Résultats des Journées audiovisuelles de Tunis

Les "Journées audiovisuelles de Tunis" (JAT) se sont déroulées les 25, 26 et 27 octobre 2010, en marge des "Journées cinématographiques de Carthage". D’une grande densité, les échanges entre professionnels français et tunisiens ont permis d’aboutir à de premiers résultats concrets.

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Premières "Journées audiovisuelles de Tunis"
25 – 27 octobre 2010
RELEVÉ DE CONCLUSIONS

Télévision, radio, cinéma, télévision mobile, web et jeux vidéo : les images et les sons occupent une place prépondérante dans nos sociétés. En ouvrant les premières Journées audiovisuelles de Tunis, le ministre tunisien de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, M. Abderraouf El Basti, et le ministre français de la Culture et de la Communication, M. Frédéric Mitterrand, ont rappelé l’importance de favoriser leur circulation entre les pays du bassin méditerranéen dans un souci de diversité culturelle, afin de renforcer le dialogue des cultures et de faire de l’audiovisuel le vecteur d’une meilleure connaissance mutuelle.

Dans un contexte de bouleversement des modes de diffusion, d’apparition de nouveaux supports (développement du numérique, télévision mobile, etc.) et d’évolution des attentes du public, les débats que nous avons entendus ont permis d’enrichir notre réflexion sur les échanges audiovisuels et les projets communs, bilatéraux et euro-méditerranéens.

Ces journées, organisées à l’occasion des prestigieuses Journées cinématographiques de Carthage, nous ont permis d’ouvrir des perspectives de coopération, en vue d’améliorer la circulation des œuvres entre nos deux pays, de renforcer la présence des médias français et francophones en Tunisie, notamment à travers l’arrivée prévue du bouquet satellitaire de Canal Overseas, et le développement de la diffusion numérique terrestre, de faire mieux connaître enfin le dynamisme de la création cinématographique et audiovisuelle tunisienne en France, reflet d’une Tunisie aux multiples facettes.

Ces journées auront été l’occasion de réaffirmer notre volonté de coopération bilatérale, en termes d’échange d’expertise, de formation professionnelle et de contenus audiovisuels. Dans un contexte mondial concurrentiel, les enjeux se dessinent aussi à l’échelle de la Méditerranée et des projets euro-méditerranéens. C’est ensemble que la Tunisie et la France sont prêtes à répondre aux grands enjeux de demain.

Cette volonté de coopération se déclinera dès les prochains mois selon plusieurs axes concrets :

La numérisation du patrimoine audiovisuel tunisien permettra une meilleure connaissance des archives audiovisuelles par le public.

Le travail de numérisation du patrimoine audiovisuel, mené en France par l’Institut national de l’audiovisuel (INA), a trouvé un prolongement naturel en Tunisie, avec la remise à la Télévision tunisienne d’une copie numérisée des archives audiovisuelles concernant la Tunisie pour la période 1942-1956.

Aux termes de l’accord de coopération signé le 26 octobre 2010, l’INA et la Télévision tunisienne conviennent de se rapprocher aux fins d’étendre leur collaboration en matière de sauvegarde, communication et valorisation des archives audiovisuelles relatives à la Tunisie.

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2 – L’importance accordée par la Tunisie à la qualité de sa création cinématographique va se manifester par la création d’un Centre national du cinéma tunisien, annoncée par le ministre El Basti lors de l’ouverture des JCC.

Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) mettra son expérience et son expertise au service de cette institution.

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3 – La France relaiera auprès des professionnels du secteur audiovisuel (producteurs français et étrangers) l’attractivité de la Tunisie comme terre de tournage.

Ainsi, le film "Hors la loi" de Rachid Bouchareb, projeté dans le cadre des JCC, s’est effectué durant 62 jours en Tunisie sur un total de 91 jours de tournage. De même, c’est la Tunisie qu’Alexandre Arcady et Jean-Jacques Annaud ont choisi pour tourner leur prochain film. Alexandre Arcady, Serge Moati et Paul Amar ont témoigné de leur attachement à la Tunisie et de la très grande qualité professionnelle des équipes techniques mises à disposition sur les tournages. Alexandre Arcady a appelé de ses vœux le développement d’une coopération en matière de formation professionnelle qui permettrait l’accueil, sur les tournages en France, de techniciens tunisiens.

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4 – Liées par un accord de coproduction signé à Tunis le 16 novembre 1994, la Tunisie et la France veilleront ensemble à développer des projets en coproduction, dont les films récents, "Les Secrets" de Raja Amari ou "Hors la loi" de Rachid Bouchareb, sont d’excellents exemples.

Dans le domaine télévisuel, des projets de coproduction sont également à l’étude, pour le développement en Tunisie d’une industrie de fiction. Les contacts entre Gaumont-Léonis et des producteurs et diffuseurs tunisiens, autour du projet de série "Jnoun Hunter" (10 épisodes de 52’), en témoignent. Par ailleurs, les ministres Mitterrand et El Basti sont convenus, lors de leur entretien, d’examiner les moyens de rendre cet accord plus dynamique.

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5 – Une attention renforcée sera portée à la jeune création pour permettre une meilleure diffusion des œuvres.

C’est ainsi que nous avons souhaité honorer d’un nouveau prix, le "Prix Ambassade de France en Tunisie", en la personne de l’actrice et réalisatrice Hafsia Herzi, la jeune génération qui porte haut le flambeau du cinéma tunisien d’aujourd’hui et témoigne d’une vitalité particulièrement prometteuse.

Le court-métrage d’Hafsia Herzi, présenté lors de ces journées, sera diffusé à plusieurs reprises sur TV5 Monde. L’actrice sera également accueillie pour une résidence d’écriture en France au Moulin d’Andé, près de Rouen.

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6 - Les échanges d’expertise et la formation professionnelle vont s’intensifier, avec le développement et le renforcement des collaborations entre les écoles françaises et tunisiennes du secteur audiovisuel, la mise en place d’un plan triennal de formation, la mise en réseau des professionnels et universitaires de l’audiovisuel et du cinéma (par le biais de rencontres, séminaires ou colloques) et le soutien à la mobilité des enseignants et des étudiants.

Un plan de formation triennal pour les projectionnistes, régisseurs et techniciens son et lumière sera mis en place à partir de janvier 2011 par l’Institut français de coopération de Tunis, en complément des programmes « Profession culture » et du « séminaire Malraux » du Ministère français de la culture et de la communication.

Un bel exemple de coopération entre établissements supérieurs : l’Université audiovisuelle de la Méditerranée (UAM), qui permettra la création d’un espace euro-méditerranéen de réciprocité et d’échange des ressources pour l’enseignement et la formation initiale aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel dans un secteur en constante évolution. L’École supérieure de cinéma et d’audiovisuel de Gammarth accueillera, en septembre 2011, en partenariat avec une école française et une école libanaise, la première promotion d’un master d’excellence "management de la création audiovisuelle".

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7 – Dans ce contexte de meilleure connaissance mutuelle, les radios et chaînes de télévision françaises et francophones trouveront tout naturellement leur place en Tunisie.

Dans un marché de l’audiovisuel en pleine expansion, où les collaborations sont amenées à se multiplier, les participants ont salué l’arrivée annoncée d’un nouveau bouquet satellitaire, riche de 35 chaînes, celui de Canal Overseas. Le développement de la télévision numérique terrestre en Tunisie pourra également constituer une opportunité pour la diffusion de chaînes en langue française. La Directrice générale de TV5 Monde, Marie-Christine Saragosse, a confirmé ainsi l’intérêt de TV5 Monde pour la TNT en Tunisie. Par ailleurs, Arte a confirmé le maintien de sa diffusion en numérique, en clair et gratuit, sur le Maghreb et le pourtour méditerranéen pour les années à venir.

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8 - L’investissement des chaînes de télévision dans les productions locales est une préoccupation forte des professionnels tunisiens.

D’une part, les producteurs et notamment ceux qui privilégient la création artistique originale s’inquiètent de l’absence de débouchés pour leurs films. C’est un problème qui ne peut trouver de solutions automatiques. En revanche, Canal Overseas, par exemple, s’est engagé à réfléchir à un investissement dans la production locale pour alimenter sa grille de programmation.

D’autre part, ces mêmes producteurs souhaiteraient que leurs œuvres bénéficient d’une meilleure diffusion en Europe : « le cinéma d’ici a besoin des télévisions de là-bas ». À cet égard, le représentant de France télévisions a affirmé l’importance accordée par le groupe à la présence de programmes du Sud dans ses grilles de programmation. C’est une question qui va très vite être examinée par le président de France télévisions et son équipe.

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9 – Par ailleurs, la Tunisie et la France s’inscriront tout naturellement dans le cadre euro-méditerranéen pour promouvoir des programmes produits par les radios et télévisions des pays du bassin méditerranéen.

Le projet de chaîne méditerranéenne portée par la COPEAM fait débat, mais chacun reconnaît l’importance de voir s’ouvrir un espace méditerranéen commun de diffusion des programmes, notamment dans une perspective d’affirmation d’une identité méditerranéenne.

Les programmes de l’Union Européenne, Euromed audiovisuel et Media Mundus, contribuent également au renforcement des échanges (expertise, programmes, etc.) entre les deux rives de la Méditerranée.

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10 – Enfin, le projet "Maarifa", développé par Canal France International, France Télévisions et plusieurs partenaires de la Méditerranée, incarne une commune volonté de soutien au développement des programmes télévisuels éducatifs.

Le colloque qui s’est tenu en marge des Journées audiovisuelles de Tunis (JAT), sous le haut patronage du ministre tunisien de l’Éducation, a permis de mettre en évidence l’importance de l’enjeu, quand les jeunes représentent 45% de la population du Bassin méditerranéen.


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Dernière modification : 29/10/2010

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