Hammam Zriba : des entreprises françaises qui embauchent

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Boris Boillon en visite dans la zone industrielle d’Hammam Zriba (ici sur le site de la Sitem).

Le 10 février 2012, Boris Boillon a visité quatre des huit entreprises françaises implantées dans la zone industrielle de Hammam Zriba, dans le gouvernorat de Zaghouan. L’Ambassadeur a salué le dynamisme de ces structures, qui continuent d’investir en Tunisie. Dans cette zone de développement prioritaire, leur croissance a un effet d’entrainement sur l’activité économique et l’emploi. Il s’agit d’entretenir cette spirale positive.


Aéro Tunisia s’installe grâce aux crédits de la BEI

La Z.I. de Hammam Zriba compte un nouveau venu : Aéro Tunisia, spécialisée dans les pièces métalliques pour le secteur aéronautique. L’entreprise, fondée par Nayeb Gsib, achève la mise en place de ses 2000m² d’installations. Le personnel est en cours de formation. D’ici la fin 2012, une cinquantaine de personnes devrait travailler dans l’usine. Ses fournisseurs sont tunisiens mais aussi français.

Le pdg guide Boris Boillon à travers les ateliers en cours d’installation. Il détaille les raisons de son implantation dans la région : « Ici, nous sommes dans un site classé "zone de développement régional", ce qui nous permet de bénéficier d’avantages fiscaux. Et puis il y a aussi le prix des terrains : c’est beaucoup moins cher qu’à Tunis ! ».

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Boris Boillon et Nayeb Gsib

Nayeb Gsib a longtemps vécu en France et il bénéficie aujourd’hui de la double nationalité. Les raisons de son retour Tunisie sont aussi d’ordre familial.

Le prêt d’1.4 M€ dont il a bénéficié, financé par la Banque européenne d’investissement, a été un élément décisif de son installation. « Cela représente près de 40% de mon investissement, ce qui compte ! ». Cet appui lui a notamment permis d’importer de France du matériel de pointe, des machine Huron fabriquées a Hilkirch, près de Strasbourg.

« Ici, 100% du matériel est français, sourit-t-il, c’est un parti pris ! Ce sont notamment les facilités de maintenance qui m’ont décidé ».
D’ici quelques mois les premières pièces sortiront des ateliers. « Je veux que tout soit parfait dès le début », prévient Nayeb Gsib. « Quand on travaille pour l’aéronautique, il est facile de trouver des clients mais il est bien plus difficile de les garder : il faut que la qualité soit irréprochable ».


Aérocolor investit dans un nouveau site

Parmi les nombreux édifices en construction à Hammam Zriba, le site de production d’Aérocolor est sans doute le plus avancé. Le chantier a un an à peine. Hasard du calendrier, le premier coup de pioche a été donné le 14 janvier 2011, un jour marquant pour la révolution tunisienne.

Cette filiale de PSA France produira ici des aérosols et des peintures, notamment pour l’aviation. « Dans le domaine des aérosols, la sécurité est un élément essentiel », explique Joël Rivet, le pdg. Certaines zones de l’usines sont très sensibles. Nous travaillons beaucoup avec des ingénieurs européens. Notre site a été conçu pour réduire les risques au maximum. »

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Le future site d’Aérocolor.

Avec Christel Péridon, directrice du Service économique de l’Ambassade, et Jaques Torregrossa, directeur d’Ubifrance en Tunisie, l’entrepreneur évoque l’impact économique d’une telle implantation. « Nous avons une véritable expertise, acquise en travaillant pour l’aviation. Aujourd’hui nous pouvons trouver des débouchés dans plusieurs autres secteurs. Nos produits sont susceptibles d’attirer certains partenaires en Tunisie. »

Joël Rivet conclut : « Notre présence ici peut faire la différence lorsqu’une entreprise doit choisir son site d’implantation. Nous-mêmes avons beaucoup hésité entre le Maroc et la Tunisie. Nous avons étudié les avantages de la Z.I. mais nous avons aussi porté beaucoup d’attention au tissu industriel local ».

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L’Ambassadeur au côté de l’équipe d’Aérocolor.

Lacroix Électronics Tunisie : équipements de pointe et dialogue social

Dans les ateliers de Lacroix Électroniques près de 600 ouvriers s’activent, tous en blouse blanche. Ils travaillent sur des circuits électroniques particulièrement sensibles. Leurs chaines de montages sont d’une grande précision, équipées de dispositifs de contrôle qualité de pointe. Les outils mis en place ici ont servi d’étalon pour d’autres implantations du groupe à travers le monde.

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L’Ambassadeur et Rémy Merle, directeur du site Lacroix électronics.

Plus encore que la technicité des produits, c’est la politique sociale de Lacroix qui fait la fierté de Rémy Merle, le directeur du site. Devant un panneau "boite à idée", où chaque employé peut déposer ses pistes d’amélioration, le directeur raconte à Boris Boillon comment Lacroix Électroniques a traversé les évènements de janvier 2011. « Le jeudi 13, nous avons dû fermer le site. Le lundi matin je suis revenu ici pour voir si rien n’avait été endommagé. Là, j’ai été vraiment surpris : tous les ouvriers étaient à leur poste de travail, comme si de rien n’était, sans qu’aucune consigne n’ait été passée. À cette époque, tous les transports en communs étaient encore arrêtés. Les employés s’étaient organisés entre eux pour venir ! »

« Dialogue social, mutuelle santé, ce sont ces petits plus qui rendent vraiment les salariés impliqués et qui limitent le turn-over », explique Rémy Merle. Les équipe sont jeunes, 31 ans de moyenne d’âge, et majoritairement féminines. Le personnel bénéficie du transport gratuit pour faire le trajet depuis la ville de Zaghouan, à quelques kilomètres du site.

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Rémy Merle explique le fonctionnement des chaines de production.

La zone industrielle est l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois de la région. Plus de 4000 employés se répartissent déjà entre la trentaine d’entreprises implantées là. Plus haut, de nouveaux terrains sont en cours d’aménagement. D’ici peu, la surface d’Hammam Zriba sera doublée. « On a la chance d’avoir une zone industrielle très dynamique, avec un syndicat actif », commente Rémy Merle. Dans les prochains mois un "centre de vie" devrait voir le jour : salles de réunions communes, lieu de restauration, garde d’enfants, des équipements collectifs qui devraient encore améliorer l’attractivité de la zone.


Sitem offre de nouveaux débouchés pour les entreprises tunisiennes

Dernière étape de la visite : le site de la Sitem. Avec plus de 22.000 m², il est l’un des plus grands de la vallée. L’entreprise est une filiale du français Somfy. Elle fabrique notamment des moteurs de forme tubulaire, pour équiper les stores électriques.

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La Sitem fabrique des moteurs tubulaires.

Depuis son implantation en 2006, la Sitem participe largement au dynamisme du secteur électro-mécanique tunisien. C’est ce que souligne Alain Eusebi, son pdg. « L’entreprise a su créer un effet d’entrainement. Beaucoup de PME tunisienne gravitent maintenant autour de l’usine. » La moitié des composants achetés par la Sitem sont produits sur le sol tunisien. Plusieurs fournisseurs se sont même implantés tout près. Autant d’emplois indirects pour les habitants de la région, qui s’ajoutent aux 800 salariés de la Sitem.
En 2012, l’entreprise poursuivra sa politique de croissance. Ses investissement devraient dépasser trois millions d’euros, le montant investi en 2011.

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Alain Eusebi et Boris Boillon dans les ateliers.

À l’invitation d’Alain Eusebi, l’ensemble des chefs d’entreprise rencontrés dans la matinée se retrouvent pour déjeuner avec l’Ambassadeur. Boris Boillon souligne alors le dynamisme qui leur permet de se développer dans des secteurs hautement technologiques.

Il les encourage à continuer d’investir dans le capital humain, prenant l’exemple des partenariats noués à Sousse entre le pôle de compétitivité et l’École d’ingénieurs. La formation professionnelle ainsi que le rapprochement entre le monde du travail et les universités seront précisément l’un des axes de la coopération française pour les prochaines années.

Dernière modification : 24/10/2016

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