Conférence de presse de M. Alain Joyandet

Conférence de presse de M. Alain Joyandet, secrétaire d’État chargé de la Coopération et de la Francophonie.
(École Robert-Desnos de Tunis, le 8 octobre 2008)

Merci de votre présence.

Je suis très heureux d’avoir à mes côtés la directrice de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, Madame Anne-Marie Descôtes, et l’ambassadeur de France en Tunisie, M. Serge Degallaix. Et je suis immédiatement disponible pour vous.

Question : Pourriez-vous nous indiquer dans quel cadre se déroule votre visite ?

Réponse : Ma visite s’inscrit dans le cadre de la préparation de la future visite du Premier ministre François Fillon, dont le principe est acquis mais dont la date n’est pas encore définitivement arrêtée. Je suis tout particulièrement présent ici pour lancer la procédure de révision de notre "Document cadre de partenariat", un document très important, en liaison avec l’Agence française de développement qui est l’agence du gouvernement français.

Nous avons une coopération avec la Tunisie qui porte environ sur une centaine de millions d’euros par an. C’est une coopération importante, organisée autour de trois grands secteurs. À mi﷓parcours, puisqu’il s’agit d’un programme 2006-2010, nous nous demandons avec le gouvernement tunisien comment rénover cette collaboration et l’améliorer si c’est nécessaire.

J’ai obtenu ce matin l’accord du Premier ministre pour lancer cette procédure qui va être suivie sur place, ici, par notre ambassadeur et les services du Premier ministre. Voilà, si vous voulez, le cadre dans lequel je suis ici. Nous avons évidemment abordé beaucoup d’autres sujets.

Question : Il n’y a pas encore de date pour cette visite ?

Réponse : Non, nous avons reçu le Premier ministre Mohamed Ghannouchi à Paris, avec François Fillon, il y a quelques semaines ou peut-être quelques mois. Nous avons acté à ce moment-là le principe de cette visite qui aura lieu, je l’espère, dans le courant du premier semestre 2009. L’idée, ce serait que la démarche de révision de notre "Document cadre de partenariat" soit achevée et qu’il puisse la ratifier lui-même avec le Premier ministre tunisien.

Question : Quelles conséquences peut avoir la crise financière internationale sur la Tunisie ?

Réponse : Pour l’instant, d’une manière générale, la crise internationale affecte particulièrement les États les plus avancés sur le plan économique et financier, évidemment les Etats-Unis et l’Europe, touchée par ricochet. Ici, pour bien se rendre compte des conséquences, il faut attendre de voir ce qui va se passer au plan international. Mais à priori, nous sommes dans une zone économique qui est moins en prise directe avec le cœur des turbulences financières mondiales. On peut donc espérer que les conséquences directes seront les plus légères possible.

Votre question concerne évidemment les conséquences indirectes. Est-ce que cette crise, qui peut affecter les économies des pays bailleurs, peut avoir des conséquences négatives sur la coopération de la France avec la Tunisie ? La réponse est non. La réponse est non parce que l’essentiel de notre coopération passe sur le plan financier par l’Agence française de développement qui n’est pas concernée par cette crise. L’AFD représente, comme l’on dit, une bonne signature. C’est une agence solide qui ne sera pas remise en cause ni mise en difficulté.

À priori, il n’y a donc pas de conséquences négatives majeures pour la relation de coopération entre la France et la Tunisie. Nos programmes sont maintenus. Les engagements financiers sont maintenus. Je souhaiterais même qu’on puisse les développer en volume.

Question : Et en ce qui concerne la Francophonie ?

Réponse : S’agissant de la Francophonie, de la présence française à travers sa culture si c’est à cela que vous faites allusion, nous continuerons à être très présents, comme je l’ai dit tout à l’heure. Dans les priorités qui sont celles de la France, il y a de toute évidence cette coopération culturelle que nous souhaitons vraiment préserver et développer.

L’apprentissage du français fait partie de cet objectif. L’AEFE peut témoigner que tous les efforts sont faits pour que notre dispositif d’enseignement soit modernisé. Vous en avez l’illustration ici, à l’école Robert-Desnos, où le ministère des Affaires étrangères a tout de même investi quatre millions d’euros. Cela veut bien dire qu’il existe une vraie volonté de développer notre coopération culturelle.

Je souhaite d’ailleurs que nous puissions accueillir encore beaucoup plus d’enfants de familles tunisiennes. Vous savez que nous sommes en effet contraints d’accueillir d’abord les enfants des familles françaises et c’est bien normal, s’agissant du réseau des écoles françaises. Il s’agit d’un devoir de l’État français envers ses expatriés mais nous aimerions pouvoir augmenter les capacités.

Cela va d’ailleurs se faire puisque d’autres projets suivront la rénovation de cette école, afin de donner plus facilement satisfaction aux enfants des familles tunisiennes. C’est pour nous très important que les enfants de famille française et les enfants de famille tunisienne puissent aller à l’école ensemble car l’école crée des liens indestructibles.

Question : Avez-vous eu d’autres entretiens avec les autorités tunisiennes ?

Réponse : Je dois voir tout à l’heure le ministre des Affaires étrangères. Nous allons revenir un peu sur les grands dossiers dont nous avons parlé avec le Premier ministre et en détailler quelques-uns, tout particulièrement celui qui concerne le Document cadre de partenariat.

Je peux vous dire aussi que j’ai vraiment senti dans cette visite quelque chose de particulier, j’allais presque dire sur le plan affectif. Nous avons eu, avec le Premier ministre, un entretien qui s’est particulièrement bien passé. Tous les engagements réciproques contractés dans le cadre de notre partenariat sont confirmés.

Je pense aussi, évidemment, à nos accords économiques. Je pense à tout ce qui se passe dans le domaine du transport, avec Alstom, ou dans le domaine de l’énergie y compris l’énergie moderne axée sur le nucléaire civil. Je pense aux questions sur lesquelles nous travaillons ensemble et qui touchent à la sécurité. Nous avons évidemment fait référence à la question de l’enseignement qui est d’actualité ici-même. Nous avons donc vraiment eu un entretien particulièrement chaleureux. Je dois dire que comme j’avais un peu de temps, nous sommes allés nous promener en ville et là aussi j’ai ressenti une chaleur dans la relation qui fait vraiment très très chaud au cœur.

Tout cela me fait dire que notre coopération franco-tunisienne se développe dans un partenariat d’égal à égal et c’est le sens que le président de la République française veut que je donne à la coopération : une coopération partenariale avec deux piliers principaux. Le pilier culturel, dont je vous ai déjà parlé et je n’y reviens pas, et puis le pilier du développement économique puisque nous voulons vraiment être des partenaires dans le cadre du développement économique et tout particulièrement du développement économique privé.

Tout ce qui peut encourager la croissance, le développement, la création d’emploi, la création de valeur ajoutée. Vous savez qu’il y a de très nombreuses entreprises françaises en Tunisie, de très nombreux Tunisiens qui entreprennent en France. 24% du PIB est ici fourni par des entreprises françaises ; nous avons des échanges très importants ; 25 000 Français vivent ici en Tunisie. Tout ce partenariat économique constitue notre deuxième pilier de développement. Les entreprises françaises y trouvent leur compte, la Tunisie aussi et toute la région.

J’ajoute que la Tunisie est pour nous un relais et un partenaire privilégié dans le cadre de la création de l’Union pour la Méditerranée. Elle a joué un rôle positif majeur. Évidemment, la France le sait et nos partenaires européens le savent. Il s’agit d’un très grand projet pour l’avenir et toutes les initiatives que l’on peut continuer à prendre et à entretenir ensemble sont autant d’éléments qui vont contribuer à ce que les relations entre le Nord et le Sud méditerranéens s’intensifient. J’ai donc remercié le Premier ministre, pour le rôle qui a été celui de la Tunisie dans la constitution de l’UPM.

Voilà, brossés rapidement, tous les sujets que nous avons abordés ensemble et qui me font dire que les relations entre la France et la Tunisie sont au très beau fixe.

Question : Est-ce que vous avez parlé du secrétariat de l’UPM ?

Réponse : Nous en avons parlé. J’ai dit au Premier ministre que la France considérait que la Tunisie avait beaucoup d’atouts pour accueillir le secrétariat de l’Union pour la Méditerranée mais que c’est évidemment l’affaire de nombreux partenaires et qu’il faut construire un consensus pour obtenir une éventuelle décision positive. En tous cas, la France juge la candidature de la Tunisie comme une candidature particulièrement intéressante et qui a beaucoup d’atouts. Il faut simplement parler avec l’ensemble de nos partenaires et construire un consensus. Vous savez qu’il y a aussi la candidature de l’Espagne. Le Maroc a retiré sa candidature, ce qui donne une force plus grande à celle de Tunis. Mais tout cela nécessite du temps, du dialogue et la recherche d’un consensus.

Question : Est-ce que Marseille a maintenu sa candidature ?

Réponse : Je ne veux pas parler à la place de Marseille. Je ne sais pas non plus s’il y a des dates butoir pour enregistrer les candidatures mais ce matin, avec le Premier ministre, nous avons parlé de celle de Tunis qui nous paraît intéressante et disposer de beaucoup d’atouts. Mais pour l’instant, je ne peux pas vous en dire plus car il faut laisser la diplomatie faire son œuvre.

Maintenant, si vous voulez ma conclusion, au-delà de ce moment d’émotion très forte que j’ai vécu aujourd’hui, c’est que les relations sont vraiment au très beau fixe entre la France et la Tunisie.

Merci beaucoup.

Dernière modification : 19/04/2010

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