Discours de M. Alain Joyandet

Discours d’inauguration de l’école Robert-Desnos
(El Omrane, Tunis - 8 octobre 2008)

Madame et Messieurs les Conseillers de l’Assemblée des Français de l’Étranger,
Monsieur l’Ambassadeur, Madame,
Madame la Directrice de l’AEFE,
Monsieur le Consul Général,
Mesdames et Messieurs les Parents d’élèves,
Mesdames et Messieurs les Proviseurs et personnels des établissements scolaires français en Tunisie,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Permettez-moi tout d’abord de vous dire le plaisir que j’ai à me retrouver parmi vous ce matin pour l’inauguration de l’école Robert-Desnos.

Quand il m’a été proposé de venir à Tunis inaugurer cet établissement, je n’ai pas hésité une seconde à donner mon accord car je considère que notre réseau scolaire à l’étranger est un des atouts majeurs de notre présence et de notre rayonnement. Nos établissements en Tunisie en sont l’illustration parfaite.

Monsieur le Premier Ministre, Mohamed Ghannouchi, me confirmait ce matin combien les relations entre la France et la Tunisie étaient cordiales, denses et bénéfiques aux deux pays. Acceptée et même appelée de ses vœux par nos partenaires tunisiens, la présence française en Tunisie ne cesse de s’affirmer.
La croissance de notre communauté en Tunisie en témoigne éloquemment. Depuis le début de l’année, notre communauté a augmenté de plus de 10 %, elle est estimée à près de 25.000 personnes. Pour les seuls enfants en âge d’être scolarisés, les effectifs ont crû de près de 500 en un an.

Cette croissance est due, bien sûr, à ceux que l’on appelle les doubles-nationaux, qui s’installent en plus grand nombre en Tunisie, mais aussi à ces jeunes cadres expatriés qui accompagnent des investissements français de plus en plus nombreux en Tunisie.

Nos établissements accueillent systématiquement les élèves français que ce soit à Tunis, à la Marsa, à Megrine, à Bizerte, à Sousse ou à Nabeul. Je m’en réjouis.

La politique voulue par le Président Sarkozy de prendre progressivement en charge la scolarité pour les enfants français, dans les établissements français à l’étranger, à côté d’un important programme de bourses qui concerne en Tunisie mille élèves français, favorise naturellement cette fréquentation de nos écoles.

A côté des élèves français, les élèves tunisiens sont aussi nombreux à y être accueillis. Il faut y voir la manifestation de la qualité de notre enseignement, de son attractivité, de la vigueur d’une langue que nous partageons. Il faut y voir aussi la force des liens étroits d’amitié qui unissent la France et la Tunisie.

Bien sûr, je connais les difficultés que nous rencontrons, année après année et malgré nos efforts, pour aller au maximum de notre capacité d’accueil, afin d’accueillir les élèves tunisiens, élèves qui ont le niveau scolaire requis et qui souhaitent s’inscrire, mais souvent sans succès. Je sais le dévouement des proviseurs, des corps de direction, des enseignants et des personnels de nos établissement pour satisfaire les demandes tout en sauvegardant la qualité pédagogique dispensée dans nos établissements.

Je n’ignore pas non plus la présence accrue d’élèves de nationalités tierces, notamment du fait de la localisation provisoire de la Banque africaine de développement à Tunis (BAD) et des 350 élèves qu’elle amène.

Je voudrais les remercier de leur confiance en notre enseignement, en notre pays et leur dire que, ensemble, nous réfléchissons activement aux réponses à apporter à ce double défi d’un accroissement de la capacité d’accueil et d’une qualité pédagogique maintenue. La directrice de l’Agence a eu l’occasion de s’en entretenir avec vous. Notre Ambassadeur à Tunis aura prochainement l’occasion de poursuivre l’échange avec les élus de l’AFE et les représentants des parents d’élèves.

Mais, d’ores et déjà, nous avançons sur cette voie. La réhabilitation et l’extension de l’école Robert Desnos constituent la pre mière concrétisation d’un programme lancé en 2005, qui se poursuit avec la construction en cours d’un collège et d’un pôle de restauration sur le site de Marie-Curie. Le lycée Pierre-Mendès-France sera la troisième phase de ce plan de réhabilitation et d’extension.

Il importe également de traiter sans délais la question de nos établissements à Sousse et de réfléchir à de nouvelles pistes pour répondre à l’afflux d’inscriptions qui se manifestent dans le Grand Tunis.

Nous nous devons aussi de mener une politique résolue de coopération éducative avec les établissements tunisiens, notamment par l’homologation et les échanges pédagogiques.

L’Ecole Robert Desnos se trouve aujourd’hui métamorphosée par comparaison avec les bâtiments vétustes qui étaient les siens en 2006 et dont certains dataient de l’après-guerre. La capacité d’accueil du site à été pratiquement doublée pour dépasser 1.000 élèves, tout en améliorant les équipement pédagogiques et éducatifs, dans le respect du développement durable.

L’État français a consenti, à travers le ministre des Affaires étrangères et Européennes, un effort financier de près de 4 millions d’euros, que l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) a mis en œuvre.

L’AEFE peut ainsi développer sa mission : faire de cette école , comme de tous les établissements français à l’étranger, un lieu de connaissance de la culture des autres, un lieu de solidarité, un lieu d’excellence scolaire et d’humanisme. Les parents d’élèves ont été associés étroitement à la conception et à la réalisation de ce projet et, ensemble, nous pouvons en être fiers.

Je voudrais aussi remercier le Maire de Tunis et les autorités municipales qui ont œuvré à ce que l’environnement immédiat de l’établissement réponde aux normes de sécurité et de facilité d’accès.

Ma gratitude va aussi aux autorités tunisiennes pour le soutien qu’elles apportent à l’implantation et à la vie de nos établissements. Ceux-ci participent avec harmonie et efficacité aux bonnes relations entre la France et la Tunisie.

Je terminerai mon propos en m’adressant aux élèves ici présents et, à travers eux, à tous ces milliers de jeunes qui fréquentent nos écoles. Celles-ci remplissent pleinement ce rôle de rapprochement et de compréhension des peuples dont nous avons tant besoin aujourd’hui. Au-delà de l’apprentissage, de l’acquisition de connaissances, c’est le respect de l’autre et de sa culture, c’est l’enrichissement né de la diversité des situations individuelles dans un cadre qui unit, qui sont autant de missions fondamentales pour nos écoles à travers le monde. Croyez-bien que le président de la République française et le gouvernement français en sont intimement convaincus et que leur soutien ne fera pas défaut à cette noble tâche.

Longue vie à l’école Robert-Desnos !
Et vive l’amitié franco-tunisienne !

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Dernière modification : 19/04/2010

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