Rencontres de Monastir : discours de l’ambassadeur de France

Discours de M. François Gouyette, ambassadeur de France en Tunisie

Rencontres de la coopération décentralisée tuniso-françaises
Monastir, 8 et 9 novembre 2012

Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les présidents,
Messieurs les gouverneurs,
Mesdames et Messieurs les représentants des collectivités territoriales tunisiennes et françaises,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

En écoutant les paroles prononcées par les personnalités qui m’ont précédé à ce pupitre, et je suis sûr que celles du ministre de l’Intérieur de la République tunisienne, M. Ali Larayedh, qui nous honore de sa présence et que je salue avec amitié, ne me détromperont pas, je constate avec satisfaction que le dynamisme et l’engagement des partenaires tunisiens et français de la coopération décentralisée sont sortis plus que jamais renforcés de la Révolution tunisienne du 14 janvier 2011.

Ce bouleversement a ouvert en Tunisie la voie vers l’établissement de la démocratie et l’État de droit. Depuis, tout au long de la transition démocratique, et au-delà des difficultés, souvent réelles, de nombreuses étapes décisives ont été franchies : je pense notamment aux élections, historiques, du 23 octobre 2011 mais aussi aux travaux en cours de rédaction du projet de constitution, qui définira l’organisation institutionnelle de la Tunisie nouvelle.

Et en ces temps historiques pour le peuple tunisien, pour la relation bilatérale, mais aussi pour la démocratie dans ce pays qui fut le berceau des printemps arabes, la France est pleinement mobilisée aux côtés de la Tunisie. Elle est déterminée à appuyer la volonté, clairement exprimée par les autorités tunisiennes, d’avancer sur la voie du renforcement de la démocratie et de l’État de droit, mais aussi du développement économique et social. Ces deux volets se nourrissent mutuellement. Alors que ce pays construit une nouvelle page de son histoire, la France entend poursuivre son engagement dans ces domaines, avec amitié et responsabilité, au nom des liens et des valeurs qui unissent nos deux pays.

Permettez-moi ainsi de rappeler – peut-être parce qu’on l’oublie trop souvent - que, dans le cadre du partenariat de Deauville, lancé par le G8 en 2011, la Tunisie a été placée au rang de premier partenaire bilatéral de l’aide française au développement. L’Agence française de développement (AFD), bien connue de chacun d’entre vous, joue ainsi un rôle central dans la relation franco-tunisienne, tout particulièrement à travers son soutien à des projets locaux. La réhabilitation de quartiers défavorisés, sur l’ensemble du territoire tunisien, en est un exemple concret.

Notre coopération est également très dynamique, l’une des plus importantes menées par la France : depuis la Révolution, l’Ambassade de France a ainsi contribué à la formation de 200 fonctionnaires ou encore de 250 journalistes tunisiens, tous acteurs essentiels du processus démocratique. Elle a également eu à cœur de contribuer à la réflexion engagée par la Tunisie sur les questions de déconcentration et de décentralisation, notamment à travers l’échange d’expertise.

Et je me réjouis de voir cette volonté partagée par un grand nombre de collectivités territoriales françaises - régions, départements, communes - qui, dans un contexte budgétaire souvent contraint, ont fait le choix de se tourner vers la Rive sud de la Méditerranée, vers la Tunisie en particulier. La coopération décentralisée peut et doit jouer un rôle déterminant entre la France et la Tunisie. Déjà, en quelques mois, de grands pas ont été faits.

La révolution tunisienne a ainsi montré le caractère indispensable d’une meilleure intégration des territoires et d’une véritable prise en compte des équilibres régionaux pour le développement harmonieux du pays. La France, où un processus de déconcentration/décentralisation – avec ses réussites et ses échecs - a été mené depuis les années 80, où les territoires ont acquis des compétences croissantes et sont désormais les premiers interlocuteurs de la société civile, peut à ce titre constituer, non pas un modèle car il appartient à chacun de trouver sa propre voie, mais une référence utile.

De même, sur le socle d’amitié et d’échanges, établi depuis bien longtemps déjà par nombre de précurseurs en matière de coopération décentralisée, et des actions concrètes réalisées, il est désormais possible de considérer l’avenir avec optimisme et volontarisme. Le gouvernorat de Monastir et la région Rhône-Alpes, le gouvernorat de Médenine et le Conseil général de l’Hérault, la Ville de Tunis et celle de Paris, le Gouvernorat de Kasserine et la Région PACA, la ville de Sfax et celle de Grenoble, ou encore El Jem, avec Vienne et Romans-sur-Isère – pardonnez-moi de ne pas les citer tous - ont su maintenir et développer, dans des circonstances souvent compliquées, des coopérations dans des domaines aussi divers que la culture et le patrimoine, l’entreprenariat, l’humanitaire ou encore l’environnement et l’artisanat.

De nouvelles coopérations sont sur le point de voir le jour, et les Rencontres de Monastir seront sans nul doute l’occasion d’en jeter les bases, tant l’enthousiasme et la détermination des uns et des autres sont aujourd’hui au rendez-vous. Mais afin de permettre à ce dialogue, déjà foisonnant, d’atteindre ses objectifs, les fédérations tunisiennes et françaises, l’Association internationale des maires francophones (AIMF), l’Association internationale des régions francophones (AIRF), l’Association des maires de France (AMF), Cités et gouvernements locaux unis (CGLU), sans oublier naturellement la Fédération nationale des villes tunisiennes (FNVT) et Cités unies France (CUF), ont un rôle essentiel de structuration à jouer.

Les autorités françaises ont pleinement pris la mesure de tous ces enjeux et soyez assurés qu’elles mettent et continueront de mettre au service de la coopération décentralisée entre nos deux pays, dans le respect de l’indépendance de chacun, toute l’expertise, les moyens logistiques et financiers, ainsi que l’énergie dont elles disposent. Nous ferons tout pour faciliter la communication et les échanges entre les acteurs de cette coopération, afin qu’elle soit en mesure de porter les fruits que nos deux peuples sont en droit d’attendre.

Je tiens enfin à remercier chaleureusement les organisateurs de ces rencontres : la Fédération nationale des villes tunisiennes et Cités Unies France, le ministère tunisien de l’Intérieur, le Centre de formation et d’appui à la décentralisation, ainsi que le gouvernorat et la ville de Monastir, qui ont mis toutes les chances de leur côté, par leur engagement et leur travail, pour en assurer le succès.

Messieurs les ministre, Mesdames, Messieurs, je forme le vœu que ces rencontres marquent véritablement la relance de la coopération décentralisée entre la Tunisie et la France, une relance fondée sur la confiance, l’amitié, mais aussi l’efficacité, l’imagination et le talent des partenaires des deux pays.
À tous les participants, je souhaite des débats riches et constructifs et la plus grande réussite dans leurs travaux.

Je vous remercie.

Dernière modification : 04/04/2014

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