Entreprises françaises dans la ZI de M’ghira

La zone industrielle de M’ghira est la plus étendue de Tunisie. Plusieurs dizaines d’entreprises françaises y sont implantées. Le 2 mars 2012 Boris Boillon a visité deux d’entre elles.

Aerolia, la première, fournit des pièces de fuselage à l’avionneur Airbus. Ses investissements importants ont un fort effet d’entrainement pour la zone industrielle et pour l’emploi local.

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Sur le site d’Aerolia

La seconde, Lynx, est une fonderie d’aluminium. Entreprise familiale, elle est l’un des éléments moteurs du Groupe de maintenance et de gestion (GMG), la structure qui assure l’administration et l’entretien de la ZI.

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Sur le site de Lynx

Deux profils d’entreprises, deux type d’impact sur l’activité de M’ghira.


Aerolia dope l’activité de M’ghira

Aerolia est le numéro 1 français des aérostructures et le numéro 2 mondial des fuselages d’avions. Chaque année, des millions de personnes franchissent ses portes… en embarquant dans des appareils Airbus. Cette filiale d’EADS a décidé d’investir sur le sol tunisien, où elle fabrique notamment des portes et des "nez" d’appareils.

En 2009, Aerolia s’installe à M’ghira, dans le grand Tunis. Depuis, 17 millions d’euros ont été investis et plus de 400 personnes recrutées. « Nous cherchons à faire tourner le site à plein régime », explique Dominique Alexandre, le directeur général de la filiale tunisienne. « Les carnets de commande d’Airbus sont pleins et nous allons devoir suivre le rythme » poursuit-il. D’ici la fin de l’année, près de 200 personnes pourraient encore être embauchées. « Pour l’instant nous produisons un "nez d’avion" par semaine, d’ici la fin de l’année nous espérons pouvoir en produire deux par jour ! »

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Dans le hall de l’usine, une maquette permet de mieux comprendre le potentiel du site. 8.000m² d’ateliers, 3.500m² de bureaux, les installations sont parmi les plus vastes de la Z.I. « Surtout, on a gardé beaucoup de marge en vue d’extensions futures » commente Dominique Alexandre. « Nous pouvons potentiellement utiliser une surface de 32.000m² ».

Au programme figure un champ de panneaux solaires qui devrait permettre à l’usine d’approcher l’autonomie énergétique. « Ces investissements supplémentaires restent dépendant de la réalisation de nos objectifs intermédiaires en terme de production, de qualité et de résultats financiers » tempère le directeur du site.

La maquette inclut aussi une dizaine d’autres bâtiments, répartis à proximité immédiate de l’enceinte d’Aerolia. Interrogé sur leur présence, Dominique Alexandre précise : « Ce sont nos partenaires, vous êtes passés devant en arrivant. Nous avons contribué à négocier leur implantation ici. Ils font partie du projet d’Aerolia Tunisie depuis ses débuts ».

Fabriquant d’outils industriels, entreprise spécialisée dans les transports exceptionnels, ateliers peinture et traitement de surfaces, entreprises de soudure et d’assemblage… ce ne sont pas moins de sept sous-traitants qui ont suivi Aerolia à M’ghira. Certains sont opérationnels depuis près de deux ans, d’autres achèvent leurs installations.

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Dans les ateliers d’Aerolia

Dernier volet sur lequel planchent Aerolia et ses fournisseurs : la formation de la main d’œuvre, souvent l’un des éléments clef d’une implantation réussie. « Dans l’aviation, les standards de qualité sont très élevés : la formation d’un bon opérateur prend deux à cinq ans » explique Dominique Alexandre. Dans le domaine, Aerolia a choisit de collaborer avec le gouvernement, en amont. Dès 2009 un centre de formation a été installé dans la zone, financé en partie grâce au concours de l’Agence française de développement (AFD).

Le directeur insiste sur l’importance de voir le gouvernement poursuivre une politique volontariste en la matière : « Il est important que le personnel que nous recrutons ait une bonne formation de base pour qu’il puisse ensuite se perfectionner dans nos ateliers. C’est par la qualité du capital humain que l’aéronautique a une chance de poursuivre son développement en Tunisie ».

Lire aussi : Le président Moncef Marzouki visite Aerolia


Lynx et les entreprises françaises veulent renforcer M’ghira

Implantée en Tunisie en 2005, Lynx est une PME française tournée vers l’exportation. Dans les 2.500m² du site, six employés travaillent à la fonderie, moulant des pièces en aluminium.

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Rachel Oser explique le fonctionnement de la fonderie

Si l’usine n’a pas le gabarit des grandes entreprises qui l’entourent, sa gérante, Rachel Oser déploie beaucoup d’énergie à l’amélioration de la ZI de M’ghira. Pour échanger avec l’Ambassadeur, elle a invité plusieurs entrepreneurs français ainsi que Mohamed Haddad, directeur du Groupe de maintenance et de gestion (GMG), la structure de gestion de la zone industrielle.

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Les chefs d’entreprises françaises installées dans la zone industrielle de M’ghira

Avec l’Ambassadeur, les entrepreneurs ont discuté des pistes pour renforcer la qualité des prestations offertes par M’ghira : programme de communication global, renforcement des transports pour les employés, mise en place de structures communes d’accueil et de restauration, les idées ne manquent pas.

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Mohamed Haddad, président du GMG, expose la situation de M’ghira

Autour de la table, les atouts de la zone font l’unanimité : située à 10 minutes du port de Radès, à 30 min de l’aéroport de Tunis-Carthage, M’ghira est placée à un carrefour stratégique, à proximité immédiate de la capitale, un vivier de main d’œuvre. 200 entreprises y sont déjà installées et une quarantaine de chantiers sont en cours.

« Les entreprises qui investissent ici participent à la dynamique de relance de l’économie et de l’emploi » a rappelé Boris Boillon. En 2012, l’une des priorités de l’Ambassade de France consistera précisément à travailler sur l’attractivité du pays. L’un des axes retenu : renforcer le dialogue entre PME, investisseurs internationaux et gouvernement tunisien.

Dernière modification : 24/10/2016

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