Soutien au niveau de français dans l’enseignement supérieur tunisien

Le français occupe une place importante dans le système éducatif tunisien où il constitue la langue d’enseignement des sciences, des techniques, de l’économie et de la gestion à partir du lycée.

Dans l’enseignement supérieur, le français continue de jouer un rôle considérable dans la transmission des savoirs scientifiques et techniques, l’enseignement des sciences médicales, agronomiques et vétérinaires, mais aussi dans les sciences humaines et sociales.

Par ailleurs, la filière universitaire des lettres françaises s’est développée en Tunisie ces dernières années, dans le cadre des 13 départements de français qui comptaient environ 15.000 étudiants en 2005-2006.

La France, qui est sensible au rayonnement de la francophonie, apporte logiquement son aide à la qualité de l’enseignement du français et en français dans l’enseignement supérieur tunisien, à travers un projet financé par le Fonds de solidarité prioritaire (FSP).


Objectifs du PREF-SUP

Le "Projet de rénovation de l’enseignement du français et en français dans le supérieur" a pour objectif d’apporter une aide qualitative à la réforme LMD en cours dans les universités tunisiennes ainsi qu’à la formation initiale des enseignants.

- Il s’agit essentiellement de renforcer les compétences globales en français des étudiants, pour qu’une majorité d’entre eux tire un meilleur profit des enseignements universitaires, qu’ils soient spécialistes du français ou qu’ils l’utilisent comme langue de travail.

- Il s’agit également d’améliorer l’efficacité des filières fondamentales de la discipline, de renforcer l’enseignement du français dans les filières d’excellence et de favoriser l’émergence de filières appliquées.

- En amont, l’amélioration de la formation initiale des enseignants du primaire et du secondaire représente un complément indispensable parce qu’elle détermine les compétences linguistiques des bacheliers à leur entrée à l’université. Les actions conduites dans ce domaine s’effectueront sous la tutelle du ministère de l’Éducation et de la Formation.


Naissance du projet

Le "Projet de rénovation de l’enseignement du français et en français dans le supérieur" a été mis au point à la suite de plusieurs expertises conjointes qui ont démontré l’existence de lacunes dans les compétences linguistiques d’une forte proportion d’étudiants. Les autorités tunisiennes ont souhaité remédier à ces insuffisances qui représentent un handicap dans la poursuite de leur cursus universitaire.

Le projet a officiellement démarré début mars 2007, par la signature d’un accord entre les gouvernements tunisiens et français. Il devrait se dérouler en trois ans.


Composantes du projet

Quatre composantes structurent le projet PREF-SUP :

- Modernisation de l’enseignement dans les départements de français :

  • modernisation des programmes,
  • appui à la diversification des filières et amélioration de leur adéquation à l’emploi,
  • encouragement à l’ouverture de filières appliquées et de filières d’excellence,
  • formation des enseignants : mise en place d’un dispositif de formation national pour la rénovation des pratiques pédagogiques et la formation à de nouvelles spécialités (français à visée professionnelle, traduction, approches communicatives, etc.),
  • doter les départements de centres de ressources multimédia intégrant la possibilité de s’auto-former. Ces centres proposeront aux étudiants des parcours individuels de perfectionnement linguistique.

- Formation initiale, rénovation du dispositif de formation des enseignants :

  • Former des formateurs capables de répondre aux besoins linguistiques et didactiques des futurs enseignants ;
  • Contribuer à la rénovation du dispositif : consolider les aptitudes des élèves-maîtres à communiquer en français. Contribuer à l’élaboration de curricula* adaptés à l’enseignement de base et favoriser les échanges et les partenariats avec les Instituts universitaires français de formation des maîtres (IUFM) ;
  • Mettre en place des formations diplômantes (ex : master de didactique des disciplines, sous l’égide de l’Institut supérieur de l’éducation et de la formation continue(ISEFC) ;
  • Mettre en réseau les institutions impliquées en modernisant les outils : créer un pôle pédagogique de référence mutualisant les innovations, les études, les didacticiels et les ressources spécialisées. Doter chaque Institut des métiers de l’éducation et de la formation (IMEF) d’un centre de ressources multimédia pour le français.

- Re-qualification des enseignants non spécialistes de la discipline, dans les Instituts supérieurs des études technologiques (ISET), les Facultés de médecine, les Facultés des sciences, etc.) :

  • Moderniser les programmes de français pour non spécialistes : contribuer à l’élaboration de contenus d’apprentissage adaptés (français langue étrangère (FLE), français de spécialité,etc.) ;
  • Contribuer à la modernisation des programmes en français pour améliorer les capacités des étudiants à suivre un cours en français ;
  • Conception d’un dispositif de formation continue pour les enseignants de français détachés du secondaire dans le supérieur et mise en place de formations qualifiantes ou diplômantes en didactique des disciplines, dans le cadre du pôle pédagogique de référence** (ISEFC).

- Amélioration de l’environnement francophone des étudiants :

  • Faciliter l’accès des étudiants à une documentation actuelle, attrayante en diversifiant les supports d’information (animation des centres de ressources, accès aux médias francophones) ;
  • Développer les activités culturelles en français : créer des ateliers artistiques (théâtre, écriture, etc.) ; des clubs (cinéma, chanson, etc.). Valoriser ces activités dans des festivals pour étudiants (ex : festival de théâtre universitaire, festival des Départements de français, Village francophone, etc).

Budget

Le budget consacré au "Projet de rénovation de l’enseignement du français et en français dans le supérieur" s’élève à 5,1 millions d’euros.

- 1.800.000 euros sur les ressources du ministère tunisien de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Technologie (1,23 M€) et du ministère de l’Éducation et de la Formation (0,56 M€) ;

- 3.300.000 euros attribués sous forme de don par le ministère français des Affaires étrangères.


Pour conclure

Le projet PREF-SUP s’inscrit dans une longue tradition d’échanges et de solidarité entre les milieux universitaires français et tunisiens qui s’est révélée une source abondante de richesse intellectuelle partagée.

Le soutien apporté pour l’occasion à la francophonie demeure indissociable de l’engagement de la France en faveur du maintien de la diversité culturelle.
Il ne diminue en rien la considération portée à la civilisation arabe qui trouve sa meilleure expression dans l’Institut du monde arabe, lequel vient de fêter ses vingt ans.


Notes :
* Curriculum : "programme d’étude ou de formation organisé dans le cadre d’une institution d’enseignement ou, plus précisément, ensemble cohérent de contenus et de situations d’apprentissage mis en oeuvre dans une progression déterminée" (Dictionnaire encyclopédique de l’éducation et de la formation. Nathan, 1998).
** Le pôle pédagogique de référence a pour vocation de pérenniser et de mutualiser les innovations, les outils et les ressources des enseignants.

Dernière modification : 19/03/2010

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