Déclarations de Bernard Cazeneuve à Tunis, le 20 mars 2015


Déclaration à l’issue de l’entretien avec le ministre de l’Intérieur Najem Gharsalli

Question : C’était important pour vous, ministre de l’Intérieur, représentant la nation française, d’être présent à Tunis, deux jours après les attentats ?

Réponse : Le président de la République a souhaité que nous puissions être au plus près de nos amis tunisiens, en vertu de nos relations historiques de confiance et de coopération, dans l’épreuve qu’est en train de traverser la Tunisie et que nous avons nous-mêmes vécue au début du mois de janvier.

Cette amitié doit s’exprimer pleinement : elle doit nous conduire à dire notre solidarité, notre compassion pour les victimes et la volonté que nous avons aussi – nous venons d’en parler – de lutter de façon résolue contre le terrorisme. Il faut que tous ceux qui cherchent à atteindre nos démocraties, nos valeurs de liberté, de tolérance, de vivre ensemble, sachent que nous serons ensemble dans le combat contre toutes les formes de barbarie et de terrorisme et que nous sommes déterminés à gagner ce combat pour la démocratie, pour la paix et pour la concorde.

Et cela doit être dit ici aujourd’hui à Tunis, dans une solidarité, une amitié, et dans la volonté de faire en sorte que face au terrorisme nos coopérations se renforcent dans tous les domaines, parce que nous avons besoin dans ces épreuves, dans ce combat, d’être ensemble. Nous avons une tradition de coopération et de confiance – nous venons de le dire à l’instant – qui peut nous permettre d’aller plus loin encore dans le travail entre services de police et de renseignement sur bien des sujets, et nous allons approfondir cette coopération. Nous allons évoquer ces sujets avec le Président de la République et le Premier ministre – nous venons de le faire entre collègues – et nous allons, au cours des mois et des années à venir intensifier notre coopération.

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Bernard Cazeneuve avec son homologue tunisien Najem Gharsalli

Question : Vous parliez de coopération, concrètement cela veut dire quoi ?

Réponse : Je viens ici après avoir travaillé hier à un certain nombre propositions au terme d’une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères de Tunisie qui est venu hier place Beauvau très tôt le matin. Il y a des rencontres qui vont avoir lieu avec les plus hautes autorités de l’État tunisien et c’est au terme de ces rencontres que les choses seront évaluées. Si vous en êtes d’accord, je vous propose donc qu’on se retrouve un peu plus tard dans la journée.

Discours devant la communauté française

Monsieur l’Ambassadeur,
Mesdames, Messieurs,

Je voudrais tout d’abord, Monsieur l’ambassadeur, chère Madame, vous remercier pour m’offrir l’hospitalité de ce jardin à la faveur de cette rencontre avec les représentants de la communauté française, ici à Tunis.

J’ai tenu à venir aujourd’hui à la demande du président de la République pour exprimer d’abord la solidarité du gouvernement français à l’égard du peuple et du gouvernement tunisiens qui sont confrontés à une terrible épreuve. Cette épreuve, nous en percevons les dimensions barbares abjectes, ignobles. C’est ainsi qu’il faut caractériser les actes de ceux qui ont cherché à atteindre la démocratie tunisienne au cœur, comme nous avons été nous-mêmes touchés au mois de janvier par de même actes barbares, abjects, ignobles, qui s’en prenaient aux valeurs et aux symboles de la République.

Il y a une relation ancienne entre la France et la Tunisie qui est une relation d’amitié, de confiance, de coopération. Il est donc normal et logique que nous soyons là aujourd’hui pour dire nos condoléances, notre compassion, notre tristesse, notre douleur, notre amitié et pour dire aussi, c’est le sens de cette visite, la disponibilité de la France et du gouvernement français pour accompagner la Tunisie dans cette épreuve. Cela veut dire que nous sommes disponibles et que nous sommes disposés à aider nos amis tunisiens dans la lutte qu’ils mènent contre le terrorisme et pour la démocratie.

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Bernard Cazeneuve devant les représentants de la communauté f

La Tunisie est une démocratie qui a apporté la démonstration au cours des derniers mois de sa capacité à respecter les échéances et à faire vivre les libertés. Elle l’a fait avec beaucoup de force et beaucoup de détermination. Nous sommes aux côtés de la Tunisie, démocratie ferme et déterminée dans la lutte contre le terrorisme, parce que nous sommes nous aussi confrontés à ce péril.

Je voudrais, non pas pour vous rassurer, mais simplement par souci de vous dire la vérité, que le niveau de menace reste élevé, partout en Europe et dans le monde, dans les démocraties ou les terroristes veulent s’en prendre à nos valeurs. Les événements qui se sont produits à Paris, ceux qui se sont produits à Copenhague et ceux qui se produisent à Tunis aujourd’hui en témoignent. Nous avons aussi la présence de groupes terroristes sur la bande sahélo-saharienne qui frappent et qui parfois organisent aussi des trafics des êtres humains pour financer leurs funestes objectifs criminels et meurtriers.

Mais en même temps que ce risque est élevé partout, vous devez savoir que nous sommes déterminés à le juguler, à le surmonter, à le combattre. Nos services de renseignement, nos services de police travaillent ensemble, à l’échelle européenne et au-delà, pour démanteler les filières, pour neutraliser les réseaux, pour mettre hors d’état de nuire des terroristes. Encore récemment à Tunis, des filières ont été démantelées avec succès et chaque semaine, en France, la Direction générale de la sécurité intérieure procède à l’interpellation de terroristes et au démantèlement de filières organisées notamment de recrutement.

Si la menace est élevée, il faut avoir la lucidité de la regarder en face. Nous sommes déterminés à agir ensemble pour la vaincre et c’est la raison pour laquelle, où que nous soyons, quelles que soient les responsabilités que nous exerçons, quelles que soient les activités dans lesquelles nous sommes engagés, nous devons rester debout, déterminés, forts de nous-mêmes, forts de nos valeurs, de manière à ne pas laisser les terroristes atteindre le but qui est le leur, c’est-dire celui de semer l’effroi. C’est en étant forts, partout où nous sommes, et déterminés, partout où nous sommes, que nous parviendrons à vaincre les terroristes.

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Bernard Cazeneuve devant les représentants de la communauté f

C’est le sens, finalement, de ce que nous nous sommes dit avec le président de la République tunisienne à l’instant : détermination à agir, détermination à être ensemble, détermination à vaincre le terrorisme. Alors, bien entendu, nous prenons tous des précautions. La France prend des précautions. Le plan Vigipirate a été rehaussé. Nous protégeons des lieux de culte, des institutions, des écoles, à travers une mobilisation forte des forces de police, de gendarmerie, à travers une mobilisation forte des militaires que je voudrais remercier pour leur contribution à la sécurité des lieux les plus sensibles en France.

Le gouvernement tunisien lui-même, avec beaucoup d’efficacité et de sévérité, prend des dispositions, parce que la vie doit continuer. Elle doit reprendre ses droits immédiatement après que les terroristes ont frappé, parce que la vie doit être plus forte que la volonté qu’ils ont de nous atteindre.

C’est la raison pour laquelle nous nous tenons aux côtés du gouvernement tunisien, tout prêt de lui dans l’amitié, dans la confiance et dans la détermination à faire vivre la démocratie, les valeurs de tolérance, de respect, de fraternité, de vivre ensemble qui nous unissent à la Tunisie et à tous nos amis et qui doivent nous permettre de lutter efficacement contre le terrorisme.

Je vais également vous dire que ce combat est un combat que chaque nation doit mener mais pas seulement. Nous devons, je viens de l’indiquer, renforcer notre coopération. La France doit aussi multiplier les initiatives au plan européen. Nous le faisons lorsque nous engageons des actions avec le coordinateur en charge de la lutte antiterroriste Gilles de Kerchove pour la déradicalisation. Nous le faisons lorsque nous préconisons qu’on mette en place des contrôles coordonnés systématiques dans les aéroports, dans le cadre des instruments dont s’est doté Schengen, pour être plus efficaces dans la mise hors d’état de nuire des terroristes lorsqu’ils reviennent des théâtres d’opérations en Irak et en Syrie. Nous le faisons lorsque nous sommes en première ligne pour proposer la mise en place d’un PNR européen qui permettra de judiciariser en amont la situation des combattants qui reviennent des théâtres des opérations terroristes. Nous le faisons aussi lorsque, en lien avec Europol, nous multiplions les actions destinées à démanteler les trafics d’armes et les trafics d’êtres humains qui sont destinés à alimenter l’activité des groupes terroristes. Bien entendu, les trafics de stupéfiants aussi.

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Déclaration aux médias à la sortie de l’entretien avec le président de la République, M. Béji Caïd Essebsi

Nous le faisons en France. Nous avons fait adopter en novembre dernier une loi de lutte contre le terrorisme qui met en place une interdiction administrative de sortie du territoire pour nos ressortissants les plus vulnérables qui veulent s’engager dans des opérations terroristes en Irak et en Syrie. Nous le faisons lorsque nous préconisons le blocage administratif des sites internet et le mettons en œuvre dès lors que ceux-ci incitent au terrorisme ou appellent à la haine raciale, parce que ces propos sur internet ne relèvent pas de la liberté d’expression, mais constituent un délit. Nous le faisons lorsque nous mettons en place une nouvelle qualification pénale, l’entreprise individuelle terroriste, pour être en mesure de judiciariser la situation de ceux qui s’auto-radicalisent sur internet. Nous le faisons enfin, lorsque nous proposons de doter nos services de renseignement de nouveaux moyens en contrepartie de quoi nous mettons en place des dispositifs de contrôle renforcé par le Parlement, par des autorités administratives indépendantes et par des instances juridictionnelles, de manière à ce que plus d’efficacité de nos services de renseignement ne signifie pas moins de respect des libertés publiques et des libertés individuelles.

Voilà le combat dans lequel nous sommes engagés. Ce combat, j’ai souvent l’occasion de le dire, est un combat sans trêve ni pause. Il nous conduit à prendre 100% de précautions. Si zéro précaution, c’est 100% de risques, 100% de précautions, ce n’est jamais le risque zéro. Mais nous faisons tout cela pour protéger tous nos compatriotes.

Et la Tunisie est dans la même détermination à protéger tous ses compatriotes et tous ceux qui vivent sur le territoire tunisien. Elle peut compter sur nous pour l’accompagner dans cette volonté d’assurer la sécurité sur son sol et nous le ferons par la coopération qui existe déjà entre nos deux pays. C’est la raison pour laquelle je veux vous rassurer, vous dire notre présence, vous dire nos précautions, vous dire notre détermination et vous présenter des vœux pour les activités qui sont les vôtres dans les entreprises ou dans l’éducation nationale.

Merci à vous.

Conférence de presse au terme de la visite

Mesdames, Messieurs, j’ai eu l’occasion de m’exprimer à plusieurs reprises au cours de la journée. Je vais donc essayer, avant de regagner Paris de synthétiser les rendez-vous qui ont eu lieu, de rendre compte des contacts qui sont intervenus et puis je répondrai à quelques questions si vous le souhaitez.

Ce déplacement est organisé pour manifester la solidarité du peuple français et du gouvernement français à l‘égard du peuple tunisien et du gouvernement tunisien face à l’épreuve terrible à laquelle votre pays se trouve confronté. Nous avons nous-même été confrontés à des attaques terroristes au mois de janvier.
Comme la France, la Tunisie a été atteinte à travers des gestes et des actes touchant des lieux symboliques, qu’il s’agisse d’un musée, lieu de culture, d’intelligence, de sensibilité, qu’il s’agisse du Parlement situé dans les mêmes locaux que le musée du Bardo et qui symbolise la démocratie, qu’il s’agisse de policiers et de touristes étrangers, ce qui témoigne aussi de la volonté d’atteindre la Tunisie dans son économie, dans ses atouts.

Nous, nous avons été atteints à travers des journalistes qui incarnaient la liberté d’expression, des Français parce qu’ils étaient juifs, assassinés dans une épicerie cachère à Paris, ou des policiers parce qu’ils incarnaient l’État de droit et le respect des principes républicains.

Donc, dans leur barbarie, dans leur violence extrême, les terroristes s’attaquent à ce que nous représentons : la liberté, la démocratie, le vivre ensemble, la solidarité, le respect et la tolérance, la création artistique, l’intelligence, la volonté de permettre à l’humanité de donner ce qu’elle a de meilleur. Par conséquent, il était important, parce que nous avons été frappés ensemble et fortement, même si c’est de manière différente, que nous puissions matérialiser notre solidarité et notre fraternité dans ces circonstances.

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Bernard Cazeneuve en conférence de presse à Tunis, le 20 mars 2015

Et puis, il y a aussi la nécessité de lutter ensemble contre le terrorisme de façon forte et déterminée. C’est la raison pour laquelle, alors qu’il y a déjà entre nos services de police et nos services de renseignement une bonne coopération, nous souhaitons l’approfondir pour parvenir à vaincre le terrorisme, pour envoyer le signal de notre détermination et dire clairement, par cette coopération accrue, que ceux qui s’attaquent avec une telle sauvagerie aux libertés, à la démocratie et aux valeurs que nous incarnons seront rattrapés par notre police et notre justice avec la plus grande fermeté.

Donc, j’ai exprimé la disponibilité des services du ministère de l’Intérieur, services de police, police scientifique et technique dans toutes ses composantes, services de renseignement, services d’investigation, à se tenir aux côtés des Tunisiens et de leurs services pour faciliter l’élucidation des faits tragiques qui viennent de se produire et parvenir au bon aboutissement d’une enquête. À travers nos moyens matériels aussi, nous en avons.

Par-delà l’enquête, si on a besoin de nous, nous pouvons créer les conditions d’une coopération durable. Il y a de nombreux sujets sur lesquels nous pouvons travailler ensemble, la France et la Tunisie, la Tunisie et la France mais également la Tunisie et l’Union européenne. Qu’il s’agisse par exemple du contrôle des frontières qui est un enjeu considérable. Compte tenu de ce qu’est la situation en Libye où l’État s’est terriblement affaibli, compte tenu de la porosité de la frontière entre la Libye et la Tunisie, des risques qui s’y attachent, du nombre de réfugiés libyens en Tunisie, le contrôle des frontières est un sujet important. Nous pouvons travailler sur ce sujet par la mobilisation de nos compétences et de nos moyens.

Il y a également la possibilité de travailler ensemble dans d’autres compétences, qu’il s’agisse par exemple du déminage ou du travail que nous pouvons faire par la coopération de nos services de police mais aussi par la mobilisation d’Europol ou d’Interpol pour lutter contre les filières organisées du crime qui contribuent parfois au financement d’opérations terroristes : trafic de stupéfiants, trafic d’armes, traite des êtres humains, c’est un sujet important. On le sait, de nombreux migrants prennent la mer dans des conditions extrêmement aléatoires, au risque de leur vie, parce qu’ils sont entre les mains des réseaux de passeurs qui sont de véritables réseaux de la traite des êtres humains qu’il nous faut là aussi démanteler.

Nous sommes donc dans la solidarité avec nos amis tunisiens et nous sommes dans une ferme détermination commune à agir contre le terrorisme pour le vaincre. Il n’y aura jamais de trêve ni de pause dans la lutte que nous menons ensemble contre le terrorisme. Et la vie de nos pays, leur vie économique, leur vie sociale, leur vie culturelle, doit pouvoir continuer parce que l’effroi que l’on prétend semer dans nos pays à travers ces actes terroristes doit être surmonté par la force de la vie.

C’est la raison pour laquelle, de façon très symbolique, dans le recueillement, j’ai tenu à me rendre au musée du Bardo avec mon homologue, le ministre tunisien de l’Intérieur, pour célébrer ce grand lieu de culture et dire qu’il doit continuer à vivre, à demeurer ouvert, qu’on doit continuer à le visiter et que rien qui relève de la violence, de la barbarie et de l’ignominie ne peut atteindre des êtres libres.

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Bernard Cazeneuve en conférence de presse à Tunis, le 20 mars 2015 © Amine Landoulsi

Question : Compte tenu de l’aide proposée et de l’enquête que la France mène de son côté, combien y a-t-il de policiers français sur place et est-ce qu’un magistrat va venir ?

Réponse : Tout cela est prématuré. Il y a une enquête qui est conduite par le parquet antiterroriste en France. Pour cette enquête, des services ont été mobilisés. Ils peuvent, dans le cadre d’actes de coopération et d’entraide judiciaire, travailler avec les services tunisiens. Il y a des opérations qui peuvent être conduites de concert, des informations qui peuvent être engagées. Il y aura la dynamique propre à la procédure, puisqu’elle est conduite de façon indépendante par des magistrats, qui permettra de définir précisément quels seront les moyens ou les disciplines qui seront sollicités.

J’ai simplement dit à nos partenaires notre disponibilité à apporter des compétences complémentaires car les compétences sont présentes en Tunisie de façon excellente. Cela peut se justifier pour faciliter le déroulement des enquêtes et aller plus vite : police scientifique et technique, géolocalisation, bref un ensemble de moyens qui peuvent faciliter l’élucidation des faits.

Question : Demande de précisions sur les formes de coopération en matière de protection des frontières et de trafic d’armes.

Réponse : En matière de protection des frontières, il peut y avoir de la formation. Cela demande des compétences qui relèvent de la direction centrale de la police de l’air et des frontières. Il peut y avoir aussi de la coopération en matière de lutte contre la fraude documentaire car les fausses pièces d’identité contribuent à faciliter le passage d’une frontière à l’autre d’individus qui peuvent être motivés par des objectifs terroristes. Il peut y avoir aussi des actions conduites en matière de renforcement de la sécurité des aéroports, c’est un sujet extrêmement important. Voilà les matières concrètes sur lesquelles nous travaillons.

Par ailleurs, il y a aussi la possibilité de travailler ensemble par la mobilisation des services de renseignement de police, d’Europol, sur la question du trafic des armes. C’est un sujet sur lequel la France est mobilisée. Ce sont des trafics qui s’effectuent notamment en Europe en petites quantités, sur des stocks qui proviennent d’ailleurs et qui impliquent que l’on fasse un travail approfondi d’investigation et d’observation pour démanteler des trafics qui peuvent alimenter des réseaux terroristes.

Question : Est-ce que la France va demander une compensation du gouvernement tunisien pour les victimes ?

Réponse : Je ne comprends pas le sens de cette question. Il y a des victimes françaises et des victimes d’autres nationalités. Elles ont été prises en charge de façon remarquable par les hôpitaux tunisiens auxquels j’ai rendu hommage tout à l’heure pour la compétence de leurs équipes médicales et pour la compétence de la direction des hôpitaux. Il y a eu une forte mobilisation de l’administration tunisienne pour porter secours à tous ceux qui étaient victimes de cet attentat dans des conditions d’urgence et de maîtrise qui doivent être saluées. Je n’ai pour ma part aucun autre commentaire à faire.

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Entretien avec le chef du gouvernement tunisien Habib Essid

Question : Vous avez eu des entretiens avec les autorités tunisiennes. Est-ce qu’on peut attendre une stratégie ou un plan d’action à court terme ?

Réponse : Ces entretiens ont eu lieu aujourd’hui. Nous avons dit notre disponibilité. Il y aura un travail maintenant qui va se mettre en œuvre afin de concrétiser les actions qui peuvent être conduites pour lutter efficacement contre le terrorisme et faire en sorte que nous puissions, en matière de coopération policière, de renseignement, de mise à disposition de matériel, de compétences, d’actions de formation, aller vite ensemble.

Et nous sommes déterminés à aller vite parce que la lutte contre le terrorisme implique cette détermination. L’objectif est de mettre en place ce plan d’action rapidement, dès lors que nous sommes dans cette détermination commune, dès lors que nous avons la même analyse de la situation, dès lors que nous sommes attachés ensemble à faire prévaloir les valeurs de la démocratie face à cette violence, face à cette barbarie.

Nous sommes par conséquent au travail et nous n’avons pas de mal parce qu’il y a entre nous une excellente relation, fluide et confiante qui facilite le travail que nous avons à faire en commun face au risque terroriste.

Question : Que diriez-vous aux Français qui avaient choisi de passer leurs prochaines vacances en Tunisie et pouvez-vous faire un point sur les victimes ?

Réponse : Sur la deuxième question, il y a une communication officielle qui est celle du Quai d’Orsay. Elle ne relève pas de la compétence du ministère de l’Intérieur et si l’on veut que la communication soit précise, elle doit être effectuée par ceux dont c’est la responsabilité.

Pour ce qui concerne le premier sujet, les terroristes commettent ces actes d’une extrême violence pour nous empêcher de continuer à vivre librement, pour semer l’effroi et nous contraindre. La meilleure réponse que nous avons à apporter aux terroristes, c’est de continuer à vivre comme nous avons vécu jusqu’à présent, libres, et de continuer à visiter les villes que nous aimons, les musées que nous aimons, à lire les livres que nous voulons lire, les journaux que nous voulons lire, c’est-à-dire à demeurer les citoyens libres de grandes démocraties.

Il n’y a pas d’autre message à faire passer. Continuer à vivre, continuer à visiter les villes et les musées qui sont des lieux de culture, d’intelligence, d’élévation de l’esprit, de sensibilité et d’humanité.

Voilà le message aussi que nous avons passé ensemble parce que de nombreuses villes ont été atteintes par le terrorisme au cours des dernières semaines et des derniers mois : Paris, Copenhague, Sydney, Tunis. Eh bien dans ces villes, il faut continuer à vivre librement et il faut continuer à se comporter en demeurant debout et libre.

Je vous remercie.

Dernière modification : 02/02/2016

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