Transferts d’argent des migrants et innovations financières

Le 27 mars 2014, l’ambassadeur de France François Gouyette était présent à l’ouverture du séminaire panafricain sur les transferts d’argent des migrants et les innovations financières, organisé à Tunis par la Banque africaine de développement (BAD), l’Agence française de développement (AFD) et le ministère français des Affaires étrangères (MAE).


Transfert des migrants : source de financement pour un développement durable

Les transferts d’argent des migrants africains vers leurs pays d’origine représentent une véritable source de financement des économies des pays bénéficiaires. Les transferts représentent, selon la Banque mondiale, 406 milliards de dollars par an. 63 milliards de dollars ont été envoyés en Afrique en 2012.

Dans ces pays, de larges couches de la population bénéficient de transferts de fonds et certaines vivraient dans la précarité si elles en étaient privées. Ainsi, le volume et la stabilité des envois d’argent, même en situation de forte crise économique (comme ce fut le cas en 2008) contribuent au renforcement de la capacité d’épargne et d’investissement.

Faciliter ces transferts et en réduire les coûts est aujourd’hui un axe de travail prioritaire pour de nombreux acteurs de la coopération et de l’aide au développement avec les pays d’Afrique car ils reviennent trop cher, grevés par des commissions excessivement élevées (entre 12 et 15% en moyenne).

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Séminaire panafricain "Transfert d’argent des migrants et innovations financières"

En présence de nombreux experts financiers, directeurs de banques, chercheurs, responsables politiques et représentants de la diaspora africaine, le séminaire a été inauguré par Donald Kaberuka, président de la BAD, François Gouyette, ambassadeur de France en Tunisie, et Hakim Ben Hammouda, ministre tunisien des Finances.

"Ce séminaire est au cœur du partenariat que la France a noué avec la BAD au travers du Fonds migration et développement, fonds soutenu à hauteur de 7 millions d’euros par la France, et destiné à soutenir les initiatives des migrants et à faciliter leurs transferts de fonds" a rappelé François Gouyette, précisant que la France, "pays majeur d’émission de transferts d’argent vers l’Afrique (près de 4 milliards d’euros par an), est particulièrement impliquée pour diminuer les coûts des transferts et favoriser leur allocation en faveur du développement économique".

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Après avoir chaleureusement remercié la BAD pour son appui à la Tunisie après la révolution, Hakim Ben Hammouda a précisé que "les transferts et la contribution des migrants ont été déterminants dans la construction des pays d’Afrique".

Pour Donald Kaberuka, "seuls les transferts des migrants ont continué, après la crise de 2008, à affluer dans les pays d’Afrique et à permettre le développement, l’accès aux soins et à la nourriture". Il est donc nécessaire de réduire les coûts de ces envois d’argent afin qu’ils permettent une amélioration plus rapide des conditions de vie des populations qui en bénéficient.

Pour lire l’intégralité du discours de François Gouyette, cliquez ICI.

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Engagement à réduire le coût moyen des transferts des migrants africains

Financée par la BAD et l’AFD, une étude a été réalisée par Épargne sans frontière dans cinq pays (Cameroun, Comores, Maroc, Sénégal et Tunisie). Intitulée "Réduire les coûts des transferts d’argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement : outils et produits financiers pour le Maghreb et la Zone franc", cette étude avance des pistes d’amélioration concrètes.

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Cette étude s’inscrit dans la continuité des travaux initiés par la BAD, avec l’appui de la France, notamment la création en 2009 du "Fonds migration et développement", un fonds fiduciaire multilatéral, et l’organisation en 2009 d’un programme de renforcement des capacités des opérateurs du secteur financier dans les pays du Maghreb central et de la Zone franc.

Elle démontre que les envois d’argent pourraient être beaucoup plus importants si les frais d’envois étaient moins élevés et si les produits et services financiers étaient mieux adaptés aux besoins et aux attentes des populations concernées.

Pour consulter le résumé analytique de cette étude, cliquez ICI.

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L’AFD travaille sur les questions de transfert d’argent depuis plusieurs années déjà. En 2007, elle a lancé un site internet, permettant de comparer les prestations de transferts d’argent entre la France et 26 pays, dont la Tunisie. Pour en savoir plus sur le fonctionnement de ce site, cliquez ICI.

Dernière modification : 28/07/2016

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