Najat Vallaud-Belkacem à Tunis

La ministre française de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a fait une visite en Tunisie les 1er et 2 décembre 2014. Il s’agissait du premier déplacement officiel à l’étranger de Mme Najat Vallaud-Belkacem depuis son arrivée dans ce ministère et le choix de la Tunisie était celui du cœur, comme elle l’a répété au cours de son séjour.

En dehors des rencontres relatives à son domaine de responsabilité et des nombreuses séquences de terrain, la Ministre a été reçue par le chef du Gouvernement, Mehdi Jomaa. « La transition démocratique à l’épreuve des faits constitue une exceptionnelle leçon de vie politique » a-t-elle commenté sur sa page Facebook,

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Pour lire l’entretien accordé par Najat Vallaud-Belkacem au quotidien "La Presse" de Tunisie, cliquer !


À l’écoute des établissements scolaires français de Tunisie

Lundi 1er décembre à 8h45, Najat Vallaud-Belkacem a poussé la porte de la classe de CP de Mme Tiraboski, à l’école Paul-Verlaine de la Marsa, Avec ses collaborateurs, elle a assisté à des exercices de reconnaissance de la lettre "Té" dans lesquels le tableau numérique, accroché à côté du tableau noir, jouait un rôle central.
La maîtresse a expliqué que ce nouvel outil favorisait la concentration des enfants. Ravis de passer au tableau blanc, ces derniers manipulaient avec plaisir les syllabes et les images, de la pointe du stylet adapté à leurs petites mains.

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Najet Vallaud-Belkacem dans une classe de CP de l’école Paul-Verlaine, à La Marsa

Quelques centaines de mètres plus loin, la ministre a rencontré au CDI les représentants des élèves du lycée Gustave-Flaubert qui ont parlé de leurs activités au sein du Conseil de la vie lycéenne (CLV), évoquant leurs préoccupations, posant des questions sur la suppression du redoublement, remettant en cause le système de notation et s’interrogeant sur les métiers de demain.

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Najat Vallaud-Belkacem en discussion avec les représentants des lycéens

Puis Najat Vallaud-Belkacem a pris connaissance du projet de réhabilitation du campus scolaire qui comportera, à l’issue des travaux, un pôle scientifique et technique de qualité ainsi qu’un nouvel internat. Les architectes retenus pour la réalisation du projet ne sacrifieront pas la structure pavillonnaire qui fait l’originalité du site mais ils lui donneront de la cohérence et de l’allure.

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Présentation du projet de réhabilitation du campus scolaire de La Marsa

Avant de quitter l’établissement, la ministre a rencontré autour d’un café le personnel de direction, les représentants des enseignants, ceux des parents d’élèves, ainsi que les conseillers consulaires.

Le groupe scolaire de La Marsa accueille 2160 élèves de la maternelle aux classes terminales et obtient de très bons résultats aux examens du baccalauréat, avec un taux de réussite global de 97,30 %.

La ministre française a visité par ailleurs l’École internationale de Tunis (EIT), sous la conduite des élèves, comme elle l’a raconté sur sa page Facebook.

Pour écouter la déclaration de Najat Vallaud-Belkacem au micro de Mosaïque FM, concernant la coopération française dans le domaine de l’éducation, cliquer !.

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Najat Vallaud-Belkacem parmi les élèves du lycée Gustave-Flaubert de La Marsa

CMCU : un anniversaire qui compte pour la coopération universitaire

Puis Najat Vallaud-Belkacem a mis le cap sur le pôle technologique El Ghazala pour célébrer les 25 ans du Comité mixte de coopération universitaire. Le (CMCU) constitue l’outil principal de la coopération tuniso-française dans le secteur de la recherche. Les experts qui le composent sont des personnalités françaises et tunisiennes ayant acquis une reconnaissance internationale dans leurs domaines scientifiques respectifs.

Pour fêter cet anniversaire, le CMCU a décerné trois récompenses à des thèses particulièrement originales et novatrices réalisées dans le cadre de projets financés par le CMCU. Ces prix ont été remis devant la communauté universitaire par Najat Vallaud-Belkacem et le ministre tunisien de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et des TIC, Taoufik Jelassi.

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Cliquez pour lire l’allocution de Najat Vallaud-Belkacem

Mme Thouraya Chantou (École nationale d’ingénieurs de Sfax - Université de Limoges) a reçu le 1er prix pour ses travaux en chimie et microbiologie de l’eau concernant l’étude du prétraitement mécanique et biologique des déchets ménagers avant leur enfouissement. Elle est partie de l’observation d’un site français pour étudier des applications possibles en Tunisie.

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M. Mohamed Helmi Hadj Alouane (Université de Monastir – Institut national des sciences appliquées de Lyon) a reçu un second prix ex æquo pour ses travaux en électronique et électrotechnique concernant l’exploration des propriétés optiques de nanostructures pouvant avoir des applications dans des composants photo-électroniques et photovoltaïques.

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M. Wendyam Serge Boris Ouedraogo (Université de Tunis El Manar / École nationale d’ingénieurs de Tunis – Université de Grenoble) a reçu un second prix ex æquo pour ses travaux en électronique et électrotechnique concernant l’étude des méthodes de traitement de signal et d’images et leurs applications en imagerie médicale.

Les lauréats ont été invités à présenter leurs travaux lors des journées scientifiques organisées à l’occasion du 25ème anniversaire du CMCU.


La formation professionnelle, un enjeu méditerranéen

Dans l’après-midi, Najat Vallaud-Belkacem s’est déplacée en banlieue pour visiter le Centre de formation professionnelle de Mghira, spécialisé dans les métiers de l’aéronautique, en compagnie du ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi Hafedh Laamouri. Tous deux s’étaient rencontrés récemment à Marseille, à l’occasion des journées 5+5 Éducation.

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Le Centre d’excellence dans les métiers de l’industrie aéronautique (CEMIA) sera totalement opérationnel à la rentrée 2015 et constituera la vitrine d’un secteur à forte employabilité. Il est le fruit d’un partenariat entre le ministère tunisien de la Formation professionnelle, le Groupement des industries tunisiennes aéronautiques et spatiales (GITAS) et les entreprises installées dans la zone industrielle de Mghira, notamment Aerolia et ses partenaires. L’objectif consiste à répondre à leurs besoins en main d’œuvre qualifiée, dans le cadre de la formation en alternance : montage de structures, chaudronnerie, drapage des matériaux composites, montage de câbles, traitement des surfaces et peinture aéronautique, etc.

Najat Vallaud-Belkacem a posté des photos de cette visite sur Facebook.

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L’Agence française de développement accompagne le secteur de la formation professionnelle en Tunisie depuis la fin des années 90. Elle en est le premier bailleur.

Actuellement, l’AFD finance quatre opérations, grâce à une subvention de 17,8 M€ :

- la réhabilitation du centre en soudure et construction métallique de Menzel Bourguiba, au nord de la Tunisie, qui fonctionne depuis un an,
- la création du centre en soudure et construction métallique de Médenine, au sud de la Tunisie, qui devrait ouvrir ses portes en 2015,
- la création d’un centre de formation aux métiers du bâtiment qui vient d’être inauguré dans la banlieue de Tunis, à Kabaria-Ibn Sina,
- la restructuration du centre de formation de Mghira, dans le Grand Tunis, destiné à devenir un pôle de référence pour la formation aux métiers de l’aéronautique d’ici la rentrée de septembre 2015.

Dans les années à venir, l’AFD apportera son soutien au programme du gouvernement tunisien en matière de formation et d’insertion professionnelle (PAFIP), à travers un financement de 24 M€ accompagné d’un don de 700.000 euros attribué en novembre 2014. Celui-ci vise à améliorer l’offre de formation ainsi que l’adéquation formation-emploi, tout en renforçant l’organisation et la qualité de l’enseignement dispensé.


Une remise de diplômes sortant de l’ordinaire

Le mardi en fin de matinée, Najat Vallaud-Belkacem a partagé un moment exceptionnel avec des jeunes filles qui n’ont pas l’habitude de rencontrer des ministres. Ibtissem, Dhouha, Ameni, les deux Inès et leurs amies vivent dans la cité populaire Ettadhamen. Elles ont abandonné l’école trop tôt et c’est une association de développement, l’AID, qui leur a donné une seconde chance en les sortant de leur isolement pour leur apprendre un métier : la pâtisserie.

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Créée en 1998, l’association d’Appui aux initiatives de développement se consacre à la création ou à l’accroissement des sources de revenus des populations démunies, notamment des femmes dans les quartiers périurbains ou dans les zones rurales.
Depuis 2011, l’AID reçoit des subventions de l’ambassade de France en Tunisie dans le cadre du Fonds social de développement (FSD), pour financer certains projets en rapport avec la sécurité alimentaire, la lutte contre la désertification ou l’intégration sociale des femmes.

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De son côté, le Centre de langue de l’Institut français de Tunisie (IFT) s’efforce de renforcer l’employabilité de publics défavorisés à travers l’enseignement du français à visée professionnelle. Cette action est conduite en lien avec des associations et les bureaux de l’emploi dans les régions.

C’est ainsi que dix pâtissières formées par l’AID et sélectionnées pour leur motivation ont reçu des cours et se sont présentées au diplôme d’études en langue française DELF A1, qui facilitera leur insertion sur le marché du travail. Ces jeunes femmes ont reçu leur diplôme à la résidence de France, des mains de Najat Vallaud-Belkacem qui a su les tirer de leur réserve en s’intéressant à leur vie de tous les jours.

Pour regarder la vidéo de ces instants privilégiés, rendez-vous sur le site de Tunivisions.

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Le DELF est un diplôme d’état délivré par le ministère français de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, sans limitation de durée. Il est destiné à des étudiants étrangers, quelles que soient leur langue et leur nationalité.


De nouveaux accords de coopération, pour baliser l’avenir

Dernier temps fort de la visite de Najat Vallaud-Belkacem en Tunisie, la signature de cinq accords de coopération en vue de régénérer le partenariat dans les domaines de l’éducation, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique :

- Une convention cadre de coopération dans le domaine de l’éducation entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République tunisienne :

Ce document fixe le cadre général dans lequel s’inscriront les actions de coopération éducative. Elles s’appuieront en premier lieu sur les partenariats institutionnels au niveau national, puis sur les partenariats inter-académiques établis entre les Commissariats régionaux de l’éducation tunisiens et les Académies françaises.

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- Une déclaration d’intention sur la coopération dans le domaine du numérique éducatif :

Échanger les expériences et l’expertise relative au pilotage institutionnel du numérique dans les différents secteurs éducatifs, universitaires et scientifiques. Soutenir la création, la mise en ligne et le partage de ressources numériques éducatives. Travailler conjointement sur la formation pour faciliter la production, l’organisation et la mise à jour des ressources virtuelles d’apprentissage. Encourager le développement et l’échange de compétences dans le domaine de la gouvernance des systèmes d’information éducatifs et de la formation des enseignants. Créer de nouvelles formations préparant aux métiers du numérique.

- Une lettre d’intention entre le ministère français de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et le ministère tunisien de la Formation professionnelle et de l’Emploi :

Trois axes forts seront développés prioritairement. 1) Mise en place d’un cadre commun de compétences, basé sur les blocs de compétences et permettant la reconnaissance mutuelle des compétences acquises en cours de formation. 2) Développement de la fonction d’évaluation et d’inspection pédagogique des formations, permettant la comparabilité des systèmes de formation professionnelle. 3) Mise en place de centres d’excellence de formation professionnelle, intégrant l’association des savoir-faire, la qualification des formateurs, la visibilité internationale et le rôle du transfert-innovation.

- Une déclaration d’intention sur la coopération dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche :

Renforcer les actions conjointes menant à des doubles diplômes. Développer un partenariat dans le domaine de la modernisation des institutions tunisiennes de l’enseignement supérieur et de la rénovation des programmes. Développer les connaissances des étudiants en problématiques industrielles sur l’axe euro-méditerranéen. Définir des stratégies actualisées de recherche dans les domaines clés pour la Tunisie.

- un accord portant création d’un Laboratoire mixte international, en partenariat avec l’Institut de recherche sur le développement (IRD) :

Création d’une structure de recherche et de formation intitulée "Contaminants et écosystèmes marins sud-méditerranéens (COSYS-Med). Elle associe des unités de recherches de l’IRD ("Écologie des écosystèmes marins côtiers" ECOSYM ; "Institut méditerranéen d’océanologie" MIO et des institutions de recherche tunisiennes (le Centre de Biotechnologie de Sfax et l’Université de Carthage en tant qu’établissement de tutelle de la Faculté des Sciences de Bizerte).

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Trois ministres tunisiens participaient donc à la cérémonie :
- M. Fathi Jarray, ministre de l’Éducation,
- M. Hafedh Laamouri, ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi,
- M. Tawfik Jelasssi, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et des TIC.

Pour écouter les allocutions, prononcées en français, rendez-vous sur le site de Mosaïque FM. Le discours de Najat Vallaud-Belkacem intervient à la minute 15.

Dernière modification : 24/12/2014

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