Développement durable : favoriser la transition énergétique tunisienne

Avec la coopération dans le domaine de la protection de l’environnement, l’appui à la transition énergétique tunisienne est l’un des deux piliers de la coopération franco-tunisienne en matière de développement durable.

De par ses qualités d’ensoleillement et ses zones propices aux installations éoliennes, la Tunisie est un pays à fort potentiel de développement pour les énergies renouvelables.

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L’essor de ces énergies permettrait de faire diminuer les émissions de gaz à effet de serre dans le pays, mais aussi de réduire sa dépendance énergétique.

Dans cette optique, la France et les structures internationales contribuent à accélérer la transition énergétique du pays par le soutien aux acteurs publics, aux administrations, mais aussi l’appui aux investissements privés et aux programmes de recherche.


Soutenir les programmes gouvernementaux tunisiens

Élaboré en 2009, dans le sillage du Plan solaire méditerranéen (PSM), le Plan solaire tunisien (PST) est soutenu par le ministère français de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie et bénéficie de financements de la Banque européenne d’investissement (BEI).

Le Programme environnement énergie (PEE), adopté en décembre 2008, alloue quant à lui un budget de 33 M€ à la transition énergétique tunisienne (ligne de crédit bonifiée, appui au Fonds national pour la maîtrise de l’énergie (FNME), appui au Fonds de dépollution (FODEP) et renforcement du ministère tunisien de l’Environnement et de ses agences.


Renforcer les administrations et agences tunisiennes

Depuis 2003, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) est partenaire avec son homologue tunisien, l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie (ANME). La convention de partenariat a été renouvelée en mars 2011, en y associant l’Agence française de développement (AFD).

Sont notamment prévues la mise en place d’un label de performance énergétique des bâtiments ainsi que des expertises pour réviser les indicateurs d’efficacité énergétique et d’émission de gaz à effet de serre. À terme, les indicateurs élaborés par l’ADEME et l’ANME devraient être adoptés par les agences de six autres pays du sud de la Méditerranée.

En outre, cette collaboration doit appuyer l’essor du solaire thermique, à travers la mise en œuvre du Plan solaire tunisien. L’ADEME participe à la formation d’experts tunisien et au soutien de projets pilotes, avec l’apport financier de l’AFD


Encourager l’innovation et les investissements

Une ligne de crédit pour les entreprises

À travers une ligne de crédit de 40 millions d’euros, l’AFD finance depuis 2009 la mise à niveau environnementale des entreprises. Elle permet aux acteurs du secteur de bénéficier de conditions de financement avantageuses. Sont éligibles les projets de développement d’énergies renouvelables (acteurs du programme PROSOL - chauffe-eaux solaires et production d’énergie éolienne) ou des projets d’efficacité énergétique : cogénération, équipements permettant d’économiser de l’énergie, etc.

À ce jour, le projet a déjà permis :

- d’éviter plus de 68.500 tonnes équivalent CO2 par an ;
- d’économiser plus de 300.000 kwh par an ;
- de traiter plus de 500.000 tonnes par an de déchets ;
- de valoriser plus de 10.000 tonnes par an de déchets.

Des rencontres et des échanges de savoir-faire

À ces aides à l’investissement en Tunisie s’ajoute une action de mise en réseau et de stimulation des échanges entre les acteurs du secteur. C’est le rôle que joue Ubifrance.

En décembre 2011 étaient organisées les premières rencontres franco-tunisiennes des énergies renouvelables, soutenues par le Syndicat français des énergies renouvelables. 15 entreprises françaises avaient fait le déplacement, multipliant les rencontres avec les structures tunisiennes, discutant des opportunités d’échanges et d’investissement.
L’expérience a été renouvelée dès février 2012, centrée cette fois sur la question de l’énergie solaire. Outre la signature de contrats commerciaux, les deux jours de séminaires ont débouché sur une nouvelle convention de partenariat entre pôles de compétitivité français et tunisiens.

Promouvoir les technologies innovantes

Le Fonds d’études et d’aides au secteur privé (FASEP), mis en place par le ministère français de l’Économie et des Finances, travaille à la promotion de technologies innovantes et au lancement de projets pilotes dans les pays émergents.

En Tunisie, près d’une dizaine de projets ont bénéficié de ce fonds pour mener à bien des études de terrain, des missions d’expertise technique et mettre en place des installations pilotes : étude préparatoire pour la réalisation d’un parc éolien dans le gouvernorat de Kasserine, réalisation d’une centrale solaire pour alimenter une station d’épuration à Choutrana...

Le FASEP rencontre un succès croissant dans le pays. Ces deux dernières années, on note une augmentation du nombre de projets éligibles : au total, près de 2M d’euros ont été accordés depuis janvier 2011, soit davantage que la somme des dons octroyés au cours des cinq années précédentes.

L’exemple d’une station solaire dédiée à l’agriculture :
Le 17 novembre 2012 a été inaugurée dans le gouvernorat de Kébili (sud) la première station tunisienne de production d’électricité photovoltaïque à concentration. Cette installation pilote est le fruit de la collaboration entre l’entreprise française Soitec, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) et le Commissariat français à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Cette nouvelle source d’énergie va essentiellement bénéficier à 270 exploitants agricoles de la localité d’Om Somaa.

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Le site pilote de Soitec : la palmeraie d’Om Somaa, dans le gouvernorat de Kébili

À court terme, ces petites unités de production électrique réputées robustes pourraient se multiplier dans les zones arides. Soitec et ses partenaires ont d’ailleurs annoncé leur intention de mettre en service quatre nouvelles unités dans le gouvernorat de Kébili d’ici fin 2012.

Le projet est financé par le Fonds d’études et d’aides au secteur privé (FASEP) à hauteur de 200.000 euros.


Travailler à une meilleure efficacité énergétique

Soutenir les administrations tunisiennes

Voilà plusieurs années que l’AFD travaille sur les questions d’efficacité énergétique au côté des administrations tunisiennes, dont elle s’emploie à renforcer les capacités de suivi et d’expertise. La question est particulièrement importante dans un contexte international de hausse des prix de l’énergie et d’accroissement rapide de la demande intérieure tunisienne.

En 2009, parallèlement à la mise en place d’une ligne de crédit mise à la disposition du secteur privé, une subvention de 1,26 M€ a été accordée à l’ANME.

Ces ressources doivent permettre à l’agence gouvernementale d’apporter l’assistance technique nécessaire aux porteurs de projets dans le secteur et de diffuser les bonnes pratiques adoptées par les entreprises, tout en assurant leur pérennisation.

Réduire la consommation des bâtiments

En 2000, une convention signée entre l’AFD et l’Agence nationale tunisienne des énergies renouvelables (ANER) a servi à préparer la mise en place progressive d’une réglementation thermique pour les nouvelles constructions afin de réduire la consommation énergétique des bâtiments. L’action est stratégique en Tunisie, où près d’un tiers de la demande finale d’énergie relève du secteur du bâtiment.

Budgétée à 8M€, l’opération est financée par l’État tunisien et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Elle a également reçu 1,9M€ du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) pour financer en partie les constructions pilotes (36 logements résidentiels et 10 bâtiments tertiaires).

Sur la période 2012-2014, c’est la Direction générale des bâtiments civils du ministère tunisien de l’Équipement qui va bénéficier d’un programme d’échange d’expertise financé par l’UE et piloté par la France. Ce jumelage entre administrations tunisiennes et européennes lancé le 24 mai 2012 doit permettre de :
- renforcer les lois et règles de l’éco-construction ;
- développer et promouvoir l’éco-construction sur l’ensemble du territoire tunisien ;
- renforcer les capacités de management de la Direction générale des bâtiments civils.

En tout, 50 experts seront mobilisés. Ils seront issus du ministère français de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie (MEDDTL) et de partenaires allemands et portugais.
En savoir plus sur ce jumelage.

En parallèle, l’AFD a financé le Centre de formation professionnelle aux métiers du bâtiment et des travaux publics à Ibn Sina / Kabaria (banlieue sud de Tunis). Il sera le premier du pays à former des spécialistes sur les questions d’efficacité énergétique et d’enveloppe des bâtiments.


Tout le dossier sur le développement durable

- Présentation du dossier
- Acteurs, bailleurs et cadre de la coopération
- Travailler à la transition énergétique tunisienne
- Protéger la nature et les hommes

Dernière modification : 24/10/2016

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