Conférence de presse de M. Dominique Bussereau

Ministère tunisien du Transport,
le 10 février 2009

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Photo Mohamed Hammi

Mesdames et Messieurs, je voudrais, en compagnie de notre Ambassadeur, vous rendre compte de ma visite. Ce matin, avec mon collègue M. Abderrahim Zouari, nous avons rencontré ensemble le Premier ministre pour faire le point de tous les projets.

J’arrive moi-même de Libye où j’avais rencontré également le Premier ministre et l’ensemble des ministres compétents dans le domaine des transports et des réseaux de communication. J’ai également visité les travaux de construction du nouvel aéroport de Tripoli.

Je voudrais vous dire que nous avons, comme vous avez pu le constater, une collaboration vraiment excellente en matière de transport ; une collaboration que nous avons développée depuis un certain nombre d’années et qui se confirme par des rencontres permanentes, soit à Tunis soit à Paris.

Lorsque la France a présidé l’Union européenne, pendant les six derniers mois de l’année 2008, j’ai même invité mon collègue tunisien, avec son homologue marocain, à participer aux travaux du Conseil des ministres européens des transports. Le collègue algérien n’a pas pu venir. Tout le monde était à la même table pour parler en particulier des autoroutes de la mer. Cela montre à quel point notre partenariat est puissant et, je dirais, ancré dans la réalité y compris de la relation au sein de l’Union pour la Méditerranée.

Dans le transport aérien, vous savez que nous sommes évidemment très heureux des commandes de Tunisair pour renouveler sa flotte grâce à Airbus. Il y a d’autres coopérations, par exemple le nouveau simulateur qui a été installé pour l’ATCT (Aviation training center of Tunisia). Et puis, vous voyez, ces développements d’achats d’avions se traduisent maintenant par de la coopération industrielle, avec la fabrication en Tunisie d’éléments d’Airbus.

Nous avons bien sûr ce projet auquel nous sommes très attachés de parc Aerolia et puis, ce matin, nous avons assisté avec mon collègue tunisien à la signature à l’instant en votre présence d’un accord entre Telnet et Safran qui est aussi un des éléments supplémentaires de ce partenariat. Donc dans le domaine aérien, je crois que nous sommes vraiment dans d’excellentes conditions.

Sur le transport maritime, qui souffre de la crise mondiale, mais qui, dès que la crise sera terminée, repartira avec des taux de croissance importants puisqu’il est un peu la conséquence des phénomènes de mondialisation, nous avons monté un projet ensemble. Nous avons imaginé tous les deux avec mon collègue le projet d’un institut de formation aux métiers de la mer. L’accord a été signé au moment de la visite du Président Sarkozy, au mois d’avril, et je pense que nous pourrons passer à la partie opérationnelle par un nouvel accord au moment de la venue à Tunis du Premier ministre, M. François Fillon, dans les semaines à venir, en tout cas au proche printemps.

De quoi s’agit-il ? Nous avons beaucoup de besoins en hommes et en femmes qui peuvent naviguer, mais pas seulement, qui peuvent aussi travailler dans le domaine portuaire, dans le domaine de la pêche et de la plaisance. Je pense aux armateurs français qui souhaitent avoir des collaborateurs francophones de qualité. L’idée nous est donc venue de bâtir un Institut en Tunisie qui serait basé, si j’ai bien compris, au port de la Goulette. Nous sommes maintenant prêts à aider nos amis tunisiens, en particulier à former rapidement les formateurs. Je souhaite donc que ce projet puisse devenir réalité dès cette année ou l’année prochaine. Il fait en tout cas maintenant l’objet d’accords politiques importants.

Nous avons également évoqué le projet "Mare nostrum", qui est un projet de dématérialisation des documents de sécurité et des formalités utiles pour les échanges et la navigation. C’est un projet auquel la Tunisie souhaite s’associer.

Après l’aérien et le maritime, je termine par le domaine terrestre. Il y a de grands projets en Tunisie : le développement du métro léger dans la capitale de Tunis, le réseau ferré régional dans la grande couronne, la modernisation des lignes de la Société nationale des chemins de fer tunisiens vers le Sud. Tout cela nous intéresse bien évidemment. Il y a déjà des achats importants de tramway Citadis qui ont été faits, il y a beaucoup de choses très concrètes.

Ce qu’il faut dire simplement, c’est que nous ne nous y intéressons pas simplement sur un plan commercial ou sur un plan de coopération technique. Nous souhaitons, enfin nous réfléchissons à ce que pourraient être dans un deuxième temps, comme en matière aéronautique, des projets industriels. Si la Tunisie développe fortement ses réseaux, reliés aux réseaux algériens, aux réseaux libyens, aux réseaux marocains, il peut y avoir, pour l’industrie ferroviaire comme pour l’industrie aéronautique, intérêt à installer de la maintenance, de la formation, de la grande maintenance c’est-à-dire la grande révision du matériel ferroviaire, ou même éventuellement une part de construction.

C’est un peu la réflexion que nous avons avec les autorités tunisiennes. J’évoquais cela ce matin avec le Premier ministre : essayer d’aller au-delà de simplement proposer nos matériels français dans le cadre de la concurrence et de voir si nous pouvons aller plus loin en matière industrielle dans ce domaine.

Aujourd’hui, l’ensemble de l’Afrique du Nord a de grands projets en matière ferroviaire : modernisation du réseau tunisien, libyen, algérien ; future ligne TGV prévue par le Maroc entre Casablanca, Tanger Med, peut-être Marrakech et peut-être un jour, pourquoi pas, reliée à l’Europe par un tunnel Gibraltar comme cela existe déjà entre l’Europe continentale et l’Angleterre. Il y a donc beaucoup de choses qui vont se faire dans l’avenir et comme la France est le premier pays au monde pour l’industrie ferroviaire - elle a inventé et exporté le TGV et elle est très en avance dans beaucoup de domaines de l’industrie ferroviaire à tous les niveaux - nous serions heureux de pouvoir travailler plus avec la Tunisie qui, par sa situation géographique, est naturellement bien située dans tous les projets qui se déroulent actuellement en Afrique du Nord.

Voilà ! Tout cela sera de nouveau sur la table lors de la venue du Premier ministre. J’ai également convié mon collègue Abderrahim Zouari à venir au mois de juin au Salon aéronautique du Bourget qui est un lieu où tous les ministres des transports du monde ont l’habitude de se retrouver, et nous allons essayer de continuer à avancer très concrètement sur tous ces sujets. Si vous avez des questions, je suis à votre disposition.

Question : Monsieur le Ministre, nous avons entendu sur Euronews, il y a une quinzaine de jours, que Airbus aurait enregistré 50% d’annulations de commandes dans son carnet. Est-ce que cette information est exacte et cela pourrait-il favoriser une anticipation sur les livraisons d’avions à Tunisair ?

Réponse : Il est exact que les deux grands constructeurs mondiaux, Boeing et Airbus - mais c’est valable également pour les constructeurs type Embraer au Brésil, Cergy, Bombardier au Canada etc. - doivent tenir compte de la réalité de la baisse mondiale du trafic aérien dû à la crise, qui est de l’ordre de 3% par mois depuis le dernier trimestre. Un certain nombre de commandes ont été non pas annulées mais différées et il n’en reste pas moins qu’une entreprise comme Airbus a un carnet de commandes extrêmement garni et qu’elle a parfois du mal, pour les A380, à les livrer dans les délais souhaités par les clients, d’autant qu’elle doit préparer maintenant la mise en service de l’A350.

Il n’y a donc pas de soucis en la matière. Simplement, il et vrai qu’il peut y avoir des possibilités industrielles pour Airbus de livrer plus tôt des avions monocouloir dont la fabrication est la plus rapide, c’est-à-dire les Airbus A320. Nous avons en effet évoqué avec Tunisair et j’ai évoqué avec le Premier ministre tunisien et mon collègue Abderrahim Zouari la possibilité que certaines livraisons puissent être anticipées.

Mais il n’y a aucun péril pour l’industrie aéronautique européenne et même mondiale. Simplement, dans cette période de récession provisoire de leur trafic, les compagnies sont moins demandeuses de nouveau matériel aussi rapidement qu’elles l’étaient auparavant. Mais on est très très loin du chiffre que vous avez cité. Il y a eu assez peu d’annulations de commandes. Il y a surtout eu quelques commandes différées, les compagnies ayant décidé d’attendre telle date pour prendre livraison de tel appareil.

Question : Quel est le mode de financement de ce volume impressionnant de commandes ?

Réponse : Interviennent en général dans le financement des appareils soit les constructeurs eux-mêmes qui préfinancent l’achat de leur propre matériel, soit le système bancaire. Dans le cas de l’industrie aéronautique européenne et française et dans le cadre du plan de relance de l’économie française qu’a annoncé le Président de la République, nous avons ouvert la possibilité à nos banques d’être plus actives dans ce financement, si c’était nécessaire, par une aide de l’Etat. C’est-à-dire que s’il y avait une défaillance dans des banques, l’Etat français, dans le cadre de son plan de relance, est prêt à y remédier.

Les constructeurs eux-mêmes ou plutôt Airbus a mis en place aussi un système de préfinancement pour aider certains acheteurs. C’est-à-dire qu’à ce moment-là le constructeur devient lui-même le banquier de son acheteur. Donc Airbus s’est engagé, puisque la société a une trésorerie très saine, à aider un certain nombre d’acheteurs pour faciliter l’achat d’appareils neufs.

Tout cela, ce sont un peu des phénomènes d’anticipation. En France, on fait par exemple des lignes de TGV dans le cadre de partenariats public/privé. Les grands groupes de BTP, s’ils ont des problèmes pour demander aux banques de financer leur part, bénéficient de la garantie de l’Etat qui leur a dit : « Je suis prêt à garantir les emprunts des grandes entreprises de travaux publics par rapport au système bancaire ». Donc l’État français, dans le cadre de notre plan de relance, joue un peu un rôle d’intermédiation financière quand il y a un problème de crédit.
Question : On vient de signer deux documents. Quel en est le contenu ?
Réponse : Le responsable de notre Mission économique va vous en dire un peu plus.

M. Bertrand Furno, chef de la ME : Le deuxième document signé est un contrat qui apporte un financement du ministère français de l’Économie, au titre d’un fond qui s’appelle la "Réserve pays émergent" (RPE), dont bénéficie la Tunisie, pour un programme d’équipement de la SNCFT. Il s’agit de matériel de signalisation sur les lignes de la SNCFT. Les fournisseurs français sont un groupement d’entreprises, l’entreprise Vossloh Cogifer et l’entreprise Thalès, et le montant de ce contrat est d’environ 20 millions d’euros.

Le premier accord a été signé en présence des ministres. Il s’agit d’un mémorandum d’entente entre deux grandes sociétés : le groupe français Safran et la société tunisienne Telnet. Il s’agit, pour ces deux sociétés, de créer une société commune qui va travailler sur deux types de projets. Il y aura d’une part des projets liés à l’aéronautique avec une composante de logiciels qui pourront être développés par cette société grâce à l’expertise des ingénieurs de Telnet. Le responsable de la société parlait des 400 ingénieurs de cette société. Il y aura d’autre part un deuxième domaine de coopération, celui de la sécurité et plus précisément des applications utilisées pour des documents comme les passeports ou les cartes d’identité. Il s’agit de cartes à puce sécurisées. Le groupe Safran, avec sa division Sagem, est le leader mondial dans ce domaine et pourra donc, avec Telnet, travailler sur des applications pour le marché tunisien, mais également pour les autres pays de la région et même, sans doute, le marché européen.

M. Bussereau : Nous avons par exemple passé un marché avec Safran pour les aéroports de Paris, pour la reconnaissance des personnels à partir des données biométriques, ce qui est une garantie de sécurité pour un aéroport comme celui de Roissy Charles-de-Gaulle.

Question : Vous préparez comme votre collègue M. Darcos, qui était hier en Tunisie, la visite de M. François Fillon. Qu’avez-vous préparé qui devrait être conclu à cette occasion ?

Réponse : Sur le plan général, l’Ambassadeur sera plus complet que moi. Dans le domaine des transports, je souhaite que l’on avance, à l’occasion de cette visite, sur l’Institut de formation maritime dont je vous ai parlé. Je souhaite aussi que nous puissions avancer d’ici là sur nos projets ferroviaires. Voilà, il y a du grain à moudre dans la partie transport mais, l’Ambassadeur va vous le dire, il n’y aura pas que les discussions sur les transports, naturellement.

Question : Les entreprises françaises sont-elles intéressées par la construction, le financement et la concession du port en eaux profondes d’Enfidha ?

Réponse : Le port en eaux profondes d’Enfidha est un projet très intéressant que mon collègue m’a présenté déjà à plusieurs reprises. C’est actuellement en Méditerranée que se développe le plus le trafic maritime dans le monde, avec l’Asie.

La France a la chance d’avoir à la fois un grand port en Méditerranée, qui est Marseille, et un armateur, CMA-CGM, qui est le troisième armateur mondial pour le trafic de conteneurs et qui a choisi Malte, pour l’instant, comme hub, pour que les marchandises venant d’Asie par le Canal de Suez puissent être transférées de grands porte-conteneurs sur de plus petits et ensuite réparties vers l’ensemble méditerranéen. CMA-CGM, du coup, s’est implanté également à Tanger Med, au Maroc, et la mise en place d’un nouveau port en eaux profondes en Tunisie serait évidemment un élément très important de développement du trafic maritime.

Le Président de la République souhaite également que les autoroutes de la mer soient développées entre pays européens et pays méditerranéens, dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée. Nous voyons donc ce projet d’un très bon œil parce qu’il correspond à une nécessité économique. Il est très intéressant pour l’ensemble de l’économie portuaire de la Méditerranée.

Question : Quelle-est la position de la France par rapport au développement du réseau ferroviaire rapide en Tunisie ?

Réponse : Il nous intéresse pour proposer nos matériels de toutes natures : matériel roulant, matériel de voie ferrée, caténaires, signalisation, billettique, etc. C’est un grand projet qui nous intéresse et dans lequel nous avons un certain savoir-faire, par le développement de nos réseaux de même nature en région parisienne ou dans les grandes métropoles françaises.

Mais nous nous disons également : ne peut-on aller plus loin que simplement vendre du matériel ? Voilà, c’est la réflexion que nous avons ouverte pendant cette matinée.

Question : Est-ce que la vente de matériel est déjà acquise ?

Réponse : Non. Mais nous sommes candidats, très clairement candidats.

Question : Au sujet de votre récente visite en Libye, y a-t-il une dimension régionale de la coopération en matière de transports entre les deux rives, entre le Maghreb, du moins, et la France ?

Réponse : Si vous voulez, les deux visites ne sont pas liées. Je souhaitais passer par Tunis pour avancer avec mon collègue tunisien sur la préparation du voyage du Premier ministre. C’était l’objet de cette matinée de travail.

Mon passage en Libye fait partie des suites de la visite du président de la République française en Libye en juillet 2007 et de la visite du Guide Kadhafi en France, au mois de décembre de l’année dernière. Il s’agit de poursuivre nos relations avec la Libye qui sont d’excellente qualité.
Dans mon domaine, les Libyens construisent un nouvel aéroport à Tripoli, avec la participation d’Aéroports de Paris, de Vinci et de grandes entreprises françaises. Il y a les projets ferroviaires, également très importants, de construction d’un réseau ferroviaire. Il ne s’agit pas de moderniser un réseau existant comme en Tunisie, mais de créer un réseau de toute pièce. Il y a également un projet de port, pour répondre à la question de votre confrère tout à l’heure.

Voilà, c’est de même nature. Ce qui est intéressant, c’est que tous ces projets, avec le regard extérieur que j’en ai, sont en liaison. C’est-à-dire que la continuité ferroviaire se fera entre les différents pays, de l’Egypte au Maroc. Ces projets ont une continuité territoriale qui nous intéresse, au moment-même où nous faisons la même chose en Europe. Nous sommes en train de travailler sur de grands couloirs, qu’on appelle les réseaux trans-européens, entre Paris et Bratislava, entre Munich et le Havre.

On travaillait même avant la crise sur des couloirs entre l’Europe et la Chine. On faisait des essais pour emmener des trains de conteneurs entre la France ou l’Allemagne et la Chine. Donc si vous voulez, au moment où l’Europe essaie de bâtir des réseaux trans-européens on ne peut être que favorable à voir le Maghreb construire des réseaux trans-maghrébins de transport dans tous les domaines.

Question : Je voulais des précisions au sujet d’un projet en marche qui concerne la Compagnie tunisienne de navigation et le port de Saint-Nazaire et celui de Marseille. J’ai une autre question par rapport au groupe MGI qui collabore aussi avec le port de Tunis.

Réponse : Le projet que vous avez cité est lié au développement du parc Aerolia. Il y aura besoin, quand le parc sera en activité, de livrer les gros ensembles aux usines d’assemblage d’Airbus, en particulier les deux usines de Saint-Nazaire dont l’une est une filiale. À ce moment là il y aura une décision de créer une liaison. Cela existe déjà, par exemple pour l’Airbus 380, dont les morceaux sont construits pour partie à Hambourg, pour partie en Grande-Bretagne ou en Espagne. Des bateaux ont été spécialement construits, le Ville-de-Bordeaux et le Ville-de-Hambourg, qui vont chercher les différentes pièces dans différents ports européens, qui descendent l’estuaire de la Gironde jusqu’à Bordeaux, et ensuite c’est acheminé par barge fluviale, et ensuite par voie routière jusqu’à Toulouse, pour monter les Airbus A380. Donc il y aura besoin, quand Aerolia fonctionnera, d’une liaison d’approvisionnement entre la France et la Tunisie.

Sur MGI, le chef de la Mission économique peut vous en dire un mot.

M. Bertrand Furno : C’est un projet qui est proposé par une société informatique française, mais qui rentre dans le contexte européen d’une évolution des réglementations en matière de transport et de sécurité, qui va vers la dématérialisation des documentations.

Il y a également un projet tunisien qui s’appelle Alias Transports et qui repose sur le même principe, c’est-à-dire que les données seront transmises avant que la marchandise ne soit expédiée de façon à accélérer les opérations de transport. La société qui est basée à Marseille propose cette approche pour l’ensemble de la Méditerranée et nous serions heureux, dans le cadre des discussions avec la partie tunisienne, que Tunis puisse être un site pilote au sud de la Méditerranée pour avancer sur ce projet méditerranéen.

M. Bussereau : Merci beaucoup. Je vous propose de conclure par un mot de notre ambassadeur sur la prochaine visite du Premier ministre français.

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Photo Mohamed Hammi

L’Ambassadeur, M. Serge Degallaix : Le président de la République est venu, comme vous le savez, fin avril. Le Premier ministre devrait, grosso modo, venir un an après. C’est donc à la fois l’occasion de regarder tout ce qui a été lancé en avril 2008 et de lancer de nouvelles idées. Ce qui a été lancé et qui avance, c’est notre coopération en matière d’électronucléaire. Vous vous souvenez que l’accord intergouvernemental a été paraphé. Les choses avancent et nous pourrions le signer à cette occasion.

Dans le domaine des transports, nous avions signé un accord entre Tunisair et Airbus et Airbus avait pris l’engagement de créer 2000 emplois industriels. Vous voyez là aussi que les choses avancent.

Naturellement, il y a un volet important qui est celui de la formation professionnelle dans le domaine de l’aéronautique. Cette formation professionnelle doit être prise dans son ensemble pour tous les métiers parce que ce sont de nouveaux métiers en Tunisie. Là aussi, on peut imaginer un document-cadre intergouvernemental, avec un volet partenariat public-privé, qui permette de continuer à avancer efficacement et rapidement sur ce volet. Nous avons, comme l’a dit le Ministre, les métiers de la mer. Cela a été signé lors de la visite du Président et là aussi, un an après, nous pourrons mesurer le chemin parcouru.

Nous avons également un domaine important qui est celui de l’éducation et des ingénieurs. Vous vous souvenez que le président de la République, lors de son discours à l’INSAT avait marqué l’appui de la France à l’école d’ingénieurs de Bizerte. Nous avons eu une mission tunisienne en France, une mission française va venir et là aussi, c’est l’occasion de consacrer ces idées au plan opérationnel.

Nous avons une réflexion plus générale, qui découle un peu de Bizerte, mais qui dépasse le cas de cette école de Bizerte, c’est la réflexion générale, avec un appui, sur la rénovation du cursus des écoles d’ingénieurs. Vous savez que la Tunisie doit d’ici trois ans doubler le nombre de ses ingénieurs qui sortent diplômés. Il s’agit donc d’un volet important.

Nous avons également signé, lors de la visite du président de la République, un accord de coopération économique et financière. Là aussi, il y aura une signature qui traduira par des financements cet accord et qui aidera les PME tunisiennes à s’équiper, avec des conditions de financement extrêmement favorables.

On pourrait naturellement allonger la liste. Sur les nouveaux sujets, il y a les pôles de compétitivité. Durant cette année, de nouveaux contacts ont été pris avec des pôles de compétitivité français et tunisiens. C’est un secteur dans lequel nous pouvons faire plus, notamment dans les nouvelles technologies mais pas seulement. Il y a le domaine de l’agriculture en zone exposée au stress hydrique.

Il y a également, et c’est un des résultats de la visite de M. Darcos, tout ce qui a trait aux nouvelles technologies dédiées à l’enseignement, avec le tableau blanc interactif. C’est un sujet très important pour tous les pays, pour la France et pour la Tunisie. Nous pouvons travailler ensemble au plan bilatéral mais, comme cela a été indiqué aussi, nous allons avoir un 5+5 des ministres de l’Éducation sur ces nouvelles technologies au service de l’éducation et de la formation, qui constituent aussi un moyen, pour les enseignants et les élèves des deux rives de la Méditerranée, de mieux communiquer et de mieux se connaître.

M. Dominique Bussereau : Merci beaucoup et bonne journée à tous.

Dernière modification : 24/03/2011

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