Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC)

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L’IRMC

L’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC) est un centre de recherche en sciences humaines et sociales, à vocation régionale, dont le siège est à Tunis. Il est l’un des 27 instituts français de recherche à l’étranger (IFRE) et est placé sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères et européennes et, depuis 2000, du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dont il constitue une Unité mixte (USR 3077).

L’IRMC contribue, en partenariat avec la communauté scientifique notamment maghrébine et européenne, au développement de la recherche sur le Maghreb (Tunisie, Algérie, Libye, Mauritanie). Sa vocation est de stimuler une recherche transversale catalysant les énergies et les solidarités scientifiques intra maghrébines et Maghreb/Europe. Elle consiste aussi à favoriser le renouvellement des sciences sociales, en contribuant à préparer la relève d’une nouvelle génération de chercheurs dans les centres de recherches et les universités de France et du Maghreb. A ce titre, l’IRMC est un lieu de formation et d’exercice du métier de chercheur, et d’entraînement à la pratique et à la culture scientifiques. Il constitue la première expérience concrète de confrontation avec les chercheurs seniors (CNRS) et de conduite d’une recherche collective pour les chercheurs post-doctorants, ainsi que la première immersion durable dans une unité de recherche pour les boursiers doctorants.

Ses champs disciplinaires recouvrent l’ensemble des sciences humaines et sociales : Anthropologie, démographie, droit, économie et gestion, études urbaines, géographie, histoire, sciences politiques, sciences sociales appliquées aux lettres et à la philosophie, sociologie.

L’IRMC est, depuis le 1er septembre 2013, dirigé par Karima Dirèche.

Ses programmes de recherche participent aux débats des sciences humaines et sociales dans une perspective comparée, à l’échelle régionale Maghreb et internationale. Il organise des formations doctorales, des colloques, des séminaires internationaux et des conférences. Il accueille et encadre des chercheurs, des boursiers de courte et moyenne durées et des stagiaires maghrébins, européens et français, en coopération avec les institutions des pays concernés, dans le cadre de projets de recherches collectives ou individuelles.

Sa bibliothèque est ouverte à un large public d’universitaires et de doctorants. Elle permet la consultation sur place de livres et de revues spécialisées (30 000 ouvrages et 3200 titres de revues). Les fonds sont constamment actualisés, et leur Catalogue informatisé comprend aujourd’hui près de 65 000 notices, accessibles à partir des sites Intranet et Internet de l’Institut.

Afin de faire participer l’Institut aux débats des sciences humaines et sociales et de contribuer à une meilleure connaissance du Maghreb, l’IRMC édite une publication annuelle à comité scientifique et comité de lecture, Alfa. Maghreb et sciences sociales (2004-2007), désormais Maghreb et sciences sociales (2008-...). Par ailleurs, la valorisation de ses travaux de recherche représente aujourd’hui un catalogue de plus d’une soixantaine de publications, faisant l’objet d’une commercialisation et d’échanges institutionnels. Depuis octobre 2009, l’Institut publie trimestriellement la Lettre de l’IRMC dont l’objectif est d’informer sur ses recherches en cours, sur ses actions et manifestations scientifiques, et d’établir un trait d’union dans la communauté scientifique.

Actuellement, L’IRMC compte huit chercheurs : 3 contrats MAEDI dont un post-doc, trois affectations CNRS, une délégation CNRS, un chercheur tunisien en détachement de l’Université de Tunis. L’institut compte également un doctorant INSHS et un doctorant BAM. Par ailleurs, 4 chercheurs associés développent leur programme de recherche dans le cadre de l’Institut.

Le personnel administratif et de services (contrats locaux) se compose de 13 personnes : une assistante de direction, une assistante de communication, une gestionnaire, deux documentalistes, une infographiste, un responsable des publications et des ressources électroniques.

Un chauffeur, une femme de ménage, deux gardiens et un aide-magasinier
Par ailleurs, deux volontaires internationaux (contrats MAEDI) : un chargé de montage de projets européens et veille scientifique et une documentaliste chargée de la numérisation de la revue Correspondance er responsable de La lettre de l’IRMC

Dotation annuelle : 287 000 euros (dont 264 000 euros (MAEDI) et 23 000 euros (CNRS)). 30000 euros annuels attribués par le SCAC d’Alger

Les réductions drastiques de subventions accordées aux UMIFRE (rappelons que la subvention MAEDI de l’IRMC a été réduite de 30% en cinq ans) imposent une politique systématique de recherche de financements extérieurs. Si les réalisations scientifiques de l’IRMC (manifestations, publications, écoles doctorales, soutiens à la jeune recherche…) bénéficient (quasiment toutes) de soutiens par des institutions-partenaires, ces derniers ne suffisent pas à réunir, malheureusement, les moyens nécessaires au financement de la programmation très ambitieuse de l’Institut. La configuration politique actuelle de la Tunisie et l’extensionnalité de sa transition politique dans le monde arabe a stimulé la recherche académique et les projets d’expertise. L’institut est visité en permanence par des partenaires (notamment étrangers) car il est considéré à la fois comme une plate-forme collaborative qui met en connexion des réseaux sophistiqués de recherche maghrébins et méditerranéens mais également comme un partenaire institutionnel sérieux, exigeant et particulièrement réceptif. Les sollicitations de partenariat sont très nombreuses (qu’elles proviennent d’instances franco-européennes ou maghrébines) et les propositions de travail se multiplient en permanence. Je rappelle que l’IRMC est une institution de recherche qui bénéficie dans le paysage académique local et régional d’une réputation d’excellence et de savoir-faire ; en cela, elle est une vitrine de la recherche française dont la légitimité scientifique n’est plus à démontrer. Si nous ne pouvons que nous féliciter de cette attractivité et de cette reconnaissance par les milieux de recherche internationaux et de la visibilité de nos programmes scientifiques et de nos publications, il n’en demeure pas moins que notre périmètre d’action et d’opération reste conditionné par nos propres moyens matériels de plus en plus limités, par une équipe de chercheurs dont la mobilité (entre un an et quatre ans) fragilise la pérennité des programmes et par une équipe administrative (secrétariat, gestion, documentation, édition) travaillant à flux tendus avec des profils de poste à saturation. Pour l’IRMC, la situation est donc paradoxale : être un institut et un interlocuteur incontournable de la recherche sur le Maghreb et sollicité, en tant que tel, pour porter (et/ou collaborer) des projets scientifiques de grande envergure mais avec un désengagement financier progressif des tutelles qui encourage et exhorte les directions des Umifre à la recherche de financements extérieurs auprès d’institutions privées ou publiques, de fondations, de mécènes...

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Les candidatures aux programmes européens :

En cela, l’équipe de recherche de l’IRMC a mobilisé le temps nécessaire pour répondre à des appels d’offre européens : H2020 et ERC. Sur les deux projets H2020 déposés, en 2015, un seul a été retenu (avec l’Université d’Oslo) sur la question de la sécurité en Méditerranée. C’est un montant de 100.000 euros qui sera alloué, en 2017, à l’IRMC pour un workpackage sur la Libye. Concernant le projet ERC Advanced Grant (projet Tarica), nous avons passé l’étape de la première sélection. Le traitement de ce projet très ambitieux d’un montant de 2, 2 millions d’Euros (porté par 5 chercheurs de l’IRMC) devrait être finalisé pour la fin du mois de février. Et nous ne saurons, qu’au début du mois de mars, si notre candidature est définitivement retenue. Je rappelle que le montage ce projet a exigé 8 mois de travail et a sollicité les compétences de 5 chercheurs, pour un succès non garanti.

Les stages de langues

L’IRMC a lancé en juin 2015, une première expérience de stage de langue d’arabe qui a connu un réel succès et qui a réuni 15 stagiaires. Ce dispositif d’apprentissage linguistique destiné aux doctorants et aux mastérisants français et européens dont les recherches portent sur le Monde arabe va être renouvelé pour l’année 2016 et sera dédoublé en deux niveaux (débutants et intermédiaires) et cible une trentaine de participants. C’est une nouvelle source de revenus pour l’institut qui tente de pérenniser ce dispositif pour les années à venir. Un dispositif qui s’appuie sur une collaboration tripartide : lycée Pierre Mendes France de Tunis/INALCO Paris/IRMC. L’édition 2016 sera composée de deux stages : débutants et intermédiaire.

Ecoles doctorales

La formation doctorale est une des dimensions les plus valorisantes des activités de l’IRMC. Outre qu’elle mobilise des compétences nombreuses, elle est un vivier de formation de jeunes chercheurs maghrébins qui représentent les futures élites académiques de la Région Maghreb. Depuis trois ans maintenant, ces formations sont distribuées dans les deux langues arabe/français et elles sont rendues possibles grâce à des financements multiples. Nous avons recours systématiquement aux offres du CNRS (Ecoles thématiques) qui proposent des soutiens financier qui s’élèvent entre 5000 et 7000 euros. L’IRMC en a déjà « « deux en 2014 et 2015 à hauteur totale de 12000 euros. Les chercheurs de l’équipe sont fortement encouragés à déposer auprès de la Délégation Michel-Ange les dossiers de candidature

Publications et traduction

L’activité éditoriale est également une des autres dimensions reconnues de l’IRMC. Le catalogue de l’IRMC compte déjà plus d’une soixantaine d’ouvrages et le calendrier des ouvrages jusqu’à 2017 s’annonce chargé (une douzaine d’ouvrages). Outre les subventions puisées dans notre propre budget, les aides extérieures sont importantes : AUF, IFT, ERC WAFAW, GIS (agricultures familiales), SCAC d’Alger.
Le budget le plus important, reste toutefois, celui qui finance les traductions d’ouvrages du français à l’arabe et inversement. C’est une des orientations éditoriales importantes pour la politique scientifique de l’institut mais les subventions accordées pour cela demeurent malheureusement trop rares.

Mutualisation avec l’IFT

Cycle de conférences commun, partage des financements de manifestations scientifiques, organisation commune du débat d’idées, organisation commune du Salon international du livre de Tunis, délocalisation des conférences grand public dans le nouvel auditorium de l’institut Français… ; autant de pratiques de mutualisation qui permettent d’alléger les dépenses. Une des réussites de cette mutualisation est le montage commun de projets aux appels d’offre du Fond d’Alembert et la sélection de deux dossiers de candidatures IRMC/IFT (2014 et 2016) pour un montant total de 28 000 euros.

La programmation scientifique 2016-2017

  • Actions de recherche
    Aujourd’hui, l’IRMC est reconnue comme une des institutions académiques les plus compétentes sur les transformations politiques et sociales liées aux printemps arabes. Le périmètre de compétence actuel (et pour les années à venir) s’articule autour de la sociologie politique et de la science politique. Les programmes en cours dans leurs réalisations se poursuivront jusqu’en 2017 et ont été ponctués par des manifestations et par des publications malgré les réductions budgétaires drastiques et les difficultés de financements. Cinq d’entre eux couvrent des problématiques en lien direct avec la question des révolutions arabes et de leurs effets en contexte post-autoritaire. Un périmètre de compétences s’affirme sur le monde arabe post-révolutionnaire, dans des options réflexives et analytiques sur les nouveaux modes de gouvernance, les acteurs et les institutions impliquées dans la transition, les mobilisations de la jeunesse….dans des perspectives qui optent, à chaque fois, pour le comparatisme inter-maghrébin et dans le monde arabe.

Recompositions des élites politiques (par Jérôme Heurtaux, contrat MAEE), Réforme des médias (par Enrique Klaus, contrat post-doc MAEE), Sentiment d’injustice (par Imed Melliti, professeur détaché de l’université tunisienne), Processus Electoraux ; inégalités territoriales (par Alia Gana, en affectation CNRS), justices transitionnelles (par Eric Gobe, en affectation CNRS). Ces thématiques suscitent des travaux d’enquêtes considérables et des publications régulières. Grâce à ce périmètre d’action de recherche, l’IRMC est devenu une institution incontournable dans les réseaux académiques internationaux sur la thématique des printemps arabes. La force de l’actualité politique et les pressions très fortes de demande de sens et d’analyses font des programmes en cours des clés d’explication et des grilles de lecture à des demandes d’expertise régulières. Ce qui explique par ailleurs le nombre de missions des chercheurs de l’IRMC à l’étranger qui contribuent remarquablement au rayonnement de l’institution.

L’affectation en septembre 2015 d’une chercheure CNRS arrivée avec un financement de 80000 euros pour la réalisation de son programme (Labexmed d’Aix-Marseille Université) ne pourra qu’alléger les dépenses allouées généralement au budget de l’institut à la réalisation des travaux de recherche

  • La dimension maghrébine : Algérie-Libye

L’IRMC bénéficie d’une subvention de 30 000 euros accordée par le SCAC d’Alger. Cette subvention permet de verser des bourses de courte durée et de financer des manifestations ou des projets ayant trait à des thématiques liées à l’Algérie. Elle permet à l’institution de couvrir ce périmètre géographique, de favoriser la mobilité de très jeunes chercheurs et de renforcer les partenariats institutionnels avec les universités et centres de recherche algériens. La donne politique et académique, en Algérie, s’est infléchie vers des partenariats collaboratifs plus souples et fructueux avec des centres universitaires de province (Oran et Sétif) qui ont permis des réalisations particulièrement réussies : Ecoles doctorales bilingues, colloque international et cycle de conférences organisés par l’IRMC et délocalisés auprès d’institution algériennes (CRASC d’ORAN, Centre diocésain des Glycines d’Alger et Université Ferhat Abbas Sétif1). 2016 et 2017 verront la poursuite des ces collaborations avec un colloque international « Patrimoines en péril au Maghreb » une Ecole doctorale « Méthodes et pratiques de la sociologie quantitative et qualitative », un projet de recherche académique et d’enquêtes sociologiques « paroles de la violence ordinaire en temps de crise : la décennie noire » qui devrait aboutir à la mise en place d’une phonothèque (sur les archives orales) et une série de réalisations (journées d’études, ateliers de travail, publications)

L’Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain (IRMC) de Tunis a lancé l’initiative d’un observatoire chargé d’étudier les flux migratoires en provenance de la Libye depuis la chute de Mouammar Kadhafi en octobre 2011. L’instabilité politique et les effets de la crise induits par la chute de l’ancien régime ont fait de la Tunisie, pays frontalier, le premier pays d’accueil pour les Libyens qui quittent temporairement ou définitivement le pays.
Le versement de 5000 euros de l’Institut Français de Libye (délocalisé depuis 2014 à Tunis) a permis de lancer le projet en finançant des enquêtes sur le terrain frontalier et une bourse doctorale d’un an destiné à un jeune doctorant tunisien. Les travaux de cet observatoire seront également financés par la subvention du projet H2020 qui sera allouée en 2017 à l’institut.

Collaboration interumifre

Une action inédite de collaboration avec les Ifre et Umifre de la Méditerranée autour de la thématique « Jeunesses en Méditerranée : d’hier à aujourd’hui » a été lancée à Rome en avril 2015 dans le cadre de l’Ecole Française de Rome. Une deuxième réunion s’est tenue les 10 et 11 février à Tunis (EFR, Casa Velazquez, CJB, CRFJ, CEDEJ, IFPO, IFEAD) pour poursuivre la réflexion autour des financements et de la portée du projet.

Une école doctorale thématique CNRS (soutien 5000 euros) associant l’IRMC, le Centre Jacques Berque la Casa Velazquez, et l’EFR se déroulera à Madrid du 7 au 11 mars sur Justices transitionnelles en Méditerranée.

Dernière modification : 02/02/2017

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