Réhabilitation des quartiers populaires en Tunisie

Au milieu des années 50, un Tunisien sur trois vivait en ville. Ils sont les deux tiers aujourd’hui, essentiellement concentrés sur les grandes agglomérations du littoral. Habitat informel, spontané, de nombreux quartiers périphériques sont sortis de terre en dehors de toute politique de développement urbain.

Avec le concours de l’Agence française de développement (AFD) et, plus récemment, de l’Union européenne, l’Agence de réhabilitation et de rénovation urbaine (ARRU) œuvre pour l’amélioration des conditions de vie dans ces quartiers populaires. Depuis le début des années 1990 et le lancement des programmes nationaux de réhabilitation, près de 1000 quartiers ont fait l’objet d’une action de l’ARRU, améliorant le quotidien de deux millions d’habitants.

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Dans le quartier d’Ennassim, délégation d’Oued Ellil

En périphérie de Tunis, dans le gouvernorat de la Manouba, les constructions continuent de grignoter les terres agricoles. Ici, plusieurs quartiers suivis par l’ARRU ont valeur d’exemple.

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À Jedaïda, dans le grand Tunis

À Jedaïda, voirie, éclairage et assainissement

Dans la commune de Jedaïda, le quartier El Hidaya permet de mesurer l’impact concret des fonds prêtés ou donnés par l’AFD et l’UE. Juché sur une colline, le quartier est traversé par une rue récemment goudronnée, d’où partent d’étroites ruelles. « Elles ont été équipées d’un revêtement facilitant l’écoulement des eaux de pluies, diminuant les risques d’inondations » explique Féthi Mansouri, directeur général adjoint de l’ARRU. En hauteur, des réverbères ont fait leur apparition. En sous-sol, un réseau permet l’évacuation des eaux usées, qui coulaient auparavant à l’air libre.

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Une ruelles avant viabilisation
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Après viabilisation. Le revêtement doit faciliter l’écoulement des eaux

Achevés en octobre 2010, les travaux ont transformé le visage du quartier pour un investissement relativement modeste, 500.000 dinars (250.000 €). En termes de santé publique, les bénéfices se mesureront à moyen et long terme.

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L’une des rues principales d’El Hidaya

Depuis la révolution tunisienne, les difficultés financières et politiques que connaissent les collectivités locales ont amené l’AFD et l’Union européenne à renforcer leur action. Dans des communes aux budgets souvent exsangues, les dons permettent aujourd’hui la poursuite des projets de l’ARRU.

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En levant les yeux à El Hidaya, commune de Jedaïda

De nouveaux programmes pour 2012-2014

Dans la délégation d’Oued Ellil, les quartiers de Saïda et Ennassim n’ont pas encore fait l’objet de réhabilitation. Près de 8.000 personnes y vivent sans assainissement ni éclairage public.
Ici, cinq millions de dinars (MD) devraient être investis dans le cadre du Programme de réhabilitation et d’intégration des grands quartiers.

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La rue principale d’Ennassim sera prochainement goudronnée.

Ce plan mis en œuvre par l’ARRU a vocation à toucher l’ensemble du territoire tunisien sur la période 2012-2014 : « En tout, le programme devrait peser près de 260 MD (130 M€), dont une partie pourrait être apporté par des bailleurs internationaux », espère Féthi Mansouri.

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Féthi Mansouri, directeur général adjoint de l’ARRU

Ce programme, le directeur adjoint le veut aussi innovant. « Au-delà de la viabilisation des terrains et de la voirie, nous cherchons à mieux intégrer les composantes sociales et économiques dans ce nouveau plan d’action ». Équipements sportifs, structures d’aide à l’emploi des jeunes, espaces pour les micro-entreprises, autant d’équipements susceptibles de dynamiser ces quartiers. L’intégration de tels équipements dans le projet de réhabilitation de Saïda et Ennassim est un motif de satisfaction pour Féthi Mansouri.

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Près de 7.000 habitants sont concernés par le projet de réhabilitation d’Ennassim et Saïda, à Oued Ellil

« Avoir des lieux de socialisation et d’activité économique est capital dans les quartiers éloignés de tout. Cela permet de canaliser les énergies, de lutter contre l’oisiveté », plaide le directeur adjoint. C’est également sur ces équipements collectifs que l’ARRU tient à mobiliser les bailleurs de fonds.

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Devant l’école d’Ennassim, délégation d’Oued Ellil

Depuis 2008, l’AFD a financé les programmes de réhabilitation des quartiers populaires pour un montant de près de 80 MD (40 M€). 20 MD supplémentaires seront déboursés d’ici 2013, auxquels s’ajoutent 16 MD délégués à l’AFD par l’Union européenne. En 2012, l’UE et l’AFD pourraient aussi se pencher sur de nouveaux programmes d’investissement.

  • Retrouvez ICI le bilan 2011 de l’Agence française de développement en Tunisie.
  • L’AFD finance aussi la revalorisation des centres anciens : ICI l’exemple de Kairouan

Dernière modification : 24/10/2016

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