Coopération Sorbonne / universités tunisiennes

Le 17 février 2012, dans les locaux du rectorat de l’université El Manar, l’université Paris Panthéon-Sorbonne et six universités tunisiennes ont paraphé un nouvel accord cadre de coopération. Cette signature est venu conclure trois jours de travaux et d’échanges entre des représentants de l’enseignement supérieur français et leurs homologues tunisiens.

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Jean Claude Colliard (Président de l’Université Paris I) et Abdelhafidh Gharbi (Président de l’Université de Tunis El Manar) signent la nouvelle convention de coopération.

Matérialiser de nouvelles ambitions

Depuis le 15 février, une importante délégation française était en mission sur le sol tunisien, composée principalement d’universitaires de Paris I, appuyés par les représentants de l’École nationale d’administration (ENA), de l’Institut national du patrimoine(INP), de l’École pratique des hautes études et du Pôle de recherche et d’enseignement supérieur hautes études – Sorbonne - Arts et Métiers (PRES HESAM).

Les visiteurs se sont répartis en groupes de travail au sein des six universités tunisiennes partenaires : Tunis 9 avril, Tunis El Manar, La Manouba, Carthage, Sfax et Sousse.

En point de mire, la mise en place d’un vaste programme de coopération visant :
- les échanges d’étudiants de master à master,
- le développement des séminaires doctoraux intensifs,
- l’encouragement à la mobilité des enseignants,
- le développement de cotutelles,
- l’établissement de projets de recherche communs.

La formation des journalistes, la diffusion de la culture historique et l’enseignement du droit et de l’économie constituent les nouveaux axes prioritaires identifiés par les partenaires tunisiens et français. Globalement, une place plus forte sera accordée aux sciences humaines et sociales, des enseignements qui connaissent un fort regain d’intérêt depuis la révolution tunisienne.


Consolider des liens historiques

Avant la signature des accords, une série de tables rondes a permis aux enseignants d’échanger leurs points de vue sur la réforme de la formation doctorale, la place des universités dans la mondialisation ou encore les relations entre universités et entreprises.
L’occasion aussi de consolider les liens entre des acteurs qui se connaissent depuis longtemps déjà.

Historiquement, la Tunisie est le premier partenaire de l’université Paris 1 dans le monde arabe. En 2010-11, Paris Panthéon-Sorbonne comptait près de 300 étudiants tunisiens. Chaque année l’Université invite plusieurs professeurs tunisiens tandis que des enseignants-chercheurs français font le trajet inverse pour partager leur savoir dans les structures tunisiennes.

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L’Ambassadeur et Mme Mengin, vice-présidente de l’université Paris 1

Recevant l’ensemble des partenaires, l’ambassadeur Boris Boillon a félicité ses invités pour la qualité des accords noués et l’esprit de partage qui a présidé aux débats. La coopération bilatérale dans le domaine universitaire restera l’un des axes fort de l’action de la France dans les prochaines années. Elle participe au renforcement des compétences scientifiques et professionnelles tunisiennes et plus largement au rapprochement des sociétés civiles, de part et d’autre de la Méditerranée.

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Boris Boillon au côté d’H’Maied Ben Aziza, président de l’université de Tunis 9 Avril

Intervention de l’Ambassadeur de France

La Marsa, 16 février 201

Mesdames et Messieurs les Présidents,
Monsieur le Délégué général,
Mesdames et Messieurs les Doyens et Directeurs,
Mesdames et Messieurs les Professeurs,
Mesdames et Messieurs, chers amis,

Je suis particulièrement heureux et fier de vous recevoir ce soir, vous tous qui représentez, parmi les établissements d’enseignement et universités, les plus remarquables de France et de Tunisie.

Comme nos amis tunisiens, je me réjouis tout particulièrement d’accueillir les représentants de La Sorbonne, université dont la réputation internationale n’est plus à faire et dont les chaires et les amphithéâtres ont accueilli depuis des siècles des noms prestigieux, y compris tunisiens. Je pense notamment au Président Bourguiba qui y a suivi les cours de droit à partir de 1924.

Nous sommes également impressionnés par l’importance et la qualité des établissements d’enseignement supérieur associés à la Sorbonne-Paris I dans le cadre du Pôle de recherche et d’enseignement supérieur hautes études Sorbonne Arts et Métiers, c’est-à-dire le PRES HESAM, que vous représentez : l’École nationale d’administration, l’Institut national du patrimoine, l’École pratique des hautes études, les Arts et Métiers, l’École supérieure de commerce de Paris… Le PRES HESAM, c’est un peu le catalogue des formations de l’excellence française !

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La présence nombreuse de votre délégation en Tunisie témoigne, un an après la Révolution de janvier 2011, de la force de l’amitié et des liens humains entre nos deux pays, des liens qui, souvent, se sont tissés sur les bancs de nos écoles et universités.

La France est en effet le premier partenaire de la Tunisie dans de nombreux domaines, et tout particulièrement universitaire et scientifique. Je rappellerai qu’elle est le premier pays d’accueil des étudiants tunisiens qui souhaitent poursuivre leurs études à l’étranger : ils sont actuellement 15.000 en France, et près de 4.000 nouveaux venus chaque année.

Permettez-moi à cet égard de souligner le rôle joué par les services de cette ambassade, notamment Campus France et l’Institut français de Tunisie, pour contribuer à dynamiser ces échanges. Nous avons ainsi financé l’année dernière près de 800 bourses de stage ou d’études de courte durée et 175 bourses de longue durée.

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La phase historique ouverte par la révolution de 2011 représente pour les universités et établissements d’enseignement français une opportunité pour développer avec leurs homologues tunisiens de nouveaux partenariats sur un pied d’égalité.

Certes, votre intérêt pour la Tunisie n’est pas nouveau. Ce pays est en effet déjà le premier partenaire de l’Université Paris I dans le monde arabe. En 2010-11, on y comptait près de 300 étudiants tunisiens inscrits et des mobilités d’enseignants se font régulièrement. L’Ecole nationale d’administration, pour ne citer qu’elle, accueille également chaque année une soixantaine de stagiaires tunisiens.

Mais vous avez souhaité renforcer ces liens, vous avez souhaité faire de ce partenariat une priorité et un grand projet de coopération :

- en lui donnant une dimension pluridisciplinaire intégrant les sciences humaines (histoire, philosophie et archéologie), les sciences économiques et de gestion, le droit et les sciences politiques, disciplines quelque peu oubliées par le passé au profit des sciences dures et technologiques ;

- en impliquant, outre l’Université Paris I, plusieurs établissements de votre PRES : l’École nationale d’administration, l’Institut national du patrimoine, l’École pratique des hautes études, les Arts et Métiers ;

- en l’ouvrant à de nombreux établissements tunisiens : universités de Tunis, Tunis El Manar, Carthage, La Manouba, Sousse et Sfax, ainsi que l’Institut national du patrimoine, l’Institut des Beaux-Arts et l’École nationale d’administration de Tunis.

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Ces nouveaux partenariats viendront enrichir notre coopération bilatérale, dans le partage d’une langue commune d’échanges, d’enseignement et de recherche.

Ils contribueront, à leur manière, aux grands objectifs que s’est fixée la France pour accompagner la Tunisie en cette phase de transition démocratique : rapprocher nos deux sociétés civiles, appuyer la construction de l’État de droit, renforcer la formation en vue de contribuer au développement économique et social.

Mesdames et Messieurs, je suis certain que les uns et les autres, fidèles ou inspirés par la devise de l’Université de Paris I « Omnibus Sapientia, Unicuique Excellentia », vous aurez à cœur de partager ensemble vos savoirs et de les transmettre toujours dans un esprit d’excellence.

Je vous remercie.

Dernière modification : 30/06/2014

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