Forum Jeunesse 2013 : trois jours de rencontres et de débats

Retour sur les trois jours du Forum Jeunesse de Monastir 2013, un évènement auquel ont pris part près de 400 acteurs de la société civile venus de toute la Tunisie, des autres pays du Maghreb et de France.
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Jour 1 : « Mettons-nous au travail »

Vendredi 19 avril, les représentants des associations tunisiennes et françaises donnent le coup d’envoi du Forum Jeunesse 2013, devant un parterre de 500 participants.

Ghazoua Ltaïef remercie au nom des associations tunisiennes l’ensemble des jeunes mobilisés pour l’évènement, sous les applaudissements nourris des invités tunisiens, algériens, libyens, égyptiens, marocains et français. Puis, le porte-parole des associations françaises Roland Biache souligne l’importance du dialogue entre sociétés civiles, autorités gouvernementales, collectivités locales et acteurs économiques, notamment issus de l’économie sociale et solidaire.

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Pendant la séance d’ouverture

Au nom des 14 ONG algériennes qui ont fait le déplacement pour participer à l’événement, Nourredine Ben Brahma met en relief l’importance du rendez vous : « Nous sommes dans une période de mutation intense, sociale et politique, c’est le moment de se mobiliser. Au-delà des discours, mettons-nous au travail pour que sorte de ce Forum quelque chose de concret ».

Des projets concrets, c’est précisément ce qui devrait émerger des ateliers de travail, avec la motivation de voir certaines initiatives recevoir un coup de pouce financier : « Entre 150.000 et 200.000 euros sont mobilisables pour soutenir des projets nés de cette rencontre » explique l’ambassadeur de France, François Gouyette lors de son intervention.

À ses côtés, les autorités de la région et le ministre des Affaires sociales, Khalil Zaouia, disent leur satisfaction d’accueillir la manifestation, exprimant leur confiance dans la capacité des nouvelles générations à se mobiliser : « Les jeunes, les protestataires, la société civile, c’est à eux qu’appartient d’être vigilants, d’exercer un contrôle direct sur le terrain, de prendre des responsabilités et des initiatives » assure le ministre tunisien, répondant aux interpellations de la salle.

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De gauche à droit : les deux représentants des associations françaises et tunisiennes, l’ambassadeur de France, le ministre tunisien des Affaires sociales, le gouverneur de Monastir, le maire ainsi qu’un représentant de la délégation algérienne.

Après la cérémonie d’ouverture se déroule une première conférence sur le thème de l’engagement citoyen.
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La soirée est marquée par les projections du court métrage REV’olution med, réalisé par Cités Unies France et du documentaire « Maudit soit le phosphate » de Sami Tlili, venu répondre aux questions. Ce film retrace le soulèvement des habitants du bassin minier tunisien en 2008, véritable prélude à la révolution de janvier 2011.

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Jour 2 : ateliers et liens humains

Le lendemain, lever matinal pour les 400 participants. Dès 8h30 les jeunes se répartissent en 12 ateliers de travail, chaque groupe partageant idées et expériences sur une thématique précise (environnement, droit et santé des femmes, citoyenneté, économie sociale et solidaire), avec l’appui d’experts et d’acteurs associatifs chevronnés.

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Allier l’utile à l’agréable : certains ateliers de travail se déroulent en plein air (ici sur la question des pollutions environnementales)

« Mon rôle est avant tout de canaliser les énergies, d’orienter les débats. On est dans une relation horizontale, tout l’inverse d’une relation professeur-élève » explique Abdelkader Soufi, consultant algérien en santé publique (voir son portrait). « Ce qui ressort des échanges c’est la nécessité de travailler en réseau, au niveau méditerranéen ».

Le programme de cette seconde journée comporte une conférence sur l’entrepreneuriat social, durant laquelle des professionnels du secteur de l’économie sociale et solidaire et de la microfinance échangent avec la salle, soulignant notamment le rôle joué par les milieux associatifs et des ONG dans le soutien à l’emploi et la réduction des inégalités sociales.

- voir le compte-rendu de la conférence

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Pauses, repas, les jeunes profitent aussi des temps de rencontre informels pour échanger et nouer des liens d’amitié : « Les personnes avec lesquelles j’ai le plus envie de collaborer je les ai rencontrées dans le bus entre Tunis et Monastir ! » s’amuse un jeune de Sbeitla, qui veut créer des échanges culturels avec d’autres pays méditerranéens.

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Rencontres et réseau

La journée s’achève sur un concert du jeune groupe tunisien Gultrah Sound System, un moment festif particulièrement apprécié après une longue journée de travail.

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Jour 3 : des projets, des projets et encore des projets

Pour le troisième et dernier jour du forum, le rendez-vous est de nouveau fixé à 8h30. Chaque groupe thématique doit affiner les projets qui seront présentés en fin de matinée.
Difficile de faire le tri parmi tant de bonnes idées ! Au moment de la restitution des travaux, c’est avec peine que l’animateur des débats fait respecter la règle : 5 minutes par groupe, pour que tous les projets puissent être entendus. Applaudissant avec force, chaque équipe encourage son champion monté prendre la parole à la tribune.

Une maternité pilote à Sfax, un réseau de recyclage des pneus usagés, un projet d’éducation à la consommation durable par le biais d’ateliers de cuisine, un dispositif pour protéger les jeunes femmes du harcèlement sur les réseaux sociaux, des ateliers de création de vêtement valorisant les savoir-faire berbères, un réseau de soutien aux micro-entrepreneurs… les présentations s’enchainent pendant deux heures, sans un instant pour souffler.

- voir le compte rendu de la séance de restitution

Le Forum jeunesse 2013 touche à sa fin. Il appartiendra aux jeunes participants de prolonger cette rencontre, de constituer des dossiers solides et de partir à la chasse aux financements.

En grimpant dans le bus du retour, une jeune militante française déclare : « Ces idées sont une base de travail, à nous de continuer avec les personnes qui nous correspondent le mieux, d’échanger des conseils et d’aller plus loin. Le réseau c’est avant tout des affinités humaines »

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Portraits de participants

- Hela Boujneh, Ligue des Tunisiens humanistes
"Pour beaucoup d’hommes politiques, les individus de moins de 25 ans sont immatures".

- Claire et Marine, Groupe d’appui et de solidarité
"Sortir du quantitatif et remettre l’individu au centre des actions de solidarité."

- Houssem Yahyaoui, radio K-FM
« Kasserine enfin parle à haute voix ».

- Imen, Inès et Fatou, Conseil de la jeunesse d’Amiens et de Creil
« Nous sommes élues par d’autres jeunes et nous lançons des actions sur des sujets qui nous préoccupent vraiment ».

- Scander Abdelkader Soufi, tuteur des associations algériennes
« Les contextes d’action sont les même dans tous les pays de la région. D’où la nécessité de se mettre en réseau ».

- Ali, Jeunes pour les droits et libertés, Jeunes et sciences, association Femmes rurales… (Sbeitla, Tunisie)
« La formation des jeunes par d’autres jeunes, ça marche ! ».

- Nadine et Sara, rencontrées au Forum Jeunesse 2013
« En discutant avec les Tunisiens et les Algériens on découvre un univers que les touristes ne voient pas ».

Dernière modification : 08/05/2014

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