Frédéric Mitterrand décore six personnalités tunisiennes

Le 25 octobre 2010, le ministre de la Culture et de la Communication venu assister aux Journées audiovisuelles de Tunis (JAT) a personnellement décoré six célébrités tunisiennes qui se sont distinguées par leur créativité artistique ou qui ont participé au rayonnement des Arts et des Lettres dans le monde :

- Mme Dorra Bouzid (journaliste),
- Mme Leïla Sebaï (archéologue),
- Mme Meriem Bouderbala (artiste plasticienne),
- Mme Marianne Catzaras (photographe),
- M. Jellel Gasteli (photographe),
- Mme Feryel Lakhdar (peintre).

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Tout sur la visite de Frédéric Mitterand à Tunis

Mme Dorra Bouzid, journaliste, a reçu les insignes d’officier des Arts et des Lettres :

« Chère Dorra Bouzid,

Vivante, brillante, rayonnante, vous êtes l’une des grandes figures de la Tunisie, l’une de ces personnes qui ont contribué, par leur travail et leur force, à faire avancer leur pays.

Après d’excellentes études scientifiques - vous êtes d’ailleurs la première femme tunisienne à ouvrir une pharmacie - vous savez cependant, très vite, que votre vocation est le journalisme . Vous vous intéressez aux questions essentielles qui marquent notre époque, à la diffusion des informations pour changer les mentalités, à l’instrument qui vous permettra d’ouvrir tous les esprits. Votre parcours journalistique est tout à fait remarquable. Vous avez participé à la création de 9 organes de presse et collaboré à pas moins de 35 publications, dont certains journaux tunisiens aussi connus que La Presse ou Tunis-Hebdo et des magazines internationaux comme Jeune Afrique. Inlassable, vous ne cessez de vous engager, d’écrire, de publier. »

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Mme Dorra Bouzid, journaliste (© Mohamed Hammi)

« Humaniste et ouverte, votre grand combat sera celui de la liberté et de l’autonomie des femmes en Tunisie. Avec un courage et une audace remarquables, vous commencez votre bataille pour l’égalité dans la rubrique "Leila vous parle" de "L’Action". Quelle joie que ce fameux 13 août où vous voyez vos vœux exaucés, tout en sachant que l’essentiel est à faire : transformer les cœurs et les esprits. Votre métier de journaliste vous est alors d’un grand secours, puisque vous vous adressez aux femmes, à toutes les femmes, à travers un journal spécifique que vous contribuez à fonder. En 1959, vous lancez "Faïza" - c’est-à-dire "Victorieuse" - le 1er magazine féminin en Afrique et dans le monde arabe. Ce nom délicieux vous sied bien !

Mais multiples sont les lieux où votre talent et votre énergie peuvent s’exprimer. Votre passion vous rend proche de ceux qui, comme vous, veulent faire évoluer les consciences, ouvrir le pays, briser les préjugés enracinés, je veux parler des artistes. Votre polyvalence est tout à fait étonnante : vous étudiez la musique, vous traduisez les grands auteurs tunisiens, vous parvenez à faire connaître de grands noms de la culture maghrébine et africaine. Nous vous devons d’ailleurs ce merveilleux livre, "École de Tunis, Un âge d’or de la peinture tunisienne". Inlassable, dynamique, passionnée, cette flamme de création ne cesse de vous habiter. Toujours ardente, vous préparez aujourd’hui un documentaire, tout en pensant à d’autres projets, de théâtre et d’écriture.

Chère Dorra Bouzid, vous avez consacré toute votre vie à une noble tâche : faire avancer la cause des femmes, contribuer à l’émancipation et au progrès en Tunisie, au Maghreb et en Afrique, dépasser les frontières et ouvrir les esprits. Vous êtes une citoyenne éclairée !

Dorra Bouzid, au nom de la République française, nous vous remettons les insignes d’officier dans l’ordre des arts et des lettres. »


Mme Leila Ladjimi Sebaï, archéologue et historienne, a reçu les insignes d’officier des Arts et des Lettres :

« Chère Leila Ladjimi Sebaï,

Archéologue et historienne de très haut niveau, votre persévérance, vos engagements, vos découvertes ont marqué tous les esprits.

Vous avez accompli un parcours scientifique ambitieux et brillant. Directrice de recherches à l’Institut national du patrimoine (INP) et présidente du Conseil international des musées de Tunisie, vous avez consacré toute votre vie à la recherche et au patrimoine archéologique. Spécialiste d’épigraphie latine, vous avez surtout travaillé sur « la place de la femme en Afrique à l’époque romaine », ainsi que sur Carthage.

Avec la collaboration d’autres chercheurs, vous avez réalisé une très grande découvert : l’homme de Byrsa. Passionnée par cet éphèbe, vous allez conduire le projet de reconstitution de ce jeune homme mort depuis 2610 ans ! Avec patience et obstination, vous allez pas à pas reconstituer ce vestige et exhumer un passé que l’on pensait à jamais enfoui, si important pour la connaissance de l’histoire de la Numidie antique. Le projet, auquel l’Ambassade de France a apporté son soutien scientifique et technique, a fait l’objet d’une remarquable exposition depuis le 15 octobre dernier au musée de Carthage. »

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Mme Leila Sebaï, archéologue (© Mohamed Hammi)

« En plus de vos talents d’archéologue à la "conquête du passé", vous êtes aussi une artiste accomplie. Écrivain, poète, scénariste, créatrice de jeux, vous savez varier les expressions et les arts. Et c’est surtout votre passion pour la danse qui vous a conduit vers de grandes ambitions et de grand projets. Profondément investie, profondément engagée, vous vous êtes donnée corps et âme pour la création du Centre national de la danse et des arts chorégraphiques de Borj El Baccouche, lieu de référence dans ce domaine en Tunisie. Vous avez connu des obstacles, des difficultés, mais vous n’avez cessé de vous battre avec détermination et courage, pour voir s’accomplir l’un de vos rêves et donner à la danse toute l’importance qu’elle mérite en Tunisie.

Militante de la francophonie et du dialogue entre les peuples, vous n’hésitez pas à mettre vos talents et vos compétences au service de la culture et des arts, avec la fougue et le brillant qui vous caractérisent. Vous avez d’ailleurs été récompensée en 2007 par le prix Serge Lancel de l’Académie des inscriptions et belles lettres.

Archéologue de renom, artiste passionnée, vous vous êtes distinguée, mêlant la rigueur scientifique à la poésie artistique, défendant la culture à travers les âges et les pays.

Chère Leila Ladjimi Sebaï, au nom de la République française, nous vous remettons les insignes d’officier dans l’ordre des arts et des lettres. »


Mme Meriem Bouderbala, plasticienne, a reçu les insignes de chevalier des Arts et des Lettres :

« Chère Meriem Bouderbala,

Votre travail de plasticienne, de photographe et de vidéaste est traversé par la "tradition orientaliste" - celle d’un Delacroix par exemple et de son Voyage au Maroc - que vous réinventez et vous vous réappropriez en contribuant à la genèse d’un art contemporain issu de la Tunisie, en dialogue permanent avec les influences extérieures.

Formée à l’École des Beaux-Arts d’Aix-en-Provence et à l’École d’art de Chelsea, vous êtes une artiste brillante et inventive, qui utilise de nombreuses techniques et des matériaux très divers et qui maîtrise parfaitement l’art de la composition. Vous nourrissez une double culture et une double appartenance, tout en développant des liens formels avec les cultures méditerranéennes, tout en portant un regard lucide et critique sur ces deux rives que l’histoire a parfois rapprochées et souvent éloignées. »

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Mme Meriem Bouderballa, artiste plasticienne (© Mohamed Hammi)

« Vous déjouez les codes – le voile, le regard "folklorisé", la soumission féminine – pour recréer des "images mouvement", pour reprendre la belle expression de Gilles Deleuze, dont vous admirez et citez souvent la pensée. Détournant les codes et les conventions visant à normer et "discipline" le corps, vous inventez des images fixes ou animées qui créent un monde et inventent un chemin de liberté, celui de l’artiste.

Dans l’une de vos dernières expositions, "Etoffes cutanées" à Rabat, le corps devient voile et l’image devient une chorégraphie aux contours fluides, tout en portant un questionnement exigeant sur la condition de la femme dans le monde d’aujourd’hui. C’est ce dialogue permanent entre l’Orient mythologique et la performance contemporaine qui fait toute la force de votre travail.

Votre talent a été récompensé en 1999 par le Prix "Espace Paul-Ricard" à l’occasion du concours d’art contemporain lancé pour le centième anniversaire de Michelin. Vos œuvres sont présentes dans plusieurs grandes collections publiques, notamment à la Fondation Elf et à l’Institut du monde arabe à Paris. Vous avez également été commissaire pour la partie tunisienne de l’importante exposition "L’image révélée, de l’orientalisme à l’art contemporain", en 2006, qui entrait en résonance avec votre recherche sur l’identité et l’image.

Vous avez une conception exigeante de l’art qui ne doit pas être figée dans une exposition ou dans une célébration de lui-même, mais porter une dimension performative et une puissance d’action, dans un dialogue permanent et réfléchi entre héritages et création, sources classiques de l’art arabe et propositions de l’art contemporain, « comme un tissu sans couture dont les plis éphémères – le « Pli », encore une forme empruntée à la pensée de Gilles Deleuze sur l’esthétique - dessinent chaque fois un corps singulier », pour vous citer.

Oui, chère Meriem Bouderbala, assurément avec des artistes comme vous "la Méditerranée a du talent", pour reprendre le titre de l’exposition du Centre culturel français de Casablanca à laquelle vous avez participé.

Meriem Bouderbala, au nom de la République française, nous vous remettons les insignes de chevalier dans l’ordre des arts et des lettres. »


Mme Marianne Catzaras, photographe et poète, a reçu les insignes de chevalier des Arts et des Lettres :

« Chère Marianne Catzaras,

Poétesse, essayiste, photographe et journaliste, votre sensibilité trouve en chaque art un moyen d’expression originale et renouvelées. Vous savez capter, par les vers, la plume ou les clichés, et avec ce regard si singulier, les instants fugitifs de la vie et faire ressortir leur poésie.

Vos créations sont marquées par l’idéal du voyage, voyage dans le temps, voyage de pays en pays, voyage des idées et des cultures. Vos œuvres ne manquent pas de rappeler vos origines : que ce soit Djerba ou la Grèce, vous savez porter un regard personnel empreint de tendresse sur ces lieux qui vous sont si familiers. Ouverte, curieuse et cosmopolite, vous parcourez le monde, à la recherche d’instants oubliés, de paysages inappropriés, d’êtres abandonnés. Et vous laissez, toujours, une trace de votre passage, exposant dans différents pays d’Europe ou rapportant, à chaque fois, une fragment, parfois infime et éphémère, des endroits visités. »

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Mme Marianne Catzaras, photographe et poète (© Mohamed Hammi)

« Vos textes, qui reflètent avec une intensité impressionnante vos pensées et vos visions, sont souvent lus et mis en espace par des comédiennes de renom telles que Jalila Baccar ou encore Anne Alvaro, le théâtre donnant vie à vos œuvres et les habitant. Les Journées théâtrales de Carthage ont pu présenter l’une de vos œuvres, un recueil de poésies, "Ton corps endormi", sous la forme de « lectures théâtralisées », hommage au théâtre grec.

Votre exposition de photographies lors de l’événement "Dream City" transcrit admirablement votre intérêt pour les images de l’errance et du temps qui passe. Vos autoportraits sont le reflet d’une personnalité en quête d’elle-même, empreinte du désir de découverte. Inquiétée par le monde qui vous entoure, vous explorez des sujets puissants : l’absence, la nostalgie, l’exil, les minorités et les marginaux. Vos œuvres offrent un regard pénétrant sur le monde, un regard instruit où le réel est traversé par les mythes.

À la recherche d’une identité, d’un pays, d’un chemin, vous êtes parvenue, par votre talent, à voir la beauté dans la souffrance, à provoquer l’évasion dans une démarche réfléchie. Vous avez contribué à faire de la culture un lieu partagé, une terre commune pour nous tous.

Chère Marianne Catzaras, au nom de la République française, nous vous remettons les insignes de chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres. »


M. Jellel Gasteli, photographe, a reçu les insignes de chevalier des Arts et des Lettres :

« Cher Jellel Gasteli,

C’est pour moi un grand plaisir de vous retrouver à la Résidence de France. Nous nous connaissons bien. Nous partageons cet amour de la Tunisie, de ses paysages, de sa culture, de ses couleurs. Notre collaboration pour le magnifique volume, "La Tunisie entre ciel et terre" en 2003, reste un moment d’échanges privilégié entre le photographe talentueux que vous êtes et l’amoureux inconditionnel de la Tunisie que je suis, lorsque mon regard se pose sur ses visages, sur ses paysages, sur ses saveurs.

Photographe de talent, diplômé de l’École nationale de photographie, vous exposez régulièrement en France et à l’étranger, tout en poursuivant vos projets dans votre pays, ce pays dont vous avez magnifié la beauté, des dunes de Sfax aux rivages de Sidi Bou Saïd. La photographie est pour moi un mode d’expression à part entière, tout comme l’écrit, le cinéma, les différentes disciplines du spectacle vivant ou l’architecture. Outil de création artistique, elle est aussi un mode d’expression des réalités et de la complexité de notre temps. »

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M. Jelel Gasteli, photographe (© Mohamed Hammi)

« Votre travail a été reconnu par des prix importants : le Prix de la villa Médicis hors les murs décerné par le ministère des Affaires étrangères en 1993, le Grand Prix du ministère tunisien de la Culture pour la photographie en 1997. Vous avez exposé dans des lieux prestigieux : à l’Institut du monde arabe à Paris – où vous présentez la "Série blanche", remarquée pour ses tirages photographiques de très grand format -, à la Maison européenne de la photographie, au Palais Kheïreddine. Vous avez par ailleurs présenté vos œuvres dans des expositions collectives de très haut niveau, notamment pour le Fonds d’art contemporain du ministère tunisien de la Culture et pour le Solomon Guggenheim museum de New York, sans oublier "Africa Remix", exposition d’artistes africains présentée dans de très nombreuses villes pour laquelle vous proposez un ensemble inédit de sept tirages de grand format.

Véritable "ambassadeur itinérant de la photo", vous êtes un trait d’union entre les deux rives. Vous savez aussi donner une couleur et une identité visuelle aux lieux et aux choses, donner une image à ces « noms de pays » dont Marcel Proust colore sa recherche littéraire et sensible en quête de la saveur perdue.

Vous êtes aussi un homme du livre et de l’écrit, en dialogue constant avec les plus belles plumes contemporaines. En 1997, vous publiez "En Tunisie" avec des textes d’Albert Memmi et d’Abdelwaheb Meddeb, auquel une amitié fidèle et attentive vous unit. Avec Paul Bowles, vous avez également photographié Tanger comme on mène une enquête. Tanger, cette ville frontière, entre Europe et Afrique, balayée par les vents et irradiée d’une lumière si particulière, cette ville où l’exotisme n’a pas sa place, où l’argent et la ruse sont rois ; Tanger, cette ville de la limite où se sont retrouvés Jean Genet, Paul Morand, mais aussi Truman Capote en quête d’un exotisme à jamais perdu. Les légendes fines et précises de l’auteur du "Thé au Sahara" ont dialogué avec les « choses vues », avec ces visages et ces ombres que vous avez magnifiés, donnant à voir la photographie comme « vérité du monde », pour reprendre les mots de Jean-Luc Godard.

Cher Jellel Gasteli, au nom de la République française, nous vous remettons les insignes de chevalier dans l’ordre des arts et des lettres. »


Mme Feryel Lakhdar, artiste plasticienne, a reçu les insignes de chevalier des Arts et des Lettres :

« Chère Feryel Lakhdar,

Originale, drôle, inventive, vous avez révolutionné les arts plastiques en leur apportant une fraîcheur pétillante et une curiosité inédite, vous imposant, très vite, sur la scène artistique.

Votre réussite est fulgurante. Vous rayonnez dès votre première exposition personnelle au musée de Sidi Bou Saïd en 1986, votre premier défi étant alors d’aborder les arts plastiques avec une formation d’architecte. Étonnantes, détonantes, fascinantes, vos créations obtiennent, très vite, une reconnaissance mondiale. Votre participation à l’exposition universelle de Séville en 1992, ou encore à celle de Hanovre en 2000 a permis à vos œuvres d’être présentées dans des galeries de niveau international. »

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Mme Feryel Lakhdar, peintre (© Mohamed Hammi)

« Vos personnages féminins, connus à travers le monde, attirent le regard, provoquent l’admiration, suscitent le rire souvent, la réflexion toujours. Vous aimez représenter les femmes dans leur dimension sociale, mondaine et sans cesse en représentation. Vous vous appliquez également à créer des figures attachantes et belles, aux rondeurs suaves et à la sensualité affichée. Votre talent nous donne ainsi à voir la femme tunisienne avec délicatesse et humour. En vous associant avec l’une de vos très chères amies, Aïcha Ben Khalifa Ben Chérif, pour l’exposition "Compositions" organisée à la villa Didon de Carthage en 2007, vous avez montré une nouvelle fois votre passion pour ces "petits riens" qui font la grandeur.

Ouverte, cherchant à dépasser les frontières des genres, brisant les attentes du spectateur, vous aimez explorer et faire découvrir. Touche à tout, vous utilisez plusieurs supports : l’objet, fragile, se déforme et se transforme au gré de votre imagination. Mais c’est surtout votre audace qui fascine : on apprécie votre liberté de ton, votre sens de la composition et votre regard décalé. Votre démarche revêt toujours un dimension parodique ou ludique, ce qui vous permet de poser, avec humour, des questions essentielles.

Vous parvenez ainsi, à travers votre art, à interroger l’être, et sa primauté sur le paraître. La réflexion est pour vous essentielle : décaler l’approche pour permettre à chacun de penser. Votre créativité débordante trouve son inspiration dans un événement, un clin d’œil, un parti pris qui vous interpelle : en Ariane des temps modernes, vous dévidez alors la bobine et filez votre sujet, critiquant, exaltant ou caricaturant. Engagée, vous vous exprimez à travers vos créations, soulevant à chaque fois une nouvelle interrogation, comme celle, décisive, du décalage entre réalité et fiction.

Par vos créations drôles et originales, par votre manière d’allier légèreté et profondeur, vous avez su offrir un nouveau regard féminin sur le monde. Chacune de vos œuvres fait ainsi résonner la célèbre prophétie de Théophile Gautier dans Mademoiselle de Maupin : « La femme est la reine de la création ».

Chère Feryel Lakhdar, au nom de la République française, nous vous remettons les insignes de chevalier dans l’ordre des arts et des lettres. »

Dernière modification : 28/05/2014

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