Formation professionnelle : les projets

Comment la coopération tuniso-française s’incarne-t-elle sur le terrain ?
Panorama des projets dans le domaine de la formation professionnelle.



Centres de formation : aide à la construction et partenariats

L’action de l’AFD

L’Agence française de développement (AFD) s’est impliquée dès 1996 sur les questions de formation professionnelle, en accompagnant la mise en place de MANFORME (Mise à niveau de la formation professionnelle et de l’emploi), un programme pionnier dans la région méditerranéenne. Trois prêts successifs à taux bonifiés ont été mis en place entre 1997 et 2010, au profit du Ministère en charge de la formation professionnelle, pour un montant de 73M€.

Bilan : depuis 1996, 25 centres de formation professionnelle ont bénéficié d’un appui financier de l’AFD. De ces centres sortent aujourd’hui près de 15.000 apprenants par an.

Actuellement, l’AFD finance la construction de quatre nouveaux centres de formation. Ils devraient être inaugurés courant 2013. Ces nouveaux projets s’inscrivent dans le cadre de l’accord sur la gestion concertée des migrations et le développement solidaire, qui prévoit un appui sous forme de subvention pour la période 2008-2012.

PDF - 10.6 ko
4 projets de centres de formation actuellement en cours (voir le PDF)

Leur point commun : s’appuyer sur une large concertation, en associant notamment le secteur privé. Les entreprises et organisations sectorielles sont invitées à identifier des familles de savoir faire, à faire remonter leurs besoins, à s’impliquer dans la définition des programmes d’enseignement et à employer des étudiants en alternances. Cette "approche par compétence", basée sur les exigences du marché du travail, est l’une des clefs pour la compétitivité des entreprises et de la création d’emplois en Tunisie.

> en savoir plus sur l’approche par compétence

Exemple à Médenine :
Un centre de formation aux métiers de la soudure et de la construction métallique, ouvrira ses portes en 2013, à quelques kilomètres au nord de Médenine.

Financé en partie par un don de 2,1 M€ de l’État français, le centre a été pensé en étroite collaboration avec les entrepreneurs de la région. Sa localisation est stratégique, à proximité du marché libyen, dans un gouvernorat où le secteur du bâtiment tient une importance croissante. Il devrait former chaque année entre 400 et 500 jeunes techniciens.

JPEG

Deux centres co-financés dans le cadre de la coopération sécurité-défense

En décembre 2004 a été inauguré le centre de formation professionnelle de Béja, piloté par le ministère tunisien de la Défense et en partie financé grâce à une convention de coopération signée en 2002 avec la direction de la coopération de sécurité et de défense du ministère français des Affaires étrangères. Près de 150 apprenants sortent chaque année de ce centre.

La coopération avec le ministère tunisien de la Défense se prolonge aujourd’hui : un nouveau centre de formation militaire vient d’être ouvert à Gafsa, seulement 18 mois après la signature d’une seconde convention, en mai 2011. Le 17 septembre 2012, 20 premiers stagiaires y ont fait leur rentrée. Ils seront rejoints par d’autres à mesure que de nouvelles unités d’enseignement deviendront opérationnelles : maintenance informatique, dessins en construction métallique, menuiserie en aluminium, soudure...
À l’horizon 2014, le centre devrait compter près de 250 places, réservées en priorité à des jeunes en difficulté scolaire.

L’aide financière française s’élève à 1M€, soit près d’un tiers du budget du centre. Les fonds servent à l’acquisition du mobilier pédagogique, à l’outillage et à la formation des formateurs. Ils s’inscrivent dans le cadre de la coopération de sécurité et de défense et de l’accord de 2008 en matière de développement solidaire.

JPEG - 28.7 ko
Au centre de formation de Béja

En tout, depuis 2002, un budget global de 3M€ a été alloué par la France à ces deux centres de formation, pour l’achat des équipements et pour des missions d’expertise destinées à renforcer à un niveau plus global le dispositif de formation professionnelle au sein des armées tunisiennes.

Des partenariats avec la France pour des savoir faire spécifiques

La France, notamment à travers l’Institut français de Tunisie (IFT) et la signatures de conventions spécifiques appuie certains centres de formation pour la valorisation de savoir faire très pointus.

L’appui à la conservation du patrimoine

Plusieurs corps de métier sont concernés, ceux de l’art et de la conservation du patrimoine par exemple : l’École des métiers d’arts de Tunis a été créée en 2008.
Cette initiative conjointe de l’Agence pour le co-développement franco-tunisien (ACFT) et de l’Institut national du patrimoine tunisien (INP) vise à former les futurs maîtres artisans tunisiens en matière de restauration et de conservation préventive du patrimoine matériel (bâti et objets de collection).

L’ouverture de cette école s’est également appuyée sur la convention de coopération signée en 2008 entre le Conseil régional de Tunis et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, convention qui implique l’Agence pour le co-développement franco-tunisien (ACFT) et qui a permis la mise à disposition, pour les élèves de l’école, du palais "Dar Ben Abdallah", devenu un chantier d’application.

JPEG - 103.2 ko
École des métiers d’arts de Tunis. Conservation et à la restauration des peintures sur bois

Partenariat français pour les métiers de la mode et du textile

Dans le domaine du textile, l’ouverture en 2010 d’un Institut de formation aux métiers de la mode doit participer au repositionnement stratégique des entreprises tunisiennes : amélioration de la qualité, co-conception et exportation de produits finis.
Le projet a été piloté par l’Institut supérieur spécialisé de la mode "Mod’Spé Paris" et, côté tunisien, par le Centre technique du textile (CETTEX). Il a bénéficié de 400.000€ de subventions française, dans le cadre de l’Accord de développement solidaire signé en 2008 (en savoir plus sur le projet).

Donner un coup de pouce aux entreprises qui forment et embauchent

Complémentaire de la création de centres de formation, l’IFT et la Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie (CTFCI) ont imaginé au lendemain de la révolution un dispositif temporaire pour favoriser l’emploi des jeunes. Il incite financièrement les entreprises à embaucher leurs stagiaires et leurs apprentis en contrat à durée indéterminée. La formation de ces jeunes est assurée par des centres spécialisés.

Baptisé "Chèques "emploi-formation", le dispositif est destiné en particulier aux entreprises implantées dans les régions les plus défavorisées. Il a été cofinancé par l’Institut français de coopération (IFC) à hauteur de 100.000€ et la CTFCI à hauteur de 30.000€.


La formation des formateurs et le renforcement des structures de formation

L’AFPA renforce les structures tunisiennes

Dans le domaine de la formation continue, l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) partage son expérience avec ses partenaires tunisiens. Depuis 2009 elle travaille à la fois à renforcer leurs structures administratives et à la formation de formateurs. Ses partenaires :

- le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle,
- le ministère du Transport,
- l’Agence tunisienne de la formation professionnelle (ATFP),
- le Centre national de formation de formateurs et d’ingénierie de formation (CENAFFIF),
- les branches professionnelles de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA - organisation des employeurs),
- les entreprises.

Auprès de l’ATFP et du CENAFFIF, l’AFPA assure plusieurs missions :
- la formation des personnels formateurs et ingénierie de formation, soit plus de 1500 personnes en Tunisie ;
- le développement des compétences managériales des équipes de direction de 26 centres de formation professionnelle sur l’ensemble du territoire tunisien ;
- la sensibilisation à l’entrepreneuriat, à travers l’accompagnement à la création d’espaces "Tremplin vers l’entrepreneuriat".

À ces trois missions transversales s’ajoutent des appuis sectoriels, spécialement dans le domaine des services (voir par exemple le centre de formation de La Marsa et sa nouvelle formation dédiée aux métiers de la surveillance), celui des métiers du bois et de l’ameublement et celui des métiers maritimes.
Au total le programme représente près de 4000 journées d’expertise, réparties sur trois ans.

Le GIP contribue à la formation des formateurs

Les missions de l’AFPA sont complétées par les missions confiées au GIP International.
C’est à travers elles que sont notamment formés une centaine de formateurs dans le domaine du BTP et de la construction métallique. Les formations en Tunisie sont généralement complétées par des déplacements en France, où les futures formateurs rencontrent des acteurs économiques (entreprises, fédérations professionnelles...).
L’action du GIP s’inscrit également dans le cadre des projets développés par le ministère de l’intérieur (développement solidaire, accord de 2008).


Le développement de la formation continue

À ces projets tournés vers la formation des jeunes s’ajoutent, à la demande des autorités tunisiennes, une multitude d’échanges et de formations répondant à des besoins ponctuels.

Ces formations sont souvent pilotées par l’IFT mais peuvent aussi être organisées en dehors du cadre institutionnel de la coopération (par des collectivités territoriales, des associations). Elles touchent de jeunes professionnels ou des personnels déjà en activité.

Le CNAM participe à la formation pour adultes

En septembre 2011, une convention signée entre le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) français, le ministère tunisien de la Formation professionnelle et de l’Emploi et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique doit également impulser une forte coopération au niveau de la formation pour adultes.

Les parties signataires s’engagent, notamment, à développer les formations en alternance, à mettre en place des filières de reconversion dans les secteurs à forte employabilité et à promouvoir des formations complémentaires pour la requalification des nouveaux diplômés demandeurs d’emploi.

Le CNAM France est un établissement supérieur de formation professionnelle, destiné aux personnes engagées dans la vie active. Il propose 1.500 unités d’enseignement et 500 diplômes, de niveau bac à bac+8, dans 350 métiers spécialisés en « sciences industrielles et technologie de l’information » et « Management et société ».

Entre régions et administrations : la coopération décentralisée

Autre exemple, la coopération entre le département de l’Hérault et le gouvernorat de Médenine a débouché sur une série d’actions de formation, à l’intention des cadres communaux du gouvernorat avec l’aide du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT).

La formation des cadres au service de la transition démocratique

Depuis la révolution, le renforcement des institutions publiques et de l’État de droit est l’un des grands axes d’action de l’ambassade de France. Former utile, c’est aussi appuyer les professionnels tunisiens dans une phase de transition démocratique qui est également une phase d’apprentissage. On peut citer les missions de formation effectuées auprès de personnels de la magistrature et de la sécurité.

Depuis 2011 la coopération est particulièrement intense dans le domaine des medias, avec la multiplication des échanges entre journalistes et la venue en Tunisie de missions d’expertises. Objectif : renforcer les savoir faire des médias tunisiens, en mettant à leur disposition des moyens techniques mais aussi des conseils sur les organisations et les méthodes de travail. Un suivi qui doit permettre aux nouvelles générations de journalistes d’adopter rapidement des attitudes et une déontologie conformes aux standards internationaux de la profession.


Renforcer les liens entre dispositif de formation public et monde professionnel

Enfin, en toile de fond, les opérations de coopération dans le domaine de la formation professionnelle travaillent à renforcer l’implication du secteur privé, en créant des espaces de concertation avec les autorités publiques.

C’est le cas dans la coopération professionnelle universitaire, avec le lancement de licences conçues en partenariat avec des entreprises, dans le cadre du programme "Profsup" (en savoir plus).

C’est aussi le cas à travers l’appui aux organisations professionnelles tunisiennes, en favorisant leur rapprochement avec les administrations et avec leurs homologues français (en savoir plus).


Quelques évènements marquants

- Le 28 avril 2008, à Tunis, signature de l’accord franco-tunisien relatif à la gestion concertée des migrations et au développement solidaire. L’accord donne une large place à la formation professionnelle et à l’apprentissage.
En savoir plus

- Le 2 avril 2009, à l’occasion d’une visite en Tunisie, le ministre français de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire pose la première pierre du centre de formation professionnelle de Kabaria / Ibn Sina, dans la banlieue sud de Tunis.
En savoir plus

- Le 23 avril 2009 à Tunis, signature de l’accord entre la France et la Tunisie prévoyant la fondation de l’Institut de formation aux métiers de la mode.
En savoir plus

- Le mardi 14 décembre 2010 se tient la cérémonie officielle de remise des toutes premières attestations de reconnaissance mutuelle des qualifications entre des centres de formation professionnelle tunisiens et français.
En savoir plus

- Le 23 mai 2011 à l’ambassade de France à Tunis, la ministre française chargée de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle, remet la première série de chèques emploi-formation aux entreprises qui embauchent leurs jeunes stagiaires.
En savoir plus

- Le 20 septembre 2011, à Tunis, signature d’une convention portant sur la promotion de la formation et l’insertion professionnelle des diplômés, entre le Cnam France (Conservatoire national des arts et métiers), le ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi, et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
En savoir plus

- Le 23 mai 2012, lancement de nouvelles formations « Technicien de sécurité et accueil » et « technicien de surveillance à Distance » au Centre de Formation et d’Apprentissage de la Marsa.
En savoir plus


Tout le dossier sur la formation professionnelle

- Présentation du dossier
- Acteurs, bailleurs et cadre de la coopération
- "Former utile" : concertation, implication du secteur privé.
- Les projets en détail

Dernière modification : 27/02/2015

Haut de page