Grands axes de la coopération éducative France/Tunisie

Les axes prioritaires de la coopération éducative franco-tunisienne se situent dans la continuité de l’accord signé à Paris en octobre 2007 et s’organisent autour de cinq grands chantiers.


Développement de l’enseignement de la langue française

L’appui à l’enseignement du français, dans le primaire comme dans le secondaire, s’articulait principalement autour du "Projet de renforcement du français dans l’enseignement scolaire et technique" (PREFSET) financé par le Fonds de solidarité prioritaire (FSP).

Arrivé à son terme, le projet PREFSET connaîtra des prolongements concrets :

  • extension de la formation à distance des enseignants,
  • pérennisation des réseaux spécialisés de formateurs et d’enseignants (lecture, nouvelles technologies, activités artistiques),
  • appui à l’enseignement des langues dans un cadre européen.

Les partenariats académiques mis en place par les deux ministères à la suite de l’accord d’octobre 2007 sont appelés à se multiplier et à jouer un rôle concret dans ces prolongements de PREFSET.


Qualité des formateurs

Le développement de la professionnalisation de l’encadrement éducatif du ministère tunisien de l’Éducation passera par les éléments suivants :

  • appui au développement des indicateurs,
  • appui aux centres dédiés : centres nationaux de formation de formateurs de l’enseignement général et technique (CENAFFE et CENAFFIF) et instituts des métiers de l’éducation et de la formation (IMEF),
  • actualisation, selon les standards européens, des référentiels professionnels destinés aux futurs chefs d’établissements ou inspecteurs de l’éducation.

Les technologies de l’information et de la communication dédiées à l’éducation (TICE) constitueront un outil privilégié, notamment à travers la formation à distance, l’implantation de laboratoires de langue et l’utilisation pédagogique de tableaux électroniques.

La France apportera son appui dans ce domaine sous la forme de financement partagé de stages pratiques à destination des formateurs et des inspecteurs et fournira l’expertise du Centre international d’études pédagogiques (CIEP).


Essor des partenariats académiques

Le développement des partenariats académiques permettra d’intensifier les rapprochements entre établissements, les échanges d’enseignants et de chefs d’établissements, ainsi que la conduite de projets communs.

Deux conventions ont déjà été signées entre une académie française et une direction régionale de l’éducation tunisienne.

La convention Versailles-Grand Tunis met en place un partenariat entre ces deux régions sous forme d’actions conjointes dans le but de préparer des équipes d’établissements à la conduite de projets. Trois pôles se dégagent, en cohérence avec les programmes de coopération mis en place au niveau national :

  • la langue française,
  • la vie scolaire,
  • le développement durable.

L’académie de Besançon et la région de Nabeul travaillent dans le même sens et un accord a été signé durant la visite du ministre français de l’Éducation. Il s’articule autour des axes suivants :

  • coopération entre services et cadres éducatifs,
  • appui au pilotage et à l’évaluation des établissements scolaires,
  • enseignement primaire et secondaire : appariements d’établissements et travail en commun, par exemple autour de la responsabilité citoyenne ou du développement durable,
  • enseignement technique et formation professionnelle,
  • appui à l’enseignement du français.

Ces partenariats académiques seront étendus à d’autres gouvernorats et d’autres académies. Les académies françaises de Créteil, Nantes, Nice ou encore Grenoble seront sollicitées. Pour la partie tunisienne, les régions de Sousse, Bizerte, Le Kef, Kasserine, Gafsa ou Sfax sont pressenties.

Un comité bilatéral de pilotage sera mis en place et se réunira au moins une fois par an alternativement en France en Tunisie pour décider des orientations de cette coopération.


Enseignement professionnel initial

L’importance majeure de l’enseignement technique, technologique et professionnel initial est réaffirmée par le biais de nouvelles formes de coopération franco-tunisienne. La France représente en effet, avec la Commission européenne, le premier bailleur de fonds en matière de soutien à la formation professionnelle en Tunisie.

1) Le soutien à la mise à niveau du dispositif de formation professionnelle initiale constitue un axe majeur de l’intervention française en faveur de la compétitivité de l’économie tunisienne. Des lignes de crédit pour un montant de 73 Meuros ont été mises en place par l’Agence française de développement (AFD) pour appuyer la création ou la restructuration de la formation professionnelle dans les secteurs d’activité porteurs en Tunisie (bâtiment, métallurgie, services). Cette action porte non seulement sur les aspects matériels (infrastructures et matériels), mais aussi sur les aspects immatériels : identification des métiers et détermination des formations, définition et mise en place des programmes, formation des formateurs, appui à la gestion des centres.

L’ensemble du processus implique étroitement les représentants des professions tunisiennes, épaulées par leurs homologues français. Lorsqu’elle est impliquée dans ces actions l’Association française pour la formation professionnelle (AFPA) s’appuie en tant que de besoin sur le Centre international d’études pédagogiques (CIEP). Les TIC et la formation à distance figurent en bonne place dans ces programmes.

2) La mise en œuvre de l’accord cadre relatif à la gestion concertée des migrations et au développement solidaire, signé en avril 2008, a marqué une nouvelle étape dans le soutien accordé à la formation professionnelle initiale en Tunisie à travers trois facteurs :

  • l’importance des financements (22,92 Meuros de dons),
  • la volonté de répondre de manière efficace et rapide aux défis à venir du marché du travail en Tunisie,
  • une démarche volontaire de co-construction des formations.

3) Les expériences pilotes visant à renforcer le cadre de qualification et de diplômation national tunisien, en référence aux cadres français et européens, seront favorisées. Les ministères français et tunisien de l’éducation travailleront ensemble au rapprochement des cadres de référence des diplômes des deux pays, en accord avec les répertoires nationaux de certification professionnelle respectifs.

4) Les partenariats seront également encouragés dans l’enseignement professionnel sous forme d’échanges entre lycées et centres de formation, en recourant autant que possible aux ressources humaines et financières de la coopération décentralisée. Ainsi, le jumelage Sfax-Grenoble qui rapproche des établissements dans le domaine de l’électronique et de l’électrotechnique pourrait être étendu à d’autres secteurs et impliquer d’autres collectivités territoriales françaises.


Coopération administrative

Les ministères français et tunisien de l’Éducation souhaitent favoriser les échanges entre leurs administrations dans un cadre européen, en s’appuyant sur les instruments de voisinage de l’Union européenne, notamment dans le cadre des jumelages institutionnels.

Dernière modification : 24/03/2011

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