Le BAC, un soutien pour les associations tunisiennes

« La politique, ce n’est pas seulement les élections : depuis la révolution c’est toute la société civile qui bouillonne. Les jeunes ont envie de s’engager, ils ont plein d’idées, ils prennent des initiatives… Reste parfois à structurer tous ces projets ». Amélie est chargée de développement au Bureau association conseil (BAC). Elle fait partie des six volontaires français arrivés en Tunisie cet automne pour animer cette toute jeune structure.

Leur objectif : apporter un soutien technique, administratif et juridique au monde associatif tunisien. Amélie explique : « Mon rôle, c’est de répondre aux demandes des associations tunisiennes en gestion de projets, de les aider à formuler leurs besoins, de favoriser les rencontres et les synergies entre structures, de monter des dossiers de financement ».

Il y aurait près de 10.000 associations en Tunisie.

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L’équipe des volontaires du BAC, coordonnée par Badis Boussouar (à droite)

Structurer, formaliser, mettre en réseau

En ce moment, Amélie se penche sur un projet de documentaire sur la révolution monté par l’Association pour la citoyenneté et la culture numérique (ACCUN) de Menzel Bouzaiène, près de Sidi Bouzid. C’est de cette région qu’est partie le soulèvement, fin 2010. « L’idée de ce film, c’est de permettre aux jeunes de donner leur version des faits, une vision que les médias traditionnels ne relaient pas ».

Au-delà, le projet doit permettre de former les volontaires aux techniques journalistiques, documentaires, aux nouveaux outils numériques. « En fait, la démarche s’inscrit dans un cadre plus large d’accès à l’information, via les nouveaux média. Ici, l’objectif est de réduire la fracture entre la capitale et les régions les plus reculées, de rompre l’isolement ».

Amélie donne un coup de pouce pour finaliser le dossier de financement. Le BAC à également mis en contact ACCUN et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme (REMDH), qui a envoyé quelques ordinateurs pour équiper l’association. Pour les structures tunisiennes, l’un des rôles du BAC est précisément de donner accès à de nouvelles ressources, de débloquer des moyens, de favoriser la mise en réseau afin que les projets décollent.

« Depuis la révolution, beaucoup de fondations et de bailleurs internationaux sont désireux de soutenir la société civile tunisienne » explique Céline, chargée de projet. Seulement, ces bailleurs sont très rigoureux. Ils exigent des associations des dossiers totalement aboutis, déposés de longs mois en avance. « C’est là qu’on peut intervenir ! » complète Badis, coordinateur de l’équipe.
« Il y a des projets passionnants mais qui demandent à être affinés pour devenir éligible à des aides »
À l’automne dernier, l’Institut français de Tunisie (IFT) a reçu près de 140 demandes de subvention.

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Amélie, Antoine et Céline dans leur bureau, rue de Villars (Tunis)

Une structure montée en six mois

L’Institut français de Tunisie est l’un des partenaires clefs du BAC. En mai 2011, quelques mois seulement après la chute de Ben Ali, l’IFT pilote le Forum tuniso-français de la société civile (voir le bilan du forum ici). S’y retrouvent plusieurs centaines de professionnels et de militants et c’est là que démarre le projet du BAC.

L’idée, lancée par plusieurs associations tunisiennes, est reprise par Jean-Marc Borello, président du Groupe SOS. Avec 7000 salariés, le groupe est l’une des plus grosses structure d’entrepreneuriat social en France. C’est lui qui lance véritablement le projet, en partenariat avec l’IFT, l’Agence du service civique et plusieurs associations tunisienne. Parmi elles : Amal, qui vient en aide aux mères célibataires, Randet, qui œuvre dans le domaine de l’environnement ou encore Enda Interarabe, dédiée au microcrédit.

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L’affiche du forum 2011

En juillet une délégation française revient en Tunisie pour signer les conventions, les volontaires sont recrutés dans la foulée. « La demande de la société civile était très forte. Tout le monde tenait à ce que les choses aillent vite et que des résultats concrets arrivent » raconte Badis, premier volontaire à traverser la Méditerranée. En décembre, le BAC inaugure ses bureaux à Tunis, nichés dans une petite maison à proximité de la médina.

Depuis, les projets se multiplient. Céline travaille par exemple sur l’appui logistique à une caravane médicale qui doit, dans les prochains mois, parcourir les régions les plus déshéritées du pays. Les 30 et 31 mars prochain, la seconde édition du Forum tuniso-français de la société civile donnera l’occasion de tirer un premier bilan de l’opération.


Aider la société civile tunisienne à se renforcer

Au-delà des coups de main à telle ou telle association, Badis tient à une démarche plus globale de renforcement de la société civile. « Le milieu associatif français, dont sont issus les volontaires, est déjà très professionnalisé, très structuré » fait-t-il remarquer. « L’une des idées fondatrice du BAC, c’est de partager ce savoir faire ». Paul, chargé de communication, lui fait écho : « À moyen terme, nous souhaitons offrir des formations ici, dans nos bureaux, en particulier dans le pilotage de projet, la communication et le juridique. »

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Aintoine Villard, le juriste du BAC.

L’échange de jeunes volontaires dépasse d’ailleurs les limites du BAC. « En plus de notre équipe, il y a plusieurs volontaires français intégrés directement au sein d’associations tunisiennes » explique Badis. Parmi les priorités d’action, la sensibilisation à l’environnement et à la citoyenneté figurent en bonne place. Au sein de l’association "Les amis du Belvédère", Vaea travaille par exemple à la mise en place de jardins collectifs dans un quartier de Tunis, un projet réalisé en concertation avec les habitants.

Le transfert de compétence se déroule aussi lieu sur le sol français : quinze Tunisiens sont partis pour six mois dans l’hexagone, où ils sont intégrés à différentes structures du Groupe SOS. À leur retour, ces jeunes apporteront un œil nouveau et une expertise plus solide au sein du secteur associatif tunisien. « Le partenariat dans lequel s’intègre le BAC est programmé sur deux ans », conclut Badis. « C’est dès maintenant que l’on doit penser au passage de relais. »


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Mél : equipebac@bac-associations.tn
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Site internet : www.bac-associations.tn

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En janvier 2013 le BAC s’est installé à la "Maison des association", qui regroupe plusieurs acteurs d’échange et d’appui à la société civile tunisienne.

Maison des associations :
5, rue Ibn Charaf – 1002 Belvedère, Tunis.
du lundi au vendredi, de 9h à 12h30, et l’après-midi sur RDV.


Lire aussi, sur le site de l’Institut français de Tunisie :

- Le Bureau associations conseil (BAC)
- Bureau associations conseil, un nouvel outil au service des associations tunisiennes
- Soutenir la société civile : nouveaux défis
- Le Bureau associations conseil lance son site
- Le programme de volontariat de service civique

Dernière modification : 08/05/2014

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