Disparition du capitaine Abdelkader

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Le capitaine Abdelkader avec Jean-Marie Bockel, secrétaire d’État aux anciens combattants (février 2009)

Qui était le capitaine Hédi Abdelkader ?

Né le 20 mars 1918 dans la localité de à Douar El Chott, devenue par la suite Carthage Byrsa, le Capitaine Abdelkader était le président de l’Association tunisienne des anciens combattants et victimes de guerre.

Engagé volontaire dès 1936, à l’âge de 18 ans, il avait participé à la campagne de France avant d’être fait prisonnier le 18 août 1940, à Vendôme.

Évadé deux ans plus tard, il était entré dans un réseau de la résistance maghrébine en France, puis dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI). Il avait été blessé le 10 mai 1944, dans les combats qui avaient opposé le groupe auquel il appartenait à un détachement allemand.

Titulaire de la carte de combattant volontaire de la résistance et de la croix de guerre, sa bravoure lui a valu la citation à l’ordre [1] suivante, portant attribution de la croix de guerre avec étoile de bronze :

« Commandant d’un groupe de Tunisiens chargé de la défense du bois à proximité de Foulletouste au sud du Mans ; a tenu tête à un détachement de SS. A enlevé le poste de 11 allemands et deux mitrailleuses qui s’y trouvaient, ce qui a facilité le passage au groupe de reconnaissance allié. »

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Le capitaine Abdelkader avec le vice-président de l’Assemblée nationale Marc Laffineur (novembre 2008)

Monsieur Abdelkader a continué sa carrière dans l’Armée française jusqu’à l’indépendance de la Tunisie. Il avait à cette époque le grade de lieutenant et a participé à la constitution de l’Armée nationale tunisienne qu’il a quittée en 1963, avec le grade de capitaine.

Le capitaine Abdelkader était officier de l’Ordre de la République tunisienne, officier de la Légion d’honneur et officier de l’Ordre national du mérite (décorations françaises).


Hommage de l’Ambassade de France en Tunisie

« Le capitaine Hédi Abdelkader est décédé le 1er février 2010 à l’âge de 91 ans, non sans avoir lutté contre la mort à laquelle il refusait de se livrer sans combat.

Président de l’Association tunisienne des anciens combattants et victimes de guerre, il est resté toute sa vie un soldat, tant il avait fait siennes les vertus militaires de droiture et de rigueur, alliées à un respect absolu de la personne humaine et à une très grande générosité.

Hédi Abdelkader incarnait ce qu’il y a de plus noble dans l’action combattante et faisait honneur à la Tunisie et à la France. Sa vie a toujours été un combat pour la dignité : il s’est engagé dans l’Armée française en 1936 pour être digne de son père, ancien combattant de 1914/1918. Fait prisonnier en 1940, il s’était estimé humilié. C’est pourquoi il s’était évadé et s’était engagé en 1942 dans la résistance française. À l’issue de sa carrière militaire et jusqu’à ses derniers jours, il a consacré ses forces à l’action associative, afin de faire reconnaître pleinement les droits de ses frères d’armes tunisiens qui avaient combattu pour la libération de la France et contribué à la victoire sur la barbarie nazie.

S’appuyant sur son histoire personnelle et son parcours de combattant, le capitaine Abdelkader a œuvré sans relâche à faire vivre les liens indéfectibles de la profonde amitié qui unit la Tunisie et la France.

Dans le cadre de la défense des droits de ses frères d’armes, le capitaine Abdelkader était un interlocuteur privilégié du Service des anciens combattants. À chacune de nos rencontres, j’ai pu me rendre compte de sa force de conviction, de son sens des responsabilités, de sa pudeur et de sa générosité.

Je garderai du capitaine l’image d’un homme d’une intégrité totale et d’une très grande délicatesse dans la défense des plus démunis. J’ai perdu aujourd’hui un ami et je voudrais exprimer à son épouse, ainsi qu’à sa famille, mes condoléances attristées mais aussi ma sincère affection. »

Philippe Arrouy
Chef du Service des anciens combattants et victimes de guerre

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Le capitaine Abdelkader au côté de Philippe Arrouy, chef du service des anciens combattants (mai 2009)

[1Les citations à l’ordre (CAO) sont des récompenses attribuées pour fait de guerre. Ce sont des textes écrits se présentant sous forme de diplômes et comportant des références administratives : celles de l’autorité décernante, le niveau d’ordre, les nom, grade et rattachement du récipiendaire, le récit de l’action introduit par le verbe citer et placé entre guillemets, la mention éventuelle de l’attribution d’une croix, la date et la signature de l’autorité décernante.

Dernière modification : 17/11/2015

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