Jacques PEREZ

Eléments de biographie

Né en 1932 dans la médina de Tunis, Jacques Perez est d’abord attiré par la poésie, avant de vouer son existence à la photographie, dans la tradition humaniste. Ses oeuvres figurent aujourd’hui dans de nombreuses collections publiques appartenant à la Bibliothèque nationale de France, à la Maison européenne de la photographie ou encore à l’Institut du monde arabe.

Professeur de techniques graphiques pendant une quinzaine d’années, Jacques Perez devient par la suite photographe de l’Association de sauvegarde de la médina (ASM), puis du projet "Tunis-Carthage" financé par l’UNESCO.

À partir de 1975, il mène une carrière de photographe indépendant jalonnée d’expositions, en Tunisie et en France, de spectacles audiovisuels, de nombreuses publications et marquée par de prestigieuses collaborations. Il sera notamment le commissaire pour la photographie de la "Saison tunisienne en France" (1994-1995), un projet piloté par Frédéric Mitterrand.


Aperçu de l’oeuvre


La Tunisie des chemins dérobés

« Inlassablement, il sillonne son pays, de Sidi Bou Saïd à Djerba, de Tabarka aux îles Kerkennah, ramenant des clichés aux antipodes des images généralement véhiculées. »

« Ce qui frappe avant tout dans les photos, c’est la construction qui force le regard, attire l’oeil, le dirige. Et cela de manière simple, sans brusquerie. Un mouvement naturel en quelque sorte, qui aboutit paradoxalement à l’éclatement d’une liberté. Car après ce parcours, l’espace est ouvert. »

« Là, c’est un pêcheur debout sur sa barque qui regarde au loin cette mer évanescente alors que les différents tons de bleu virent au gris. Là, c’est le "cimetière des grands hommes" de Kairouan, où les enfants en tenues multicolores, oasis de vie, éclatent au milieu des tombes blanches. »

« Dans cette Tunisie inondée de lumière jusqu’à l’aveuglement, Jacques Pérez se fait dompteur et jongleur poussant à l’extrême ses choix. On remarque ainsi cette photo prise à Mahdia, chez un bijoutier. Il est dans l’ombre. Seule l’arête de sa chéchia se découpe. Un rayon de lumière sort les bijoux de la pénombre, papillons d’argent, attirant les femmes dans leurs habits blancs. »

« On n’en finirait pas de parler de cette façon de saisir les gestes quotidiens, la plénitude d’une architecture, le passé chargé d’histoire. Ces « chemins dérobés » ne mènent pas à l’insolite mais à la simplicité, voire à l’intimité. On est là dans le domaine de la poésie. »

Pierre Barbancey, à propos de l’exposition "La Tunisie des chemins dérobés", photographiée par Jacques Pérez et racontée par Raja Farhat (1995).


Remerciements

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Photo Anis Mili

Monsieur l’Ambassadeur,
Madame l’Ambassadrice,
Madame la Conseillère de coopération et d’action culturelle,
Madame l’Attachée culturelle,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis.

Je veux tout d’abord dire combien je suis sensible à l’honneur qui m’est fait, par l’État Français, un pays dont je partage la langue et la culture du fait de mon éducation ; une éducation vécue sur la terre de Tunisie, ma patrie, qui a nourri mon imagination, m’a donné sa lumière et a permis cette exaltation nécessaire à l’élaboration de ce que certains appellent, un peu pompeusement, une oeuvre. Une œuvre qui pour moi se résume en quelques images que j’ai eu le plaisir et le bonheur de réaliser. Mais l’essentiel, en ce jour, n’est pas là.

Aujourd’hui je suis surtout heureux de voir réunis en ce lieu si beau et si accueillant, mes amis ; mes amis présents à mes côtés et ceux d’ailleurs, mes amis à qui je veux rendre hommage et sans lesquels je ne serais ce que je suis, ni n’aurais l’honneur d’être ici.
Sans eux mes photographies dormiraient au fond d’une boîte, d’autres pâliraient dans de poussiéreux magasins de diapositives ou bien, pour être de notre temps, seraient enfouies dans la mémoire fragile d’une mystérieuse carte électronique.
Oui, sans préséance, et sans hiérarchie, je ne pourrai pas tous vous citer, mais mes amis se reconnaîtront.

Il y a celui qui m’accompagne depuis toujours et qui met au service des ouvrages que nous réalisons son talent magique de graphiste et de metteur en page ; je veux nommer Paul Adrian Vaughan. Et aussi Leïla Sébaï, historienne, archéologue, écrivain, poète dont les textes savants, précis et inspirés ont portés nos livres au plus haut niveau. Naceur Jeljeli, avant tout ami attentif, mais aussi éditeur et grand imprimeur qui a épaulé et encouragé nos activités et sans lequel nos ouvrages n’auraient pas l’éclat qu’on leur prête.

Tous ceux ici présents parce que leur amitié m’est chère. Et aussi les absents ceux qui comptent dans le parcours qui est le mien.
Je veux citer Edgard Naccache le grand peintre et son épouse Charlotte qui m’ont appris, il y a bien longtemps, à voir au-delà du réel.
Je veux nommer Jellal Abdelkefi qui m’a permis de vivre l’aventure exaltante des temps héroïques de l’Association de sauvegarde de la médina de Tunis.
Et aussi Georges Fradier, directeur du projet Tunis-Carthage UNESCO qui s’est allié à mon travail par sa plume talentueuse de grand écrivain et, par là même, m’a initié à la poésie de l’image.
Raja Farhat qui m’a entraîné, en compagnie de Amel Jédidi, dans les enchantements quelques fois complexes de la "Saison tunisienne en France".
Et aussi Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture et de la Communication de la République française, et Jean Luc Monterosso, Directeur de la Maison européenne de la Photographie à Paris, qui ont soutenu avec générosité et constance mon travail.
Et tous les autres et ils sont nombreux.

En un mot, si je devais conclure, je dirais : je suis ce que vous m’avez donné.

Pour terminer sur une note différente je vais me permettre de vous lire ce que j’ai écrit d’une manière un peu prémonitoire, mais sincère, dans la préface du livre que Leïla Sébaï et moi-même avons consacré à ce palais où nous sommes ce soir :

« Comme un vaisseau qui aurait trouvé en la cité balnéaire de La Marsa son port d’attache, cette demeure n’a pas été construite là par hasard. Bien ancrée au cœur de vastes jardins, à mi-chemin entre la terre et la mer, mais aussi au carrefour des cultures, elle a hébergé aussi bien les Français, dont elle continue d’être la résidence de ses ambassadeurs, que les Tunisiens qui la fréquentent. En cet endroit privilégié, à l’écart de l’agitation de la ville, beaucoup auront su profiter de sa sérénité pour mieux faire connaissance et nouer de durables amitiés. »

Dernière modification : 04/07/2014

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