Réussir son retour en Tunisie avec l’OFII et l’ANETI

Depuis 2011, l’Office français de l’immigration et de l’intégration en Tunisie (OFII) facilite la réinstallation de ressortissants tunisiens ayant vécu en France, en apportant son soutien financier et technique au démarrage de projets économiques.

Le dispositif a été mis en place dans le cadre d’une convention entre l’OFII et l’Agence tunisienne pour l’emploi et la formation professionnelle (ANETI), placée sous la tutelle du ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi (MFPE).

Le 16 mai 2014, l’OFII et l’ANETI ont élargi le champ de leur partenariat en matière d’accompagnement des migrants de retour.

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Stéphane Darmas, directeur de la représentation de l’OFII à Tunis, donne un aperçu des projets déjà réalisés

Rendez-vous à Zarzis

Le 16 mai 2014, les partenaires tunisiens et français se sont retrouvés à Zarzis, une ville du sud à forte tradition migratoire dans laquelle 93 micro-entrepreneurs ont déjà reçu un soutien. La première partie de la matinée a été consacrée à un comité de sélection de projets. Par la suite, l’OFII et l’ANETI ont signé une nouvelle convention élargissant leur dispositif d’intervention en commun.

Signe de l’importance accordée par les deux pays à la réinsertion économique des migrants de retour, l’ambassadeur François Gouyette était accompagné du directeur général de l’OFII, M. Yannick Imbert venu spécialement de Paris. Le ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi Hafedh Laamouri avait lui aussi fait le déplacement, accueilli par le gouverneur de Médenine et le maire de Zarzis.

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L’ambassadeur François Gouyette et le directeur général de l’OFII Yannick Imbert

Un comité de sélection particulièrement impressionnant

Les comités de sélection se déroulent habituellement dans les locaux des municipalités ou des gouvernorats. Les candidats doivent défendre leur projet devant une assemblée composée d’experts, d’élus et de représentants de la société civile.

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Mise en place du comité de sélection des projets

Ce 16 mai, la pression subie par les candidats était plus forte que d’habitude, à l’idée de s’exprimer en présence de si hautes personnalités. Très intimidé, Mongi Kardemine a présenté un projet d’élevage ovin. Sayeh Miladi lui a succédé devant le jury, avec un projet de vente d’alimentation pour le bétail. Mohamed Mtimet sollicitait une subvention pour démarrer une activité de photographe vidéaste spécialisé dans les cérémonies familiales. Le dernier, Mohamed Ben Mohamed, a exposé avec conviction son projet de pizzeria.

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Le ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi Hafedh Lamouri dans son rôle de membre du jury

Tous ont dû répondre à des questions portant sur leur parcours, leurs qualifications, leur plan d’affaires et leur apport personnel, l’aide qu’il peuvent recevoir de leur entourage ou encore le nombre d’emplois envisagés. Les membres du jury vérifient la motivation des entrepreneurs, évaluent la rentabilité des projets et s’assurent qu’ils s’inscrivent bien dans le cadre de l’économie formelle.

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Mohamed Ben Mohamed défend son projet de pizzeria

Quel soulagement pour les quatre candidats d’apprendre à l’issue des délibérations que leur projet était validé et qu’ils allaient recevoir une subvention de démarrage située entre 4000 et 6000 euros ! Ils bénéficieront aussi d’un suivi assidu pendant un an.

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Les porteurs de projets signent le contrat les liant à l’OFII et à l’ANETI

Ce qui s’est dit ce jour-là

Après cette première séquence illustrant les résultats concrets du partenariat entre l’OFII et l’ANETI, les personnalités sont montées à la tribune pour en évoquer la philosophie.

M. Hafedh Laamouri, ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi

« La migration et la mobilité des personnes occupent une place importante dans le partenariat entre la Tunisie et la France. »

« L’accord signé en 2008 en matière de gestion concertée des flux migratoires et de développement solidaire offre le cadre idéal pour la migration circulaire. Il contribue à la réalisation des avantages mutuels et s’adapte à la réalité économique, sociale et démographique de nos deux pays. »

« Quels que soient les points de vue sur la migration en général, on ne peut ignorer son impact positif sur le pays d’origine et sur le pays d’accueil. (...) Le migrant de retour devient un élément de développement sur le plan économique et un élément de modernisation sur le plan social et culturel. »

« L’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (ANETI) a développé des mécanismes d’assistance et de formation pour accompagner les porteurs de projets. »

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Pour lire le discours, en arabe ou en français, cliquez !

M. François Gouyette, ambassadeur de France en Tunisie

« Les diasporas ont un rôle central à jouer dans l’intégration régionale en Méditerranée. C’est pourquoi il nous apparaît essentiel de privilégier une migration "circulaire", qui permet à de jeunes Tunisiens partis étudier ou travailler en France de revenir ensuite accompagner le développement de la Tunisie. »

« Depuis la mise en place du dispositif de l’OFII en Tunisie, en 2010, nous avons tenté de nous intéresser ensemble au sort de jeunes Tunisiens qui, au bout d’une aventure périlleuse à travers la Méditerranée, n’ont trouvé que la déception et l’impasse. La France et l’OFII apportent leur aide à ces jeunes qui ont une trajectoire particulière. »

« L’OFII et l’ANETI vont signer tout à l’heure une nouvelle convention. Le "Programme d’appui à la réinsertion en Tunisie", ambitieux et innovant, va aider les jeunes Tunisiens qui partiront faire des études en France à bien choisir leur filière pour un repositionnement opportun à leur retour. »

Cliquez pour lire le discours, en arabe ou en français.

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M. Yannick Imbert, directeur général de l’OFII

« Tout le monde n’est pas destiné à devenir un chef d’entreprise. Nous l’avons réalisé dans tous les pays où nous sommes présents et c’est en ce sens que j’ai lancé une réflexion qui nous a amenés à concevoir d’autres formes d’aide pour différents publics. C’est en Tunisie que nous avons choisi d’expérimenter ces nouvelles pistes très prometteuses. »

« Nous allons, avec l’ANETI, pouvoir proposer à des étudiants tunisiens de retour de France un appui dans leur recherche d’emploi. Les employeurs en Tunisie intéressés par des candidats que leur présenteront nos deux structures pourront être aidés pour former leurs jeunes recrues. »

« Nous continuerons par ailleurs l’aide à la création de petites entreprises, en nous assurant de l’implication des promoteurs dans leur projet, et tenterons de manière plus systématique d’opérer des relais avec les banques qui voudront bien s’associer. »


Une nouvelle convention pour de nouveaux horizons

À l’issue des discours, la matinée s’est achevée sur la signature de la nouvelle convention entre l’OFII et l’ANETI.

Avec ce document commence une nouvelle étape intitulée "Programme d’appui à la réinsertion en Tunisie" et caractérisée par la mise en place de plusieurs parcours de réinsertion :

- aide à la formation,
- aide au retour à l’emploi,
- poursuite de l’aide à la création d’entreprises.

Le dispositif s’appuie sur le savoir faire de l’ANETI en matière d’emploi et de formation et sur un réseau d’associations efficaces pour assurer le suivi des projets.

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L’ambassadeur François Gouyette et le ministre de la Formation professionnelle et de l’emploi Hafedh Lamouri signent la nouvelle convention

Extraits de la convention

Article 1er : Objet de la convention

L’OFII accompagne les ressortissants tunisiens qui rentrent de France pour se réinstaller en Tunisie et leur propose un parcours de réinsertion qui s’articule autour de deux volets : insertion par l’emploi salarié ou installation par la création d’une entreprise, accompagnés, si nécessaire, d’une formation complémentaire et assortis d’aides financières.

L’ANETI mobilise son expertise et ses dispositifs de formation complémentaire et de promotion de l’emploi et d’insertion sur le marché de l’emploi, au profit des bénéficiaires, de la présente convention.

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Le directeur général de l’OFII Yannick Imbert signe la nouvelle convention

Article 2 : Les publics ciblés

Les publics ciblés sont susceptibles de concerner, sous certaines conditions, les ressortissants tunisiens :

- rentrés en Tunisie avec une aide au retour de l’OFII,
- ou séjournant en France en fin de séjour régulier, en qualité d’étudiants, de jeunes professionnels ou de bénéficiaires de la carte "compétences et talents".

et qui ont déposé leur demande d’aide à la réinsertion auprès de la Représentation de l’OFII à Tunis dans un délai maximum de six mois suivant leur départ de France.

Sont exclus du programme les ressortissants tunisiens :
- ayant acquis la nationalité française,
- âgés de plus de 65 ans et percevant leur retraite ou dont l’état de santé est incompatible avec la conduite d’une activité professionnelle,
- ayant déjà bénéficié d’une aide à la réinsertion de l’OFII,
- ayant fait l’objet d’un retour contraint.

L’éligibilité des candidats est déterminée par la Représentation de l’OFII à Tunis, après examen de leur demande d’aide à réinsertion.

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En voir et en savoir plus

- OFII et ANETI : favoriser la réinsertion économique
- 298 micro-entreprises créées avec l’aide de l’OFII (carte)
- Journée du 16 mai 2014 à Zarzis (album photo)
- Projets déjà réalisés (album photo)
- Une mission de l’OFII dans le Sud tunisien (vidéo)

Dernière modification : 28/07/2015

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