Hommage à Hedi Annabi

M. Hédi Annabi, secrétaire général-adjoint des Nations unies et chef de la Mission de paix de l’ONU en Haïti, est mort à l’âge de 66 ans, dans le violent violent séisme qui a frappé Port-au-Prince le 12 janvier 2010.

Le défunt avait des liens familiaux avec la France où il avait suivi une partie de ses études et où il comptait de nombreux amis, notamment au sein du ministère des Affaires étrangères.

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Rapatriement du corps de M. Annabi en Tunisie

La dépouille mortelle de M. Annabi a été rapatriée le jeudi 21 janvier, de Port-au-Prince à Tunis, via New York et Paris. Le Français Alain Leroy, secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix accompagnait le corps du défunt.

Au cours de la brève escale à Paris, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner est venu se recueillir devant le cercueil. À sa demande, Mme Sylvie Bermann, directrice des Nations unies, des organisations internationales, des droits de l’homme et de la Francophonie au Quai d’Orsay, a accompagné le corps jusqu’à Tunis. Avec le chargé d’affaires de l’ambassade de France en Tunisie, elle se trouvait au premier rang des personnalités assistant à la cérémonie officielle organisée sur le tarmac de l’aéroport international de Tunis-Carthage.

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Photo Leaders.com

Le ministre tunisien des Affaires étrangères Kamel Morjane, qui a lui aussi servi le drapeau de l’ONU, présidait cette cérémonie, au cours de laquelle les honneurs militaires ont été rendus au défunt par un détachement de l’armée tunisienne.

Le drapeau bleu de l’ONU recouvrant le cercueil à son arrivée a été remis solennellement à la famille de M. Annabi et remplacé par celui de la Tunisie.


Qui était Hédi Annabi ?

Issu d’une famille de Bizerte, le Tunisien Hédi Annabi était Représentant spécial et Chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) depuis septembre 2007.

Diplômé en littérature anglaise de l’Université de Tunis, de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’Institut universitaire des hautes études internationales (IHEI) de Genève, il avait commencé sa carrière en qualité de conseiller diplomatique auprès du Premier ministre tunisien avant d’être nommé, en 1979, président-directeur général de l’Agence "Tunis Afrique Presse".

Puis il avait rejoint les Nations unies en 1981, dans les services du Représentant spécial du Secrétaire général pour les affaires humanitaires en Asie du Sud-Est. Entre 1982 et 1991, il avait été étroitement associé aux efforts pour parvenir à un règlement politique global de la crise au Cambodge.

M. Annabi avait ensuite intégré le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP), où il avait dirigé la division Afrique de 1993 à juin 1996, date à laquelle il avait pris la responsabilité du Bureau des opérations du DOMP.

En janvier 1997, il était devenu sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, puis chef de la MINUSTAH en septembre 2007.

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Bernard Kouchner regrette la disparition d’un ami

« J’ai appris avec une immense émotion la confirmation de la disparition de nombreuses personnes qui se trouvaient dans le bâtiment de la mission des Nations Unies à Port-au-Prince dont les responsables de la MINUSTAH, Hedi Annabi, représentant spécial pour Haïti et son adjoint, mon ami Luis Carlos da Costa. Plusieurs dizaines de décès ont été confirmés, dont celui de notre compatriote Marc Plum, et plus de 300 employés de la Mission des nations unies pour la stabilisation en Haïti sont encore portés disparus.

Hedi Annabi incarnait ce qu’il y avait de plus noble dans l’action des Nations unies et faisait honneur à la Tunisie. Dans ses fonctions successives et sur tous les continents, il a mis son courage, son intelligence et sa force de conviction au service des idéaux des Nations unies, travaillant toujours sans relâche pour la dignité et les droits de ceux qui souffrent, en particulier les réfugiés et les déplacés. Sa dernière mission en Haïti en témoigne tragiquement.

La France perd un ami précieux et fidèle, auquel l’unissaient de nombreux liens et un même attachement indéfectible à la Charte des Nations Unies. J’exprime à sa famille et à ses proches mes condoléances les plus attristées.

J’ai une pensée spéciale pour Marc Plum, qui a servi au ministère des Affaires étrangères et européennes pendant quatorze ans, avant de rejoindre la MINUSTAH. L’ensemble du personnel du Ministère se joint à moi pour saluer la mémoire d’un collègue unanimement apprécié et adresser un message de soutien à sa famille, ses enfants, ses proches.

La France, comme toute la communauté internationale, est encore sous le choc du terrible séisme qui a coûté la vie à tant d’Haïtiens. Je souhaite à nouveau témoigner de ma totale solidarité avec le peuple et le gouvernement haïtiens ainsi qu’avec l’ensemble des personnels des Nations unies présents en Haïti durement frappés par ce séisme. »

Bernard Kouchner
17 janvier 2010

Dernière modification : 28/05/2014

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