François Gouyette devant les étudiants de l’ENISo

3ème Forum de convergence ENISo / Entreprises
École nationale d’ingénieurs de Sousse, le 22 janvier 2014

Intervention de M. François Gouyette
ambassadeur de France en Tunisie

« Monsieur le conseiller du ministre,
Mesdames et Messieurs les industriels et représentants du secteur économique,
Mesdames et Messieurs les professeurs,
Mesdames et Messieurs les étudiants,
Chers amis,

Je suis très heureux d’être parmi vous aujourd’hui à l’École nationale d’Ingénieurs de Sousse, dans le cadre de ce troisième Forum de convergence entre les étudiants de l’ENISo et le secteur économique, représenté par plus de 30 entreprises participantes. Les deux premières éditions de ce très jeune Forum, créé il y a tout juste deux ans, avaient déjà montré l’intérêt réciproque des deux domaines qui se croisent aujourd’hui, celui de la formation supérieure et celui du monde économique et social.

JPEG - 71.1 ko

En premier lieu, je saluerai le dynamisme de ce Forum rassemblant la formation technique de pointe proposée par une école d’ingénieurs, et le secteur économique et social de la Tunisie. Les deux premières éditions avaient donné le signal du rapprochement entre ces deux domaines d’activité, avec une coloration thématique sur les technologies de l’industrie automobile pour celui de décembre 2012.

Lieu de découverte et de présentation de résultats, sociétés représentatives de secteurs économiques variés venant à la rencontre de la formation professionnelle, le FCEE, sigle qui le désigne déjà dans les pages électroniques des sites web, est très probablement appelé à devenir le synonyme incontournable du rendez-vous annuel de la formation supérieure professionnelle et du secteur économique.

À l’heure où l’on parle d’adéquation entre formation et attentes des branches professionnelles, de parcours de formation co-construits, de référentiels-métiers, de formation en alternance, et de validation des acquis de l’expérience, autant de termes qui intègrent progressivement la stratégie de la formation supérieure pour développer l’employabilité des nouveaux diplômés, ce 3ème Forum de convergence est aujourd’hui une belle illustration des bénéfices réciproques attendus d’une interaction régulière et durable entre formation supérieure et entreprises, qui peuvent être des acteurs majeurs de la sphère universitaire. Je tiens à saluer ces initiatives, et tout particulièrement l’investissement de sociétés françaises dans le développement de ces projets d’avenir.

JPEG - 87.9 ko
François Gouyette devant le stand d’une entreprise

Je suis venu ce matin avec l’idée de rencontrer une école, l’ENISo, entraînée par une équipe dirigeante dynamique, offrant aux plus de 800 étudiants présents un cadre moderne d’épanouissement, de préparation et de développement de leur futur parcours professionnel.

Je découvre aujourd’hui une formation alliant les masters professionnels et le diplôme d’ingénieur, largement ouverte sur les partenariats internationaux grâce aux nombreuses possibilités de financement offertes aux étudiants et aux enseignants-chercheurs, mais aussi une école qui émarge à plusieurs programmes européens. Le projet "Osmose", pour ne citer que celui-là, permet notamment le développement d’une structure interne de suivi en temps réel de la dynamique des stages et des projets de fin d’études des élèves.

Vous savez que l’un des axes importants de notre coopération avec le ministère tunisien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique est le développement des conventions de partenariat entre établissements de formation supérieure français et tunisiens, avec pour objectif la promotion de la mobilité temporaire des étudiants tunisiens vers la France, grâce à l’action de l’Institut français de Tunisie et de l’agence CampusFrance.

Ces parcours mixtes, franco-tunisiens, permettent à un étudiant tunisien en formation initiale d’obtenir à la fois le diplôme tunisien de la formation où il est inscrit, mais également, grâce à une mobilité temporaire vers la France au cours de ses études, le diplôme français de niveau équivalent. Il existe déjà à l’ENISo deux accords de ce type avec le site de Clermont-Ferrand, permettant annuellement à 5 élèves ingénieurs de poursuivre leur parcours en France vers le double diplôme.

Nous suivons donc avec attention les démarches en cours, visant à développer ce partenariat avec une nouvelle grande école d’ingénieurs française, l’École nationale supérieure des Arts et Métiers du site de Metz. Je peux également vous annoncer dès aujourd’hui la création prochaine d’une plateforme d’échanges entre les diplômés tunisiens de l’enseignement supérieur ayant réalisé une mobilité en France, les entreprises, et les pouvoirs publics, permettant de développer et de renforcer encore les liens existants entre nos deux pays.

JPEG - 93.3 ko
François Gouyette devant un robot conçu par un club étudiant

Ce 3ème Forum est aussi pour moi l’occasion de rencontrer les nombreux clubs d’étudiants et les associations de l’École, présents sur les stands et qui constituent un réseau pro-actif en contact direct avec le secteur économique, confirmant l’implication des générations nouvelles dans la vie économique de la Tunisie d’aujourd’hui. L’organisation de formations, de démonstrations, ou la participation à différents concours nationaux ou internationaux, démontrent, s’il en est encore besoin, l’importance de ces activités dans l’interaction permanente entretenue par l’École avec le secteur économique, renforçant son positionnement dans les domaines de pointe comme la mécatronique, la robotique, l’électronique embarquée, ou la problématique de l’optimisation des commandes et de leur sécurité.

La recherche et développement, en plein essor à l’ENISo, y contribuent également largement, appuyés sur plusieurs masters de recherche et adossés au Laboratoire de mécanique de Sousse qui explore les matériaux avancés, la simulation numérique de forme et le vieillissement des structures.

Il ne faut pas oublier de mentionner également ce rapprochement réussi entre l’ENISo et l’Institut supérieur des Beaux-Arts de Sousse, présenté lors d’une journée spécifique qui a permis de démontrer les bénéfices mutuels du design et des contraintes industrielles dans le domaine de la rétro-conception et du prototypage rapide, permettant la création de pièces plus esthétiques, mais également plus rapides à usiner et moins coûteuses à produire.

JPEG

Cette formation pour et par la recherche ne pouvait pas mieux être localisée que dans le voisinage immédiat du Pôle de compétitivité de Sousse et de la pépinière d’entreprises, que j’aurai l’occasion de visiter en fin de matinée.

Comme vous le savez, la région de Sousse accueille une centaine d’entreprises françaises, comptabilisant environ 10 000 emplois. C’est la plus forte présence étrangère dans la région et Sousse est le deuxième centre d’implantation des industries françaises en Tunisie. Il m’importe que ces entreprises soient l’un des facteurs de croissance économique et de création d’emploi pour la zone côtière et son arrière-pays.

En matière de coopération, la France déploie de nombreux outils pour soutenir les initiatives à même de renforcer les liens économiques entre nos deux pays, notamment par l’intermédiaire des actions de l’Agence française de Développement, l’AFD qui, outre les accords généraux de partenariats avec les pôles de compétitivité tunisiens, a accordé une subvention de 750.000 euros à la Société du pôle de compétitivité de Sousse pour l’animation des secteurs d’activité en électricité, mécanique et électronique, et qui participera de façon importante à l’accompagnement du projet domotique de « Maison intelligente » présenté par l’ENISo.

Ubifrance, à l’instar des autres services de l’Ambassade, est également à la disposition des entreprises locales pour les aider dans leurs démarches de rapprochement avec des partenaires français, afin qu’ils puissent développer des courants d’affaires ou des rapprochements industriels.

Je souligne aussi l’existence d’une ligne de crédit de 40 M€ qui offre des conditions financières favorables aux PME et PMI tunisiennes désireuses de s’équiper made in France. J’espère qu’elle viendra appuyer les projets entrepreneuriaux des futurs créateurs d’entreprises qui, j’en suis sûr, occupent aujourd’hui les bancs de l’ENISo.

JPEG

Je souhaite à chacune et chacun un excellent déroulement de cette journée du 3ème Forum de convergence ENISo-entreprises, que j’espère fructueuse, riche de découvertes, et de contacts prometteurs de développement.

Je vous remercie. »

Pour en savoir plus sur cette matinée passée à l’ENISo de Sousse, cliquez ICI.

Dernière modification : 30/06/2014

Haut de page