Point de presse de Pierre Lellouche

Secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Pierre Lellouche a effectué une visite en Tunisie les 17 et 18 mars 2011, accompagné de chefs d’entreprises.

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VERBATIM DU POINT DE PRESSE

Propos préliminaires de M. Pierre Lellouche :

Je vais demander à mon ami Mehdi Houas qui est quelque part plus français que moi, puisque lui est né en France tandis que moi je suis né en Tunisie, d’être à mes côtés. Si jamais je dis une bêtise, il pourra me contredire.

Je suis à peu près au terme d’une visite extrêmement pleine en Tunisie. Je veux vous dire à quel point cette visite a été pour moi, au plan personnel, une grande émotion. Venir en Tunisie, pour la première fois en tant que membre du gouvernement de la République française, à un moment où ce pays vit l’Histoire avec un grand H, et accompagner la transition démocratique est pour moi une réelle émotion et une vraie joie.

Je pense que ce que vous êtes en train de faire dans la petite Tunisie a des répercussions que vous connaissez déjà et qui, potentiellement, sont immenses, puisque c’est à l’échelle de plusieurs de centaines de millions d’hommes qui vivent dans le monde arabo-musulman et qui découvrent grâce à vous que la démocratie est aussi permise pour eux. Ce que j’ai toujours cru et défendu dans ma vie d’intellectuel et dans ma vie politique en France mais qui n’a pas toujours été facile.
Aujourd’hui, la Tunisie est confrontée à un vrai défi, à une énorme attente du peuple qui découvre la liberté, la dignité et qui a des besoins importants. Il y a une équipe de ministres, que j’ai rencontrés pour certains d’entre eux, qui sont tous d’une très grande qualité. J’ai eu l’honneur d’être reçu par votre Premier ministre pour lequel j’ai beaucoup, beaucoup de respect.

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M. Pierre Lellouche reçu par le Premier ministre du gouvernement tunisien de transition, M. Béji Caïd Essebsi.


Je l’ai assuré, au nom du gouvernement français, mais je crois pouvoir dire de tous les Français, droite et gauche confondues, du fait que la France est à vos côtés, non seulement dans la diplomatie - et je crois que, s’agissant de la Libye, nous l’avons démontré ces derniers jours -, mais aussi sur le plan économique. Au-delà de la diplomatie et des symboles, qui sont importants, il y a le quotidien de la vie économique en Tunisie à un moment où vous avez besoin de redémarrer votre croissance. Je suis heureux de vous dire que les 1250 entreprises françaises qui sont ici en Tunisie ont le moral, y croient et ne demandent qu’une chose, c’est d’augmenter leurs investissements et leur présence dans votre pays.

Il y a eu des problèmes liés à la transition, ici et là, mais dans un petit nombre d’entreprises et ils sont en train d’être résolus grâce à notre action commune, gouvernement français et gouvernement tunisien. Il reste des problèmes parfois techniques de sécurité juridique, notamment pour tel ou tel actionnariat. Cela aussi, c’est en train d’être réglé. Mais nous tournons nos regards vers l’avenir et nous regardons comment, concrètement, faire en sorte que nos entreprises et le gouvernement accompagnent votre propre programme de relance sur lequel je sais que le gouvernement tunisien travaille en ce moment même.


Voici donc le bilan de cette courte visite, qui sera suivie par celle de mon collègue de l’Industrie la semaine prochaine, Éric Besson. Nous maintenons à un rythme soutenu les visites techniques. Ce que nous voulons, c’est vous dire que nous sommes avec vous dans ce moment et que nous souhaitons que l’exemple que vous donnez soit un exemple de formidable succès économique, politique et social car, au fond, ce que vous faites ne s’inspire de rien d’autre que des valeurs de démocratie, de droits de l’homme et de justice sociale que nous portons depuis longtemps. Ce n’est pas facile, je peux vous le dire. Nous avons aussi beaucoup de difficultés en France.

Je ne peux pas ne pas mentionner mon ami Dino Cinieri qui est député de la Loire et président du groupe d’amitié France/Tunisie à l’Assemblée nationale, lequel comprend 110 parlementaires. C’est le deuxième groupe le plus important sur le plan numérique à l’Assemblée, ce qui montre, là encore, à quel point nos parlementaires sont unis dans leur affection pour la Tunisie. Mehdi, tu veux peut-être ajouter quelque chose ?

Propos préliminaires de M. Mehdi Houas :

Je vais ajouter juste un petit mot pour vous laisser tranquillement poser vos questions à Pierre Lellouche. D’abord, je tiens sincèrement à vous remercier d’avoir fait cette visite en Tunisie. Elle s’inscrit dans une série de visites qui montrent que la France positionne la Tunisie comme un pays ami.

On a senti beaucoup d’amitié, de sincérité, de respect pour ce qui a été fait et je crois aussi de confiance pour ce qui reste à faire, même si ce qui reste à faire est encore difficile. Je pense que le peuple tunisien sera à la hauteur de ce challenge et le relèvera pour passer réellement dans le camp des grands pays, ceux qui respectent le droit universel, le droit social et la démocratie.

Merci pour ton passage, tes messages et ton soutien.

Question : Je voudrais savoir quels sont les problèmes que rencontrent aujourd’hui les entreprises françaises en Tunisie ?

Réponse de M. Pierre Lellouche : Honnêtement, les questions qui étaient liées à la transition démocratique. Il y a eu des troubles, des problèmes de sécurité, des dommages matériels dans un petit nombre d’entreprises qui relèvent de l’assurance et de l’indemnisation. Cela, c’est en cours. Il y eu un cas d’expropriation, mais en cours de résolution lui aussi puisque les deux entreprises ont passé un accord. Il faut maintenant qu’il soit béni, si j’ose dire, par un acte gouvernemental mais là aussi nous avons progressé. Nous en avons parlé la semaine dernière, tous les deux, à Paris. Depuis, les choses ont avancé et je pense que l’on va rapidement arriver à une solution.

Il y a un dernier ensemble qui touche aux actifs qui appartenaient à la famille de l’ex-président et qu’on retrouve dans beaucoup d’entreprises où il y a des intérêts français. Ces actifs appartiennent au peuple tunisien et il revient donc au gouvernement tunisien de les prendre en main. Mais cela, Mehdi le dira mieux que moi car ce n’est pas à moi de me substituer aux décisions qui sont prises ici.

Ce que nos entreprises souhaitent, c’est naturellement la sécurité juridique. C’est-à-dire qu’à la place d’un ancien actionnaire plus ou moins douteux, on ait clairement l’État tunisien ou la structure que l’État tunisien souhaitera mettre en place. Cela, c’est une affaire interne. Moi, ce qui me préoccupe, c’est simplement que la sécurité juridique, le droit soit garanti. C’est très important, Mehdi l’a mentionné à plusieurs reprises et il a raison. L’économie a besoin de règles de droit et pas de favoritisme ni d’arrangements avec le droit. Plus on est dans une société de droit et plus on a de chances de sécuriser les investisseurs, de fabriquer de la richesse et de l’emploi. C’est donc une bonne nouvelle que la création du droit.

Le dernier point qui peut poser problème, c’est que beaucoup de nos entreprises souhaiteraient investir davantage et il existe parfois des limites d’investissement dans tel ou tel secteur. Certaines tiennent à la loi, d’autres tiennent à la coutume. Là encore, ce que j’ai beaucoup entendu de la part de sociétés françaises, c’est leur désir d’en faire plus et d’être plus compétitives et davantage présentes. C’est une requête que j’ai passée au gouvernement tunisien.

Nous déposerons un mémo détaillé, par le biais de notre ambassadeur, relevant les typologies de problèmes et l’identité de ces sociétés mais, globalement, ce sont de bons problèmes. Quand vous avez des entreprises qui vous disent : "je voudrais investir plus", c’est plutôt un bon problème ! Nous avons donc des entreprises qui n’ont pas de doutes sur leur présence ici, qui y croient et qui veulent se développer.
Après, il y a l’aspect social des choses. Elles sont à l’écoute des salariés. Certaines d’entre elles sont d’ailleurs pilotes dans la gestion sociale et l’intéressement des salariés. C’est plutôt une bonne chose.

Je suis très optimiste sur ce que j’ai vu, au plus près des entreprises. Je les ai vues à Paris ; je les ai vues ici ; certaines m’ont accompagné. Nous sommes dans un climat très positif de reprise d’activité et les chefs d’entreprises tunisiens que j’ai rencontrés à l’instant sont eux mêmes tout à fait déterminés à aller de l’avant. Nous sommes donc dans une bonne situation et le recul temporaire de la croissance lié à la transition politique, j’en suis sûr, sera vite compensé par le programme de relance du gouvernement, l’envie des entreprises de bien faire et l’envie des salariés tunisiens qui ont montré qu’ils voulaient préserver l’outil de travail. Tout cela, ce sont des choses extrêmement positives.

Réponse de M. Medhi Houas : Je rajouterai juste un petit mot. On voit combien le dialogue est important. Il y a une semaine jour pour jour, quand je suis passé à Paris, Pierre m’a fait part d’un certain nombre d’inquiétudes d’entreprises françaises en Tunisie. On s’aperçoit, une semaine après, après avoir compris les problématiques qu’elles avaient rencontrées, qu’elles étaient en fait sur le chemin du droit là où, hier, elles travaillaient dans un cadre de non-droit beaucoup plus compliqué. Cela, c’est formidable et c’est la dynamique que nous avons envie de mettre en place, une relation faite de dialogue, de respect et de franchise qui fait qu’en l’espace d’une semaine nous sommes capables de passer d’une perception à une autre. La perception réelle, naturellement, est celle qui prévaut aujourd’hui et qui montre que la Tunisie a envie d’avancer et que la France a réellement envie de l’accompagner dans son chemin.

Question : Je voudrais savoir si vous avez pris durant cette visite des engagements précis liés à des projets et dans quels domaines. Autre point, la situation en Libye. On nous annonçait ce matin une intervention militaire dans quelques heures, sous la conduite de la France. Après cette intervention, que se passera-t-il en Libye ?

Réponse de M. Pierre Lellouche : Sur le premier point, nous avons un certain nombre de projets de développement en magasin, si j’ose dire. Ils datent de l’ancien gouvernement, avec des lignes de crédit qui étaient prévues pour leur réalisation. Je crois comprendre que le gouvernement actuel a réorienté ses priorités, ce qui est parfaitement normal compte tenu de la situation. Nous sommes donc en attente de savoir dans quel domaine la Tunisie va mettre la priorité et les projets sur lesquels elle a éventuellement besoin de notre coopération et de nos entreprises.

Ce que j’essaye, c’est de faire en sorte que nous soyons le plus en amont possible, en réponse à la demande de la Tunisie. Je pense que nous serons fixés dans les jours qui viennent. Pour obtenir des réponses plus précises, il faut s’adresser au gouvernement tunisien qui travaille sur le programme de relance.

Sur la situation en Libye, comme vous le savez, nous avons pris l’initiative, avec le président de la République Nicolas Sarkozy, d’un effort de mobilisation de la communauté internationale pour que cesse le massacre de la population libyenne par son "guide", entre guillemets. Nous avons assisté, vous l’avez vu, à des opérations de guerre menées contre une population qui s’était rebellée contre ce régime.

À la suite de l’action diplomatique de la France, il y a déjà de nombreuses années, les Nations unies ont adopté un principe qui est celui du devoir de protection des gouvernements sur leurs propres peuples. Il est interdit de tuer son peuple et celui qui tue son peuple risque même d’être traîné en justice.

Ce que la France à voulu, c’est arrêter cela pour ne pas revivre ce qui s’est produit en 1991, après la première guerre du Golfe, quand Saddam Hussein, vaincu, a été quelque part autorisé par la coalition de l’époque à finir le travail sur sa propre population kurde. Cette fois, la France a dit non et nous avons mobilisé autour de nous des pays européens, les États-Unis, mais surtout la Ligue arabe, les pays arabes qui, pour la première fois, ont pris position d’une façon claire. Je soupçonne d’ailleurs que l’exemple donné par le peuple tunisien n’est pas complètement étranger au fait que la Ligue arabe, devant le comportement du "guide" libyen a dit stop : on condamne et l’on demande à ce que cela s’arrête.

Nous avons eu cette résolution hier soir, non sans mal. Beaucoup de jours se sont écoulés pendant lesquels des gens sont morts. Mais enfin cette résolution autorise une zone d’exclusion aérienne et l’action militaire au besoin. Demain, la France organise un sommet à Paris où seront représentés les Etats-Unis, un certain nombre de pays européens et des pays arabes et visant à mettre en œuvre cette résolution.

J’ai cru comprendre tout à l’heure que le ministre libyen des Affaires étrangères avait annoncé la fin des opérations militaires, ce qui montre que lorsqu’il y a une volonté, cela peut être suivi d’effets et de résultats. Nous verrons la suite mais je note que la France a été au rendez-vous de ses valeurs et d’un défi très important qui concerne directement votre pays. Il ne fallait pas que le printemps arabe soit étouffé dans le sang par la réception du régime libyen contre son propre peuple.

Question : Le ministre libyen des Affaires étrangères a peut-être annoncé la fin des opérations militaires, mais je peux vous annoncer que des frappes ont lieu actuellement sur la ville de Mesrata. Est-ce que la France va participer à une frappe aujourd’hui, enfin le plus tôt possible, sachant que nous avons appris sur les sites d’information la présence de bâtiments internationaux au large des côtes libyennes ? Je pense que vous êtes bien placé pour répondre à cette question, sachant que vous étiez l’un des rares politiques français à soutenir la guerre en Iraq et la présence de la France dans l’OTAN.
Par ailleurs, vous disiez pendant le dîner-débat, « quand on a les tripes pour le faire et la volonté politique, on peut y arriver. » Dois-je comprendre qu’elles n’y sont pas, concernant le conflit israélo-palestinien ?

Réponse de M. Pierre Lellouche : Je ne peux pas recommencer le débat que j’ai eu tout à l’heure avec les chefs d’entreprise, par manque de temps. Sur l’annonce de décision d’un éventuel emploi de la force, il y a un homme et un seul qui est en mesure de vous répondre et c’est le président de la République française, chef des armées. Ce genre de décisions lui appartient. Ce qui a été fait par la diplomatie française depuis un certain nombre de jours, c’est de rappeler la communauté internationale à ses devoirs, s’agissant de stopper les dommages à des populations civiles par un régime qui essaye de se maintenir en place face à une rébellion populaire.

Les pays qui ont décidé de faire valoir les droits du peuple libyen ont obtenu un mandat des Nations unies et c’est déjà une étape très importante. Ensuite, il appartient aux chefs d’État concernés de se prononcer.

Sur le conflit israélo-palestinien, la position de la France est absolument claire : parce que, depuis 2007 notamment, nous n’avons cessé de dire que nous sommes les amis d’Israël, nous avons exigé d’Israël une attitude qui ne se borne pas à rendre la paix impossible par la poursuite des constructions. Je l’ai dit pour ma part à de nombreuses reprises. Quant au président de la République, il a été extrêmement clair.
Nous attendons une solution qui soit une solution négociée et une solution à deux États. Elle implique, entre autres choses, l’arrêt absolu du bétonnage des territoires palestiniens. Je ne parle même pas de constructions mais de bétonnage. Je l’ai dit à plusieurs reprises et je le maintiens.

Nous devons aider la partie de l’Autorité palestinienne qui fait preuve de modération et qui veut construire un État à réussir son pari et non lui compliquer la vie. Tout l’exercice est là.

Franchement, la même exigence au niveau des principes, au niveau des pressions, se manifeste dans les deux cas et nous sommes parfaitement conscients de ce que ce conflit facilite la tâche de tous ceux qui cherchent à exploiter le terreau social de la misère pour d’autres buts. Si l’on veut éviter que le fanatisme continue à croître, il faut absolument régler ce problème, entre autres choses.

C’est d’ailleurs le vœu des populations arabes et israéliennes qui aimeraient bien changer de problèmes. Tout le monde a autre chose à faire que de perpétuer une guerre absolument stérile et qui se traduit par la mort d’enfants, de bébés, de familles. C’est, croyez-moi, l’opinion de beaucoup de personnes en Europe, dans le monde arabe et en Israël. Il faut que les responsables politiques se hissent au niveau qui est attendu d’eux, c’est-à-dire qu’ils se comportent en hommes d’État.

Question : Existe–t-il un dispositif législatif pour encourager les Français à investir en Tunisie ? Je pense à une loi française qui a restreint, l’année dernière, l’activité des centres d’appels français au Maroc et en Tunisie. Quelles mesures pourrait-on prendre pour augmenter la compétitivité des entreprises françaises en Tunisie ?

Réponse de M. Pierre Lellouche : Vous savez, l’économie réelle ne fonctionne pas à coup de lois. Sur les centres d’appels, je pense que ce sont des considérations fiscales. Il y a une convention fiscale qui, je sais, fait l’objet en ce moment d’un réexamen par les administrations. Je préférerais ne pas entrer dans les détails parce que je n’ai pas le dernier état de la question mais je sais en effet qu’il s’agit d’une question sensible.

Il est sûr que l’environnement fiscal est quelque chose qui n’est pas neutre dans les investissements à l’étranger. Ce que je souhaite, sous la casquette qui est la mienne, à savoir ministre du Commerce extérieur, c’est que les entreprises françaises qui sont présentes en Tunisie et ailleurs fassent du gagnant/gagnant. C’est-à-dire que l’on crée à la fois de la richesse en France et en Tunisie.

Ce matin, sur le site de Danone que j’ai visité, on était exactement dans ce cas de figure : nous avons un savoir-faire français, dans la fabrication de produits laitiers, qui a été transmis à la Tunisie avec formation de jeunes tunisiens. Il y a 750 employés tunisiens sur le site, ce qui est important. Nous avons un nouvel investissement qui va atteindre cette année 10 millions d’euros, rien que dans cette usine. C’est donc un vrai succès. Des gens sont formés à des technologies qui sont très modernes mais le point positif pour moi, ce n’est pas seulement le transfert de technologies. C’est aussi que les machines soient françaises. Le lait est tunisien, ce qui va faire vivre des fermiers tunisiens, des ouvriers qui travaillent sur les chaînes de fabrication des produits laitiers. En même temps, les machines sont françaises, ce qui permet de faire travailler des ouvriers en France et d’envoyer des royalties aux actionnaires français.

Pour moi, c’est gagnant / gagnant. C’est ce genre de choses que j’essaye de promouvoir et pas seulement des délocalisations d’emplois d’un côté ou de l’autre avec un gagnant et un perdant. Pour que cela marche, il faut qu’on ait une solution gagnant / gagnant. Ce n’est pas toujours facile mais cet exemple montre qu’on peut le faire.

Réponse de M. Medhi Houas : Si je peux me permettre, j’apporterai un complément d’information à cette question très intéressante qui montre la volonté de positionnement de la Tunisie par rapport à l’Europe et en particulier par rapport à la France, eut égard à l’histoire.
La Tunisie s’est toujours positionnée comme une destination low cost, quel que soit le domaine d’activité. Dans le domaine du tourisme, c’est un tourisme de masse à bas prix et dans le domaine industriel, c’est la fabrication à bas coût. Dans un pays qui n’assurait ni respect du droit social, ni respect du droit légal, je pense qu’on n’avait rien de mieux à offrir.

Aujourd’hui, avec cette révolution, avec notre entrée dans la zone des pays qui respectent le droit social et le droit légal ; avec la jeunesse et cette population très éduquée, nous sommes en mesure de proposer un deal gagnant / gagnant. Nous pourrions améliorer la compétitivité de nos amis européens en devenant, pourquoi pas, une plateforme non pas de délocalisation mais une plateforme de relais pour attaquer le marché de demain, c’est à dire celui de l’Afrique. C’est cela que nous devons construire avec nos amis européens.

C’est avec un tel positionnement que la Tunisie va pouvoir apporter une vraie valeur ajoutée, dialoguer d’égal à égal et réellement passer dans le camp des pays qui maîtrisent leur économie.

M. Pierre Lellouche : Merci à vous tous.

Dernière modification : 23/03/2011

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