Réunion de Koweït

RÉUNION DES MEMBRES DU PARTENARIAT DE DEAUVILLE
Koweït - 21 novembre 2011

Intervention de Monsieur Alain Juppé
Ministre des Affaires étrangères et européennes

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Messieurs les Ministres,
Messieurs les Secrétaires généraux,
Messieurs les Ambassadeurs
Mesdames, Messieurs,

Six mois après le sommet de Deauville, deux mois après les réunions de Marseille et de New York, le temps est venu de tirer un premier bilan de la mise en œuvre du Partenariat de Deauville. Nous avons tous effectué un travail considérable et je crois pouvoir dire que ce bilan est positif.

Notre partenariat offre désormais un cadre de discussion et d’action structuré et efficace pour soutenir les pays arabes qui se sont engagés dans un processus de réformes politiques et économiques.

La réunion d’aujourd’hui confirme le caractère unique de notre partenariat, qui réunit dans un même esprit de coopération membres du G8, pays arabes en transition démocratique et pays partenaires de la région, avec l’appui de la plupart des grandes organisations et institutions financières internationales. Ensemble, nous sommes à même de relever les défis auxquels sont confrontés les pays en transition, au service de la stabilité et de la prospérité de la région tout entière.

Notre réunion confirme également le dynamisme du Partenariat : nous sommes heureux d’accueillir l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Elle confirme enfin son caractère désormais pleinement opérationnel. Le Maroc, la Tunisie et la Jordanie ont d’ores et déjà organisé des réunions de suivi. Je souhaite que ces réunions se tiennent dans tous les pays bénéficiaires, au rythme qui leur paraîtra nécessaire.

Par ailleurs, les plateformes de coordination des organisations internationales, créées lors des réunions de Marseille et de New York, sont maintenant en place. Sous l’égide de l’Organisation de développement et de coopération économiques et de la Banque africaine de développement, elles seront essentielles pour accélérer la mise en place des financements multilatéraux aux bénéfices des pays en transition.

Dans toutes ses dimensions, notre partenariat commence à porter ses fruits.

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D’abord sur le plan économique.

Depuis le sommet de Deauville, quelque 3 milliards de dollars ont été versés par les pays partenaires. C’est une première étape. À Marseille, le 10 septembre dernier, un effort d’accompagnement de 70 à 80 milliards de dollars a été annoncé pour la période 2011-2013, dont 38 milliards par les institutions financières internationales. Nous devons maintenir notre mobilisation et accélérer le financement des projets soumis par les pays en transition.

Et ces projets ne manquent pas. Plusieurs actions et programmes économiques de soutien aux réformes ont d’ores et déjà été identifiés, à titre multilatéral ou bilatéral. Je pense notamment pour la Tunisie à la création d’un fonds d’investissement et d’une caisse des dépôts et consignations qui accompagneraient le financement de milliers d’entreprises ; pour l’Égypte aux projets d’infrastructures de transports et aux logements sociaux ; en Jordanie à la création d’un réseau de chemin de fer ; au Maroc, aux projets d’aménagement du territoire et d’aide au développement rural.

Je voudrais aussi saluer la décision de la Banque européenne de reconstruction et de développement, le 30 septembre 2011, d’étendre son mandat à la rive sud de la Méditerranée. Cela permettra aux quatre pays en transition qui en ont fait la demande, la Tunisie, l’Égypte, le Maroc et la Jordanie, d’être éligibles d’ici la fin de l’année 2011 aux actions de la BERD.
Il s’agira dans un premier temps d’une assistance technique, mais celle-ci sera suivie très rapidement des premiers prêts destinés pour l’essentiel au financement du secteur privé.

Enfin, le Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée a commencé ses travaux, dont il nous rendra compte dans quelques instants. Au prochain trimestre, il remettra son rapport sur les obstacles aux échanges dans la région et les moyens de les surmonter.

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Notre partenariat commence aussi à porter ses fruits sur le plan politique.

Les valeurs partagées qu’il entend promouvoir ont progressé. Les processus électoraux qui ont eu lieu ou sont en cours en Tunisie, en Égypte, au Maroc et en Jordanie en témoignent, de même que la situation du peuple libyen, qui est désormais libre et vient de se donner un nouveau Premier ministre.

Le dialogue entre les sociétés civiles et les gouvernements et entre les sociétés civiles elles-mêmes s’approfondit. Ce renouveau donne une nouvelle dimension au "Forum pour l’avenir", dont la prochaine réunion se tient demain. Ses travaux viendront utilement enrichir, nourrir et éclairer ceux du Partenariat de Deauville.

Mais si nous avons progressé, beaucoup reste à faire. Chaque jour qui passe montre que ce processus ne sera pas sans heurts et cahots. Inscrire notre effort dans la durée : c’est là tout l’enjeu.

Au-delà de l’accélération de la concrétisation de nos engagements financiers, je pense tout particulièrement à la jeunesse. Comme je l’ai dit à New York, si elle ne trouve pas de perspectives à la mesure de ses attentes, rien ne pourra empêcher l’essor des extrémismes et le basculement dans l’instabilité. La jeunesse attend de nous des réponses à la hauteur de ses espoirs. Nous lui devons de prendre toutes les mesures pour soutenir la mise en place d’une éducation accessible à toutes et à tous, une éducation moderne qui lui permette de s’insérer facilement sur le marché du travail.

Je propose que nous inscrivions clairement la question de l’éducation et de la formation professionnelle à l’agenda des réunions de suivi du Partenariat de Deauville. Je propose également que la prochaine présidence envisage l’organisation d’une réunion des ministres de l’Éducation, de la Jeunesse, de la Formation professionnelle et de l’Emploi au format du Partenariat, pour élaborer un calendrier d’actions dans ces domaines.

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Mesdames, Messieurs,

Le Partenariat de Deauville doit s’inscrire dans la durée. La présidence française du G8 s’achève, mais je connais l’engagement d’Hillary Clinton et je ne doute pas que notre prochaine réunion, qui aura lieu en mai 2012 à Chicago, nous permettra de dresser un bilan positif de notre action commune. D’ici là - c’est une idée que je soumets à la prochaine présidence -, nous pourrions acter le principe d’organiser au cours du premier trimestre des réunions complémentaires aux réunions de suivi nationales qui se sont déjà tenues, notamment en mobilisant les bailleurs multilatéraux, afin de préciser les besoins de financement par projet, les moyens mobilisables par les partenaires et le calendrier envisagé pour le financement. Notre préoccupation c’est de passer à la concrétisation des projets.

Je vous remercie de votre attention et vous propose maintenant d’engager nos débats. Les représentants des pays en transition pourraient d’abord nous faire un point de situation. Nous pourrions ensuite entendre les organisations internationales, avant d’ouvrir une discussion libre.

Je vous propose pour terminer de laisser la parole à la représentante des États-Unis, pour qu’elle puisse nous présenter les priorités de la future présidence américaine.

(…)

Avant de lever la séance, je voudrais tous vous remercier pour ces échanges fructueux. Notre partenariat est désormais sur de bons rails et il nous faut redoubler nos efforts pour lui permettre d’exprimer tout son potentiel au service de la région. Nous avons repris les grandes lignes de notre discussion dans un résumé de la présidence. Avec votre accord, et sous la responsabilité de la présidence, je rendrai compte brièvement de ces grandes lignes lors de la conférence de presse conjointe de demain au cours de laquelle je pourrais distribuer ce résumé.

Je vous remercie.

Dernière modification : 24/10/2016

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