et une nouvelle école !

Ce sont ainsi plus de 7000 élèves que les lycées français ou homologués accueillent en Tunisie. Je veux d’ailleurs rendre hommage ici à l’ensemble des chefs d’établissements, aux enseignants, mais aussi aux élèves, dont les résultats au baccalauréat sont exceptionnels.

Remerciements et conclusion

Un dernier mot pour remercier les sponseurs et toutes les équipes qui ont travaillé d’arrache-pied pour vous offrir cette soirée. Merci aussi aux artistes qui vont nous égayer ce soir, réunis autour du chanteur Atef Lakhoua.

Les musiciens accordent leurs instruments...
Photo Lotfi Dahmen
Photo Lotfi Dahmen
Photo Lotfi Dahmen
Photo Lotfi Dahmen
Les amateurs de danse ne résistent pas longtemps à l'appel de la musique.
La soirée se termine dans une ambiance détendue, paisible.

Chers amis,
Monsieur le Premier ministre,

L’histoire entre la France et Tunisie est celle d’un destin partagé. La révolution a ouvert une nouvelle page dans cette histoire commune. Il nous revient de l’écrire ensemble, à travers l’amitié et le partenariat.
Vive la Tunisie, vive la France, vive l’amitié tuniso-française !


Breakdance à l’honneur

Après le discours, les invités de la résidence de France ont assisté à une démonstration de breakdance exécutée par les danseurs époustouflants du jeune groupe tunisien "Upper Army".

Ces breakdancers ont remporté le 7 juillet dernier l’édition 2012 de la compétition internationale de breakdance, "Battle Of The Year Tunisie". Depuis deux ans, cet événement qui rassemble des jeunes danseurs venus de toute la Tunisie bénéficie du soutien de l’Institut français et de plusieurs ambassades européennes. Comme l’an dernier, les vainqueurs auront la chance de participer à la finale africaine, qui leur ouvrira peut-être les portes de la finale mondiale programmée à Montpellier, devant 14.000 spectateurs.

Arrivée des beakdancers (photo Lotfi Dahmen).
Démonstration de breakdance à la résidence de France (Photo Lotfi Dahmen).
Photo Lotfi Dahmen
Photo Lotfi Dahmen
Photo souvenir, avec l'ambassadeur de France et le Premier ministre (photo Lotfi Dahmen).
Photo Lotfi Dahmen

Voir aussi

- album photo mis en ligne sur le site Démotix


Merci aux sponseurs

L’ambassade de France en Tunisie remercie les acteurs économiques qui ont accepté d’apporter leur contribution et d’associer leur nom à la célébration du 14 juillet :

- assurances Groupama / STAR
- Banque tuniso-koweitienne (BTK)
- Carrefour
- Citroën Tunisie (Aures auto)
- compagnie aérienne Aigle azur
- Compagnie africaine de peinture (CAP)
- domaine Shadrapa
- eau minérale Sabrine
- hôtel Mövenpick de Gammarth
- hôtel Novotel de Tunis
- hôtel The Residence
- laboratoires Pierre Fabre
- Magasin général
- Marina Bizerte
- Newrest
- Pernod-Ricard
- Poulina Group Holding
- Renault (Artes SA)
- Société de fabrication des boissons de Tunisie (SFBT)
- Total Tunisie
- viande de boeuf SVA Jean Rozé
- viandes et charcuterie halal Farah
- vignoble Kurubis
- Villa Didon

Dernière modification : 11/06/2014

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