Formations dispensées à l’École des métiers d’arts de Tunis

L’École des métiers d’arts de Tunis a été créée en 2008. C’ette initiative conjointe de l’Agence française pour le co-développement franco-tunisien (ACFT) et de l’Institut national du patrimoine tunisien (INP) vise à former les futurs maîtres artisans tunisiens en matière de restauration et de conservation préventive du patrimoine matériel (bâti et objets de collection).


Formation à la conservation des collections textiles

Du 3 au 10 octobre 2008, un stage de formation a été organisé autour de la restauration et la conservation des collections textiles du Musée de la médina ("Dar Ben Abdallah").

Mme Béatrice Girault, conservatrice et restauratrice en textile à Orange, a effectué une expertise sur l’état des pièces de la collection, qu’elles se trouvent en exposition, dans les réserves du musée ou dans les réserves nationales.

Outre le diagnostic établi à propos des restaurations urgentes à
réaliser, Mme Girault a formé le personnel de ces réserves aux pratiques de conservation et de restauration. Elle a pu aussi apporter des conseils relatifs à l’agencement des vitrines d’expositions.

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Mme Girault a effectué une intervention similaire du 23 mars au 4 avril 2009 et il est désormais envisagé qu’un membre du personnel du Musée de la médina effectue un stage dans son laboratoire.


Initiation à la conservation et à la restauration des supports en bois

Cette formation dispensée par M. Gilles Tournillon, ébéniste d’art et restaurateur de meubles, a bénéficié à un groupe de dix personnes composé pour moitié d’étudiants à l’institut supérieur des métiers du patrimoine et pour moitié de menuisiers habitués à intervenir sur des chantiers de restauration.

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La formation a débuté autour d’un coffre en bois naturel d’Iroko sculpté datant du 17ème siècle, ce qui a permis d’aborder les principes fondamentaux de conservation et de restauration des objets en bois. Cette pièce de mobilier illustrait en effet un large éventail de techniques de construction et soulevait des questions aussi étendues que l’emploi des adhésifs, les principes d’assemblages et les problèmes liés aux parasites du bois.

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Le travail sur cet objet a permis à M. Tournillon de situer le niveau de chacun, du point de vue scientifique et du point de vue pratique, de façon à mettre en œuvre une pédagogie différenciée, par groupes de deux personnes appelées à travailler sur une étagère en bois peint, sur la porte sculptée du patio des invités ou sur les fenêtres d’un bureau du Musée.


Initiation à la conservation et à la restauration des peintures sur bois

Cette formation dispensée par Mme Christine Evrard, experte en convservation préventive, a été suivie par deux artisans peintres, une laborantine en restauration et une étudiante. Elle a porté sur la méthodologie et la déontologie de la restauration de la peinture sur bois.

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Dans un premier temps, des constats d’altérations ont été effectués sur un ensemble de trois pièces d’étagères peintes du XVIIIe siècle. Une réflexion
sur les possibilités de traitement dans un but de conservation et de restauration de la couche picturale a été conduite en commun. Les élèves se sont vu confrontés à un problème primordial en restauration : le refixage avec les différents types de substances adhésives et la méthodologie s’y référant.

École des métiers d'arts de Tunis. Conservation et à la restauration des peintures sur bois - JPEG

Dans un second temps, des pratiques de nettoyage ont été
réalisées par les étudiants (aspiration, pinceaux et produit chimique).

Dans un troisième temps, des techniques de conservation préventive ont été apppliquées sur un plafond du XVIIIe siècle qui présentait des problèmes de soulèvements, en utilisant des papiers de protection.

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Ces différents travaux ont conduit les participants à aborder la restauration avec une vision plus globale et dans un état d’esprit plus respectueux des oeuvres d’arts, en saisissant tous les aspects du métier de restaurateur en peinture sur bois.


Initiation à la conservation et à la restauration des dorures sur bois

Ce stage animé par M. Philippe Duvieuxbourg, ébéniste marqueteur agréé par la sous-direction des Monuments historiques au ministère français de la Culture et de la Communication, a été suivi par six personnes.

La restauration des dorures nécessite la maîtrise de plusieurs techniques ainsi que la connaissance des supports (bois-moulages- terre cuite etc). Le procédé le plus utilisé, qui a été exposé en premier lieu, est la "dorure à la détrempe" ou "dorure à l’eau".

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Une journée entière a été consacrée aux différentes phases, à partir de l’étude d’une console dorée du XIXe siècle :

  • les apprêts,
  • le ponçage,
  • la reparure,
  • le jaunissage,
  • l’assiettage,
  • le chiennage,
  • le ramendage,
  • le matage,
  • les patines.

Le travail passe par plusieurs étapes :

  • la rédaction d’une fiche d’inventaire,
  • la réalisation d’un constat d’état,
  • une étude de conservation
  • une étude de restauration.

Progressivement, les stagiaires ont pris conscience de l’importance de l’observation et de la prise de contact avec l’objet, avant de procéder à l’intervention.

Dernière modification : 04/04/2014

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