Fleur Pellerin au musée du Bardo

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Fleur Pellerin reçue par le président de la République tunisienne, M. Béji Caïd Essebsi (18 avril 2015).

Le 18 avril 2015, un mois jour pour jour après l’attentat du Bardo qui a pris pour cible l’un des musées les plus connus au monde et coûté la vie à des touristes de plusieurs nationalités, la ministre française de la Culture et de la Communication est venue en Tunisie pour apporter une réponse culturelle aux attaques contre l’art et le patrimoine. Elle était accompagnée de Jean-Luc Martinez, président-directeur du Louvre, et de Françoise Gaultier, directrice du département des antiquités grecques, étrusques et romaines.

Après avoir rendu hommage aux victimes de l’attentat, Fleur Pellerin a découvert les trésors qui font l’orgueil du musée du Bardo, sous la conduite passionnée du conservateur, M. Moncef Ben Moussa. Puis elle a signé avec Latifa Lakhdar, ministre tunisienne de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine, un accord visant à renforcer le partenariat tuniso-français dans le domaine muséal.

Dans la matinée, la ministre avait été reçue par le président de la République Béji Caïd Essebsi et rencontré la ministre du Tourisme Selma Elloumi Rekik. Elle avait ensuite visité le magnifique site archéologique de Carthage.

La soirée a été réservée à un échange avec la presse, suivi d’une rencontre avec les acteurs culturels.

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Fleur Pellerin et Latifa Lakhdar rendent hommage aux victimes de l’attentat du Bardo (18 avril 2015).

Musée du Bardo : des collections uniques au monde

Le musée national du Bardo accueille chaque année 800.000 visiteurs attirés par la plus importante collection de mosaïques au monde. Mais ses 20.000 m² recèlent bien d’autres chefs d’œuvre représentatifs des civilisations punique, romaine, chrétienne et arabo-musulmane. Cliquez ICI pour en savoir plus sur les collections du musée.

Ouvert en 1888, le musée du Bardo fait l’objet depuis 2009 d’une campagne de rénovation et d’extension, financée par un prêt de la Banque mondiale. Les travaux ne sont pas tout à fait achevés et quelque salles d’exposition sont encore en chantier.

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Fleur Pellerin visite le musée du Bardo sous la conduite du conservateur, M. Moncef Ben Moussa (18 avril 2015).

Une coopération de terrain avec le musée du Louvre

Depuis 2009 également, une convention-cadre avec le musée du Louvre permet au musée du Bardo de moderniser sa muséographie. Il s’agit notamment de former des professionnels tunisiens à la restauration de sculptures et aux différents métiers de la conservation muséale.

Concrètement, deux restauratrices envoyées par le musée du Louvre, Nathalie Brac de la Perrière et Danièle Braunstein, ont ouvert un chantier-école où six jeunes diplômés tunisiens des Beaux-Arts apprennent sur d’authentiques pièces archéologiques tous les secrets du nettoyage, de la restauration, du resoclage et de la présentation des sculptures.
Le calendrier adopté prévoit une livraison en mai 2015, avec l’achèvement des travaux dans la prestigieuse salle "Carthage". Mais les deux parties souhaitent reconduire l’expérience avec un nouveau chantier-école pour travailler à l’ouverture de la salle "Bulla Regia", actuellement fermée au public.

La convention prévoit également la réalisation d’un catalogue des collections, en partenariat avec l’Institut national du patrimoine français (INP).

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Fleur Pellerin sur le chantier école, avec l’une des restauratrices missionnées par le musée du Louvre (musée du Bardo, le 18 avril 2015).

Un financement innovant public privé

L’Institut français de Tunisie a joué un rôle important dans la mise en route de cette coopération entre les musées du Louvre et du Bardo, en subventionnant le projet à hauteur de 55.000 euros employés à l’achat de matériel et de produits de restauration, outre la rémunération des stagiaires. L’IFT a également pris en charge le coût de plusieurs missions mais il a surtout attribué une bourse annuelle de formation à l’École du Louvre et deux bourses pluriannuelles de formation à l’École des Beaux-Arts de Tours, dans la spécialité conservation et restauration des œuvres sculptées, dont bénéficient trois des stagiaires du chantier.

Début 2015, le projet a fait appel au mécénat culturel, à travers une campagne de levée de fonds auprès de grandes entreprises. Total Tunisie et la banque UBCI (groupe BNP-Paribas) ont répondu favorablement et financent actuellement la dernière phase de travaux.
Ce recours au mécénat est relativement inédit en Tunisie et crée un précédent favorable à de futurs projets patrimoniaux ou culturels nécessitant des investissements élevés. La coopération Louvre-Bardo est donc innovante dans ce domaine.

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Fragments de statues romaines sur le chantier école de restauration (musée du Bardo, 18 avril 2015).

Renouvellement du partenariat Louvre / Bardo

Le 18 avril 2015, les ministres de la Culture Fleur Pellerin et Latifa Lakhdar ont signé une "déclaration d’intention" visant à prolonger la coopération entre les musées du Louvre et du Bardo. Le document précise les objectifs de leur partenariat pour la période à venir :

- poursuite du chantier-école sur la collection d’antiquités romaines des salles "Bulla Regia" et "Mahdia",
- création d’un atelier permanent de restauration des sculptures au sein du musée du Bardo,
- éventuelle création, dans une université tunisienne, d’une filière de formation aux métiers de la restauration de sculptures,
- rédaction d’un catalogue raisonné de la collection lapidaire d’antiquités romaines du Bardo, en lien avec l’université Paris IV,
- mise en place d’un plan de communication pour la promotion du musée national du Bardo à l’échelle internationale,
- organisation bilatérale d’expositions des collections des deux musées et tenue au Bardo d’une exposition des collections tunisiennes du Louvre.

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Les ministres de la Culture Latifa Lakhdar et Fleur Pellerin signent un accord de coopération (18 avril 2015).

Préambule de la déclaration d’intention :

« Les ministres soulignent qu’au-delà des attaques portées contre les hommes et les femmes de toutes cultures, les destructions délibérées et répétées du patrimoine, notamment en Syrie et en Irak, sont autant d’atteintes aux valeurs universelles d’ouverture et de respect de l’autre. Elles réaffirment que le patrimoine est un élément constitutif de l’histoire des peuples et de leur identité, auquel chacun doit pouvoir avoir accès. Elles rappellent la place irremplaçable des musées dans cette transmission et dans cet accès de tous à la connaissance. »

Album photo

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Dernière modification : 03/02/2016

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