Coopération contre les épidémies animales

Face à l’émergence de nouvelles épidémies animales dans la région, notamment en Libye, le renforcement de la veille zoosanitaire est devenu une priorité pour la Tunisie.

Depuis 2007, un pôle scientifique et technique tunisien s’est spécialisé sur la question : le Centre national de veille zoosanitaire (CNVZ), soutenu par la France dès ses débuts via des échanges d’expertises. Depuis janvier 2012, un jumelage institutionnel financé par l’Union européenne impulse une nouvelle dynamique au CNVZ. À terme, il devrait permettre au Centre d’atteindre un niveau de performances vétérinaires équivalent à celui des pays européens.


Un programme institutionnel et technique

Le jumelage "Renforcement des capacités du Centre national de veille zoosanitaire (CNVZ)", entre la Tunisie, la France et l’Italie, s’étale de janvier 2012 à janvier 2014. Durant deux ans, experts français et italiens aideront leurs collègues tunisiens à développer le dispositif de surveillance des maladies animales. Objectif : renforcer les capacités du CNVZ, notamment en matière de documentation et de formation continue, afin de réduire l’impact économique, social et surtout sanitaire des maladies animales. Un travail qui devrait contribuer à renforcer l’autosuffisance alimentaire du pays.

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Conséquence directe de cette action d’appui administratif, scientifique et technique : le renforcement de l’expertise du CNVZ et sa reconnaissance au niveau international, en tant que centre collaborateur auprès de l’Organisation mondiale de la santé animale.

Indirectement, le programme devrait avoir un impact sur les exportations tunisiennes, en apportant de nouvelles garanties sur la qualité des denrées animales produites dans le pays.


L’expertise de structures françaises

La place de la France est prépondérante dans ce jumelage qui mobilise plus de 40 experts et plusieurs structures :

- le ministère de l’Agriculture dont dépendent la Direction générale de l’alimentation (DGAL), France vétérinaire international (FVI), les Écoles nationales vétérinaires (ENV) et les Écoles nationales des services vétérinaires (ENSV),

- des structures scientifiques françaises, telles que le Centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentaire, de l’environnement et du travail (ANSES).

L’Italie est un partenaire junior, apportant son expertise à travers l’Istituto caporale di teramo (ICT). L’Espagne devrait aussi mettre quelques experts à disposition du programme.

Le budget global du jumelage s’élèvera à 1,1 million d’euros.

Le 19 avril 2012, lors du lancement officiel du programme, à la Maison des vétérinaires de La Rabta (Tunis), l’ambassadeur Boris Boillon a salué cette initiative portée par la France et par ses partenaires européens. En présence du secrétaire d’État à l’Agriculture Habib Jemli et de Françoise Millecam, chef de la coopération au sein de la délégation de l’Union européenne en Tunisie, l’Ambassadeur a souligné la position stratégique de l’Afrique du Nord concernant cette problématique : « passerelle entre l’Afrique subsaharienne et l’Europe ». Il a aussi appelé à poursuivre d’autres partenariats en cours, comme le Réseau méditerranéen de santé animale (REMESA).

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Télécharger le discours préparé par Boris Boillon

19 jumelages européens en cours

Ce jumelage s’inscrit dans le Programme d’appui à la mise en œuvre de l’Accord d’association et du Plan d’action voisinage (P3A), un programme de coopération financé par l’Union européenne dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen. Le P3A vise notamment le rapprochement des législations dans les domaines de l’acquis communautaire et la mise à niveau des administrations.

Actuellement 19 jumelages européens sont en cours en Tunisie dont 13 remportés par la France sur des sujets très divers tels que :

- la mise en place d’un cadre de politique monétaire axé sur le ciblage de l’inflation à la Banque centrale de Tunisie,
- le renforcement des capacités institutionnelles de la Cour des comptes en matière de contrôle et d’audit des fonds publics,
- l’appui institutionnel dans le domaine de l’environnement et du développement durable,
- le renforcement des capacités institutionnelles du Centre de formation et d’appui à la décentralisation (CFAD).

Le 3 avril dernier, la France et ses partenaires européens ont lancé le jumelage institutionnel "Surveillance du marché, contrôle de la qualité et protection du consommateur".

Dernière modification : 24/10/2016

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