Christine Lagarde et Laurent Wauquiez à Tunis

Christine Lagarde, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, et Laurent Wauquiez, ministre auprès de la ministre des Affaires étrangères et européennes chargé des Affaires européennes, sont venus à Tunis le mardi 22 février 2011, pour une visite d’amitié et de travail.

La France, premier partenaire de la Tunisie dans tous les domaines, est à l’écoute des attentes du pays. Cette première visite depuis la révolution traduit la volonté de mettre en œuvre une coopération renforcée et plus efficace.

Outres les entretiens politiques et techniques, qui ont débouché sur des résultats concrets, le programme comportait une conférence de presse et une rencontre avec la communauté française de Tunisie.


Contexte et objectifs

Le premier déplacement de membres du gouvernement français en Tunisie depuis la révolution tunisienne s’inscrivait dans le cadre d’un plan d’action adopté en Conseil des ministres le 16 février. Il s’agissait de réaffirmer le soutien de la France à la transition démocratique engagée et de souligner la disponibilité de la France à aider le peuple tunisien à concrétiser ses aspirations et à construire une Tunisie démocratique et prospère.

Dans la perspective de la prochaine conférence internationale de Carthage qui sera consacrée aux réformes politiques et économiques, les deux ministres ont rencontré les nouvelles autorités tunisiennes afin de mieux connaitre leurs attentes. Christine Lagarde et Laurent Wauquiez on étudié avec leurs interlocuteurs les moyens d’y répondre, dans la durée et avec le concours de tous les acteurs concernés, y compris l’Union pour la Méditerranée et l’Union européenne.

Ce déplacement intervenait juste après le Conseil des Affaires étrangères de l’UE des 20 et 21 février, qui a examiné les relations entre l’Union européenne et son voisinage sud, et avant une réunion de haut niveau organisée par l’Union, le mercredi 23 février à Bruxelles, avec les principaux intervenants multilatéraux.


Entretiens politiques et techniques

La délégation française a été reçue au palais de Carthage par le Premier ministre Mohamed Ghannouchi, entouré de plusieurs membres du gouvernement de transition :

- M. Elyès Jouini, ministre chargé des Réformes économiques et sociales,
- M. Mohamed Nouri Jouini, ministre de la Planification et de la Coopération internationale,
- M. Afif Chelbi, ministre de l’Industrie et de la Technologie,
- M. Jalloul Ayed, ministre des Finances,
- M. Yassine Ibrahim, ministre du Transport et de l’Équipement.

M. Laurent Wauquiez s’est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères, M. Mouldi Kéfi, et son secrétaire d’État, M. Radhouane Nouisser.


Des résultats concrets

La France fait de la Tunisie sa priorité sur la rive sud de la Méditerranée.

En tant que présidente en exercice du G20, la France a obtenu lors de la récente réunion des ministres des Finances un soutien explicite aux changements en cours en Tunisie et en Égypte. De même, au sein de l’Union européenne, la France va plaider pour une intervention accrue de la BEI et une extension à la Tunisie de la zone géographique de compétence de la BERD.

Concernant l’accession au statut avancé, la France s’est fixé pour objectif d’obtenir un engagement dès les prochains mois, assorti d’un programme de travail qui pourrait permettre de conclure les négociations avant la fin de l’année.

Sur le plan bilatéral, un plan d’action en trois volets a été adopté en Conseil des ministres, le 16 février 2011 à Paris :

- rapprochement des deux sociétés civiles,
- soutien économique et financier
- renforcement de l’État de droit.

Un groupe de travail mixte, chargé de dégager les priorités, d’identifier les moyens financiers correspondants et de donner une architecture aux programmes de soutien au développement économique et financier de la Tunisie, est en cours de constitution. Les participants français seront le directeur de l’Agence française de développement, le directeur adjoint du Trésor, un représentant du secrétariat général aux affaires européennes et du ministère des Affaires étrangères.

Sur le volet économique et financier, la France mobilise les concours de l’Agence française de développement (AFD), adresse aux investisseurs français un message de confiance en la Tunisie et encourage la venue des touristes français dans un pays qui accueille chaque année plus d’un million d’entre eux.

Au chapitre de l’immigration, la France s’engage à respecter les termes de l’accord bilatéral sur la gestion concertée des flux migratoires et le développement solidaire signé en 2008, en particulier les dispositions relatives à l’immigration circulaire, liée à la formation et à la professionnalisation des jeunes compétences.


Rencontre avec la communauté française de Tunisie

Les ministres se sont adressés tout particulièrement à la communauté d’affaires qui était largement représentée à la résidence de France.


Allocution de Mme Christine Lagarde (extrait) :
« Permettez-moi de vous dire à quel point, avec Laurent Wauquiez, nous sommes à la fois touchés, émus et fiers d’être parmi vous. Fiers d’être parmi vous parce que je sais que vous venez de vivre une période difficile, une période douloureuse, une période coûteuse et je voulais vous dire que nous sommes fiers que vous soyez, vous les Français, ici, non seulement aujourd’hui mais que vous ayez été là pendant toute la période que vient de connaître la Tunisie.

C’était important que vous restiez, c’était important que vous apportiez votre témoignage de l’amitié et du soutien de la France, de l’activité économique qui lie nos deux pays et c’est, je crois, encore plus important que vous soyez là aujourd’hui et que vous restiez. Et que vous démontriez l’attachement de notre pays, l’attachement de vos entreprises à cette Tunisie qui est en transformation et que vous connaissez infiniment mieux que moi. »


Allocution de M. Laurent Wauquiez (extrait) :
« Je crois que vous en avez tous conscience, nous avons pu particulièrement le mesurer aujourd’hui : vous avez vécu l’Histoire. Et vivre l’Histoire, ça n’est jamais quelque chose qui est facile. Parce que ça s’accélère, parce qu’on est dans le brouillard et qu’on ne sait pas exactement ce qu’il pourra en sortir, parce que ce qui apparaît de l’autre côté de la Méditerranée comme étant une marche triomphale vers le progrès s’accompagne de choses qui peuvent être beaucoup plus chaotiques et difficiles à vivre, parce que vous avez tous été secoués dans ce que vous avez tissé parfois au prix d’efforts fournis patiemment, dans la durée.

Je veux que vous sachiez que nous en avons conscience, et que nous avons conscience aussi que notre responsabilité est de contribuer à restaurer une relation saine et de faire en sorte que vous ayez de bonnes bases pour poursuivre ce que vous avez fait jusque là.

Pour nous, cela suppose de bien comprendre que la relation entre la France et la Tunisie ne sera plus jamais la même. Et elle ne peut plus être la même. Notre relation doit maintenant être une relation d’égal à égal, une relation de partenaires qui se respectent les uns les autres. Ce qu’a fait le peuple tunisien est quelque chose qui a secoué toutes nos certitudes. Ils ont rendu possible ce que nous croyions impensable. Et ce qui est parti d’ici a secoué comme une onde de choc gigantesque la totalité du monde arabe. On comprend que, légitimement aujourd’hui, les Tunisiens soient fiers de ce qu’ils ont fait. »

Dernière modification : 28/02/2012

Haut de page