Message à la communauté française de Kairouan

Le 9 décembre 2013, l’ambassadeur de France a passé la journée dans le gouvernorat de Kairouan : dialogue avec les autorités, visite de chantiers financés par l’AFD puis de monuments historiques, interview sur Sabra FM et rencontre avec la communauté française.
Pour en savoir plus sur cette journée, cliquez ICI.

JPEG - 110.3 ko
Cliquez pour accéder à l’album photo

Message de M. François Gouyette à la communauté française de Kairouan
9 décembre 2013

« (...) Je suis arrivé en Tunisie en septembre 2012 et j’avais prévu de venir déjà au printemps dernier. Malheureusement, des contraintes de calendrier m’avaient obligé à reporter mon voyage mais je tenais absolument à venir à Kairouan avant la fin de l’année. C’est chose faite.

Cette visite coïncide d’ailleurs avec le 25ème anniversaire de l’inscription de Kairouan au patrimoine universel de l’humanité par l’UNESCO, le 9 décembre 1988. C’est donc vraiment une date symbolique et je suis très heureux qu’elle coïncide avec celle de ma visite à Kairouan.

Cette visite m’a permis d’abord d’assister au côté du Directeur de l’Agence française de développement Cyrille Berton, de la représentante de l’Union européenne et de notre consule générale en Tunisie Martine Gambard-Trébucien, que certains d’entre vous connaissent, à l’inauguration de deux projets importants financés par la France et l’UE. D’une part, un projet de mise en valeur de la médina et un second projet concernant la réhabilitation du quartier populaire Ennasr Balaoui. Quand on le visite, on s’aperçoit qu’il y a effectivement beaucoup à faire, notamment en ce qui concerne la voirie. Cela représente un financement important à travers un prêt de l’AFD, un don de l’Union européenne et une contribution de la municipalité, évidemment.

Le programme tunisien de rénovation urbaine concerne souvent des municipalités aux moyens insuffisants qu’il convient d’aider. La France, vous le savez, est déterminée à aider la Tunisie. Elle est déterminée à aider le peuple tunisien et elle est déterminée à aider la Tunisie dans sa transition démocratique. Vous avez déjà entendu cela lorsque le président de la République est venu en juillet. Il a adressé ce message à l’ensemble des Tunisiens. Il n’y a rien de plus précieux, nous semble-t-il aujourd’hui, pour la Tunisie qui est un pays souverain, libre et indépendant - dont nous respectons et la souveraineté et l’indépendance et au côté duquel nous nous tenons fermement - que de préserver cette transition démocratique et d’en préserver le caractère pacifique.

Il convient pour cela, et nous l’avons encore redit la semaine dernière très solennellement, que toutes les forces politiques fassent preuve de l’esprit de responsabilité nécessaire pour arriver à un compromis, sur la base de la feuille de route que l’ensemble des partis ont signée. Ils se sont engagés et cette feuille de route doit être appliquée dans le cadre du dialogue national. On peut d’ailleurs saluer les efforts vraiment remarquables fournis par ce qu’on appelle le quartette, notamment l’UGTT et l’UTICA qui travaillent main dans la main. C’est très important, dans le contexte actuel, de voir cette volonté des deux grandes organisations, l’une syndicale, l’autre patronale, d’œuvrer ensemble dans l’interet du pays. Nous, nous souhaitons vraiment que la stabilité du pays soit préservée, que la transition démocratique se poursuive et qu’elle puisse aboutir rapidement à la promulgation de la Constitution et à de nouvelles élections qui permettront au peuple tunisien de choisir, de trancher, de décider de son destin. Et nous respecterons son choix quel qu’il soit. Nous serons toujours à ses côtés.

C’est cela notre message. Ce ne sont pas seulement des mots en l’air, c’est aussi une action concrète, nous l’avons vu aujourd’hui. Notre action en Tunisie, au-delà des mots, est dirigée vers le peuple tunisien, notamment vers les populations les moins favorisées. C’est pour cela que nous avons choisi des quartiers souvent déshérités pour manifester notre soutien concret, malgré les contraintes budgétaires que vous connaissez. Vous êtes Français et vous savez quelles sont nos contraintes aujourd’hui, dans un contexte de crise internationale.

Il y a la politique, bien sûr, et tout est politique aujourd’hui en Tunisie. L’économie est effectivement dans l’attente d’un règlement de la crise politique pour se relancer, afin que l’année 2014 soit meilleure, nous l’espérons, que l’année 2013.

Il y a aussi les hommes, les femmes, notre communauté française. Je suis très heureux de pouvoir vous accueillir ce soir, avec Martine Gambard Trébucien, pour faire votre connaissance. Vous n’êtes pas aussi nombreux que dans les grandes villes comme Tunis, Sousse et Sfax mais je suis frappé de constater qu’il y a aussi beaucoup de Français dans le gouvernorat de Kairouan. C’est important pour nous de vous rencontrer et nous sommes à votre écoute, notamment les services du Consulat général. La Consule elle-même, qui a tenu à faire ce déplacement, se tient à votre disposition si vous avez des problèmes particuliers à lui soumettre.

Nous sommes, d’une manière générale, à l’écoute des préoccupations de notre communauté, notamment en matière de sécurité. Nous avons comme vous le savez un système d’îlotage et votre nouveau chef d’îlot est là. Lui aussi est un relais, notamment pour les questions de sécurité. Un mot là-dessus : nous n’avons pas aujourd’hui de craintes particulières. Bien sûr, vous êtes régulièrement informés par le consulat, lorsque c’est nécessaire. Des SMS rappellent les consignes élémentaires de sécurité qui s’imposent en cas de pic de crise. Il s’agit notamment d’éviter les attroupements.

Pour le reste, les Français vivent bien. Ils ne vivent pas différemment des Tunisiens, d’ailleurs. Beaucoup d’entre vous sont binationaux et ceux qui ne le sont pas vivent au côté des Tunisiens. Ils partagent leurs espoirs, parfois leurs inquiétudes, leurs moments de joie et de peine. Voilà, il n’y a pas de différence de perception. Après, il y a des dispositions particulières pour nos ressortissants qui s’appliquent dans le cadre du plan de sécurité de l’ambassade.

Je l’ai encore redit sur les ondes de Sabra FM tout à l’heure, les touristes, non seulement peuvent mais doivent venir en Tunisie. Il n’y a aucune espèce de restriction, sauf évidemment dans les zones les plus exposées au risque mais ces zones-là, par définition, sont interdites d’accès par les autorités militaires. À part aller dans l’extrême sud tunisien, à la lisière de la frontière avec le sud algérien, il n’y a aucun problème pour les touristes qui veulent aller n’importe où en Tunisie, que ce soit sur la côte ou à l’intérieur du pays. À Kairouan, par exemple, il n’y a aucune espèce de problème. Il faut être vigilant mais il faut être vigilant partout.

Alors on me dit : « Oui, mais vous avez fait passer le littoral en zone jaune ! ». Tout le Sénégal est en zone jaune et cela n’empêche pas les Français d’aller y passer leurs vacances par dizaines de milliers. Il ne faut pas sur-réagir, sur-interpréter ces mesures qui sont des mesures de bon sens. Quand un attentat survient, partout dans le monde, on dit aux gens d’être plus prudents mais on ne les dissuade pas d’aller en vacances là où il a pu y avoir un attentat. Sinon, on dirait de ne plus aller au Maroc et dans la plupart des pays du monde. Sachez que nous ne décourageons pas les touristes de venir en Tunisie. Au contraire, on y est toujours bien accueilli et je dois dire que j’ai eu le sentiment de trouver à Kairouan une ville paisible. Je l’ai dit à quelques compatriotes, j’ai été assez frappé de constater que l’atmosphère y est plutôt détendue. (...) »

Dernière modification : 30/06/2016

Haut de page