François Gouyette à Bizerte

L’ambassadeur de France a fait une visite dans le gouvernorat de Bizerte le 11 mars 2013, une journée bien remplie qui l’a conduit de bâtiments officiels en site industriel, des bancs de l’école à ceux de l’université et du studio de la radio locale aux rencontres avec les milieux d’affaires ou la communauté française.


Entretiens avec les autorités locales

M. François Gouyette a été reçu par le gouverneur, M. Abderrazek Ben Khalifa, qui a présenté Bizerte comme une ville particulièrement liée à la France. Il a dénombré 60 entreprises à capitaux français procurant près de 11.000 emplois dans la région dont il a vanté "le potentiel de développement énorme dans les secteurs touristique, industriel et agricole".

Le gouverneur s’est déclaré "à l’écoute" des investisseurs et de la communauté française qu’il a jugée "bien intégrée", notamment à travers des mariages mixtes.

M. Ben Khalifa a évoqué sa démarche participative prenant en compte la société civile locale. Il a cité en exemple la Charte pour le développement durable du Lac de Bizerte, signée par 26 associations, et la création d’un bureau dédié aux questions d’environnement, au sein du gouvernorat.

JPEG - 112.2 ko
François Gouyette avec le gouverneur de Bizerte, M. Abderrazek Ben Khalifa

L’ambassadeur de France a reçu un accueil tout aussi chaleureux à la municipalité de Bizerte où le maire, M. Mohamed Riadh Lazzem, a souhaité élargir sa coopération avec les villes françaises. Valéry Freland, directeur de l’Institut français de Tunisie, a souligné l’intérêt de consolider les liens tissés avec Dunkerque et la possibilité de bénéficier du Fonds de soutien à la coopération décentralisée mis en place par le ministère des Affaires étrangères.

JPEG - 83.5 ko
François Gouyette avec le maire de Bizerte, M. Mohamed Riadh Lazzem.

Visite à l’École Jean-Giono

En fin de matinée, François Gouyette a rendu visite à la petite école française Jean-Giono, sous la conduite de la directrice, Mme Nathalie Dedenon.

L’établissement compte actuellement une quarantaine d’élèves scolarisés de la maternelle (moyenne section) au CM². Cet effectif est encadré par trois enseignantes. L’école bénéficie d’une excellente atmosphère de travail dans un environnement bizertin très attaché à sa présence.

JPEG - 95.9 ko
François Gouyette en classe d’arabe, à l’école Jean-Giono.

Chaque soir, après le départ des élèves, les salles de classe sont investies par le public du Centre de langue, une structure de l’Institut français de Tunisie chargée de dispenser des cours de français langue étrangère (par opposition à langue maternelle).

L’antenne du Centre de langue à Bizerte utilise également des locaux situés dans l’école de la Prélature (École des sœurs de la miséricorde) pour donner satisfaction à quelque 800 apprenants chaque année.


Déjeuner avec les acteurs économiques

Au cours d’un déjeuner avec la communauté d’affaires de Bizerte, François Gouyette a rappelé chiffres à l’appui que la France se tient au côté de la Tunisie, même dans un contexte de très grande rigueur budgétaire, avant de céder la parole aux chefs d’entreprise.

Ceux-ci énumèrent volontiers les atouts de la région de Bizerte : la proximité de Tunis, de l’aéroport et du port de Radès ; une main d’œuvre qualifiée, possédant des bases solides et facile à former ; un climat social relativement serein ; un taux d’absentéisme insignifiant, bien en dessous de la moyenne nationale ; un cadre naturel de toute beauté.

Le représentant de la société ADPlast, filiale d’un groupe industriel français spécialisé dans la transformation des feuilles plastiques qui a lancé la fabrication début 2007, résume ainsi son expérience : « Nous avons commencé avec 30 personnes. Depuis, nous avons déménagé et triplé le parc de machines ainsi que les effectifs ».

M. Kamel Belkahia, président du pôle de compétitivité de Bizerte, démontre que l’installation en Tunisie peut aider des entreprises à surmonter leurs difficultés en France. Il cite le cas d’une usine de maroquinerie ouverte après la révolution. L’investisseur, qui traversait des difficultés, a réussi à sauver des emplois sur le sol français grâce à ce nouveau projet.

JPEG - 98.4 ko
François Gouyette entre M. Afif Kchouk, pdg de l’hôtel Bizerta Resort, et M. Mohamed Faouzi Ben Aïssa, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Bizerte.

« Il faut aussi prendre en considération les attentes des sociétés françaises en termes d’environnement des affaires et de stabilité sociale », fait remarquer l’Ambassadeur.

Le représentant de Liftex international, qui fabrique des sangles de levage, évoque les inconvénients d’une administration « pesante et lourde ».

MGI Coutier emploie 600 personnes à Mateur, dans la production de pièces détachées et d’accessoires pour automobiles. Son directeur énonce deux points sur lesquels il a besoin de « certitudes » pour « continuer à investir » : la situation sécuritaire et la fiscalité. La Tunisie est en effet, « un pays très compétitif, avec de vraies compétences mais il faut rester vigilant sur les coûts de production car les pays d’Europe de l’est ne sont que 20% au-dessus tandis que les avantages comparatifs et le coût général du Maroc sont sensiblement les mêmes qu’en Tunisie ».

À ce sujet, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Nord-Est / Bizerte, Mohamed Faouzi Ben Aïssa, se montre confiant : « le nouveau code des investissements sera de nature à rassurer les investisseurs ». Il ajoute que la CCINE est à la disposition des chefs d’entreprises qui rencontrent des difficultés administratives : « une cellule de veille, constituée après la Révolution, est là pour faciliter leurs démarches, dans le cadre de la loi ».


Visite du chantier naval CMR Tunisie

La Compagnie méditerranéenne de réparation (CMR Tunisie – 56% de capitaux français) a été créée en 2004, à la suite à la privatisation de la SOCOMENA (Société de construction et de réparation mécanique et navale). L’État tunisien lui a accordé la concession des infrastructures et des équipements pour une durée de 30 ans, avec une option pour 20 années supplémentaires. Cliquez ICI pour en savoir plus.

JPEG - 109.1 ko
François Gouyette au chantier naval CMR Tunisie.

La compagnie s’étend sur 230.000 m² (dont 30.000 m² d’ateliers) à Menzel Bourguiba. Elle possède aujourd’hui 4 cales sèches, d’une longueur variant de 80 à 246 m, ce qui lui permet de réparer de gros navires (cars ferries, bateaux de marchandises) avec un tirant d’eau maximum de 12 m.

L’entreprise emploie 530 personnes, permanents et occasionnels, dont plus de 50 cadres et techniciens supérieurs. Depuis la Révolution, CMR Tunisie a embauché 200 personnes en contrat de solidarité, malgré la baisse d’activité.

JPEG - 111.6 ko
Dans les ateliers du chantier naval CMR Tunisie.

Entre 2004 et 2012, CMR a investi :
- 14,8 MDT pour la réhabilitation de la concession
- 7 MDT pour des équipements modernes.

Le chiffre d’affaires est passé de 9,7 MDT en 2005 à 20,4 MDT en 2012, malgré de lourdes pertes enregistrées dans les deux années qui ont suivi la Révolution.

CMR Tunisie répare 50 à 60 navires par an et réalise 70% de son chiffre d’affaires à l’export.


Visite à l’Institut méditerranéen des technologies de la métallurgie

L’Institut méditerranéen des technologies de la métallurgie (IMTM) est un exemple de synergie franco-tunisienne. Il a été créé en septembre 2008 par CMR Tunisie et des partenaires industriels (Air liquide, PIRECO, …) , à l’initiative du ministre tunisien de l’Industrie et de l’Ambassade de France, pour assurer la qualification des soudeurs employés dans les sociétés tunisiennes.

En novembre 2008, une convention tripartite entre le ministère tunisien de l’Éducation et de la Formation, le ministère français du Développement solidaire et l’IMTM a été signée pour trois ans, engageant l’IMTM à accueillir et assurer la spécialisation de soudeurs issus des centres de formation professionnelle de l’Agence tunisienne de formation professionnelle (ATFP). Le financement était assuré par une subvention française de 300.000 euros.

JPEG - 89.9 ko
A l’Institut méditerranéen des technologies de la métallurgie.

Interview sur les ondes d’Oxygène FM

Toujours à Menzel Bourguiba, François Gouyette a fait halte dans les studios d’Oxygène FM. Créée en octobre 2011, cette radio se définit comme la voix du Nord et la première radio écologique en Tunisie. C’est aussi un média généraliste proposant de la musique, des jeux, de la culture, du sport, de l’information politique et l’actualité du gouvernorat de Bizerte en temps réel. Le slogan de la maison : "à voix haute".

JPEG - 81.2 ko
François Gouyette avec le rédacteur en chef du service info Faouzi Chakroun et la journaliste Nadia, qui a conduit l’interview.

Sur l’antenne, l’ambassadeur s’est adressé aux habitants du gouvernorat de Bizerte et a répondu aux questions de Nadia :

« Je remercie "Oxygène FM", qui m’offre la possibilité de m’adresser aux habitants du gouvernorat de Bizerte. Ma visite a notamment pour but de constater l’efficacité des interventions de la France pour améliorer leur vie quotidienne et leurs perspectives d’avenir. »

PDF - 362 ko
Texte introduction

« Ce matin, j’ai rendu visite aux élèves de l’école française Jean-Giono, qui accueille de jeunes français aussi bien que de jeunes tunisiens. Grâce à cet établissement, mais aussi grâce à l’école des sœurs blanches et aux cours dispensés par le centre de langue de l’Institut français, la culture française reste vivante à Bizerte où elle peut s’enrichir des spécificités locales. »

« C’est une priorité d’aider les Tunisiens à développer des compétences recherchées par les entreprises. Cela débouche sur l’emploi. Je pourrais citer notre appui à la création de l’École nationale des ingénieurs de Bizerte (ENIB), pour 30 MDT. La première promotion a été diplômée en juin 2012 et la plupart des étudiants avaient trouvé du travail avant même de quitter l’école. »

PDF - 353.2 ko
Traduction française

« Ce soir, je rencontre des associations qui travaillent dans le domaine de la protection de l’environnement. Nous allons notamment discuter des problèmes de pollution dans la lagune de Bizerte. Des experts français travaillent sur cette question, avec leurs partenaires de la Faculté des sciences de Bizerte. La Méditerranée est un espace que nous partageons, nous devons travailler en commun pour le protéger. »

« Plusieurs quartiers populaires du gouvernorat de Bizerte ont bénéficié du partenariat entre l’Agence tunisienne de rénovation et de réhabilitation urbaine et l’Agence française de développement. Il s’agit d’investir dans l’assainissement, la voirie, les équipements, l’éclairage et les routes, pour que les habitants de ces quartiers qui ont surgi de manière spontanée puissent élever leurs enfants dans un cadre décent. »


Universitaires et société civile au chevet du lac de Bizerte

En fin d’après-midi, François Gouyette a été reçu par le doyen de la Faculté des sciences de Bizerte, M. Abdessalem Hadj Amara. Sur le livre d’or de l’établissement, l’ambassadeur a indiqué que la France continuerait de soutenir le secteur de la recherche en Tunisie ainsi que la coopération entre la Faculté des sciences de Bizerte (FSB) et l’Institut de recherche sur le Développement (IRD).

JPEG - 123.8 ko
François Gouyette en train d’annoter le livre d’or de la Faculté des sciences de Bizerte.

Chercheurs tunisiens et français collaborent en effet sur les questions d’environnement, au côté de la société civile locale. Les espaces côtiers et lacustres, des écosystèmes sensibles dont la protection est essentielle pour les habitants, les pêcheurs, les oiseaux migrateurs et l’essor du tourisme, sont au centre de leurs travaux.

Cliquez ICI pour en savoir plus.


Rencontre avec la communauté française

À la nuit tombée, François Gouyette et la consule générale de France en Tunisie, Martine Gambard-Trébucien, ont retrouvé les membres de la communauté française, autour d’un sympathique buffet.

Un millier de Français vivent dans le gouvernorat de Bizerte, soit 4% des Français de Tunisie.

JPEG - 112.5 ko
François Gouyette et Martine Gambard-Trébucien, consule générale de France à Tunis.
JPEG - 88.8 ko
Un aperçu de la réception.

Dernière modification : 30/06/2016

Haut de page