Journalistes en herbe : un autre regard sur la Tunisie

École primaire, collège, lycée : en ce début d’année 2013, 13 établissements scolaires d’Île-de-France se transforment en "rédactions en herbe" et permettent à de jeunes élèves de découvrir le métier de journaliste... en se penchant sur la Tunisie.

Tourisme, désert, gastronomie, sport, politique ont donné lieu à plusieurs dizaines d’articles et d’interviews, sur les sujets qui ont éveillé l’intérêt des jeunes.

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Interaction entre les classes et leur "envoyé spécial"

Intitulé "Journaliste en herbe", ce projet pédagogique proposé par l’association "Le retour de Zalumée" consiste à établir une correspondance via internet entre des élèves français et un journaliste en reportage dans un pays de la francophonie. Sujet de leur enquête 2013 : la Tunisie.

Les élèves choisissent les sujets, élaborent les interviews, guident le professionnel. L’objectif de l’association consiste à susciter la curiosité et le désir d’apprendre. Il s’agit aussi de "conjuguer éducation aux médias, à la citoyenneté et à la solidarité, sensibiliser au développement durable et à la découverte d’autres cultures de la francophonie", explique l’association.

Treize établissements scolaires d’Île-de-France, plus de 250 élèves du CE2 à la seconde, et une vingtaine d’enseignants ont participé à la campagne 2013.

En plusieurs semaines plus d’une centaine d’articles ont été produits. Des textes, mais aussi des enregistrements audios, vidéos ou des reportages photographiques. ICI par exemple, un employé du ministère tunisien de l’Agriculture explique l’art de la culture sur trois étages dans les palmeraies, un reportage audio et photo enrichi de liens vers des vidéos.

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Utiliser des supports très divers correspond aussi à un objectif pédagogique : familiariser les élèves avec les différents canaux d’information, leur apprendre à utiliser les nouvelles technologies et stimuler leur curiosité.


La culture et l’environnement d’abord !

Au fil de son périple à travers la Tunisie, l’envoyé spécial, un journaliste expérimenté, relate ses expériences dans des articles "carnet de route" : son voyage de Tunis à Sfax par le rail, son excursion aux îles Kerkennah ou encore son campement avec les bédouins, aux portes du Sahara.

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La plateforme web qui regroupe ces articles comporte d’autres rubriques. Au menu, notamment, "Culture et francophonie" propose de nombreux portraits d’artistes tunisiens, des articles sur les musiques traditionnelles, les festivals ou encore la calligraphie. Il est question des richesses du patrimoine tunisien, de ses manifestations les plus dynamiques, mais aussi de certaines difficultés dans l’accès à la culture : le manque de bibliothèques ou le recul du nombre de cinémas par exemple.

Si l’économie, la politique ou encore la vie quotidienne sont à l’honneur, c’est sur les questions environnementales que l’opération "journalistes en herbe" a choisi de mettre l’accent. Focus sur le recyclage des palmes dans l’oasis de Tozeur, questions/réponses entre chamelier et écoliers, enquête des collégiens sur le projet Taparura, dans la baie de Sfax, panorama de la biodiversité dans le lac d’Ichkeul...

"Nombre de reportages réalisés décryptent le développement durable et ses aspects environnementaux", explique l’association. "L’apprentissage de la citoyenneté, des valeurs d’égalité et de solidarité, est au cœur du projet".

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Aller chercher l’information et faire entendre d’autres voix

Pour les jeunes, cette exploration de la Tunisie est aussi l’occasion de confronter les idées reçues aux réalités du terrain. En laissant la paroles à de nombreux experts, à des représentants de la société civile, ils tentent de dresser un portrait équilibré du pays et sont parfois confrontés brutalement aux questions d’actualité : "Pourquoi certains Tunisiens disent "dégage" à la France", se demandent-ils par exemple à la suite d’une série de manifestations.

Le projet a coïncidé avec la diffusion d’un reportage télévisé français particulièrement critiqué en Tunisie : les jeunes cherchent à comprendre et mènent leur contre-enquête, comparant les points de vue exprimés dans différents médias et questionnant des journalistes étrangers présents en Tunisie.

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Donnant tantôt la parole aux experts, tantôt à de simples citoyens, les petits reporters débusquent des sujets de fond à travers la simplicité de leurs questions : la diversification du tourisme tunisien, l’impact de la religion sur le quotidien, le désir de mariage des jeunes, la question du chômage, les espérances portées par les étudiants, le fonctionnement du système éducatif...

"L’exploitation des données journalistiques et leur recyclage favorisent l’acquisition d’un ensemble de compétences et de connaissances permettant à chaque élève d’utiliser les technologies de l’information et de la communication de façon réfléchie et efficace", explique l’association qui espère que la méthode fera des émules.

Elle souhaite aussi que soient repris les textes et les images collectés en Tunisie et dans d’autres pays lors des campagnes précédentes : "Les informations mises en ligne sont à la disposition de tous. Les documents sont exploitables et libres de droits. Ils reflètent la diversité des cultures de la francophonie".

Par ailleurs, le concept des "journalistes en herbe" a suscité l’intérêt des pédagogues en Tunisie. Au cours de son séjour, l’envoyé spécial est entré en contact avec l’Association tunisienne pour la pédagogie du français (AFPF). L’idée d’un "projet-miroir", intitulé "Globe reporters" est en gestation, en partenariat avec l’ATPF et l’Institut français de Tunisie. L’association "Le Retour de Zalumée" a l’intention de proposer à des élèves de Tunisie une correspondance avec un journaliste tunisien qui enquêterait en France.

Dernière modification : 18/10/2013

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