Discours d’inauguration de la Médiathèque Charles-de-Gaulle

INAUGURATION D’UN NOUVEL ESPACE
POUR LA MÉDIATHÈQUE CHARLES-DE-GAULLE

INTERVENTION DE L’AMBASSADEUR DE FRANCE, M. BORIS BOILLON

Tunis, 30 juin 2011

« Mesdames et Messieurs les directeurs,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Je suis heureux de vous accueillir dans l’espace que nous inaugurons aujourd’hui afin d’y installer, pour un temps, la Médiathèque Charles-de-Gaulle. Comme vous le savez, celle-ci se trouvait jusqu’à présent dans l’ancien Petit-Lycée-Carnot, avenue de Paris, où elle a été pendant trente ans au service des amateurs de culture et de langue française.

Travaillant en réseau avec les médiathèques de la Maison de France à Sfax et de notre Relais culturel de Sousse, elle a su fidéliser 3000 abonnés à Tunis, dont un millier d’étudiants et de jeunes. Chacun de ces usagers emprunte chaque année 60 documents, résultat qui ferait pâlir d’envie bien des bibliothèques municipales françaises et qui témoigne de l’attachement des Tunisiens à la lecture et à ce lieu.

La Médiathèque Charles-de-Gaulle, qui sera ouverte au public demain 1er juillet, va demeurer rue d’Athènes durant toute la durée des travaux de rénovation du Petit-Lycée-Carnot, période transitoire que nous allons mettre à profit pour moderniser notre offre et actualiser nos collections, afin que cet espace devienne pionnier en matière de culture numérique. Nous souhaitons en effet d’attirer de nouveaux publics, plus particulièrement parmi les étudiants et les adolescents.

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Boris Boillon pendant l’inauguration de la Médiathèque Charles-de-Gaulle.

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Si internet fait partie de plus en plus tôt de l’univers quotidien de nos jeunes – comme l’ont d’ailleurs illustré les "blogueurs de la Révolution tunisienne", il est capital qu’ils apprennent à y exercer leur esprit critique, à distinguer entre information et rumeur, entre connaissance vérifiée et approximation. Les médiathèques trouvent là une nouvelle mission aux fortes implications citoyennes, particulièrement importante dans le contexte actuel. Elles peuvent et doivent également constituer un lieu d’échanges et de débats, indispensable dans un univers où chacun peut être tenté de s’enfermer dans une bulle virtuelle. Internet et médiathèque ne sont pas exclusifs l’un de l’autre, mais bien plutôt complémentaires.

C’est la raison pour laquelle le livre garde toute sa place dans l’action culturelle et de coopération que nous menons en Tunisie. C’est ainsi l’une des trois priorités sectorielles que les ministres tunisien et français de la Culture ont retenues lors de leur rencontre d’avril dernier. Je salue à cet égard les représentants du ministre Ezzedine Bach Chaouech et de la Bibliothèque nationale de Tunisie, institution avec laquelle la Bibliothèque nationale de France entretient des relations anciennes et étroites, appelées à se développer y compris dans le domaine de la numérisation partagée.

C’est ainsi que, cette année, l’Institut français de coopération a souhaité augmenter son soutien au secteur tunisien de l’édition, afin d’accompagner l’extraordinaire mouvement éditorial témoignant de la Révolution et de cette période historique que traverse la Tunisie. Il y aura donc cette année non pas un mais deux appels à projets de soutien à la publication - programme connu sous le nom de "Salah Garmadi", et ce sont une trentaine d’éditions et de traductions tunisiennes qui feront l’objet d’une aide significative, soit un doublement par rapport à l’année dernière.

Parallèlement et dans le prolongement de la déclaration des ministres tunisien et français de la Culture d’avril dernier, le Centre national du livre va conclure un accord de coopération triennal avec la Direction générale du livre tunisienne, en vue notamment d’aider les bibliothèques tunisiennes endommagées pendant les événements et d’appuyer la création d’un Centre national du livre tunisien.

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Je souhaite profiter de cette inauguration pour annoncer la transformation de l’Institut français de coopération, l’IFC bien connu des Tunisiens, en "Institut français de Tunisie".

Cette évolution est la conséquence de la réforme de l’action culturelle extérieure engagée l’année dernière par la France et qui s’est traduite par la création d’une agence, l’Institut français, présidée par Xavier Darcos. L’ensemble des instituts culturels français à l’étranger répondent désormais à une même et unique dénomination, "Institut français", déclinée dans chaque pays d’accueil. À ce nouveau nom correspond une nouvelle identité visuelle - des lettres d’un bleu presque tunisien, sur fond blanc - que vous avez pu apercevoir en entrant.

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Présentation de l’identifiant visuel de l’Institut français.

Mais cette réforme n’est pas seulement l’affirmation d’une "marque", Institut français, visant à rendre plus visible notre action culturelle de par le monde. Elle est également l’expression d’une volonté politique, celle d’être plus et mieux présent sur les cinq continents, avec le souci à la fois de contribuer à la diffusion de la culture et de la langue françaises, mais aussi au dialogue avec les pays d’accueil, et tout particulièrement leurs créateurs.

À cet égard, qu’on ne se méprenne pas, la disparition du mot "coopération" dans l’intitulé de ce nouvel institut n’est qu’optique. Dans les faits, la France et l’Institut français de Tunisie ont pour principale préoccupation d’être un partenaire actif aux côtés des Tunisiens, en cette période déterminante de leur histoire.

L’Institut français de Tunisie poursuivra ainsi naturellement les actions menées par l’Institut français de coopération dans le domaine des échanges culturels, de la coopération technique, scientifique, universitaire et scolaire, de la promotion de la langue française ou du débat d’idées.

Mais plus que jamais sa priorité est de renforcer les liens entre sociétés civiles tunisiennes et françaises. Dans le prolongement du premier [Forum tuniso-français de la société civile6>art1045], qui s’est tenu à Tunis le 21 mai dernier, l’Institut français de Tunisie va s’engager dans un soutien actif aux projets de la société civile de toute la Tunisie, et, ce, dans quatre domaines jugés prioritaires : la citoyenneté, l’environnement, les femmes et la santé des femmes, et le microcrédit. Il va bénéficier pour cela d’une enveloppe financière complémentaire d’un million d’euros.

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• Nouvelle médiathèque, nouveau nom, nouvelle ambition, mais pas encore de nouveau lieu pour l’Institut français de Tunisie : c’est tout l’enjeu de la rénovation du Petit-Lycée-Carnot, avenue de Paris, que nous allons engager afin de faire de ce bâtiment chargé d’histoire le grand centre culturel français de Tunis.

Cette rénovation sera menée par une équipe tuniso-française d’architectes expérimentée dans la restauration de bâtiments anciens. Le Lycée Carnot, construit à la fin du XIXème siècle et qui a formé des générations d’élèves dont nombre de personnalités marquantes, est en effet un joyau architectural du centre ville auquel chacun est très attaché.

Le futur centre culturel français de Tunis regroupera, sur plus de 4000 m2, l’ensemble des services de l’Institut français de Tunisie, ainsi qu’une vaste médiathèque, un centre de langues, une salle de conférences et un café.

Compte tenu de leur importance, les travaux s’étaleront sur plusieurs mois. Je vous donne donc rendez-vous en 2013 pour son inauguration.

Je vous remercie. »

Boris Boillon
Ambassadeur de France en Tunisie

Dernière modification : 30/06/2011

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