Sfax, un gouvernorat clef pour le rééquilibrage régional

Avec près d’un million d’habitant, le second port du pays, un aéroport international, Sfax est une porte ouverte sur le Bassin méditerranéen. Pourtant, à l’étranger, "on connait les Sfaxiens mais on connait mal Sfax" déplore un chef d’entreprise de la région.

L’ambassadeur, en déplacement dans le gouvernorat les 22 et 23 octobre 2012, a visité l’entreprise SIVO et a longuement échangé avec les milieux d’affaires et les autorités locales.
Ensemble, ils ont évoqué les points forts de la région et imaginé les moyens de mieux faire connaitre le gouvernorat à l’international. À terme, Sfax pourrait devenir une plateforme importante dans les relations entre l’Europe et l’Afrique mais également s’affirmer comme une région clef pour le rééquilibrage régional en Tunisie.

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L’Ambassadeur avec des acteurs de l’économie sfaxienne

Faire valoir le positionnement géographique de la région

Les atouts de la région sont nombreux, à commencer par son positionnement stratégique. Le port et l’aéroport de Sfax font du gouvernorat une zone d’interface naturelle avec le marché libyen, mais aussi un sas vers les gouvernorats de l’intérieur, à commencer par ceux de Gafsa et de Sidi Bouzid.
"Dans les prochaines semaine, une mission d’experts français se rendra dans le gouvernorat pour travailler au renforcement du réseau ferroviaire" a annoncé Frédéric Camol, représentant du service économique de l’ambassade de France. Ce mode de transport est incontournable pour la circulation des marchandises entre la côte et le centre de la Tunisie. À moyen terme, plusieurs projets existent pour faciliter le transit entre les lignes de chemin de fer et l’important port de commerce de la ville.

"C’est sur Sfax que pourrait s’appuyer une politique ambitieuse de rééquilibrage régional" ont plaidé les chefs d’entreprise, un point de vue partagé par les autorités du gouvernorat.

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François Gouyette et le gouverneur de Sfax, Féthi Derbali

Le capital humain et le français : une importance stratégique

Les services de l’ambassade ont invité les hommes d’affaires sfaxiens à rencontrer leurs homologues français du MEDEF, qui viendront en Tunisie la dernière semaine de novembre. Ils se sont également engagés à poursuivre les coopérations en cours, notamment dans la valorisation de la filière huile d’olive et dans le champ de la coopération universitaire. "Une étude a récemment propulsé Sfax au rang de première université d’Afrique du nord" se réjouit l’un des invités.

En déplacement dans la région pour mener une campagne de recrutement, un cadre recrutant pour un centre d’appels souligne l’importance de la maitrise du français, langue d’échange et d’économie. "À Tunis nous avons parfois du mal à trouver des personnes parlant un français parfait. Un entrepreneur sfaxien nous a encouragés à venir embaucher des jeunes dans ce gouvernorat que nous ne connaissions pas.
Le centre d’appels a installé un stand de recrutement dans la cour de la Maison de France, à l’occasion de la journée porte ouverte du 23 novembre. Une soixantaine de places sont à pourvoir.

Inspiré par cette démarche, François Gouyette rappelle que plus de 700 millions de personnes dans le monde parleront français en 2050, dont près de 80% en Afrique".
"L’Afrique constitue un formidable réservoir de croissance. La Tunisie en général et les entreprises de Sfax en particulier peuvent en tirer profit. Pour devenir acteur de ces nouveaux marchés il ne s’agit pas d’être en concurrence directe avec les entreprises françaises et européennes, il s’agit plutôt de trouver des synergies et de jouer la carte de la complémentarité" conclut Khaled Sallemi, dirigeant de SIVO, entreprise en pointe dans le domaine des verres optiques et partenaire du groupe français Essilor.


SIVO, exemple d’internationalisation réussie

Petite entreprise familiale au moment de sa création, en 1970, SIVO emploie désormais 200 personnes, pour un chiffre d’affaire annuel de plus de 7M€. L’entreprise est le numéro un tunisien dans le secteur de l’optique. Désormais adossée au géant français Essilor, la firme compte poursuivre son développement à l’international.

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SIVO emploie près de 200 personnes. Cadre, techniciens et personnel dédié à la relation client.

"Nos principes sont la réactivité et le "sur mesure" explique le directeur en recevant François Gouyette dans ses locaux, dans les faubourgs de Sfax. Khaled Sallemi guide les visiteurs dans les ateliers où sont fabriqués des verres pour différentes gammes de lunettes.
"Nous nous somme positionnés sur des produits à haute valeur ajoutée et pour cela nous avons dû mettre l’accent sur la formation de notre personnel" explique le directeur qui a noué un partenariat avec la faculté de médecine de Sfax et invité des professeurs français de haut niveau. En aval, l’entreprise travaille aussi à la formation des opticiens qui distribuent ses produits.

Les visiteurs s’attardent dans la salle des expéditions, d’où les verres partent à destination des opticiens tunisiens, mais pas seulement : l’entreprise est présente dans 13 pays d’Afrique, notamment en Algérie. "C’est vers 2005 que nous avons commencé à nous intéresser au reste du continent, lorsque nous nous sommes aperçus que le marché africain était encore peu structuré : c’est là que nous avons identifié les réservoirs de croissance" précise Khaled Sallemi.

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Guinée, Mauritanie, Algérie... SIVO est présente dans 13 pays d’Afrique, essentiellement francophones

Aujourd’hui, l’entreprise est devenue une porte d’entrée sur le continent africain, en nouant des partenariats avec la multinationale française Essilor, numéro un mondial. "Nos cadre parlent le même langage, ce qui facilite les échanges. Le français est aussi une langue de travail pour nos commerciaux, affirme le directeur. J’ai moi-même réalisé plusieurs missions de prospection en Afrique francophone, notamment au Sénégal et au Mali. En Côte d’Ivoire, nous avons même fondé la "Maison de la Tunisie", qui expose nos produits et ceux d’autres entreprises tunisiennes".

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François Gouyette et Khaled Sallemi dans les locaux de SIVO, à Sfax

Dernière modification : 24/10/2016

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