Promesses de l’énergie renouvelable en Tunisie

Ubifrance, l’Agence française pour le développement international des entreprises, a accueilli à Tunis une importante délégation française spécialisée dans les énergies renouvelables.

Organisée en collaboration avec les pôles de compétitivité français et avec l’appui financier de la Direction Générale de la Compétitivité de l’Industrie (DGCIS), cette mission de trois jours avait pour principal objectif la rencontre et la mise en place de partenariats entre structures françaises et tunisiennes. Au cœur de cette visite, la journée du 28 février a été consacrée à l’intervention d’experts et à des rendez vous BtoB. Zoom sur une mission susceptible de dynamiser les énergies renouvelables en Tunisie.

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Lors des rendez-vous BtoB

La Tunisie, pays à fort potentiel pour le renouvelable

Renchérissement des énergies fossiles, questions de sécurité énergétiques, deux raisons qui poussent aujourd’hui la Tunisie à se tourner vers les énergies alternatives.

L’énergie solaire a un très fort potentiel dans le pays. C’est d’ailleurs à cette source d’énergie que s’intéresse principalement la délégation française de passage à Tunis. Du nord au sud, le pays compte 2.700 à 3.600 heures d’ensoleillement par an, contre moins de 1.800 heures à Paris, par exemple.

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Devant un parterre d’experts et d’entrepreneurs, les représentants de l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie (ANME) et de la Chambre syndicale nationale des énergies renouvelables (CSNER) mettent en avant d’autres avantages compétitifs favorables à l’implantation d’une filière solaire en Tunisie. Parmi eux, l’existence d’importants gisements de minéraux entrant dans la fabrication de capteurs photovoltaïques, où encore l’architecture de la plupart des bâtiments, dont les toits plats se prêtent à l’installation de panneaux solaires.

Dans la salle, les caractéristiques du marché électrique tunisien n’ont pas échappé aux entrepreneurs et aux chercheurs français. L’un d’eux fait remarquer : « En été, l’usage des climatiseurs fait exploser la consommation électrique du pays. C’est là que la demande énergétique est la plus forte et c’est précisément là que les installations photovoltaïques donnent le maximum de leur puissance ». Le solaire pourrait permettre de résoudre le problème des pics de consommation.

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La Tunisie est engagée dans le projet Desertec et devrait accueillir dans les prochaines années une gigantesque centrale solaire destinée à approvisionner le marché européen.

Il y aussi des PME qui pilotent des projets destinés au marché local : « générateurs résidentiels, mini-centrales adaptées aux besoins d’unités industrielles précises. Il y a de la place pour beaucoup de petites unités qui peuvent répondre à la demande des zones rurales isolées » commente Alexandre Bisquerra, chargé des énergies renouvelables au sein d’Ubifrance. Pour ces PME, la Tunisie représente un terrain de recherche et d’expérimentation, voir une porte d’entrée vers l’Afrique ou le Moyen-Orient.


Débouchés et R&D pour les pôles de compétitivité français

« En Tunisie, les services R&D des pôles français sont susceptible de trouver beaucoup d’application concrètes, c’est pour cela que les pôles de compétitivité s’investissent autant », confie un participant. Au sein de la délégation, plusieurs chercheurs et responsables de laboratoires confirment leur volonté d’implanter en Tunisie des sites pilotes, d’y former du personnel et de perfectionner leurs technologies, avant de passer à une distribution à grande échelle.

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Parmi les programmes envisagés, Microsol, développé par le pôle "Technologies, énergies, nouvelles énergies renouvelables Rhône-Alpes, Drôme, Isère, Savoie" (TENERRDIS) et le pôle Capenergies, fait la promotion de mini-centrales de production électrique, couplées à des dispositifs d’extraction et de traitement des eaux. Des installations dont la puissance peut permettre de couvrir les besoins de villages éloignés des grands réseaux électriques. Près d’un million de sites dans le monde pourraient être concernés par les technologies développées. Plusieurs d’entre eux sont à l’étude en Tunisie.

Wided Ben Naceur, chargée de projet à l’Agence française de développement (AFD), conclut la série d’interventions en expliquant que certains des projets discutés pourraient aussi bénéficier d’une ligne de crédit dédiée aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique.

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Wided Ben Naceur, en charge des énergies renouvelables au pôle tunisien de l’AFD.

Plus de 20M d’euros ont été prêtés par l’AFD depuis 2008 et d’importants crédits restent à la disposition des entrepreneurs en cette année 2012.


Les rencontres BtoB, prémices de futurs partenariats

Les interventions prennent fin et la salle de conférence est remodelée. Exit les alignements de chaises, place aux petites tables autours desquels entrepreneurs français et tunisiens peuvent échanger librement, par plages de 30 minutes. « C’est vraiment le moment important de la visite explique Michèle Feki, conseillère export d’Ubifrance, car c’est là que se font vraiment les rencontres et se nouent les futures partenariats ».

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Les rendez-vous BtoB sont au cœur de la mission organisée par Ubifrance et les pôles de compétitivité. Ils occupent une bonne partie de la journée du 28 février. « Les structures françaises définissent leurs besoins en amont et nous leurs sélectionnons des partenaires locaux potentiels » précise Alexandre Bisquerra, qui a contribué à coordonner les 150 rendez-vous programmés cet après-midi là.

Le fabricant de panneaux solaires Axiosun, par exemple, est venue rencontrer des partenaires industriels capables de développer de micro-usines sur le sol tunisien. Un représentant du Commissariat à l’énergie atomique cherche quant à lui des partenaires à fédérer autour du projet "Euromed Institute of Technology" (EMITEC), un centre de recherche franco-tunisien qui fera la part belle aux énergies renouvelables. Une table à côté, le représentant d’"Énergie solaire solidaire et développement durable" (E2S2D) présente le fonctionnement des cuiseurs solaires que l’association a développés à l’usage des familles vivant dans des zones isolées.

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Les entretiens durent une trentaine de minutes environ.

« Les échanges doivent d’être rapides et les présentations efficaces » explique Michèle Féki. « La mission dure trois jours, il s’agit avant tout d’une prise de contacts. C’est dans les prochains mois que l’on verra les premiers projets se concrétiser » poursuit-elle.


Convention entre l’Écopark de Borj Cedria et un pôle français

Le partenariat entre l’Écopark tunisien de Borj Cedria et le pôle de compétitivité DERBI est quant à lui rôdé depuis plusieurs années déjà. « Un bel exemple de partenariat gagnant-gagnant » assure André Joffre, président du pôle implanté à Perpignan. Échange de chercheurs, montage de projets collaboratifs, accueil d’étudiants tunisiens sont au programme d’une nouvelle convention signée entre DERBI, l’Écopark et l’Institut méditerranéen des énergies renouvelables (IMEDER), structure qui soutient les PME du secteur et travaille aux transferts de technologies entre les deux rives de la Méditerranée.

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Le président du pôle DERBI, le directeur de l’Écopark de Borj Cedria et la représentante de l’Institut méditerranéen des énergies renouvelables signent une convention de partenariat

« Notre plateforme de recherche a pour vocation de rassembler les compétences dans le domaine des énergies renouvelables en Tunisie. On s’inspire beaucoup du travail d’un pôle comme DERBI » explique Néjib Karafi, directeur de l’Écopark. Échange de compétences, montage de projets, le nouveau partenariat doit consolider l’Écopark, renforcer sa structure.

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André Joffre et Néjib Karafi

Le directeur conclut : « L’objectif final est de faire travailler main dans la main universitaires, étudiants et entreprises. C’est par des synergies entre recherche, formation et production que la Tunisie va monter en compétence »… et s’affirmer comme un modèle de développement du renouvelable au Maghreb.

Dernière modification : 24/10/2016

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