Porter la citoyenneté et l’emploi dans les zones déshéritées

Le 20 novembre 2012, dans le cadre de son déplacement en Tunisie, Yamina Benguigui, ministre française déléguée à la Francophonie, s’est rendue dans la cité "Ettadhamen".

Elle y a rencontré de jeunes femmes soutenues par l’association AID. L’occasion de mettre en lumière le travail de terrain de cette structure appuyée par l’Institut français de Tunisie.

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Yamina Benguigui, ministre française déléguée à la Francophonie, avec les jeunes apprenties de l’association AID, à Ettadhamen, dans le grand Tunis

Porter la citoyenneté et l’emploi au cœur des zones déshéritées

Fondée en 1998, l’association "Appui aux initiatives de développement" (AID) travaille sur les questions de citoyenneté et d’emploi, en particulier à la formation et à la structuration de filières professionnelles. Pour réaliser ce vaste objectif, l’association s’est donnée des priorités : aider les populations les plus vulnérables dans les zones les plus déshéritées du pays, à commencer par les gouvernorats de l’intérieur, comme Kasserine, Sidi Bouzid, Tozeur...

L’association agit également dans les quartiers populaires du grand Tunis, dont la cité Ettadhamen, l’un des plus emblématiques. La cité est sortie de terre en moins de 30 ans, suite à un exode rural massif. Plus de 200.000 personnes y vivent aujourd’hui. Avec 38.000 habitants au km², il s’agit de la zone la plus densément peuplée du continent. C’est ici que l’AID a choisi d’implanter l’un de ses centres, une petite maison à l’angle d’un croisement.

Le 20 novembre, les jeunes du centre ont ouvert leur porte à Yamina Benguigui, François Gouyette, ambassadeur de France, et Valéry Freland, directeur de l’Institut français de Tunisie (IFT). L’accueil est chaleureux : "Ces dernières années, l’Espagne et le Japon nous ont beaucoup aidés mais depuis la révolution c’est avec le soutien de l’IFT que nous avons vraiment pu relancer nos activités ", précise dans un sourire Mohamed Ben Khaled, le président de l’association. Il présente les locaux à ses visiteurs : à l’étage, des lieux de rencontre et de réunion, au rez-de-chaussée, des ateliers pour de jeunes apprenties.

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Yamina Benguigui et les jeunes apprenties écoutent les explications de Mohamed Ben Khaled, président de l’association "Appui aux initiatives de développement" (AID)

Faire naître des acteurs économiques et des citoyennes à part entière

Ici, l’association aide essentiellement des jeunes filles en difficultés scolaires ou familiales. Elles y reçoivent des formations en pâtisserie et en coiffure. "Cela peut paraitre modeste, mais avec la question des compétences techniques, c’est la question de l’emploi et donc de l’autonomie financière qui se joue", explique le directeur. "Dans ces quartiers beaucoup de femmes travaillent de façon informelle, sans vraiment connaitre leurs droits et sans savoir consolider leurs revenus. Notre démarche, au delà de l’apprentissage de savoir faire, consiste également à les sensibiliser au droit, à la citoyenneté, à leur donner les clefs pour qu’elles puissent devenir de véritables acteurs économiques, indépendants, mais aussi des femmes maitres de leur destin".

C’est précisément cette démarche qui a décidé l’IFT à apporter son soutien à l’association. En 2011, les services de l’ambassade ont orienté vers AID une partie du fonds d’urgence débloqué par le ministère français des Affaires étrangères. Quatre projets d’AID ont été financés.

Cet appui s’est poursuivi en 2012 à travers le Fond social de développement (FSD), dont l’association avait demandé à bénéficier. Pour le centre d’Ettadhamen, 15.000 euros ont été accordés par l’ambassade, soit plus de la moitié du budget total du projet. Dans l’attribution de cette subvention, la dimension très concrète du projet a été décisive.

Pour mettre en place ses ateliers, AID s’appuie sur son expérience du terrain : "Nous avons commencé à travailler ici en 2000, à travers le microcrédit. C’est au fil du temps, en discutant de leurs besoins avec les habitants du quartier que nous avons peu à peu diversifié nos activités." pose Helmi Ben Ali, le coordinateur du projet sur place.

À ce jour, plus de 200 jeunes femmes d’Ettadhamen ont bénéficié des formations dispensées par AID.

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Renforcer le rôle des femmes et de la société civile au sein de l’espace francophone

Au milieu des jeunes femmes, Yamina Benguigui a recommandé la poursuite de ces actions de soutien à la société civile, en prise avec les questions locales, concrètes. La ministre a souligné l’importance des droits des femmes : "Au dernier sommet de la Francophonie, à Kinshasa, nous avons lancé l’idée d’un forum pour que les femmes de l’espace francophone puissent se rencontrer, qu’elles viennent d’Afrique subsaharienne, du Québec, ou du Maghreb". Elles pourront ainsi partager leur expérience de militantes, mais aussi lancer de nouvelles initiatives pour faire vivre la Francophonie.

"L’espace francophone doit être un espace solidaire, où circulent les personnes, les idées. C’est indispensable pour la culture mais également pour l’économie. En perfectionnant leur français, ces jeunes femmes d’Ettadhamen pourraient un jour poursuivre leur apprentissage en France ou dans d’autres pays francophones", explique la ministre.


Reportage de TV5 monde

Cliquez sur l’image pour regarder le reportage réalisé par TV5 monde au sujet de l’association AID. Positionner le curseur sur 10’52’’.

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Dernière modification : 08/05/2014

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