Un jumelage européen pour l’environnement

Le 30 mai, la France et la Tunisie ont lancé un jumelage institutionnel sur le thème de l’environnement. Financé par l’Union européenne à hauteur de 1,2 M€, il s’étendra de mars 2012 à février 2014 et impliquera également la Finlande et les Pays-Bas.

Le but du programme est de renforcer les administrations tunisiennes à travers des échanges d’expertises. Il s’inscrit dans le cadre du Programme d’appui à l’accord d’association et au plan d’action voisinage (P3AII), visant à rapprocher les réglementations tunisiennes et européennes.

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Bénéficiaire : le ministère tunisien de l’Environnement

L’administration tunisienne bénéficiaire est la Direction de la coopération internationale du ministère de l’Environnement.

Les objectifs de ce jumelage sont :
- évaluer la législation en cours et la rapprocher de la législation européenne ;
- appuyer la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement durable ;
- renforcer la maîtrise d’ouvrage publique par la mise en place d’instruments et d’outils opérationnels de gestion des projets.

L’équipe européenne constituée pour la mise en œuvre du programme s’appuie sur un panel d’experts issus des administrations des pays partenaires :
- pour la France, le ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie (MEDDTL), ainsi que le Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres (CELRL) et l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) ;
- pour les Pays-Bas, le Service gouvernemental de l’espace rural et la Commission néerlandaise pour l’évaluation environnementale ;
- pour la Finlande, l’Institut finlandais de l’environnement.

L’expertise française dans le secteur de l’environnement a gagné en reconnaissance avec le lancement du "Grenelle" en janvier 2009. Le MEDDTL s’est clairement engagé à prendre des décisions à long terme, en particulier pour restaurer la biodiversité et instaurer des schémas régionaux de cohérence écologique, tout en diminuant les émissions de gaz à effet de serre et en améliorant l’efficacité énergétique.

Ubifrance organise régulièrement des événements autour des thématiques de l’environnement, appuyant ainsi une offre française complète dans ce secteur (voir l’exemple d’une mission Ubifrance pour les énergies renouvelables).


Une coopération ancienne et active

Dans le domaine environnemental, le jumelage institutionnel européen lancé le 30 mai 2012 complète des dispositifs de coopération franco-tunisien touchant les sphères de l’économie, du social et de la recherche scientifique.

Financement de projets, à travers l’AFD

Depuis 1997 l’ Agence française de développement (AFD) travaille en Tunisie sur deux principaux axes :
- la réduction des pollutions et nuisances (222 M€ cumulés),
- la protection des écosystèmes sensibles (4 M€).

L’ AFD est le premier bailleur de fonds sur le secteur de la dépollution hydrique et de l’assainissement. Quatre projets sont en cours dans ce secteur, pour un montant global de près de 140 M€.

Le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), géré par l’AFD, finance le secteur de l’environnement en Tunisie depuis plus de 10 ans, sous forme de dons, au rythme d’un projet d’1 M€ par an.
Deux nouveaux projets sont en cours de démarrage :
- gestion des oasis côtières de Gabès (0,9 M€, octroi 2009) ;
- gestion intégrée du Parc naturel de Chaâmbi (0,9 M€, octroi 2010).

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Le parc naturel du Chaâmbi (photo tunifun.net), bénéficie des aides du Fonds français pour l’environnement mondial

À ces prêts et à ces dons gérés par l’AFD s’ajoutent les prêts liés du ministère de l’Économie, sur la Réserve pays émergents (RPE) :
- 8M€ pour la dépollution et l’aménagement des plages de Taparura (Sfax), dégradées par l’industrie du phosphate ;
- projet envisagé dans le domaine du solaire.

Coopération technique, scientifique et universitaire

La coopération entre la France et la Tunisie se développe aussi dans les échanges humains, les expertises et les formations, en dehors des jumelages européens.

- À la demande du ministère tunisien de l’Environnement, plusieurs experts français ont été mobilisés en 2011, notamment dans les domaines de l’écotourisme et dans celui des zones protégées. Dans ces opérations, les partenaires français étaient les agences techniques du Ministère du développement durable, le Conseil général de l’eau et du développement durable, ainsi que l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (ADEME).

- L’ADEME coopère avec deux agences tunisiennes : l’Agence nationale de gestion des déchets (ANGED) et l’Agence nationale de maitrise de l’énergie (ANME).

- Une coopération technique scientifique et universitaire des établissements publics et parapublics a été mise en place. L’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER), le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et l’Institut de recherche pour le développement (IRD) sont des partenaires de la coopération universitaire et scientifique. De nombreux doctorants boursiers travaillent sur des sujets liés à l’environnement (voir quelques exemples de recherches menées par l’IRD).

- Le Conservatoire du littoral poursuit également une coopération avec son équivalent tunisien, l’Agence de protection et
d’aménagement du littoral (APAL).

- Dans le cadre de la coopération décentralisée, de nombreuses collectivités locales françaises interviennent par ailleurs sur des thématiques environnementales (déchets, zones marines, énergies renouvelables, lutte contre les moustiques).

- La France représente également un acteur indirect par le biais de la Facilité africaine de l’eau et de l’, organisations au sein desquelles des assistants techniques français sont présents.


Autres jumelages institutionnels lancés en 2012

- un jumelage pour la protection du consommateur
- un jumelage sur la veille zoosanitaire, destiné à la prévention des épidémies animales
- un jumelage institutionnel dans le domaine de l’éco-construction

Dernière modification : 24/10/2016

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