Microcrédit : l’AFD apporte son soutien à Enda inter-arabe

Le 1er février 2013, l’ambassadeur de France François Gouyette et le directeur du bureau de l’Agence française de développement en Tunisie (AFD) Cyrille Berton, ont signé avec Mme Essma Ben Hamida, directrice et fondatrice d’Enda inter-arabe, une convention de financement de quatre millions de dinars. Les fonds prêtés par l’AFD doivent constituer un levier pour l’association qui projette un renforcement de ses activités dans les zones rurales.

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Esma Ben Amida, directrice et fondatrice d’Enda inter-arab, François Gouyette et Cyrille Berton.

"Les pauvres ont autant besoin de services financiers que les riches"

Fondée en 1990, Enda inter-arabe s’est donné pour objectif la lutte contre la pauvreté par l’appui aux micro-entreprises, apportant des appuis financiers et techniques aux populations exclues du système bancaire formel. "Le microcrédit est destiné à tous ceux qui sont désireux d’entreprendre, même les plus modestes" pose Essma Ben Hamida, avant d’ajouter : "Contrairement aux idées reçues, les pauvres ont autant besoin de services financiers que les riches".

À ses débuts, l’association s’est surtout concentrée sur les banlieues des grandes agglomérations, les quartiers populaires où elle mène à la fois des actions sociales et des appuis aux petits entrepreneurs. Aujourd’hui, avec près de 200.000 clients actifs, Enda inter-arabe est la plus importante structure de micro-finance en Tunisie. Plusieurs fois primée à l’international, l’association est reconnue pour son éthique et son professionnalisme. Elle s’emploie à renforcer sa présence à travers tout le territoire, pour toucher de nouveaux publics.


Renforcer l’action d’Enda dans les zones rurales

En 2009, l’AFD a appuyé financièrement Enda dans une enquête sur les besoins de financement dans les zones rurales. L’agriculture représente une part importante de l’économie tunisienne et l’accès au financement est un enjeu majeur pour le développement des petites exploitations.

"L’étude a montré que beaucoup de paysans n’avaient pas accès aux voies de financement traditionnelles, explique la présidente d’Enda, parce qu’ils ne les connaissent pas, sont trop isolés ou alors ne présentent pas de garanties suffisantes aux yeux des banques. Or, leurs besoins de services financiers et de soutien est grand : leur prêter de l’argent, même de petites sommes, leur permet d’accéder aux techniques de base, d’être moins vulnérable, je pense notamment aux femmes".

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Enda évalue à 460.000 le nombre de personnes pouvant potentiellement bénéficier d’un financement en zone rurale. Sur ses 66 antennes, l’association en compte 25 dans les campagnes. Elle projette d’en ouvrir de nouvelles. D’ici 2015, Enda espère consacrer 50% de son portefeuille au monde rural (40% aujourd’hui). Les 4 MDT mis à sa disposition par l’AFD devraient contribuer à atteindre cet objectif, avec à la clef trois dividendes : un impact social, l’emploi et la croissance.

Complément des appuis financiers, Enda s’efforce de proposer des appuis techniques, d’instaurer un dialogue. "La clef de notre réussite est dans notre proximité avec ceux à qui nous prêtons", juge la fondatrice qui explique travailler à renforcer l’autonomie des exploitants : "Nous ne sommes pas dans une démarche de charité car nous constatons que distribuer de l’argent, des dons, contribue souvent à renforcer les situations de dépendance. À l’inverse, prêter, soutenir des micro-investissements, de petits projets, cela signifie encourager le travail et redonner de la dignité aux gens".

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Dernière modification : 24/10/2016

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