Conférence de presse de M. Dominique Perben

Conférence de presse de M. Dominique Perben
Tunis, 15 février 2007


Je voudrais d’abord remercier très sincèrement devant vous, Messieurs les journalistes, Monsieur Zouari, de son invitation et je voudrais le remercier pour son accueil extraordinairement chaleureux et amical. Je voudrais également remercier le Premier ministre qui a bien voulu me recevoir, hier après-midi, pour un entretien qui nous a permis de faire le point sur l’ensemble des sujets de coopération bilatérale et, en particulier, bien entendu, dans le domaine des transports. J’ai également été heureux de rencontrer le ministre des Affaires étrangères, M. Abdallah, hier en fin de journée. Je ne voudrais pas oublier l’accueil que m’a réservé Monsieur le Maire de Tunis, car je suis toujours sensible à la dimension municipale des dossiers et nous avons eu un entretien très sympathique.

Nous avons longuement travaillé ce matin - je crois pouvoir dire - d’une manière très utile, très positive, à la fois avec les ministres, l’ensemble de nos collaborateurs et les responsables dans le secteur du transport. Nous avons évoqué tous les sujets.

Dans le domaine aérien nous avons évoqué les perspectives de renouvellement des flottes aériennes des compagnies tunisiennes et nous avons évoqué, brièvement, mais je crois que c’est un point très important, les possibilités de développement de la coopération industrielle entre Airbus et la Tunisie puisque la Tunisie est aujourd’hui un site industriel pour un certain nombre d’industriels de l’aéronautique. Je pense que c’est une situation qui peut déboucher sur des perspectives intéressantes de coopération supplémentaire.

Nous avons aussi évoqué les perspectives de développement aéroportuaire, en particulier sur Enfidha. Les discussions sont en cours avec différents groupes qui s’intéressent à l’aéroportuaire et, bien entendu, si des structures françaises étaient concernées, je ne pourrais que m’en réjouir.

Nous avons, par ailleurs, longuement évoqué les questions ferroviaires et j’ai noté les ambitions très fortes du gouvernement tunisien dans le cadre du XIème Plan en matière ferroviaire. La France est dotée à la fois de structures comme la SNCF/Réseau ferré de France (RFF), mais aussi d’entreprises comme Alsthom, avec une pratique ferroviaire importante, un savoir-faire aussi bien en termes de production de matériel ferroviaire que de signalisation, de réalisation de voies ferrées et de gestion de réseaux.

Nous sommes très intéressés par ces perspectives, aussi bien interurbaines qu’urbaines et j’ai eu l’occasion ce matin d’annoncer à M. Zouari la décision de la France d’accorder un soutien financier de 23 millions d’euros à l’achat de nouvelles rames par la Société de transport de Tunis, ce qui montre la volonté de la France de continuer à accompagner le développement des transports ferroviaires.

Par ailleurs, nous avons aussi évoqué les questions maritimes. Pour souligner, là aussi, compte tenu des ambitions tunisiennes spécialement en matière de port en eaux profondes, que la France était disposée, aussi bien en terme de coopération institutionnelle que de partenariat avec des entreprises privées françaises, à participer à ces perspectives.

Enfin, nous avons, tant avec mon collègue le ministre des Transports qu’avec le Premier ministre, évoqué la sécurité routière. J’ai simplement dit à mon collègue, M. Zouari et je l’avais dit hier au Premier ministre, que la France était tout à fait disposée à faire part de son expérience en matière de sécurité routière, dans le cadre d’un échange de coopération, si la partie tunisienne le souhaitait.

Voilà Messieurs, très rapidement, ce résumé du bilan très positif de ce déplacement dont je remercie encore M. Zouari. Vous avez sans doute des questions ?

Q - Pouvez-vous nous développer l’aspect des perspectives de renouvellement de la flotte aérienne ?

R - J’ai redit à mon collègue, M. Zouari et aux présidents de société que j’ai rencontrés, le souhait de la France et, plus généralement, des pays airbus européens, de voir se conforter la place d’Airbus dans les flottes tunisiennes qui est déjà une place très importante. J’ai pris note du souhait de la partie tunisienne qu’on puisse travailler, dans cette perspective, sur un développement d’activités industrielles sur le territoire tunisien.

Q - Y aurait-il des engagements fermes pour l’acquisition d’Airbus compte tenu de la ferme concurrence avec Boeing ?
S’agissant du transport ferroviaire, vous avez dit que la Tunisie a des ambitions fortes. On parle notamment de TGV. Peut-on avoir des précisions sur d’éventuelles acquisitions ?

R - Sur l’aérien, j’ai déjà répondu à la question tout à l’heure et je n’ai pas d’autres éléments complémentaires à présenter.

S’agissant du ferroviaire, je pense que le point que j’ai évoqué tout à l’heure est important puisque l’accord de la France d’offrir un soutien financier de 23 millions d’euros à l’achat de nouvelles rames par la Société de transports de la ville de Tunis sera vraiment l’illustration à la fois de la volonté des deux gouvernements de coopérer et, également, de la capacité d’Alsthom à répondre aux besoins des sociétés de transports tunisiennes.

S’agissant des autres réseaux ferrés tunisiens, nous avons évoqué, ce matin, à l’occasion de notre réunion, les évolutions en terme d’organisation et les perspectives de création de nouvelles sociétés mixtes entre les deux sociétés existantes de Tunis, la "SNCF" tunisienne et, dans ce cadre là, les ensembles français seront candidats à des appels d’offre. Ensuite, c’est bien sûr à la partie tunisienne de faire ses choix.

Q - Je souhaiterais avoir, Monsieur le Ministre, quelques précisions concernant le renouvellement de la flotte Tunisair. Nous croyons savoir que Tunisair, à l’horizon 2009, doit renouveler la totalité de sa flotte, soit 28 avions. Dans quelle mesure Airbus pourrait-il avoir des chances de remporter soit la totalité soit une partie de la flotte ?

R - Je vais vous donner un petit morceau de la réponse. Mais il faudra sans doute que d’autres répondent à ma place pour la fin de la réponse. Ce que je vais vous dire c’est qu’Airbus produit d’excellents avions qui sont bien meilleurs que la concurrence et qui sont moins chers en rapport qualité/prix. Il appartient donc à la partie tunisienne de répondre. Mon collègue, M. Zouari n’est pas là. Ma conviction est qu’Airbus est ce qui se fait de mieux.

Q - ADP est-elle candidate pour l’aéroport d’Enfidha ? Et a- t-elle des chances de l’emporter ?

R - Non, ADP n’est pas candidate. ADP a apporté, je crois, son concours à la définition du projet et du choix du site. Il est vrai qu’ADP a une grande expertise. Par contre, ce que je sais, c’est que parmi les groupes candidats il y a un groupe dans lequel il y a l’aéroport de Tunis.

Q - Vous avez évoqué avec le ministre la question de la sécurité routière. Quelles sont les perspectives de coopération dans ce domaine ?

R - Je crois que les choses peuvent être très simples. J’évoquerai mon point de vue. En France, nous avons la Direction de la sécurité et la circulation routière (ce que nous appelons la DSCR) - qui est d’ailleurs coiffée par une déléguée interministérielle dans la mesure où, comme en Tunisie, les responsabilités en matière de sécurité routière sont évidemment partagées entre, pour l’essentiel, le ministère des Transports qui définit la règle, et le ministère de l’Intérieur qui a la responsabilité des forces de l’ordre et qui fait appliquer les règles définies par le ministère des Transports.

Ce que j’ai proposé à M. Zouari et je crois qu’il y a manifesté un intérêt, c’est de partager l’expérience de nos équipes, qui ont réfléchi à la politique de sécurité routière, qui l’ont conçue, et qui, depuis quatre ans, la mettent en œuvre avec des résultats extraordinaires. Je rappelle que nous avons évité 10.000 morts depuis quatre ans et 100.000 blessés, ce qui est gigantesque.

En fait, nous avons mis en place des méthodes, des règles, des dispositifs qui nous ont apporté cela. Nous sommes vraiment disponibles pour montrer les choses sachant que chaque pays à ses traditions, ses règles, sa culture. Nous étions très en retard, la France était très en retard au sein de l’Europe. Nous avons désormais une place convenable sans être les meilleurs, loin de là. Les meilleurs sont, je crois, les Britanniques et les Suédois, si ma mémoire est bonne. On dit que les peuples du Nord sont plus disciplinés que les peuples du Sud, que nous sommes. Je ne sais pas si c’est vrai. Mais en matière de sécurité routière il semblerait que ce soit vrai et on met volontiers cette expérience à disposition.

Q : Cela pourrait se faire comment ?

R : Les experts tunisiens pourraient venir voir les choses à Paris et puis, ensuite, on verra comment la coopération pourra être mise en œuvre.

Q - Avez-vous évoqué les mesures de sécurité antiterroriste ?

R - Non.

Q - Avez-vous évoqué le projet des autoroutes de la mer ?

R - Oui, nous l’avons évoqué, dès hier midi, pour souligner que le développement du transport de marchandises, d’une manière générale, allait être plus contraignant en terme de conséquences.

Vous savez que l’on va vers une augmentation du secteur poids-lourds à travers les différents pays. Nous avons aussi une augmentation du prix du pétrole et des carburants et, probablement, des perspectives d’utilisation du transport maritime seront plus grandes demain encore que dans les années passées. Les autoroutes de la mer, c’est comme la prose de M. Jourdain, ça existe, en vérité. Nous avons convenu avec M. Zouari, qu’en liaison avec les Italiens en particulier et, peut-être, les Libyens, il y avait des possibilités d’organisation de réseaux de transit maritime transportant des remorques de poids-lourds. Donc, il y a un sujet à travailler avec des professionnels. Ce sont eux qui, bien sûr, mettront en place ces lignes. Nous y croyons beaucoup.

En ce qui me concerne, en Méditerranée occidentale, j’essaye de faire avancer des projets conjoints avec les Espagnols et les Italiens. Parce que nous avons une saturation des autoroutes dans le Sud de la France qui sont utilisées en partie par le trafic Espagne-Italie, Italie-Espagne, Espagne-France ou Italie-France, avec des points de passage très difficiles à l’est des Pyrénées ou au sud des Alpes. Mon équipe travaille beaucoup sur des projets d’autoroutes de la mer.
Nous travaillons aussi sur l’Atlantique avec l’Espagne, mais ça c’est un autre sujet. Je crois que cela peut être intéressant d’évoquer aussi cette question avec la partie tunisienne car le trafic ne fera qu’augmenter.

Dernière modification : 19/04/2010

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