Déclarations de François Hollande

Entretien du président François Hollande
avec France 24, TV5 et RFI
31 mai 2013 - extrait

« RFI : En Tunisie, le parti au pouvoir Ennahda commence à durcir le ton face aux salafistes. Est-ce que votre visite dans quelques semaines, c’est une forme de soutien à Ennahda ou est-ce que vous continuez comme vous l’avez toujours fait à soutenir le camp des laïcs ?

Moi, je soutiens la Tunisie et sa transition démocratique parce que c’est là qu’est né le printemps arabe. Et c’est là qu’il doit réussir. Donc il y a maintenant cette Constitution qui est enfin prête, qui va être soumise. Il y aura à ce moment-là un processus qui va se prolonger. Et je veux dire à toutes les familles politiques démocratiques, celles qui s’inscrivent dans ce processus qu’elles ont le plein appui de la France.

RFI : Y compris Ennahda ?

Ennahda est issu d’un processus électoral, a été donc choisi par une partie du peuple tunisien. Il y aura de nouvelles élections. En allant en Tunisie, je discuterai avec tous, les laïcs et non laïcs. Il ne m’appartient pas de dire qui je préfère même si chacun sait les relations anciennes que j’avais avec un certain nombre de personnalités. J’ai aussi de très bons rapports avec le président Marzouki. Autant je peux, au nom de la France, soutenir un processus, même souhaiter qu’il puisse réussir de la manière la plus éclatante, autant je n’interfère pas dans la vie politique tunisienne.

France 24 : Tunisie, Libye, Égypte, Syrie sont l’illustration de la percée des islamistes. Est-ce que notre diplomatie doit faire le tri entre les bons et les mauvais islamistes ?

Notre diplomatie doit insister sur la démocratie et les transitions qui permettent d’y parvenir. En Libye, nous devons conforter les autorités qui sont également issues des élections. Et il y a des risques sérieux de déstabilisation, nous les connaissons. En Tunisie, le processus est engagé, il doit être maintenant accompli. An Algérie, vous avez évoqué le fait que ça n’avait pas été un pays concerné par le printemps arabe mais qui avait fait sa mutation dans des conditions que nous savons tragiques après une véritable guerre qui a été menée contre le terrorisme. Et au Maroc, où je suis allé aussi, il y a un processus démocratique qui est engagé.

Nous, notre diplomatie est d’avoir des relations avec des pays qui nous sont proches, avec lesquels nous avons par notre histoire, par la géographie, mais aussi par nos intérêts communs, des relations à engager, et d’avoir la démocratie toujours comme condition et comme objectif. »

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Dernière modification : 03/06/2013

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