Nettoyage de fonds marins à Kélibia

Des bouteilles en plastique, de vieux sacs, des pneus, des conserves, voila ce que remontent les plongeurs bénévoles du Club des sports nautiques de Kélibia (CSNK). Sur une journée, le club organise une opération de collecte de déchets et de sensibilisation aux pollutions marines, des pollutions souvent invisibles.

L’Ambassadeur de France Boris Boillon s’est associé à la manifestation en plongeant aux côté des bénévoles. Depuis 2011, l’Institut français de Tunisie (IFT) soutient cette association très impliquée sur les questions d’environnement.

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Boris Boillon (deuxième en partant de la gauche), le président du CSNK Walid Kdous (à dr) et deux plongeurs du Club

Marquer les esprits, impliquer la jeunesse

En 2011, l’Institut français de Tunisie a retenu le dossier du CSNK lors d’un appel à projet du Fond social de développement. En lui versant une subvention de 10.000 euros, l’IFT appuie le club dans ses actions
de protection de l’environnement.
Cette somme a servi à l’acquisition d’un bateau, pour mener des opérations de dépollution, et d’un appareil photo étanche, pour pouvoir dresser un état des lieux des pollutions sous-marines. S’ajoute à cela un rétroprojecteur, pour diffuser les images et les films auprès des jeunes et conduire des actions de sensibilisation.

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Atelier peinture avec les jeunes du Club. Thème du jour : mer et environnement

Le 10 juillet, tandis que les plongeurs sont à pied d’œuvre pour collecter les déchets, les enfants du club participent à des ateliers et des jeux. "Il est important d’inculquer les valeurs de respect de la nature dès le plus jeune âge" explique Walid Kdous, président du CSNK. « Ce sont eux qui passeront le mot à leurs camarades, mais aussi à leurs parents ! ».

À quelques centaines de mètres du rivage, en face de l’entrée du port, une barque a été installée. Autour d’elle gravitent les plongeurs volontaires. Ils viennent y déposer les déchets sous marins collectés. Des plastiques surtout, mais aussi des objets plus insolites, comme une batterie de près d’une trentaine de kilos. Il faut pas moins de quatre plongeurs pour parvenir à la remonter.

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Une barque a été amarrée pour que les plongeurs puissent y déposer les déchets collectés.

« C’est une initiative exemplaire, il faudrait que de telles actions fassent boule de neige sur toutes les côtes » souligne l’Ambassadeur. Avec les membres du club, il s’accorde sur l’importance du traitement des déchets en amont, du tri, du retraitement et du stockage, afin que ces objets ne parviennent jamais jusque dans la mer.

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L’Ambassadeur et les plongeurs du club remontent une batterie
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Lier environnement, qualité de vie, enjeux économiques et touristiques

Après les actions de terrain, la délégation française rencontre un panel d’acteurs environnementaux et touristiques de la région du Cap Bon. Avec les présidents de l’Association culturelle et environnementale de Kélibia et de l’Association écotourisme et environnement, les discussions portent sur la richesse du patrimoine naturel de la région, un atout à préserver pour la qualité de vie des populations mais aussi pour renforcer l’attractivité touristique de la zone.
Plages, montagnes, épaves sous marines, autant d’éléments susceptibles d’être valorisés économiquement, à condition que les équilibres humains et écologiques soient respectés.

Associés à la rencontre, des acteurs du tourisme vert vont également dans ce sens, soulignant l’importance de lier tourisme et proximité humaine, à travers des maisons d’hôtes, des visites chez l’habitant, des rencontres avec les artisans locaux, des manifestations culturelles, telles le Festival du film amateur de Kélibia (FIFAK).

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La mer, à Kélibia

D’un point de vue archéologique, la région est aussi d’une importance considérable : « Il y a des vestiges antiques tous les trois kilomètres par ici ! Le Cap Bon a été l’une des portes d’entrée de la Tunisie à travers l’histoire. Carthaginois, Romains, Arabes, Ottomans, tous y ont laissé leur marque » rappele l’un des participants. Classé à l’UNESCO, le site punique de Kerkouane est sans doute le plus emblématique de ces richesses archéologiques.

« Le tourisme vert, tourné vers la culture et la nature, a un potentiel considérable en Tunisie » assure Boris Boillon, appuyé par les représentants des pôles culturels et économiques de l’ambassade. L’idée de cette rencontre de travail est précisément de fédérer les forces et de chercher des synergies entre société civile, acteurs économiques et acteurs institutionnels, dans le prolongement du forum tuniso-français de la société civile. « Il est capital de créer des ponts entre l’environnement et le tourisme afin de constituer des réseaux qui aient un véritable poids, des réseaux capables de faire un lobbying efficace, d’avoir une visibilité nationale et internationale » conclut l’Ambassadeur.

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Face au Club des sports nautiques de Kélibia (CSNK)

Dernière modification : 08/05/2014

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